Shadows of Christmas

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Summary

À tout juste dix-huit ans, Kira est orpheline. Sa seule consolation est la magie de Noël, toujours bien présente malgré les douleurs de son passé et son futur incertain face à la maladie. Elle va découvrir les noirceurs de celui qu'elle considère comme son cousin. L'attirance ressentie pour lui risque de la mettre en danger ! Jake veut la briser, son leitmotiv sera de réduire à néant ses rêves et cette maudite fête. Homme tourmenté depuis plus de quinze ans, il doit lutter contre son alter ego terrifiant. Avec l'arrivée de cette jeune ingénue dans sa vie, tout va voler en éclats pour le plus grand plaisir de son démon. Que subsistera-t-il d'eux à la fin ? Une lumière d'espoir est-elle possible dans toute cette obscurité ? Et si elle était la clé dont il a besoin pour remettre en cage son double ?

Genre
Romance
Author
Mary G
Status
Complete
Chapters
36
Rating
4.5 2 reviews
Age Rating
18+

Chapitre 1 Kira

Me voilà devant l’imposante demeure de ma tante. Jamais je n’aurais imaginé venir vivre ici et encore moins être adopté par la sœur de ma mère. J’ai encore du mal à réaliser la tournure qu’a prise ma vie. Je ne pensais pas me retrouver orpheline à tout juste dix-huit ans et pourtant, c’est ce que je suis à présent. Je ne suis venue que rarement avec mes parents et, à chaque fois, ce lieu m’a terrifiée.

Le manoir face à moi m’angoisse comme au premier jour. Les briques foncées à la teinte presque noire n’arrangent rien, sans parler des escaliers aux sculptures gothiques. La large cour en gravier fait résonner mes pas. Je ralentis l’allure pour essayer de me préserver, comme si j’allais me réveiller de ce terrible cauchemar. La pluie ravage ma coiffure, mon mascara doit dévaler mes joues pour me faire ressembler à un raton laveur. Le froid porté par le vent me glace les os, il ne me reste qu’une solution, franchir cette porte. Sans réfléchir, j’enfonce la poignée et pousse le lourd battant en chêne pour me retrouver dans le vaste hall d’entrée. Ce qui me frappe, avant tout, c’est le silence qui règne dans ce lieu. Aucun son ne parvient à mes oreilles, l’immense lustre aux motifs baroques s’impose dans la pièce.

— Bouge ton cul, l’orpheline !

Il n’a pas besoin de se présenter, Jake ne m’a jamais portée dans son cœur, alors, venant de lui, cette insulte ne me touche pas. Huit ans plus âgés que moi et, depuis toujours, j’ai eu droit à ses remarques désobligeantes. Moi qui pensais qu’il devait avoir pris son indépendance, je me suis lourdement trompée.

— Bonsoir, Jake. Tu peux me dire où est ma tante ?

— Sûrement en train de sucer mon père.

Je manque de m’étouffer avec ma propre salive et me voilà avec l’image de Jessie occupée à faire du bien à Arthur. La grimace qui me traverse le visage n’échappe pas à mon cousin.

— Tu veux que je t’accompagne jusqu’à la bibliothèque pour satisfaire ta curiosité ? me susurre-t-il à l’oreille.

Son souffle chaud dans ma nuque me fait frissonner.

— Sans façon. Tu sais où est ma chambre ? J’aimerais aller me changer, mes vêtements sont trempés.

— Tu crèches au deuxième étage. Ta piaule est à côté de la mienne, mais tu n’as pas intérêt à venir me faire chier. Je n’ai pas besoin de mater ton bide quand je suis dans la salle de bain.

— Toujours aussi sympa à ce que je constate, ricané-je en resserrant les pans de mon trench pour me couvrir de sa vue.

Des pas résonnent dans le hall, ma tante arrive enfin à ma rescousse. Quinquagénaire tirée à quatre épingles, drapée d’une robe beige lui tombant sous les genoux, son chignon travaillé et campant sur des talons vertigineux, me rappelle ma mère d’une certaine façon.

— Kira, je suis ravie de t’accueillir chez nous. Sois la bienvenue. J’espère que Jake n’a pas été trop désagréable. Arthur se joindra à nous pour le dîner qui sera servi à vingt heures trente. Irina va te conduire à ta chambre. J’ai opté pour la suite du second étage, ainsi, tu as une salle de bain partagée avec ton cousin.

— Ouais, tu n’as pas intérêt à me casser les couilles, crache l’intéressé en me lorgnant comme une bête de foire. Si tu entends des gémissements, c’est que je saute la bonne, alors n’entre pas, sauf si tu veux recevoir ma queue.

— Jake, ça suffit, intervient ma tante pas le moins choquée.

Décidément, mon arrivée ne se passe pas aussi bien que j’aurais espéré. Je traîne les pieds pour suivre la jolie rousse qui me précède dans les escaliers. Jake est déjà monté en prenant soin d’inviter la fameuse Irina à venir le rejoindre pour une partie de jambes en l’air. Mon esprit vagabonde entre ces murs froids aux portraits ternis par les années ainsi qu’une couche de poussière.

— Voici votre chambre, mademoiselle Acosta. Si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas à me le faire savoir. Je vous conseille de toujours vous assurer que Jake n’est pas dans la salle de bain avant d’y entrer, car il a tendance à se balader dans le plus simple appareil.

— Merci, Irina, mais vous pouvez m’appeler Kira. Je n’ai pas grandi dans la bourgeoisie comme ma tante, alors moins il y a de tralalas et mieux je me porte. Merci de la mise en garde concernant mon cousin.

Elle me fait un signe de tête et quitte ma chambre sans plus de palabres. Une fois seule, je me jette dans le fauteuil installé face à la cheminée où des flammes rougeâtres ondulent dans l’antre. La chaleur se dégageant me réchauffe petit à petit et sans m’en apercevoir, je pique du nez rapidement. J’ignore la durée de mon assoupissement, mais, lorsque j’ouvre les yeux, le crépuscule est tombé. L’horloge sur la table de nuit indique dix-neuf heures trente, ce qui ne me laisse pas longtemps pour me préparer. J’attrape ma trousse de toilette et file dans la salle de bain.

La grande douche à l’italienne pourrait à peine tenir dans ce qui me servait de chambre dans la famille d’accueil où je suis allée après le décès de mes parents. La seule note de couleur s’avère les joints dorés jurant sur le mur en pierre noir. La double vasque est du même acabit. Je laisse courir mes doigts sur le flacon de parfum Paco Rabane de mon cousin avant de me désaper pour me glisser sous l’eau. La chaleur me réchauffe tandis que le savon me réconforte, la buée s’élève dans la pièce pour m’englober entièrement. Après m’être enroulée dans la serviette molletonnée, je sors de la cabine pour me retrouver face à Jake, appuyé contre l’évier. Ses pupilles bleu cobalt me scrutent avec insistance, un rictus ourle ses lèvres charnues avec les bras croisés sur son torse nu. Mes yeux dévient vers sa ceinture d’apollon, ses abdos divinement musclés en feraient baver plus d’une. Un ricanement me tire de mes pensées perverses envers mon cousin.

— Alors, la bonne sœur, t’aimes ce que tu vois ?

— Que… non, mais n’importe quoi. Viens dire que je te matais aussi ! Et puis, qu’est-ce que tu fous dans ma salle de bain ?

À pas de loup, il s’approche de moi pour m’obliger à reculer contre la paroi froide dans mon dos. Mon souffle s’accélère dangereusement. Pourquoi est-ce que je réagis ainsi face à celui qui me tourmente depuis des années ? Cette attitude n’est pas logique, pas normale !

— T’es dans ma salle de bain et, si tu ne veux pas que je me branle en te matant sous ta douche, ferme la porte à clé. Cela dit, il va sérieusement falloir que tu fasses du sport pour raffermir ton bide avant que je ne te baise. J’aime les femmes qui prennent soin d’elle, raille Jake en se massant le menton du bout des doigts. Bon, toi, t’es encore une gamine, mais je peux faire une exception. Je suppose que t’es vierge en plus, putain, je vais adorer te défoncer par tous les trous.

Je manque d’air face à sa vulgarité, son comportement toujours plus agressif verbalement. Comment peut-il me balancer des insanités pareilles ? Je suis tombée où moi ?

— Euh, je te signale que je suis ta cousine et que ce style de relation n’est pas permise, m’offusqué-je en serrant la serviette encore plus fort. Les liens du sang, ça te dit quelque chose ? Puis que penserait ma tante si elle t’entendait tenir ce genre de propos ?

— Tu sais, ta tante est un garage à bites ! Je lui fourre la mienne dans le cul tous les soirs et dois-je te rappeler qu’il n’y a aucun lien de sang entre nous, pour reprendre tes mots. Jessie est la seconde femme de mon paternel, donc je peux te sauter sans aucun souci. En même temps, je ne suis pas du genre à m’encombrer de ce genre de truc. Je te promets qu’avant la fin des vacances de Noël, tu ne seras plus une petite ingénue.

Je dois vraiment être débile pour ne pas me souvenir du mariage en très grande pompe de ma tante. Déjà, à l’époque, Jake me tourmentait, me traitant de mocheté prépubère lors de la cérémonie. Je l’avais vu avoir des relations sexuelles avec la demoiselle d’honneur de Jessie, c’était la première fois que je tombais sur un couple d’amoureux en pleine action.

Oh, tu vas te ressaisir et sortir de cette salle de bain ! gronde ma conscience en reprenant le dessus sur ma connerie.

— Je peux t’assurer que ma virginité et moi, on sera toujours intactes lorsque je retournerai en cours dans trois semaines. Je n’ai pas demandé un copain au père Noël et je vais tout faire pour demeurer loin de toi durant cette période.

Lorsqu’il éclate de rire en se penchant pour presque coller ses lèvres dans mon cou, il chuchote ce qui va mettre ma phrase précédente en équilibre précaire :

— Oh, mais j’espère bien que tu ne vas pas céder facilement, j’aime les rebelles. Mais tu vas être dans l’impossibilité de rester loin de moi, la proximité qui va s’instaurer entre nous va te faire vaciller. Jessie va répondre à la question qui te tiraille la cervelle maintenant. Prépare-toi, mon père déteste que le dîner soit servi avec du retard.

Je parviens à m’écarter de son corps chaud et m’enferme dans ma chambre pour m’habiller rapidement. J’abhorre être attendue, alors arriver en retard pour mon premier repas dans ma nouvelle famille, ça me stresse. J’ai toujours fait attention d’afficher une bonne image et Jake va être un sérieux problème pour moi.