Le vide

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Summary

En primaire, il faisait partie d une bande. Il riait, il écoutait, il suivait. Il pensait que ça suffisait. Mais petit à petit, un vide s’est creusé — un silence entre les blagues, un regard manqué entre deux rires. Il croyait exister parmi eux, jusqu’au jour où il a compris qu’il n’était que l’arrière-plan. Alors il a chuté. Lentement. Jusqu’à ce que plus personne ne remarque son absence. Voici l’histoire d’un garçon oublié sans violence, effacé sans haine. Et de sa tentative, désespérée et fragile, pour redevenir quelqu’un aux yeux des autres. LE VIDE, c’est ce qu’il y avait entre eux. Et maintenant, c’est tout ce qu’il lui reste à comber

Genre
Young Adult
Author
Omber
Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapter 1

Chapitre 1 — Présent, pas attendu

En primaire, j’étais dans une bande.

Mathis, Théo, Inès, Eliott… et moi.

On traînait ensemble à la récré, on se retrouvait parfois chez les uns ou les autres. J’étais souvent là. J’étais invité, je participais, je riais quand il fallait rire.

Je n’étais jamais à l’écart.

Mais je n’étais jamais au centre non plus.

Je me souviens qu’à l’époque, ça me suffisait. Être là. Suivre. Être accepté, ou au moins toléré. J’appelais ça de l’amitié. C’était peut-être juste de l’habitude.

Parmi eux, y avait Eliott. Lui, c’était différent.

On se connaissait depuis toujours. Littéralement : on avait été gardés par la même nounou. Deux gosses en pyjamas Mickey, qui se disputaient des cubes en plastique et se réconciliaient cinq minutes plus tard.

Il savait que j’avais peur du noir. Que je détestais le fromage fondu. Que je trichais au jeu des 7 familles.

Il savait tout ça. Et il restait quand même.

Une fois, en CE2, j’ai oublié ma trousse. Il m’a prêté la sienne, sans un mot. Le lendemain, je lui ai rendu avec un petit mot dedans. Un "merci" maladroit, gribouillé au stylo bleu.

Il a lu, il a souri, et il a dit :

— T’es un vrai, toi.

J’avais huit ans. Mais ces quatre mots, je m’en souviens comme si c’était hier.

Ce jour-là, j’ai décidé qu’il serait mon meilleur ami. Peut-être pour toujours. Peut-être tout seul.

Alors je croyais que j’étais bien entouré.

Même si je devais souvent courir derrière leurs blagues pour les comprendre.

Même si mes idées de jeux étaient poliment ignorées.

Même si je rigolais aux histoires des autres sans jamais en raconter une seule.

Je me rappelle une fois, j’avais ramené un paquet de bonbons. Je l’ai partagé avec tout le monde. J’espérais… je sais pas. Un merci, un sourire, quelque chose.

Mais Théo a lancé une blague juste après. Tout le monde a éclaté de rire.

Et moi, j’étais là, les mains vides, à sourire dans le vide.

Sur le moment, j’ai rien vu.

Je croyais que c’était normal. Que c’était ça, être en groupe : parfois on brille, parfois on s’efface.

Mais aujourd’hui, avec le recul, je comprends mieux.

J’étais toujours présent.

Mais jamais attendu.