Tenebrys

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Summary

Envie de frissonner ? Découvrez 50 histoires d'horreur. Si l'une ne vous fait pas peur, une autre s'en chargera ! Lisez de préférence la nuit, dans le noir.

Genre
Horror
Author
Mélanie
Status
Ongoing
Chapters
4
Rating
n/a
Age Rating
16+

Le mur

“J’ai travaillé seul pendant trois semaines dans un manoir abandonné. Ce que j’ai vu; ou cru voir; je ne peux pas l’expliquer. Mais je sais une chose : il y avait quelqu’un dans ce mur. Et ce n’était pas moi qui délirais.”


En mai 2023, j’ai été envoyé dans le Lot par un cabinet d’architectes pour faire un relevé topographique complet d’un ancien manoir rural. Il datait du XIXe siècle, laissé à l’abandon depuis une trentaine d’années. Personne ne voulait du terrain. Trop reculé, trop de travaux, trop chargé d’histoire.

J’y suis allé seul, comme souvent. J’avais l’habitude.

Les trois premiers jours, j’ai vécu dans un silence total. Pas de réseau. Pas un bruit autour. Même les oiseaux semblaient absents. J’ai installé mon lit de camp dans un salon central, entre deux grandes cheminées bouchées.

Le manoir était labyrinthique. Salles fermées, escaliers qui montent dans le vide, fenêtres clouées de l’intérieur. Et surtout… un couloir qui ne figurait sur aucun plan. Étroit. Sans fenêtres. J’ai d’abord cru que c’était une sorte de passage de service. Mais il ne menait à rien. Juste à un pan de mur brut, humide, suintant légèrement. Un mur… étrangement neuf. Comme si quelqu’un l’avait reconstruit plus récemment que le reste.

Je l’ai photographié. Je comptais poser la question aux archives.

C'était bizarre mais c'est la cinquième nuit où il se passa vraiment quelque chose.

Il devait être 4h du matin quand j’ai entendu respirer. Pas un souffle de vent. Une respiration lente, humaine, très proche. Dans la même pièce. Quand j’ai allumé la lampe, il n’y avait rien.

Je me suis levé, j’ai fait le tour de la maison. Tout était en place.

Et puis, en montant à l’étage, j’ai remarqué quelque chose : sur LE mur, un gribouillage au crayon. Très léger. Il fallait vraiment s’approcher pour le voir.

Trois mots :

“Il est derrière.”

Je me suis dit que c’était un gamin, une blague. Mais j’ai commencé à me lever la nuit, durant les rares moment où je parvenais à trouver le sommeil. Je retournais dans le couloir aveugle, je fixais ce mur reconstruit, sans raison et je reprenais conscience là.

Malgré tout, je suis resté car j'avais l'habitude de ce genre d'endroit. Et que ce n'était pas la première fois que ça m'arrivait.

Ensuite, j’ai commencé à entendre des coups durant la journée.

Au début c'était juste un coup sec. Comme une porte qui se claque à cause du vent, ou une partie de la maison qui s'effondre sur elle-même. Pourtant, tous ces bruits semblait provenir du même endroit et plus les jours passaient, plus ça empirait. Des grattements, des coups de plus en plus récurrent. Ce n'était jamais ailleurs dans la maison.

Je commençais à me dire que j'étais fou, alors une nuit je l'ai enregistré. Le lendemain, lorsque j'ai visionné la vidéo, j'ai remarqué un truc complètement dingue que je n'avais pas vu sur le moment. Au moment où on entendait les grattements contre le mur, ce dernier bougeait.

Légèrement.

Comme si quelque chose poussait de l’intérieur.

Cela faisait des jours que ça durait, j'étais épuisé à cause du manque de sommeil alors j'ai craqué. Entre temps le cabinet m'avait fait des retours sur ce fameux mur. Il n'était pas censé exister. Le couloir lui-même qui menait à ce mur n'était pas non plus censé exister.

En ayant cela en tête, je suis allé chercher une masse de chantier dans le sac à outil que je gardais dans ma voiture.

Je voulais comprendre.

Même si ça me faisait peur.

Il fallait que ça cesse.

Je n'en pouvais plus.

Alors j’ai commencé à frapper.

Le plâtre était mince. Trop mince pour un mur porteur. Il sonnait creux.

Après cinq minutes, j’ai ouvert un trou. Et l’odeur… mon Dieu.

Un mélange de renfermé, de sang et de pourriture.

L'odeur était si forte que je faillit vomir.

De l'autre côté du mur, il y avait une pièce plongée dans les ténèbres.

J'attrapa la lampe de poche qui ne me quittait jamais durant mes missions et balaya la salle avec le faisceau.

Certains murs étaient recouverts de la même tapisserie que le couloir, mais d'autre n'avait même pas été peint. Comme si la pièce avait été construite en très peu de temps et laissé comme ça.

Il n'y avait pas de porte visible, cependant il y avait de profondes marques de griffures sur les murs. On aurait dit que quelqu'un avait essayé de créer une sortie avec ses ongles... Et lorsqu'il n'eut plus suffisamment d'ongle, ses doigts prirent le relais.

J’ai pris une photo. Je l’ai encore. Mais jamais je ne la montrerai.

Parce qu’au centre du mur, juste au-dessus des griffures, il y avait une inscription. Gravée au sang, ou à l’ongle, je ne sais pas.

Un prénom.

Julien.

Mon prénom.

Je suis parti sans refermer. J'ai envoyé un message à mon cabinet, racontant une excuse. Trop honteux de raconter la vérité.

Et puis, quelques mois plus tard, lorsque les travaux ont débuté, on est venu me voir pour obtenir des informations sur le mur ainsi que la pièce que j'avais trouvé car malgré leurs recherchent, ils ne l'ont pas trouvé.

Le temps à passer et j'ai commencé à aller mieux. Les rêves étranges que je faisais depuis mon retour ont commencer à se dissiper. Je me voyais, enfermé dans cette pièce sans issue. Plongée dans le noir, effrayé, impuissant, mais pas seul.

Mais même quand je ne dors pas, parfois, en pleine nuit, quand tout est silencieux…

… je crois encore l’entendre respirer.