Chapter 1 : La famille Vasquez
Des bruits de pas se faisaient entendre dans un immense manoir au ton bleuté et à l'air étrangement froid.
Un petit garçon de quatre ans courait à vive allure à travers les couloirs de la résidence.
Ses cheveux blonds mi- longs flottaient dans l'air. Un large sourire étirait ses lèvres et ses grands yeux d'un bleu pétillant semblaient n'être nullement focalisés sur l'environnement autour de lui. Il n'avait de cesse de bousculer les employés, occupés à leurs différentes besognes.
Une seule pensée trônait dans son esprit, arriver le plus vite possible à la porte d'entrée se trouvant à une dizaine de mètres de lui.
Ses parents seraient là d'un instant à l'autre. Il voulait faire partie des premières personnes à les accueillir.
– Jeune maître ! surgit une voix derrière lui.
Il tourna la tĂŞte pour voir de qui il s'agissait mais ne voyant pas devant lui, il se cogna de plein fouet contre une servante ayant une bassine remplie de vĂŞtements.
La bassine échappa des mains de celle-ci, renversant une grande partie de son contenu sur le blondinet rudement tombé sur ses fesses.
– Oh mon dieu ! Vous allez bien jeune maître ?! paniqua la servante.
– O-oui... répondit-t-il timidement.
– Jeune. Maître. Jonathan, se fit de nouveau entendre la voix qui l'avait distraite, le faisant rougir de honte. Vous ne vous êtes pas fait mal j'espère ?
C'était une voix féminine douce et apaisante qu'il ne connaissait que trop bien. Celle de sa nourrice.
Une femme mince, d'une vingtaine d'années, yeux marrons et longs cheveux châtains maintenus en un chignon lâche.
– Combien de fois vous ai-je répété de ne pas courir ainsi dans les couloirs ? lui dit la femme tout en aidant l'autre à ramasser les vêtements.
– Désolé.... fit le blondinet après s'être relevé.
– Il n'y a pas de désolé qui tienne. Madame n'aime pas vous voir blessé, alors vous devez faire attention à vous ! le sermonna-t-elle.
– Ne soyez pas trop rude mademoiselle Ferbert, intervint la servante. Le jeune maître n'est encore qu'un enfant. Les garçons sont connus pour être turbulents.
– Je sais bien mais tout de même. Il y a des choses qu'il lui faut connaître ! D'autant plus que c'est pour son bien, répondit la châtaine.
Tout en parlant elle avait continué à donner main forte à l'autre jeune femme.
– Merci pour votre aide mademoiselle, fit cette dernière. j'y vais vite car j'ai encore pas mal de choses à faire. Soyez un peu moins ferme avec le jeune maître tout de même ! lança-t-elle avant de s'éclipser.
La nourrice posa son regard sur le blondinet, silencieusement debout devant elle. Elle poussa un soupir, afficha un sourire et lui ébouriffa gentiment les cheveux.
– Allez jeune maître, vous pouvez relever la tête.
Le garçonnet leva la tête et braqua ses yeux bleus foncés dans ceux marrons de la jeune femme.
Il se sentait vraiment embarrassé d'avoir été pris en flagrant délit de désobéissance.
La châtaine le voyant ainsi ne put que s'attendrir d'avantage.
– C'est bon jeune maître, je ne suis plus fâchée, je ne vais pas vous gronder. Mais vous devez vous rappeler de mes consignes surtout que maintenant vous...
Avant qu'elle ne puisse terminer ce qu'elle avait à dire des voix se firent entendre dans le séjour. Du haut du palier, le blondinet vit ses parents faire irruption dans la pièce.
Ils étaient de près suivis par son oncle. Il s'agissait du petit frère de sa mère mais aussi de l'intendant de son père.
Jonathan avait pris de ses deux parents. La couleur des cheveux de sa mère, une magnifique blonde aux yeux d'un vert pétillant, et la couleur des yeux de son père, un homme à l'aura imposante et à la sublime chevelure brune tirant fortement sur l'ébène. Son visage parfait et son costume sur mesure n'accentuaient que d'avantage cette aura de pure élégance.
Son oncle avançait silencieusement, des classeurs en main. Il avait une forte ressemblance avec sa sœur. Des cheveux blonds et des yeux verts profonds. Mais lui avait une aura calme et posée. Il était lui aussi grand de taille bien que pas autant que le brun.
Ce dernier était occupé à rattraper sa femme. Elle marchait à pas rapides et semblaient de très mauvaise humeur. Son visage fin était crispé. Ses cheveux blonds tombaient en cascade jusqu'à sa taille joliment marquée par sa robe d'un rouge écarlate.
Elle aussi était grande. Même très grande. Elle ne faisait qu'une tête de moins que son mari alors que ce dernier dépassait bien le mètre quatre-vingt.
– Tu veux bien ralentir Déborah ! finit par s'écrier l'homme à la chevelure brune.
Ses yeux bleus reflétaient sa fatigue. Sa femme au lieu de ralentir, accéléra d'avantage. Ce comportement finit par consumer le peu de patience du brun qui la stoppa d'un geste rapide.
– Je t'ai demandé de ralentir !
– Et quoi si je ne veux pas ?! tonna la blonde.
Elle se défit violemment de la prise qu'il avait sur son bras.
– Tu veux bien te calmer un peu ?! répliqua le mari.
– Que je me calme ?! Tu t'entends parler là ?! Je n'arrive toujours pas à croire que tu aies fait ça ! À quoi pensais tu franchement ?! Jonathan vit sa mère s'exclamer avec fureur.
Et dans les bras de la blonde reposait...
Un bébé ?
Oui.
C'était bien un bébé !
À la vu du petit être joliment enveloppé dans une couverture blanche, les yeux du petit garçon s'illuminèrent. Il voulait le voir de plus près, ce bébé qu'il attendait depuis si longtemps. Mais il n'osa pas bouger, sentant la tension inhabituelle entre ses parents.
Il leur arrivaient de se disputer mais cette fois... ça semblait différent. C'était bien plus sérieux que les autres fois. Jonathan pouvait clairement le sentir.
Les quelques employés présents étaient eux aussi anxieux. Ils n'arrivaient pas à comprendre la situation. Pourquoi leurs maîtres se disputaient-t-ils ?
– Au bien de ceux que je représente. Combien de fois vais-je devoir te l'expliquer ?! avait sèchement répliqué le brun à la question posée par la blonde.
– Le bien de ceux que tu représentes ? Tu te fiches de moi ? s'esclaffa ironiquement Déborah. À cause de toi mes enfants se retrouvent en danger ! Et tu oses me parler du bien être de ceux que tu représentes ?! C'est vraiment hilarant. Et notre bien être à nous alors ? La sécurité de ta famille, tu n'y as pas songé, pas vrai !
– Bien sûr Déborah ! Bien sûr que j'y ai pensé ! haussa de la voix l'homme. Mais qu'est-ce que tu voulais que je fasse !? Je n'avais pas le choix, tu fais partie du conseil toi aussi, tu devrais comprendre mon dilemme !
La blonde stoppa et se tourna furieusement vers son mari.
Comment pouvait il se conduire comme si elle était celle en tort ?! Oui faire partie du conseil des dix était une immense responsabilité. Oui il était évident que l'intérêt du peuple devait souvent passer devant un intérêt personnel. Bien évidemment qu'elle comprenait tout ça. Mais là n'était pas la question !
– Pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt ?! Pourquoi avoir gardé tout ça pour toi jusqu'à maintenant ?! lui hurla-t-elle dessus.
– Parce que je ne voulais justement pas avoir ce genre de conversation prise de tête ! tonna le brun visiblement à bout.
– Une conversation prise de tête ?! C'est comme ça que tu qualifies une discussion mettant en jeu l'avenir de notre famille ?! fit la blonde au bord des larmes. C'est leur vie entière qui s'en voit détruite ! Te rends tu compte de ce que je ressens en tant que mère ?!
– Ouiiiiinnnn ! se fit soudainement entendre le cris d'un bébé.
Le petit être fermement tenu par la blonde venait d'ouvrir les yeux. Son intervention fit régner le silence de façon impromptue.