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Sous la serre

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Summary

Placée dans une famille d’accueil lorsqu’elle était enfant, Lylia ne rêve que d’une chose: retrouver sa maman. Pourtant au fil des années, sa famille adoptive a créé un véritable nid à la petite fille, essayant de combler l’absence de sa mère. Jonathan et Benjamin, les fils de sa famille "adoptive", lui ont offert l'humanité dont Lylia avait besoin. Pourtant son passé la rattrape, saura-t-elle affronter les obstacles de la vie? Et Jonathan, aura-t-elle la chance de comprendre l'étrange comportement qu'il a à son égard?

Genre
Romance
Author
MenaAK
Status
Ongoing
Chapters
12
Rating
n/a
Age Rating
18+

Prologue

Première partie


Avril 2003

Recroquevillée dans le coin de la cabane en verre de Maman, j’entends des pas s’approcher de moi au bruit que font les bottes qui marchent dans la terre et le son des cailloux qui crissent sous les semelles de leurs chaussures.

Qui sont ces personnes et pourquoi sont-elles chez moi ?

Pourquoi Maman ne vient jamais me chercher quand je suis ici ?

J’ai très peur, mais je suis courageuse, alors je ne pleure pas.

Un homme avec un habit de policier s’accroupit en face de moi.

— Oh ! Petite, prends ma main, c’est fini.

Il sourit en essayant d’être rassurant. Il me tend sa main en l’approchant doucement.

Je me replie sur moi et le regarde en coin.

— Je l’ai trouvée ! Elle est là ! crie le monsieur aux personnes qui sont dehors.

— Tout va bien Robert ? demande un autre policier.

Je ne comprends pas ce qu’ils font ici, mais je ne vois ni maman ni ce méchant Éric. Quand je pense à lui, j’ai tellement peur que j’en tremble.

— J’sais pas trop, viens, la pauvre à l’air complètement terrifiée. Puis il se tourne à nouveau vers moi. Petite, comment tu t’appelles ? Moi, c’est Robert, je suis policier. Je suis venu te chercher. On va t’emmener dans un endroit où tu ne verras plus le méchant monsieur qui était dans la maison.

J’ai peur, tellement peur que je ne peux pas bouger.

Où est Maman ?

Je me mets à pleurer, et je cache mon visage dans mes genoux. Je n’arrive plus à me contrôler. Les larmes coulent toutes seules. Pourtant, je sais que je n’ai pas le droit de pleurnicher. Il n’y a que les bébés qui font ça, et moi j’ai 7 ans ! Je ne suis plus un bébé ! Mais c’est plus fort que moi…

Tout à coup, une femme apparait, je ne la connais pas, mais elle, elle connait mon prénom. Peut-être que c’est une amie de Maman ?

— Lylia, bonsoir ma puce, je suis Chantal, je suis assistante sociale. Est-ce que les policiers t’ont expliqué ce qu’il se passe ici ?

Je lui fais non de la tête en la regardant par en dessous.

— D’accord. Chantal s’assoit près de moi. Déjà est-ce que tu sais ce qu’est une assistante sociale ?

Je refais non de la tête.

— Alors, je vais t’explique, reprit-elle doucement.Mon travail, c’est de veiller sur les enfants et d’aider les parents en difficulté. Tu comprends ? On nous a signalé que ça n’allait pas très bien pour ta maman et toi ici, alors on est venu pour vous aider. Est-ce que tu comprends ?

Je hoche la tête.

— …. Mam…

Je n’arrive pas à parler. Les mots refusent de sortir de ma bouche. Je commence à paniquer, Chantal s’en aperçoit.

— Ne t’inquiète pas, respire ma puce, ça va passer. Tu veux des nouvelles de ta maman ? Ne t’en fais pas, elle va bien, elle est avec les policiers, d’accord ?

Je lui fais oui de la tête.

— Nous devons t’emmener au poste de police où tu vas rencontrer un médecin, tu comprends ?

J’essaye de me lever mais je n’y arrive pas, mes jambes sont toutes molles.

Je panique, les larmes montent, je vais encore pleurer, pourtant je ne suis pas une gamine !

— Robert, pouvez-vous la porter s’il vous plait ?

Nooon, je ne veux pas, je fais non de la tête, et m’agrippe fort à Chantal, je ne veux pas ! non ! il me fait peur…

La dame me regarde surprise, mais se relève et se penche vers moi, et me prend dans ses bras.

— Mais tu es aussi légère qu’une plume ! s’exclame-t-elle en me souriant.

Elle avance et me conduit dans la voiture des policiers où elle monte avec moi.

Je me retrouve dans une salle avec une policière et un docteur.

Ils me posent des questions. Des fois, je ne comprends pas ce qu’ils me disent, je veux juste que Maman vienne, moi. Le docteur note des choses dans un dossier et sort de la salle me laissant avec la policière. Elle me lit un livre sur les girafes, je crois. Mais je n’écoute pas parce que j’entends qu’on parle de moi à côté.

— Elle fait le poids et la taille d’une petite de cinq ans. Elle souffre d’aphasie partielle certainement due aux traumatismes subis. Il faudra pousser les investigations… Le médecin souffle. J’ai remarqué pas mal de contusions… Puis il parle avec des mots que je ne connais pas, je n’entends pas bien la suite... Cette petite a souffert, finit-il par lâcher.

J’entends la voix de Chantal, mais je ne comprends pas tout ce qu’elle dit.

— … Nous avions déjà rencontré la maman. Le placement de la petite avait déjà été demandé et validé par l’ASE. Mais, au vu des découvertes de la soirée, le dossier sera transmis au juge pour enfants pour un placement en urgence, dès ce soir.

J’entends les pas de quelqu’un approcher, la policière à côté de moi se rend bien compte que je ne l’écoute pas.

— Lylia, tu es inquiète ?

Je hoche la tête.

Elle s’avance pour être un peu plus près de moi, et passe son bras autour de mes épaules.

—Tu sais, tous ces gens que tu vois autour de toi, ils sont là pour t’aider, ils cherchent des solutions pour toi.

Je fais oui de la tête, mais moi, tout ce que je veux, c’est ma maman… pourquoi elle n’est pas là ?

Je crois que je me suis endormie, parce qu’on m’a recouvert d’un plaid, et que la policière parle avec un collègue que je n’avais pas vu avant. Je me redresse, Chantal et une dame entrent dans la salle, suivie d’autres policiers, je crois.

— Bonsoir, Lylia, je m’appelle Jocelyne. Est-ce que tu serais d’accord pour m’accompagner ?

J’ai suivi Jocelyne, qui m’a invité dans sa maison. Apparemment ma maman ne pouvait plus s’occuper de moi tout le temps, alors Jocelyne m’a emmenée chez elle. C’est un monsieur important qui a pris la décision… mais qui est ce monsieur, ça, je sais pas…

Jocelyne a deux garçons, c’est ce qu’elle m’a dit dans la voiture.

Benjamin a un an de moins que moi, tandis que Jonathan en a neuf.

Elle me parle de sa vie, et de sa maison, mais je n’écoute pas vraiment, maman viendra me chercher bientôt de toute manière.

J’habite chez Jocelyne depuis une semaine, maintenant. Benjamin est encore plus un bébé que moi, il pleure dès qu’il a un bobo. Jonathan est un peu méchant, il ne parle pas beaucoup.

Au bout de quelques jours, elle m’emmène voir Maman. Quand je la retrouve enfin, plein de gens que je ne connais pas, sont avec nous dans la pièce.

Maman m’a dit qu’elle ne peut pas me prendre avec elle pour l’instant. J’ai tenu bon, je n’ai pas pleuré devant elle. Mais quand on est rentré, je me suis cachée dans le jardin et là j’ai laissé mon chagrin éclater, je n’ai pas réussi à m’arrêter…

Un soir, alors que je me dirige vers ma chambre j’entends Jonathan se fâcher après sa mère.

— Je veux récupérer ma chambre ! J’en ai marre d’être avec Ben ! En plus, il dort avec la lumière ! Quand est-ce qu’elle part ?

— Jonathan ! Ça suffit, je t’ai déjà expliqué la situation de Lylia, elle restera avec nous le temps qu’il faudra. Nous sommes en train de voir pour te créer une nouvelle chambre, en attendant, j’aimerais que tu te calmes !

— Mais ça fait 2 mois, tu avais promis !

J’entends Pierre, le mari de Jocelyne, entrer dans la chambre et fermer la porte.

— Stop ! Tu te ………. Sa maman… Jamais !! Tu comprends ?

Je n’entends pas tout malgré ça mon sang se glace dans mes veines, maman ? Elle ne viendra jamais ? Mais elle a dit… Tout d’un coup, j’étouffe. Je ne peux plus rester dans cette maison. Une bouffée d’angoisse me tord le ventre. Je sors de ma chambre et je cours dans le jardin. J’aime sentir l’herbe sous mes pieds, ça me rassure. Je cours vers le fond du jardin, puis je me dirige vers la cabane en verre, comme celle de maman dans sa maison. Je me cachais dedans pour pas qu’Éric me trouve.

J’entre dans la cabane, il y a des tas de pot et une table avec de la terre dedans. Dans un coin, entre une armoire en métal et un mur, un tabouret est caché par l’ombre de l’armoire. Je m’assois dessus et ramène mes jambes près de ma poitrine.

Mon cœur se calme, l’angoisse disparait. L’odeur de la terre m’apaise, ça a toujours été comme ça.

Je ferme les yeux et inspire profondément. Je me sens mieux. J’aimerais rester ici jusqu’à ce que Maman vienne me chercher. Je sais qu’elle viendra, une larme coule le long de ma joue et finit dans mon nez. Me mouchant avec ma manche je me mets à pleurer encore une fois comme un bébé, je suis nulle.

Je me suis endormie sur le tabouret, on dirait qu’il y a du mouvement dehors, Jocelyne crie mon nom, Pierre arpente le jardin.

— Chérie calme toi, les portails sont fermés à clef, si elle était sortie de la maison, ils seraient ouverts. Donc, elle est toujours ici. Nous allons la retrouver.

— Et si elle avait escaladé ? Et si on l’avait kidnappée ? Oh mon Dieu…

J’entends la panique dans la voix de Jocelyne quand elle répond à Pierre.

Quand, soudain, la porte de ma cabane s’ouvre brusquement, une ombre s’approche de moi. Non, Éric m’a retrouvée ?! Je me mets à hurler de terreur.

Lorsque l’ombre s’avance, je distingue la silhouette qui n’est pas grande et je reconnais la démarche. C’est Jonathan…

— Alors c’est ici que tu te caches, hein ?

Je ne réponds pas, Jonathan m’impressionne, je ne sais pas s’il est réellement gentil…

— Tu ne dis rien ? Bref, maman, papa ! Elle est là !

Jocelyne et Pierre arrivent en courant suivis de Ben.

Elle me prend dans ses bras, elle tremble, et m’embrasse le haut du crâne.

— Dieu soit loué, tu vas bien. Que s’est-il passé ma puce pour que tu te réfugies dans un tel endroit ?

Je baisse les yeux et je me rends compte que j’ai inquiété tout le monde, mais je n’ai pas fait exprès. Jamais personne ne me cherchait la nuit.

— Maman… revient… jamais ? J’arrive de nouveau à communiquer, mais c’est très difficile. Grâce à Jocelyne, je vais chez une dame qui m’aide à parler correctement.

Elle a les larmes aux yeux, et me prend dans ses bras.

— Oh ma puce… je ne sais pas quand ta maman pourra venir te chercher, ni même si elle pourra le faire. Mais je sais une chose, c’est que tu es ici chez toi tant que tu le voudras. Pourquoi es-tu venu dans la serre ? Elle est abandonnée depuis longtemps et c’est sale.

— J’aime ici, l’odeur… maman…

À partir de ce jour, Jocelyne a fait rénover la serre, et m’a acheté du nécessaire de jardinage pour enfant. La serre, puisque c’est comme ça que ça s’appelle, est devenue mon repère.

Ça fait plus d’un an que je vis chez Jocelyne, Ben et moi on est copain. En plus on est dans la même classe, parce que j’ai recommencé mon CP. Maman n’est toujours pas venue me chercher, mais je la vois deux fois par mois. Le weekend. Elle me manque, mais je n’ose pas le dire. Elle m’a expliqué qu’elle ne pouvait pas me prendre avec elle, parce que sa vie est trop compliquée. Moi j’ai peur qu’elle m’oublie.

Les enfants à l’école ne sont pas toujours gentils avec moi, au début, je n’arrivais pas à me défendre sans les frapper, déjà, parce que je parle mal, et aussi parce qu’ils sont trop énervants !

Mais maintenant, j’ai grandi. Du coup, je me bagarre un peu moins, Jocelyne a malgré tout été convoquée à plusieurs reprises. Et j’ai bien vu qu’elle est mal à l’aise à chaque fois, même si elle ne me gronde pas beaucoup… alors j’essaie de ne plus faire de vague, mais c’est dur…

Ben m’apprend à répondre avec humour, mais parfois ça ne suffit pas.

Jonathan est très bizarre avec moi, des fois il est gentil et puis d’autre il fait comme si je n’existais pas. Je pensais qu’il ne m’aimait pas. Après tout j’ai pris sa chambre. Mais, lorsqu’un groupe de filles m’a embêté à la cantine, il n’a pas hésité à me défendre… Parfois il m’aide à lire ou même à compter. Il est peut-être juste étrange…

Ben est une vraie chochotte, alors, pour l’embêter, quand nous étions dans le jardin avec Jonathan, je lui ai envoyé un ver de terre à la figure ! Jonathan a éclaté de rire, et m’a même dit « bien joué » !

Ça m’a fait plaisir. Finalement, on va peut-être être copains tous les deux !

Au bout du compte, je me sens plutôt bien chez Jocelyne et Pierre. D’ailleurs, Pierre est très étrange, il s’inquiète tout le temps pour nous. Il m’achète des poupées et des peluches. Lorsque je suis tombée de l’arbre que j’essayais d’escalader, il a même failli pleurer à ma place ! Alors que moi, je n’avais pas très mal… mais je dois dire que ça fait du bien de vivre sans cri et sans larme…

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Good Writing

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Compelling Plot

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Great Character

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Strong Dialog

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