Chapitre 1 : Premier rêve et accident
Une porte dérobée donnait accès à l’intérieur du musée. Je ne savais pas ce qu’il se trouvait à l’intérieur, mais j’avais la sensation que cela apporterait des réponses à mes questions. Que le vide que je ressentais en moi, serait comblé.
Je fis un pas, puis un autre et j’avançais vers l’intérieur de ce bâtiment. Le contraste entre la lumière étincelante du soleil et l’obscurité de l’intérieur du musée m’éblouis.
Je mis instinctivement mon bras devant mes yeux pour les protéger.
Alors que j’allais enlever mon bras, une mélodie se fit entendre. L’air m’était familier. Au fur et à mesure que la musique se fit plus forte, le décor autour de moi se fit de plus en plus flou. Je n’eus pas le temps de voir ce qu’il y avait à l’intérieur de ce musée. J’étais frustrée. Je voulais impérativement voir ce qu’il se trouvait à l’intérieur, avoir les réponses que j’attendais depuis si longtemps. Je mis alors mes deux mains sur mes oreilles, dans l’espoir d’arrêter la musique qui continuait à se faire entendre. En vain.
La musique se faisait de plus en plus forte. Elle prenait alors toute la place dans mon esprit. C’était insoutenable. Jusqu’au moment où j’eus la sensation d’être projetée dans les airs. L’endroit dans lequel j’étais se fit de plus en plus flou et je revins à moi petit à petit.
J’ouvris les yeux, encore embrumée, me demandant tout d’abord où est ce que je me trouvais, avant de reconnaître les contours familiers de ma chambre. J’éteignis mon réveil m’assis dans mon lit. Le sentiment de vide que j’avais depuis un an, à la suite d’un malheureux accident, était toujours là. Cependant, il y avait autre chose, ce qui était plutôt rare car je ne ressentais jamais grand chose. Je ne savais pas quel était ce sentiment, mais c’était désagréable. Je mis un moment à comprendre que je ressentais en fait de la frustration.
Je n’avais aucun mal à déduire d’où elle venait car je me souvenais parfaitement du rêve que je venais de faire. C’était surprenant, moi qui ne me souvenais pas de mes rêves.
Après un accident il y 1 an, j’avais oublié une bonne partie de ma vie d’avant. Malheureusement, je revoyais encore parfaitement ma collision avec la voiture. J’étais à pied un jour de pluie, j’ai traversé au passage piéton. La voiture ne m’avait pas vu. Lorsqu’elle s’en est aperçu, il était déjà trop tard. Elle a essayé de freiner, mais n’a réussi qu’à glisser ce qui lui a fait prendre encore plus de vitesse.
Quant à moi, je suis restée immobile, paralysée attendant la mort. Je n’arrivais plus à bouger. Tous mes muscles étaient figés. Je ne pouvais que regarder la voiture qui se rapprochait. Encore et encore.Toujours plus près.
J’entends encore le crissement des pneus mélangés à mon cri au moment de l’impact.
D’après les médecins, j’ai eu de la chance. Comme la voiture patinait sur le sol à cause des fortes pluies de ce mois de mars, il n’y a que le capot qui m’a touché.
Le conducteur de la voiture a immédiatement appelé le samu.
Je n’ai jamais eu plus d’informations sur le conducteur.
Finalement, je m’en suis sortie avec un bras, une jambe cassée et trois points de sutures à la tête. Mon bras s’est parfaitement rétablis, cependant m’a jambe a eu plus de mal. J’en garde encore des séquelles actuellement. J’ai un léger boitement qui perdure. Je ne peux plus aller en cours de sport pour préserver mon genou.
Depuis, je passe chacun des ces cours au CDI. J’essaie de rattraper le retard que j’ai accumulé suite à mon hospitalisation.
C’était ce que je devais faire ce matin : aller en cours. Si je ne commençais pas maintenant à me préparer, je risquais de...
-Alice ! Tu es réveillée ? Si tu n’es pas descendue dans 5 minutes, je monte te chercher !
C’est la personne qui dit être ma mère qui m’appelle. Je ne me souvenais pas d’elle lorsque je me suis réveillée. Elle ne me l’a jamais dit en face, mais je sais que ça l’a beaucoup touchée. Il ne lui restait que moi après le divorce avec mon père.
Il semblerait, qu’ils aient pris la décision lorsque j’avais 16 ans. Ce fameux soir où j’ai eu l’accident. Ce serait à cause de cela que je suis sortie alors qu’il pleuvait à flots. Je l’aurais découvert en écoutant une de leurs conversations.
Mais maintenant j’ai 17 ans, et mon « père » et ma « mère » ont effectivement divorcés.
Je suis sortie de sous ma couette, et le contraste entre la chaleur de cette dernière et celle de ma chambre m’a fait frissonner.
Je me suis alors levée et me suis observée dans un miroir. Je n’aimais jamais me regarder car j’avais l’impression d’être face à une inconnue. Je ne connaissais pas cette fille de taille moyenne avec ses cheveux bruns retombant en cascade sur ses épaules. Les yeux verts perçants qu’elle avait racontaient tout ce qu’elle pensait. Des taches de rousseur parsemaient ses joues et descendaient sur ses épaules.
Après m’être rapidement habillée avec les vêtements qui traînaient un peu partout dans ma chambre, j’ai ouvert la porte et suis tombée nez à nez avec ma mère.
Elle avait l’air de s’apprêter à frapper à ma porte.
Un léger courant d’air me fit frissonner. L’ambiance était glaciale.
Nous nous sommes regardées un moment sans rien dire. Après un moment, elle reprit ses esprits et m’informa qu’elle était venue pour vérifier que j’étais belle et bien réveillée et qu’il était désormais trop tard pour manger.
Je m’en suis accommodé car je n’aimais pas particulièrement manger le matin et ai remercié ma mère d’un signe de tête.
Je suis sortie de chez moi et ai commencé l’habituel trajet jusqu’au lycée.
Je suis arrivée une dizaine de minutes en avance. Assez de temps pour aller trouver ma place dans le coin de la salle de classe.
Cependant, ce jour-là, je trouvai ma place occupée par un garçon.
Je l’avais déjà aperçu : il était dans ma classe. Apparemment, il avait interrompu ses études un temps, ce qui lui avait fait prendre un an de retard.
Il avait une bonne tête de plus que moi et des cheveux bruns légèrement bouclés qui faisaient ressortir le vert émeraude de ses yeux.
Je suis restée un moment à le fixer, me demandant quelle idée il avait bien pu avoir pour choisir la place que j’avais occupé depuis le début de l’année.
Après un moment, il dut sentir mon regard sur lui car il se tourna vers moi et afficha un grand sourire lorsque nos regards se croisèrent. Il me fit un salut de la tête en guise de bonjour.
Gênée de m’être fait remarquer, je baissai les yeux et me retournai pour aller chercher une place libre à l’avant de la classe.
Son regard ne me quittait pas. Il était perçant, presque intimidant. Heureusement, ses amis n’ont pas tardé à arriver et il a détourné son attention de moi.
Ils chahutèrent un moment, puis le professeur fit son entrée et tout le monde se tut pour essayer de suivre son cours.
Lorsque la sonnerie retentit, je me suis précipitée en dehors de la salle pour aller me cacher dehors. De toute manière, les autres allaient devoir aller en sport ce qui veut dire que je serais tranquille pour au moins une heure et demie.
Je me suis alors cachée dans un coin du CDI à coté d’une fenêtre ouverte pour essayer de travailler.
Après environ une demi-heure à essayer de faire un exercice de mathématiques impossible à résoudre à mon sens, je vis une forme familière à travers la fenêtre qui marchait dans la cour.
C’était le garçon de tout à l’heure.