Chapitre 1 : Première rencontre
J'étais entrain de regarder mes notes quand il est entré dans la pièce. L'Amphithéâtre se vidait et il avançait à contre-courant. Après un moment d'hésitation il s'est dirigé vers moi.
J'avais senti sa présence mais j'étais concentrée.
C'est un de mes problèmes, je ne suis pas capable de faire deux choses en même temps.
Il s'est arrêté à ma hauteur. J'ai levé les yeux vers lui et nos regards se sont croisés. Nos pupilles se sont dilatées en même temps. Je suis tombée littéralement dans ses yeux.
Ce n'était pas que ses yeux.
C'était la douceur de ses yeux et la beauté de son visage qui m'ont frappés à ce moment là. La couleur de sa peau. La longueur de ses cils. Le temps s'est totalement arrêté.
Moi qui fuit le contact visuel, je l'ai fixé bien plus longtemps qu'à l'accoutumée.
Puis rapidement la gêne a pris le dessus et j'ai détourné le regard en essayant de prendre un air détaché.
Il a eu un sourire en coin et a posé la question qu'il était venu me poser :
"Excuse-moi, c'était la réunion de présentation pour les Première année ?"
J'avais du mal à me concentrer. J'écoutais davantage le son de sa voix que sa question.
Sa voix venait de sa gorge, elle était plutôt grave et légèrement voilée. C'était une voix un peu cassée qui restait dans l'oreille, une voix qui n'était pas à sa place.
Il m'a fallu un moment avant de répondre. Pendant ce temps, il cherchait à capter mon regard. Il tournait légèrement la tête à droite et à gauche pendant que j'essayais de l'esquiver. Ça lui donnait l'air d'un hibou. J'aurais pu me mettre à rire si les battements de mon cœur n'étaient pas si rapides.
Bon. Du calme.
J'ai essayé de remettre mon masque social tant bien que mal.
"Oui, Droit Première année".
Et... c'est tout. C'était le maximum dont j'étais capable. J'avais parlé en fixant la table.
En fait, j'avais parlé à la table. Il a dû se dire que j'étais débile.
Le silence s'est installé. Il n'avait pas l'habitude des filles mutiques, manifestement.
Il allait me reposer une question quand plusieurs garçons ont passé la tête par la porte de l'Amphithéâtre. Vu leur allure décontractée, ils n'étaient clairement pas inscrits en droit.
"Je vous avais dit qu'il était là. Hé Gab, arrête de draguer les Première année !"
Visiblement, Gab c'était lui. Il a plissé les yeux en rentrant légèrement les épaules mais ne s'est pas tourné vers eux.
Moi je ne bougeais pas mais je sentais le sang affluer dans mes joues et j'avais oublié de respirer.
Au bout d'une éternité il m'a glissé un "je dois y aller, à plus tard" et avec un sourire désarmant il est parti rejoindre ses amis.
Je vais vous dire : je déteste ces moments.
Vraiment.
Il est beau, d'accord, il aime troubler les jeunes filles qui n'ont rien demandé, très bien.
Mais pourquoi je deviens si nerveuse ? Je sais tout ça. Pourquoi je n'arrive pas à tout garder à l'intérieur ?
Pendant qu'il s'en allait j'ai pu expirer un grand coup avant de le détailler. De dos, il était grand et athlétique. Des épaules développées. Une démarche nonchalante. Le genre de garçon sur lequel on fantasme mais qu'on sait inaccessible.
Il a vite disparu dans le brouhaha des couloirs. C'était mieux comme ça. J'ai rassemblé mes affaires et je suis sortie. Il n'y avait plus que quelques groupes dans la salle.
J'avais le vertige des grands espaces inconnus. Perdue dans cet environnement nouveau, la journée promettait d'être encore longue.
J'espère que ce premier chapitre vous aura plu.
J'ai essayé de retranscrire du mieux possible la gêne que je ressens lorsque je rencontre quelqu'un pour la première fois, cette tempête émotionnelle que je vis à l'intérieur et que je m'efforce de contenir pour paraître normale.
Est-ce que vous vivez parfois ces moments où les émotions sont trop fortes, où les émotions restent coincées et où le regard se détourne trop vite ?
N'hésitez pas à me répondre en commentaire !









oui je vois tout à fait toute l'énergie déployée pour paraître "normale" malgré la tempête des émotions
J'aime bien le theme, et c est bien ecrit , bravo!!!