CHAPITRE 1 : LE COMMENCEMENT
La nuit tomba. Le vent trancha l’air, froid et impitoyable.
Bientôt, la pluie suivit, lourde et implacable.
Sous cette pluie se tenait un homme, non… pas un homme, mais une âme,
Désirant seulement vivre, se réjouir, connaître la paix.
Soudain, il se leva de la chaise où il était resté assis dans le silence.
Il se mit à danser.
Ses écouteurs collés à ses oreilles, la musique coulait dans ses veines comme du feu.
Il chanta, il hurla, il cria jusqu’à ce que ses poumons lui fassent mal.
Puis, l’éclair frappa.
Le monde se dissout.
Il se sentit dériver, léger, détaché.
Plus de vue, plus de son, plus de voix,
Et pourtant son esprit restait enflammé, vivant de pensées.
— Où suis-je ? se murmura-t-il à lui-même. Je ne sais pas… mais je me sens plus léger. Libre. Pour la première fois, je respire la liberté pure. Est-ce cela, exister ?
Alors, soudain, il rit.
— Pourquoi est-ce que je ris ? Qu’est-ce que ce tremblement dans ma poitrine ? Serait-ce… le bonheur ?
Et pourtant, pour le comprendre vraiment, il faut revenir tout au commencement.
C’était par une nuit d’hiver glaciale, au cœur de la ville,
Loin des étoiles mais illuminée par les néons et le tumulte sans repos.
Cette nuit-là, un enfant naquit.
Un cri fragile perça le silence, le premier son de la vie.
La famille se réjouit.
On chanta, on dansa, on but jusqu’à ce que les voix se brisent de rire.
La joie éclairait chaque visage, comme si un vide venait enfin d’être comblé,
Comme si un miracle tant attendu venait d’arriver.
Mais alors le ciel s’assombrit.
Les nuages s’assemblèrent, lourds et menaçants.
Le vent rugit, le tonnerre gronda, la foudre fendit les cieux.
La fête s’éparpilla. Les portes claquèrent. Les fenêtres se fermèrent.
La ville retint son souffle.
Et, d’un coup, la nuit avala la joie.