Prologue
Le monde, après la Troisième et la Quatrième Guerre mondiale, est ravagé. La nature a été détruite.
Le gouvernement a trouvé son coupable : les ethnies, les religions, les races, les cultures... En somme, tout ce qui différencie un individu d’un autre.
Selon lui, ces éléments manipulent l’esprit des gens et mènent inexorablement au chaos.
Aucune preuve concrète ne fut pourtant apportée, mais cette théorie fut mondialement acceptée.
Aux quatre coins du monde furent alors bâties d’immenses forteresses, censées protéger la population du danger qu’était devenu notre monde.
Ces gigantesques constructions furent nommées les Cités.
Chaque pays possédait désormais une Cité identique.
Les Grands de ce monde laissèrent deux choix à la population :
1. Faire partie de ce monde parfait, où tous les besoins seraient comblés. La nourriture — jusqu’ici le plus grand problème — ne le serait plus. La seule condition : renoncer à ce qui, pour certains, donne un sens à la vie… leur croyance.
2. Refuser. Garder sa foi, sa culture, son identité. Mais en échange, aucune protection. Aucune nourriture. Aucun abri. La vie en autonomie ne serait pas un choix, mais une lutte. Et la survie… un luxe, que seuls certains pourraient s’offrir.
Au début, nombreux furent ceux qui refusèrent de se soumettre.
Mais la misère, la peur constante, la faim… rendent fous les plus déterminés.
Alors, ce qui était une majorité devint rapidement une minorité méprisée — parfois même par ceux qui en faisaient jadis partie.
La Cité devint la capitale de l’opulence.
Et petit à petit, les gens oublièrent les véritables raisons qui avaient poussé d’autres à se replier.
De là naquit leur nouveau nom : les Oubliés.
Ni péjoratif, ni cordial. Juste… insignifiants.
Le Régime de la Cité perdit peu à peu la patience qu’il affichait en façade.
Il interdit toute entrée non réglementée dans la Cité.
Et sans perdre de temps, il trouva une nouvelle utilité à ceux qui vivaient encore dans les vestiges de l’ancien monde.
Les Oubliés servirent, au péril de leur vie, de réserve alimentaire.
Leur production reviendraient à 90% à la Cité pour espérer recevoir de l'argent, qui servirait a racheter une partie de leur propre récolte... Un cercle vicieux
La Cité mit en place un système de surveillance, censé empêcher les révoltes dans les quartiers.
Mais… que peut-on attendre d’un peuple à qui on a retiré la nourriture, l’eau, la fierté — et par-dessus tout — la liberté ?
À leur place,
je n’attendrais rien…
rien,
si ce n’est la Haine.