Prologue
- Zareth !
- Mmh...
- Zareth réveille toi !
- Mmh... hein ? Zareth essaya, non sans difficulté, d’ouvrir les yeux, mais ses paupières refusaient d’obéir.
- Allez réveille-toi ! Le ton se faisait plus pressant
- Que... que se passe-t-il Tav’ ? Le soleil commençait à peine à percer les épais rideaux rouges de la chambre du jeune prince. Une chambre luxueuse, aux tapisseries élégantes, tissées de fil d’or. Zareth était allongé dans son lit, un grand, très grand lit vraisemblablement bien trop grand pour lui.
- Allez Zareth, viens jouer avec moi ! supplia le jeune Tavros, tout en tirant la lourde couverture du lit de son frère. Cela fait des heures que je t’attends !
- Mais enfin Tav’, le soleil vient à peine de se lever, pourquoi me réveiller aussi tôt ? bâilla-t-il, encore à moitié endormi.
- Ne me dis pas que tu as oublié, répondit-il, tu m’as promis qu’on irait jouer dans la haute ville tous les deux ! La frustration pouvait se lire sur le visage du jeune garçon.
- Non... non bien sûr que non Tav’, je n’ai pas oublié ! dit Zareth, il se rappela alors de la promesse qu’il avait faite, la veille, à son frère lorsque celui-ci refusait de laisser aller dormir. Il faut dire que le jeune Tavros était un garçon qui savait comment obtenir ce qu’il souhaite.
Le visage de Tavros, dont les yeux avaient commencé à se brouiller de larmes, se détendit et on pouvait y voir un sourire émerger.
- Parfait ! Rendez-vous à la grande porte, le dernier arrivé est un gros goret baveux ! lança-t-il joyeusement avant de quitter la pièce aussi vite que possible.
- Rah ! Dans quelle galère je me suis fourré encore une fois, soupira Zareth en sortant de son lit. Il mit sa robe de chambre et se dirigea vers la garde-robe pour se changer.
- Dans la salle du trône, une lourde tension flottait dans l’air. A voir les visages crispés et inquiets des personnes présentes, on pouvait s’attendre à voir la pièce exploser à tout moment. Ce n’est qu’après quelques très longues secondes que Valkar brisa le silence. Il annonça d’une voix puissante :
- Avec tout le respect que je te dois Ashalek, tu sais très bien que je ne peux accepter ce que tu me proposes. Cela va à l’encontre de l’ensemble des principes de notre société, jamais mes sujets ne l’accepteront.
Son interlocuteur pris la parole à son tour.
- Tu sais pourtant que nous n’avons pas d’autre solution, il est impératif de... commença Ashalek
- Non je regrette, ma décision est prise, le coupa l’Empereur, et je ne reviendrai pas dessus. Cet entretien est terminé.
Les deux hommes se faisaient face, entre eux transpirait un mélange de respect, de méfiance et de crainte. Valkar était le plus grand des deux, il était équipé de son armure impériale d’argent et d’or surmontée d’une longue cape rouge. Sur sa tète reposait une belle couronne en or massif, symbole de richesse et de puissance de l’empire. Ashalek, le prince du désert de Kharat, portait une lourde armure en or pur, provenant tout droit des montagnes de Zaarak, dont il possédait la majeur partie des mines. Son œil gauche luisait d’une lumière dorée comme si un soleil brillait à l’intérieur.
- Je suis déçu Valkar, je pensais que tu étais un homme sage et intelligent... Je vais donc devoir trouver une autre solution, je suppose, dit Ashalek réprimant un mélange de colère et de déception.
Sur ces mots, Ashalek tourna le dos à l’Empereur et s’éloigna en direction de la porte de la salle du trône, suivi par ses deux gardes khemazas. Ils étaient à quelques mètres de la sortie lorsque le seigneur s’arrêta net, quelques secondes s’écoulèrent sans qu’aucune personne de la pièce ne bouge, on pouvait même douter qu’aucun n’ait respiré. Ce fut au tour d’Ashalek de briser le silence cette fois.
- Tu le regretteras Valkar, lâcha Ashalek, un léger rictus sur le visage, l’heure viendra ou tu le regretteras. Il reprit alors son chemin et quitta la pièce, y laissant ses occupants dans une ambiance de mort.
Après plusieurs minutes de marche, Zareth s’approcha de la grande porte, celle-ci mesurait près de 5 mètres de haut. Elle permettait l’accès au Palais par le reste de la haute ville et était surveillée par plusieurs gardes qui contrôlaient les entrées et les sorties.
- Psst, par ici, chuchota Tavros à l’attention de Zareth, depuis une niche du mur d’enceinte, à quelques mètre de la porte.
Zareth le rejoignit. Réalisant ce qu’ils s’apprêtaient à faire, il essaya de faire renoncer Tavros.
- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée Tav’, si père l’apprenait...
- Mais il n’en saura rien ! Et puis on ne restera pas longtemps, assura Tavros, le sourire jusqu’aux oreilles.
Cela ne suffisait pas à convaincre Zareth, mais celui-ci compris que quoi qu’il puisse lui dire, Tavros ne laisserai pas tomber son idée.
- Bon d’accord, soupira Zareth, je te l’ai promis après tout.
- Génial ! Tavros commença à déplacer une grille qui donnait sur une cavité dans le mur. Aide moi dans ce cas ! lança-t-il à son frère, elle est trop lourde pour moi. Zareth aida son frère à porter la lourde grille, celle-ci donnait accès à ce qui ressemblait aux égouts de la ville. Ils déposèrent la grille quelques dizaine de centimètres plus loin, afin de créer un passage suffisamment large pour qu’ils puissent s’y faufiler.
- Je passe devant, dit Tavros, suis moi et ne t’éloigne pas, il fait sombre là dedans et c’est un vrai labyrinthe.
- Peux-tu me rappeler comment tu as découvert ce passage déjà ? demanda Zareth
- Il faut bien s’occuper, tout le monde n’aime pas passer ses journées à lire des bouquins ou à étudier des trucs, répondit Tavros (il s’enfonça deux doigts au fond de la gorge et mima l’envie de vomir). C’est Jorek qui m’en a parlé, il dit que son père se sert de ce passage pour faire venir des dames dans ses appartements la nuit.
- Si jamais père apprenait que son chambellan fait rentrer des filles de joie dans son palais la nuit, il le ferait emprisonner sur le champs ! lança Zareth
Ils se mirent à rire tous les deux de bon cœur. Après quelques minutes de plaisanterie et de marche, les deux garçons aperçurent une faible lueur au bout du chemin.
- Nous y sommes, s’écria Tavros qui se mit à courir en direction de la lumière, la sortie est par là !
- Attends-moi ! dit Zareth qui se mit à courir également, essayant de ne pas se cogner contre les pierres qui dépassaient du plafond.
Les deux garçons arrivèrent devant une grille similaire à celle qu’ils avaient déplacé pour entrer dans les tunnels.
- Aide moi ! lança Tavros à l’attention de son frère, à deux ils poussèrent la grille qui tomba lourdement.
Tavros sorti le premier, suivit de près par Zareth. Ils étaient de l’autre côté du mur d’enceinte du Palais, dans une niche semblable à celle par laquelle ils étaient passé plus tôt. Celle-ci donnait sur une rue non passante se terminant par une impasse et située derrière l’un des grands bâtiments de la haute ville, un endroit idéal pour aller et venir sans être vue par quiconque.
Zareth semblait inquiet, lui qui habituellement ne brisait aucune règle ou ne désobéissait jamais, le voilà qui sortait illégalement du Palais, sans en avoir informé qui que ce soit, et alors que leur père le leur avait formellement défendu.
- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée Tav’, commença Zareth, c’est peut-être dangereux, et si un garde nous voit, on risque d’avoir des problèmes. Père nous punirait jusqu’à la fin de nos jours, je ne pourrais plus aller à la bibliothèque et toi tu serais privé de... qu’est-ce que tu fais de tes journées déjà ?
- Mais personne n’en saura rien je te dis ! rétorqua Tavros, en ignorant la pique de son frère. Et puis si on se fait prendre, tu n’auras qu’à dire que je t’ai forcé, père ne te punira pas, tu es sa plus grande réussite après tout...
Un silence s’installa entre les deux garçons, Zareth s’apprêta à répondre lorsqu’ils entendirent une voix se rapprocher.
- Quelqu’un arrive, dit Tavros à son frère, caches toi là-dedans ! Tavros pointa du doigt une caisse en bois dans laquelle étaient rangés des outils
Zareth s’exécuta en entrant dans la caisse qu’il referma le plus silencieusement possible. La caisse était poussiéreuse, il essaya de se faire une place entre les différents outils.
Cela faisait plusieurs minutes maintenant que le Seigneur de Kharnat était parti et pourtant, Valkar n’avait toujours pas bougé d’un poil, il semblait être dans une profonde réflexion.
- Vous avez l’air préoccupé Sir, est-ce lié à ce qu’à dit le Seigneur Ashalek ?
L’Empereur sembla émerger d’une grande discussion avec lui-même, il répondit sans regarder son interlocuteur, le regard toujours fixé dans le vide.
- Tu sais Joran, cet homme est dangereux, je ne prends jamais les menaces de personnes de son genre à la légère, dit l’Empereur sur un ton voilé d’inquiétude.
Le Chambellan ressenti une vague de peur l’envahir, c’était la première fois en près de 20 ans qu’il voyait Valkar aussi inquiet. Joran était le Chambellan de l’Empereur depuis son arrivé sur le trône. C’est un statut qu’il avait hérité de son père, déjà chambellan de l’Empereur précédent. Avec le temps, ils avaient fini par tisser des liens que l’on pourrait qualifier d’amicaux.
- Vous avez pris la bonne décision Sir, lança-t-il sur un ton qui se voulait rassurant.
- Nous le saurons bien assez vite mon ami, mais je l’espère de tout cœur.
Sur ces mots, Valkar se leva de son trône et quitta la pièce, à son passage, les deux gardes saluèrent puis se remirent en position. Joran pris quelques instants pour réfléchir à ce qu’il venait de se passer, puis quitta la pièce à son tour, en direction de ses appartements. Lorsqu’il y arriva, son fils l’attendait.
- Père ! Comment s’est passé votre matinée ? demanda Jorek tout en courant vers son père pour l’enlacer.
- Chargée mon grand, chargée, mais tout va bien. Et toi ? Tu n’es pas avec Tavros aujourd’hui ? demanda Joran, étonné. D’habitude vous êtes toujours ensemble à cette heure-ci.
- Non, il est sorti avec Zareth, ils sont partis visiter la v... euh, ils sont à la bibliothèque, je crois, bégayât le jeune garçon, ses joues devenant aussi rouges que le tapis du petit salon.
- Pourquoi ne les as-tu pas rejoint ? le questionna Joran, suspectant que son fils ne lui disait pas toute la vérité.
- Euh... je... j’y vais tout de suite ! Répondit le garçon avant de sortir de la pièce en courant.
Joran resta sur place, suspicieux de ce qui venait de se passer, mais après la journée qu’il avait vécu, il n’avait pas la tête à chercher plus loin, et préféra se dire que ce n’était surement rien de très important. Il héla le garde.
- Oui Sir ? dit le garde en arrivant près de la porte.
- Comme d’habitude, d’ici une heure, chuchota le chambellan en glissant discrètement quelques pièces d’or dans la main du garde.
- Bien Sir, répondit le garde en saluant le chambellan, et tournant les talons.
-Joran rentra dans ses quartiers, se dirigeant vers la salle de bain, un bain chaud et parfumé avait été préparé un peu plus tôt, il se déshabillât et posa sa tenue sur une chaise un peu plus loin. Il rentra progressivement dans le bain, s’y installa confortablement et s’y prélassa, en attendant que le garde exécute sa mission.
A travers les écarts entre les planches qui constituaient la caisse ou il se trouvait, Zareth avait un point de vue assez clair sur la rue. Il put apercevoir Tavros se cacher rapidement derrière un ballot de paille laissé là. Les voix continuaient de se rapprocher.
- C’est par ici ! D’après notre gars, le Chambellan de l’Empereur utilise cet endroit pour y faire passer ses prostitués. Ca mène directement à la cours du Palais ! Dit un premier homme avec un léger accent, semblant venir du Sud de Galeön
- Parfait ! On reviendra à la nuit tomber, mon Maître sera très satisfait de ta dévotion, répondit un second homme avec un accent du Sud encore plus prononcé
Les deux hommes entrèrent dans la rue et désormais Zareth pouvait les voir, le premier avait une tenue Arkanorienne, pourtant, il pouvait clairement voir que l’homme n’était pas d’Arkanor, surement un immigré. Depuis plusieurs années, suite à l’amélioration des relations entre l’Empire et le royaume de Kharat, de plus en plus de Khemazas venaient vivre au sein de l’Empire, les conditions de vie y étant plus favorables. La réciproque n’était pas vrai pour autant. Les rumeurs sur la vie en Kharat avaient tendance à éloigner toute volonté d’aller y séjourner. Le second homme était bien plus impressionnant. La peau noire ébène, il était grand et massif, vêtu d’une armure dorée et équipé d’une épée courte mais dont la forme faisait penser à celle d’un serpent.
- Voilà la grille dont je vous parlais... mais... commença le premier homme, avant de s’arrêter net.
- Qu’y a-t-il ? demanda l’autre homme, remarquant son regard étonné.
- Je ne comprends pas, comment se fait-il qu’elle soit ouverte ? Elle ne l’était pas il y a encore une heure ! S’étonna l’immigré.
Comprenant la situation, le soldat Khemaza dégaina son épée.
- Qu’est-ce que c’est que cette histoire, je pensais que ton tuyau était fiable ? Est-il possible que ton gars nous ai balancé ? Lança le soldat khemaza sur un ton accusateur
- Non je suis sûr que non ! C’est surement une coïncidence rien de plus, éloigne toi, je vais attendre ici, la personne qui l’a emprunté y repassera certainement à un moment ou un... commença l’immigré avant d’être coupé par un bruit métallique.
- Merde, grogna Zareth qui venait de glisser dans la caisse, deux pelles s’étaient alors entrechoquées.
- T’as entendu ça ? Demanda le premier homme,
- Bien sûr que j’ai entendu, répondit le soldat, je crois que tu ne vas pas avoir à attendre longtemps, notre invité est déjà là !
Ce dernier s’approcha doucement de la caisse d’où venait le bruit, son épée à la main. Il s’apprêtait à l’ouvrir lorsque soudain.
- Laissez le tranquille ! cria Tavros en sautant sur le soldat, il atterrît sur son dos et lui assenât des coups de poing sur la tête. Cours Zareth ! lança-t-il à son frère encore caché dans la caisse.
- Zareth s’exécuta, il sorti de la caisse d’un bond et pris la fuite, cependant il n’avait pas fait deux mètres lorsqu’une une main s’abattît sur son épaule et le retint en arrière. C’était l’immigré qui avait eu le temps de l’attraper avant qu’il ne puisse faire quoi que ce soit. Tavros qui continuait à frapper le colosse, fut saisi par le bras et projeté contre un mur, plusieurs mètres plus loin, la chute l’assommant à moitié.
- Tav’ ! cria Zareth, se libérant de l’emprise du Khemaza et courant en direction de son frère étendu au sol. Tav’ ça va ? Tu es blessé ? lui demanda le jeune prince, les yeux emplis de larmes.
Tavros commença lentement à reprendre ses esprits.
- J’ai connu mieux... murmura le jeune garçon, du sang coulant le long de sa tempe.
Le soldat maintenant libéré, il secoua la tête et avança vers les deux princes, suivit de près par l’immigré.
- Alors, qu’avons-nous là ? lança le colosse en direction des deux garçons
- Le jackpot ! répondit l’autre homme. Etant donné leur tenu, et le nom par lequel ils se sont appelés, je dirais que nous sommes face à leurs altesses, les deux princes d’Arkanor, les fils de Valkar.
En entendant cette information, les yeux du colosse se mirent à briller d’une lueur malsaine.
- Bien ! dit-il. Mon maitre sera ravi de vous rencontrer, il a un message à faire passer à votre père, vous allez pouvoir nous y aider !
Les deux hommes commencèrent par attacher Tavros, lorsqu’une voix retentit.
- Hé ! Qu’est-ce que vous faites ! intervint un garde du Palais, accompagné par une femme en tenue légère.
- Par ici, ces hommes veulent nous kidnapper ! cria Tavros, toujours ligoté.
- Prince Tavros ? Prince Zareth ? Mais que faites-vous ici ? dit le garde en dégainant son épée. Il attrapa également le sifflet d’alerte qu’il avait autour du coup, et souffla le plus fort qu’il le pouvait.
Voyant cela, l’immigré sorti une dague de sa ceinture et se lança sur le garde, mais ce dernier, d’un simple revers d’épée, lui trancha la gorge et le Khemaza s’écroula au sol, dans un gargouillis de sang. Le colosse se mit à rire, puis lança sur un ton amusé :
- Bien ! Vous venez de nous rendre un grand service, on n’aura pas à le payer comme ça. Il brandit alors son épée et assena un revers en direction du garde, celui-ci eu tout juste le temps de parer, mais la force du coup était telle que l’épée fut simplement déviée et vint s’écraser lourdement sur le casque du garde Arkanorien. Celui-ci, sonné, tomba à genoux.
- Tu te crois assez fort pour me vaincre, impérial ? reprit-il. Tu n’es pas de taille face à moi.
Alors que le garde tentait de se relever, le Khemaza leva son épée, prêt à donner le coup fatal. Soudain, une lame vint transpercer l’abdomen du colosse, celui-ci regarda la lame qui dépassait de son ventre, et avant de comprendre ce qu’il venait de se passer, il s’effondra à son tour, face contre terre, à côté du garde qui pensait que son heure était venue.
L’homme, qui venait de lui sauver la vie, retira sa lame du cadavre Khemaza et l’essuya sur sa cape.
- Père ! crièrent à l’unisson les deux garçons
- Merci, votre Altesse, dit le garde, en reposant un genou à terre.
Valkar ne répondit pas, se contentant de poser sa main sur l’épaule du soldat, en signe de gratitude pour avoir sauvé ses fils. Il avança ensuite vers les deux garçons, Zareth venait de libérer son frère de ses liens.
- Mes fils, vous avez de la chance, votre ami Jorek s’est inquiété pour vous et a tout avoué à son père qui est venu me prévenir tout de suite. Lorsque j’ai entendu le sifflet de la garde, j’ai fait au plus vite. Mais qu’est-ce qui vous a pris enfin ! Toi Tavros, je ne suis pas étonné, mais Zareth, mon fils, ce n’est pas dans tes habitudes de me désobéir. Qu’est ce qui t’es passé par la tète ?
- Ne le grondez pas père, intervint Tavros, c’est ma faute, je l’ai forcé à venir avec moi, il ne voulait pas...
- Silence ! le coupa l’Empereur, toi tu en as assez fait je ne veux plus t’entendre ! Garde, raccompagnez ces jeunes garçons au Palais. Nous continuerons cette discussion plus tard, le temps que je réfléchisse à votre sanction !
Le garde se leva, et s’avança vers les jeunes garçons pour les aider à se relever. Tavros éclata en sanglot, conscient d’avoir à nouveau déçu sont paternel, tandis que Zareth ne put se retenir de vomir en passant à côté du cadavre de l’immigré au-dessous duquel une énorme flaque de sang s’était formée, on entendait encore le gargouillis que faisait l’air en s’échappant par la plaie de son cou.
- Ensuite, garde, repris Valkar en jetant un œil à la jeune femme en tenu légère qui se trouvait encore dans la rue, vous viendrez me faire un rapport afin de m’expliquer ce que vous faisiez ici en si bonne compagnie durant votre service.
Le garde acquiesça et prit la route en direction du Palais, au même moment, Joran, le Chambellan arriva.
- Sir, commença-t-il, je suis sincèrement désolé, si j’avais su...
- Ne dit rien ! le coupa l’Empereur. Tout ce qui arrive est ma faute, j’ai défié Ashalek, j’en paie le prix. Tu feras condamner ce passage, et doubler les gardes, pour le reste, faisons comme si je n’avais pas compris.
Sur ces mots Valkar prit la direction du palais, laissant Joran sans voix, et visiblement déçu de devoir faire condamner le fameux passage, mais rassuré de voir que les jeunes princes étaient sains et saufs. Si ça n’avait pas été le cas, cette conversation aurait sûrement été bien moins agréable pour lui.