La Marque de l'Écume.

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Summary

Dans un village reculé, là où les lumières célestes caressent la terre, Miel, une jeune femme solitaire marquée d'un étrange crâne sur l'épaule, vit à la lisière d'un monde qu'elle croit connaître. Moquée, redoutée, elle n'a jamais compris le poids de sa destinée... jusqu'au jour où une lettre oubliée, un collier énigmatique, et une boussole vivante déclenchent une série d'événements irréversibles.

Genre
Fantasy
Author
Ellie.
Status
Ongoing
Chapters
5
Rating
4.0 1 review
Age Rating
16+

Chapitre 1 : La Vérité sous la Peau.

Dans une vallée où les lumières du ciel semblaient effleurer la terre, vivait une jeune femme que personne n'osait vraiment approcher. Elle déambulait avec grâce dans les rues du village, mais partout où elle allait, les murmures la précédaient. Sur son épaule gauche, une marque étrange en forme de crâne faisait détourner les regards et serrer les cœurs. Certains disaient qu'elle portait en elle une malédiction, d'autres pensaient qu'elle attirait le malheur. Mais Miel, elle, voyait cette marque comme autre chose. Un signe. Une promesse d'ailleurs.

Ce jour-là, le ciel était d'un gris pâle et les rues humides résonnaient sous ses pas. Elle se dirigeait vers la bibliothèque, un lieu qu'elle affectionnait depuis l'enfance. Pourtant, quelque chose dans l'air semblait différent. Les regards étaient plus lourds, les chuchotements plus acérés. Tous l'épiaient. Tous, sauf un.

Un chat noir, tapie près des grilles d'égout, l'observait avec des yeux si doux, si humains presque, que Miel en fut troublée. Une drôle de sensation lui traversa l'esprit, comme si elle reconnaissait cette créature. Mais en clignant des yeux, le chat avait disparu. Soupirant, elle poussa les grandes portes de bois de la bibliothèque.

Elle ne savait pas encore qu'en les franchissant, elle entamerait le premier pas vers un monde oublié.

L'odeur familière du vieux papier l'enveloppa dès qu'elle entra. Les étagères, hautes comme des tours, semblaient veiller en silence sur les secrets du monde. Miel se dirigea vers le comptoir d'accueil, saluant d'un hochement de tête la bibliothécaire, qui, comme les autres, détourna les yeux en apercevant sa marque.

Puis, un bruit sec retentit à sa droite. Des livres venaient de tomber, et un jeune homme, rouge de honte, s'empressait de les ramasser. Mais ses mains tremblaient. Il fixait Miel, les yeux écarquillés, comme s'il venait de retrouver quelque chose qu'il croyait perdu depuis longtemps. Ou quelqu'un.

Son regard glissa instinctivement vers son épaule gauche. Elle sentit la chaleur de la marque irradier à travers le tissu, comme si elle répondait à cette attention silencieuse.

Il fit un pas maladroit vers elle, mais une silhouette surgit entre eux.

Ne fais pas ça, dit une voix glaciale.

La jeune femme aux cheveux azur se planta devant le garçon comme un rempart. Ses yeux, aussi clairs que la glace, transperçaient Miel avec un mélange de mépris et d'avertissement.

Elle est marquée. Si tu t'approches trop, tu attireras le malheur sur toi. Et peut-être bien pire.

Miel soutint son regard sans fléchir. Elle avait l'habitude des jugements. Elle n'écouta que d'une oreille, laissant ses pas la guider parmi les allées de livres. Ce qu'elle cherchait, c'était autre chose. Un rêve d'envol, une échappatoire. Depuis l'adolescence, elle caressait l'idée de partir loin, à bord d'un engin volant, au-delà des chaînes de son village et des regards chargés.

Elle parcourait les étagères de la section aviation quand un livre attira son attention. Sa couverture n'avait rien de remarquable, pourtant elle eut la sensation qu'il l'attendait. Comme si ses mains savaient exactement où aller. En l'ouvrant, elle découvrit un post-it jaune collé à l'intérieur, d'une écriture nerveuse :

« Ouvre-moi page 73/74. »

Elle hésita. Puis tourna les pages.

Entre les feuillets, soigneusement glissée, une lettre. Pliée en quatre, ancienne, presque fragile. En la dépliant, ses yeux s'écarquillèrent : au dos de la feuille, un écusson identique à sa marque. Le même crâne stylisé, bordé d'un cercle noir.

Un frisson lui traversa l'échine.

Les mots n'étaient pas signés, mais ils vibraient d'une vérité qu'elle ne pouvait nier. Elle n'était pas folle. Quelqu'un connaissait la marque. Quelqu'un savait.

Elle fourra précipitamment la lettre dans la poche de son manteau et quitta la bibliothèque sans un mot. Son souffle s'accélérait. Une seule personne pouvait peut-être lui expliquer ce qu'elle venait de découvrir.

Éléna.

Sa tante, sa seule famille. Celle qui l'avait élevée, protégée, aimée, malgré les rumeurs, malgré tout. Elle vivait à quelques rues de là, dans une petite maison tapie sous les glycines.

Miel pressa le pas.

À l'angle de la rue, elle la vit.

Éléna était dehors, en pleine discussion avec un homme à l'air nerveux. Il ne ressemblait à personne du village. Il portait un manteau long, et ses gestes étaient agités. Miel s'arrêta. Quelque chose en lui lui déplaisait instinctivement.

L'homme tourna brusquement la tête, croisa le regard de Miel.. et s'enfuit sans demander son reste.

Hé ! lança-t-elle, surprise.

Il disparut au coin de la rue, mais dans sa course, un objet tomba de sa poche. Il roula sur les pavés, étincelant à la lumière du jour. Miel s'apprêtait à le ramasser, mais Éléna la serra aussitôt dans ses bras et la poussa doucement vers la maison.

Vite. Entre. Tu as quelque chose à me montrer, n'est-ce pas ?

Miel, encore secouée, hocha la tête.

Dans le salon, elle sortit la lettre. Mais au même instant, une lumière aveuglante jaillit de sa poche. Le papier brillait, vibrant d'une énergie presque vivante. Le même symbole s'illuminait, comme gravé dans la chair du monde.

Des aurores boréales jaillirent, serpentant à travers la pièce, dessinant des arabesques lumineuses jusqu'à la fenêtre. Dehors, elles semblaient indiquer une direction précise : la montagne.

J'y crois pas..., murmura Éléna en s'approchant de la vitre.

Puis, tout s'éteignit.

Le silence fut rompu par une odeur de fumée, dense, âcre. Quand la lumière revint, tremblante, Miel vit sur la table deux objets qui n'y étaient pas auparavant : une carte aux terres inconnues... et un collier, orné d'un pendentif en forme de crâne.

La même marque. Encore elle.

Miel se laissa tomber sur une chaise, les mains moites, le cœur tambourinant dans sa poitrine. Elle sortit la lettre pour de bon cette fois, et la relut à voix basse.

À celle qui porte la marque : Le temps est venu. Le monde que tu crois connaître n'est qu'un fragment. Ce collier est la clé. Le passage s'ouvrira lorsque l'ombre touchera l'écume, et la mer révélera la vérité enfouie. Méfie toi des faux visages. Tous ne veulent pas ton retour.

Éléna ... Qu'est-ce que ça veut dire ?

Sa tante la fixait, les yeux embués d'un mélange de crainte et de soulagement.

Miel... je crois que l'heure est venue de te dire la vérité.