Celle qu’il ne fallait pas aimer

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Summary

Il s’appelle Khalem. Trente ans, une réussite insolente, une vie de luxe, et un cœur devenu froid. L’amour, il n’y croit plus — il l’a piétiné, renié, et enterré. Les femmes ? Juste des passagères dans une nuit sans lendemain. Jusqu’à elle. Zya. Belle, mystérieuse, dangereuse. Elle vend son corps pour survivre, mais garde farouchement son âme. Elle n’a pas besoin d’un homme, encore moins d’un client qui pense pouvoir la sauver. Mais il ne voulait pas la sauver. Il voulait juste comprendre pourquoi, pour la première fois depuis des années, son cœur battait encore.

Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapter 1: la chambre 408


Le bruit du verre qui se fracasse contre le sol n’étonna personne. Dans cette suite de luxe du Palace Orion, les excès étaient la norme. Des visages maquillés jusqu’à l’oubli de soi, des talons trop hauts pour tenir debout, des corps fatigués par la nuit. Mais lui, il restait droit. Intact. Intouchable.


Khalem observa un instant le désordre autour de lui, puis détourna le regard. Rien ne le retenait ici. Ni les corps nus qui traînaient sur les draps froissés, ni la musique trop forte, ni l’odeur d’alcool trop vieille. C’était toujours pareil. Chaque nuit, une scène différente, mais le même vide.


Il remit sa montre au poignet et récupéra sa veste. Il n’était que minuit passé. Trop tôt pour dormir. Trop tard pour commencer autre chose


Il descendit à la réception


— Monsieur Khalem, tout va bien ?


— J’ai besoin d’une autre chambre. Quelque chose de plus… calme.


La réceptionniste ne posa pas de question. Ce genre de demande, venant de lui, était habituel. Elle pianota sur son clavier, puis releva les yeux


— La suite 408 est libre. Vue sur mer.


— Parfait


Il monta seul, sans un mot, sans un regard pour ceux qu’il croisait dans les couloirs. Dans l’ascenseur, il contempla son reflet. Toujours ce même visage froid, contrôlé, presque figé. Aucun signe de fatigue, aucun signe d’humanité.


Quand il entra dans la suite, il alluma à peine les lumières. Il s’approcha du minibar, se versa un verre de whisky, et alla s’asseoir au bord du lit.


Il allait retirer ses chaussures, quand on frappa à la porte.



Une fois



Deux fois.



Il ne s’attendait à personne.


Il ouvrit.



Et elle était là.


La peau dorée sous un trench beige, les yeux soulignés de noir, la bouche trop rouge pour être honnête. Elle ne dit rien. Elle entra, comme si elle connaissait déjà les lieux. Comme si c’était prévu.



Il referma doucement.


— Tu es qui ? demanda-t-il, presque sans émotion.


— Celle que tu as payée. Ou du moins, celle qu’on t’a envoyée.



Sa voix était grave, posée. Rien de fragile, rien de cassé. Elle posa son sac, fit quelques pas dans la suite, observa l’espace.


— Jolie vue.


— T’as un prénom ?


— T’as besoin d’un prénom pour faire ce que t’as à faire ?



Il ne répondit pas. Elle retira lentement son trench. En dessous, une robe noire, moulante, simple mais élégante. Rien de vulgaire. Elle s’approcha du lit.


— On commence ? demanda-t-elle en relevant les yeux vers lui.



Mais il ne bougea pas. Il la regardait, sans désir apparent. Presque… intrigué.



— Tu n’es pas comme les autres, murmura-t-il.


— C’est ce qu’ils disent tous. Avant de redevenir comme tous les autres.




Elle s’arrêta. Quelque chose dans son regard avait changé. Moins d’assurance. Plus de distance.



— Je suis fatiguée, souffla-t-elle. Tu veux quoi, au juste ?


— Rien. Assieds-toi.



Elle hésita. Puis finit par s’asseoir au bord du lit, à bonne distance.


— T’es pas du genre bavard, hein.


— Pas avec n’importe qui.


— Et moi, je suis quoi ?



Il tourna légèrement la tête.


— Justement. C’est ce que je cherche à comprendre.



Un silence lourd s’installa. Pas inconfortable. Juste… étrange


— Tu sais, finit-elle par dire, t’as pas besoin de jouer au mec mystérieux avec moi. J’ai vu toutes les versions. Le nerveux, le romantique, le brisé, le dominateur. J’ai connu les hommes qui voulaient m’acheter, et ceux qui voulaient me sauver.


— Et moi, je suis quoi ?


— Pour l’instant, t’es juste un inconnu qui me regarde comme s’il attendait quelque chose que j’ai pas encore montré.



Il sourit, à peine. Et pour la première fois depuis des semaines, peut-être des mois, Khalem sentit autre chose qu’un vide.


Il ne savait pas encore quoi.



Mais il savait que cette nuit n’avait rien d’ordinaire.