J'etais Peaches...
Je m'appelle pas Peaches.
Mais câest comme ça quâon mâappelait.
La fille belle, douce, fruitĂ©e, facile Ă avaler. Une jolie image qui ne disait jamais non. Une illusion sucrĂ©e quâon croque, quâon like, puis quâon oublie.
Jâai 20 ans.
Et je suis fatiguée.
Je nâai pas eu une vie dure, pas comme dans les films. Pas de rue, pas de guerre, pas de parents violents.
Jâai eu une chambre rose pastel. Un iPhone trop tĂŽt. Des parents souvent absents mais toujours fiers quand je postais une photo mignonne.
Jâai Ă©tĂ© cette fille. Celle quâon admire sans jamais chercher Ă comprendre.
Je ne sais pas quand jâai perdu la vraie moi.
Peut-ĂȘtre le jour oĂč jâai eu mon premier DM dâun inconnu qui disait "t'es trop bonne".
Peut-ĂȘtre le jour oĂč jâai supprimĂ© une photo parce quâelle faisait "pas assez de likes".
Peut-ĂȘtre quand jâai commencĂ© Ă filtrer ma voix, mes envies, mes pensĂ©es.
Ă 17 ans, jâĂ©tais dĂ©jĂ un produit.
Ă 18, jâĂ©tais accroc.
Ă 19, jâĂ©tais vide.
Et Ă 20, je suis en train dâĂ©crire ça. Seule. Sans maquillage. En pyjama trop grand, les yeux rouges et le cĆur cassĂ©.
Je mâappelais @peaches.night.
4 millions dâabonnĂ©s.
Des partenariats, des voyages, des messages Ă minuit, des propositions dĂ©gueulasses quâon habille avec des smileys.
JâĂ©tais la fille quâon voulait ĂȘtre.
Mais jâĂ©tais aussi la fille que personne ne connaissait.
Jâai souri sur des photos oĂč je voulais pleurer.
Jâai postĂ© des "I love myself" en caption alors que je ne me supportais mĂȘme plus.
Jâai fait croire que jâĂ©tais heureuse. Parce que la vĂ©ritĂ©, ça fait fuir les gens.
Jâai vu mon corps devenir un sujet public.
Jâai vu des gens crĂ©er des forums pour dĂ©battre de ma poitrine, de mon poids, de mon visage.
Jâai vu des rumeurs naĂźtre de rien. Des gens dire que jâavais changĂ©. Que jâĂ©tais froide. Hautaine.
Mais personne ne mâa jamais demandĂ© : "Comment tu vas, vraiment ?"
Jâai voulu tout arrĂȘter un soir.
Jâai failli.
Je me suis regardĂ©e dans le miroir et je ne savais mĂȘme plus si jâĂ©tais rĂ©elle.
Tout était faux.
Moi comprise.
Et maintenant, je suis lĂ .
Pas pour quâon mâaime.
Pas pour quâon me plaigne.
Mais parce que je veux raconter.
Parce quâil faut que quelquâun dise ce que ça fait, dâĂȘtre trop vue et jamais regardĂ©e.
Parce quâil faut que quelquâun dise que lâimage ne suffit pas.
Parce que derriĂšre chaque Peaches, il y a une fille qui crie en silence.
Et moi, je refuse de me taire encore.Alors laisse-moi te dire quelque chose que jâai appris, au prix fort.
Ce nâest pas dans les chiffres quâon trouve la valeur. Pas dans les cĆurs virtuels, ni dans les commentaires qui disparaissent aussi vite quâils sont arrivĂ©s.
La vraie valeur, elle est ailleurs.
Jâai cru pendant longtemps que le bonheur, câĂ©tait dâĂȘtre aimĂ©e de tous, de voir mon nom sâafficher partout, de rĂ©colter des milliers de likes. Mais tu sais quoi ?
Ce nâest pas ça. Ce nâest jamais ça.
Parce quâon ne peut pas aimer quelquâun Ă travers un Ă©cran. On peut admirer une image, une version filtrĂ©e, mais pas la personne derriĂšre lâĂ©cran.
Jâai perdu des nuits Ă essayer dâĂȘtre parfaite, Ă masquer mes failles, Ă plaire Ă des inconnus qui, au final, ne voulaient quâune illusion.
Je me suis oubliĂ©e, je me suis perdue dans ce rĂŽle quâon mâavait construit.
Et ça, ça fait mal.
Alors aujourdâhui, je veux que tu te souviennes de ça :
Ta valeur ne dĂ©pend pas de la popularitĂ©, ni du regard des autres. Elle dĂ©pend de comment tu te regardes, comment tu te parles quand personne ne tâĂ©coute.
La vraie lumiĂšre, elle vient de lâintĂ©rieur, pas des projecteurs.
Si tu te sens seul·e, perdu·e, si tu crois que ta vie vaut moins parce que tu nâas pas assez de âfollowersâ ou de âlikesâ, sache que tu nâes pas seul·e.
Et que tu vaux bien plus que ce que ce monde virtuel veut bien te montrer.
Je ne suis pas lĂ pour te dire que tout sera facile. Non. Mais je suis lĂ pour te dire que tu nâas pas Ă te perdre pour exister.
Tu peux choisir de tâaimer, mĂȘme quand personne ne regarde.
Tu peux choisir la vĂ©ritĂ©, mĂȘme si elle est plus dure Ă montrer que des filtres parfaits.
Parce quâau fond, câest ça la vraie force.
Ătre toi. EntiĂšre. BrisĂ©e parfois, mais toujours lĂ .









C'est fort! criant de vérité , trop de masques ,des façades que l'on veut nous voir créer ! Et la réalité ? chapitre plein d'émotions à méditer
C incroyable!!! j'adore la façon dont t'Ă©cris et la morale que tu fais passĂ© dans chacune de tes histoires! Tu m' inspire tellementđ„°. Ne t'arrĂȘte jamais!!!âŁïžâŁïžâŁïžâŁïžâŁïž