Chapter 1 : Mon père, sa douleur.
Il avait des mains calleuses,
des mains qui bâtissent et protègent,
mais son cœur, lui, saignait en silence,
étranglé par l’indifférence.
Il parlait, des soirs entiers,
non pas pour dominer mais pour sauver,
mais ses mots, jetés comme des pierres dans un puits,
n’avaient d’écho que le mépris.
Il cria parfois, oui, il cria,
lorsque le poids devenait trop grand,
et l’on vit ses yeux rougis s’emplir de larmes,
non de haine, mais de fatigue et de désarmement.
Alors, elle demandait pardon,
et le cycle recommençait, encore, encore…
Pardon sans racine, pardon sans fruit,
promesse fanée au matin gris.
On l’accusait, on le jugeait,
lui, l’homme droit qui se reprochait ses cris,
qui suppliait la paix dans sa propre maison,
mais trouva la guerre au chevet de son lit.
Il voulait aimer, il voulait croire,
il tendit la main à une âme brisée,
pensant trouver refuge,
pensant enfin recevoir la douceur qu’il avait donnée.
Hélas, l’espoir devint fardeau.
La douceur se mua en glace,
les mots en lames, les rires en dédain,
et ses enfants, témoins muets,
portaient eux aussi les éclats de ce miroir brisé.
Il travaille, elle dort.
Il bâtit, elle détruit.
Il souffre, elle persiste.
Et dans le tumulte, son cri devient prière,
ses larmes deviennent fleuve,
et son silence, une croix trop lourde à porter.
Car un homme, même juste, même fort,
ne peut éternellement saigner seul.
Et dans la nuit, il reste debout,
figure incomprise,
père trahi,
mais toujours homme de parole,
qui rêve encore que l’amour vrai existe.