1. L'audition
Le soleil filtrant à travers les rideaux de ma chambre me réveilla doucement. Je clignai des yeux, encore à moitié endormie, et posai mes mains sur mon carnet de notes posé sur le bureau. Mes doigts effleurèrent les pages où j’avais griffonné des chorégraphies, des paroles, des mélodies… chaque effort de ces derniers mois.
« So-Ra, le petit-déjeuner est prêt ! »
La voix de ma mère me tira de mes pensées. J’entendis les bruits familiers de la cuisine : le cliquetis des couverts, l’odeur du riz chaud et du thé. Mon cœur se mit à battre un peu plus vite. Aujourd’hui, c’était le grand jour : ma première audition chez Nova Entertainment.
Je descendis les escaliers, ajustant ma tenue simple mais soignée. Ma mère me sourit, les yeux pleins de chaleur :
« Tu es prête ? Tu as répété tous les mouvements, non ? »
Je hochai la tête, essayant de cacher mon stress :
« Oui, maman… je vais tout donner. »
Mon père, assis à la table, leva les yeux de son journal. Il avait ce regard sérieux, mais il y avait une lueur de fierté.
« Rappelle-toi, So-Ra, ce n’est pas parce que tu échoues une fois que tu dois abandonner. Tu sais ce que tu veux, alors montre-le. »
Je souris timidement. Ses mots me réchauffaient, mais l’angoisse ne me quittait pas.
Après le petit-déjeuner, je pris mon sac, contenant mon dossier, mes chaussures de danse et mon carnet. Je caressai le collier que je portais toujours : un petit pendentif que ma mère m’avait offert pour me porter chance.
L’audition se déroulait dans un grand bâtiment moderne. Les vitres reflétaient la lumière du matin et, à l’intérieur, une centaine de candidates attendaient, certaines discutant nerveusement, d’autres concentrées, l’air impassible. Je me sentis soudain minuscule.
Je m’assis dans un coin, tentant de me calmer. Je revoyais mes répétitions : les chorégraphies, les notes de chant, les mouvements exacts. Chaque geste comptait, chaque souffle.
Quand mon nom fut appelé, je me levai. Le cœur battant, je franchis les portes et me retrouvai dans la salle d’audition. Des juges me fixaient de leurs yeux perçants. Je sentis mes mains moites, mais je pris une grande inspiration.
La musique démarra. Je chantai, je dansai, mettant toute mon énergie dans chaque geste, chaque note. Je sentais mes jambes trembler parfois, mes notes vaciller, mais je ne regardai pas en arrière. Je voulais montrer moi, telle que je suis, et tout ce pour quoi j’avais travaillé.
Quand la musique s’arrêta, un silence pesant s’installa. Les juges prirent des notes, et je sentis le poids de leurs regards. Puis je quittai la scène, le corps endolori mais le cœur encore rempli d’adrénaline.
Dans le couloir, certaines candidates murmuraient entre elles. Une me jeta un regard froid, sûr d’elle. Je sentis une pointe de jalousie, mais je refusai de laisser cela m’abattre. Après tout, je savais que j’avais donné le meilleur de moi-même.
En rentrant chez moi, le vent d’automne fouettait mon visage. Je respirai profondément, sentant l’air frais remplir mes poumons. Mon sac était lourd, mais mon esprit léger. Même si je n’étais pas sûre d’avoir impressionné les juges, une chose était certaine : je n’avais aucun regret.
Je passai la soirée avec mes parents, racontant chaque détail de la journée. Ils m’écoutèrent attentivement, riant parfois à mes maladresses ou hochant la tête à mes anecdotes. Leurs encouragements me réchauffaient le cœur, et pour la première fois depuis longtemps, je me sentis prête à continuer, peu importe les obstacles.
Je ne le savais pas encore, mais le vrai test, celui qui me ferait douter de moi, n’arriverait que dans quelques mois, lorsque l’agence m’enverrait le fameux message. Pour l’instant, j’étais confiance et détermination, prête à marcher sur ce chemin de rêves et de défis.