First In, Bet On

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Summary

Et si le terrain de jeu devenait le théâtre d’une bataille amoureuse ? À l’université de Crestwood, Lisa Amberson n’a qu’un seul objectif : intégrer l’équipe de football américain, les Tigers, et prouver qu’une fille peut y briller autant que les garçons. Quand elle y parvient, devenant la seule joueuse féminine de l’histoire du campus, les surnoms fusent : on l’appelle "la Bombe", entre admiration et défi. Mais Lisa n’a pas le temps pour les distractions… surtout pas pour l’amour. Pourtant, Adrien Voilter, le charismatique gardien de l’équipe de soccer et sous-capitaine des Strikers, ne peut s’empêcher de tomber sous son charme. Habitué à conquérir les cœurs sans effort, il se heurte pour la première fois à un refus cinglant. Déterminé, il lui lance un défi audacieux : "Trois mois. Trois mois pour te faire tomber amoureuse de moi." Lisa, amusée, accepte le pari sans y croire. Mais quand Manon Vodalique, capitaine des cheerleaders et ex d’Adrien, décide de tout faire pour récupérer son ancien petit ami, les ennuis commencent. Entre rumeurs, pièges et manipulations, Lisa doit aussi composer avec Kentin Amoris, le capitaine des Tigers, qui cache derrière son autorité un amour secret pour elle. Entre rivalité sportive, jeux de pouvoir et passion interdite, Lisa se retrouve au cœur d’un triangle amoureux explosif. Qui gagnera son cœur ? Le séducteur persévérant, le leader protecteur… ou la liberté qu’elle chérit plus que tout ?

Genre
Romance
Author
Amelhyne
Status
Ongoing
Chapters
35
Rating
4.0 1 review
Age Rating
13+

Chapitre 1

Le soleil de fin d’après-midi baignait la petite ville côtière où Lisa et Estéban Amberson passaient leurs dernières vacances avant le grand saut vers l’université. Assis sur la vieille balancelle en bois de la véranda, les jumeaux contemplaient l’horizon, où les vagues semblaient danser sous les derniers rayons dorés. Autour d’eux, l’air était chargé de l’odeur salée de l’océan et du parfum sucré des glycines qui grimpaient le long de la maison familiale. Leurs parents, attablés à quelques mètres, discutaient des préparatifs pour la rentrée, leurs voix apaisantes formant une mélodie familière.

Lisa, les pieds nus et les cheveux noirs comme la nuit relevés en une queue-de-cheval désordonnée, faisait tourner une balle de football américain entre ses mains. Ses doigts, callosos à force d’années d’entraînement, caressaient le cuir usé avec une tendresse presque religieuse. Elle avait 19 ans, une silhouette athlétique sculptée par des années de sport, et une peau naturellement bronzée qui contrastait avec ses yeux noirs, profonds et déterminés. À 1,75 mètre, elle imposait une présence qui ne passait jamais inaperçue, même quand elle le voulait.

À ses côtés, Estéban, son frère jumeau, était l’exact opposé en apparence : ses cheveux courts, soigneusement coiffés, et son style vestimentaire plus alternatif – un t-shirt graphique et un pantalon slim – trahissaient une personnalité extravertie et créative. Pourtant, ils partageaient les mêmes traits fins, le même sourire en coin quand quelque chose les amusait, et surtout, la même détermination à tracer leur propre chemin, loin des attentes conventionnelles.

Ce soir-là, alors que le ciel se teintait de rose et d’orange, Lisa rompit enfin le silence qui s’était installé entre eux.

“Tu y as déjà réfléchi, pour Crestwood ?” murmura-t-elle, les yeux fixés sur la balle qu’elle faisait rebondir contre sa cuisse.

Estéban sourit, comme s’il attendait cette question depuis des semaines. Il se tourna vers elle, un éclat malicieux dans les yeux.

“Bien sûr. Et pas question de me fondre dans la masse, tu me connais.”

Lisa éclata de rire, un son clair et franc qui résonna dans le jardin. Elle connaissait cette lueur dans le regard de son frère : celle qui annonçait une idée folle, une décision qui allait, une fois de plus, défier les conventions.

“Alors, c’est quoi, ton grand projet ?” demanda-t-elle en posant la balle sur ses genoux, intriguée.

Estéban prit une profonde inspiration, comme s’il s’apprêtait à sauter dans le vide.

“Les cheerleaders.”

Un silence. Puis Lisa éclata de rire, pensant à une blague. Mais le visage sérieux de son frère la fit taire presque aussitôt.

“Tu… tu veux rejoindre l’équipe de cheerleaders ?” répéta-t-elle, incrédule.

“Oui. Et pas pour faire joli dans le décor.” Il croisa les bras, un sourire déterminé aux lèvres. “Je veux montrer que c’est un sport à part entière, pas juste un accessoire pour les matchs de foot. Et puis…” Il haussa les épaules, feignant la nonchalance, “j’aime danser. Alors pourquoi pas ?”

Lisa le dévisagea un long moment, avant qu’un large sourire n’éclaire son visage. C’était ça, Estéban : toujours prêt à bousculer les idées reçues, à empiéter sur des territoires qu’on réservait aux autres. Elle sentit une fierté familière monter en elle, mêlée à une pointe d’excitation.

“C’est… génial”, dit-elle enfin, sincère. “Vraiment. Et je te soutiens à 100%.”

Estéban sourit, soulagé. Il savait que le soutien de sa sœur était inconditionnel, mais l’entendre le dire à voix haute, surtout devant un défi comme celui-ci, lui réchauffa le cœur.

“Et toi, alors ?” lança-t-il en lui donnant un coup de coude complice. “Tu comptes te cacher dans les gradins pendant que je brille sous les projecteurs ?”

Lisa rit à nouveau, mais cette fois, son regard se perdit au loin, comme si elle voyait déjà le terrain de Crestwood s’étendre devant elle.

“Pas vraiment, non”, répondit-elle, la voix teintée d’une détermination tranquille. “Moi, je veux intégrer l’équipe de football américain.”

Un nouveau silence s’installa, plus lourd cette fois. Estéban la dévisagea, surpris mais pas choqué. Il connaissait sa sœur : quand elle se fixait un objectif, rien ne pouvait l’arrêter. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter.

“Lisa…” commença-t-il, hésitant. “Tu sais que c’est une équipe 100% masculine, non ? Et pas vraiment connue pour son ouverture d’esprit.”

“Justement.” Elle serra la balle contre sa poitrine, comme un bouclier. “C’est pour ça que je veux le faire. Parce que si je n’essaie pas, qui le fera ?” Sa voix était calme, mais ses yeux brillaient d’une intensité farouche. “Je ne veux pas qu’on me dise que je n’ai pas ma place. Je veux le prouver. Même si je dois être la seule fille.”

Estéban la regarda longuement, puis un sourire fier étira ses lèvres.

“Tu vas tout déchirer, sis. Et je serai là pour te regarder faire.”


À l’intérieur, leurs parents, attentifs malgré la distance, avaient tout entendu. Leur mère, une femme douce aux cheveux grisonnants, leva les yeux de son livre et échangea un regard avec leur père, un ancien sportif au sourire chaleureux. Ils connaissaient leurs enfants : quand Lisa et Estéban décidaient quelque chose, c’était déjà à moitié fait.

“Alors, on parle de vos projets pour Crestwood ?” lança leur père en posant sa tasse de café, un sourire encourageant aux lèvres.

Lisa et Estéban échangèrent un regard complice avant de se lever pour les rejoindre. La nuit tombait doucement, enveloppant la maison d’une douceur rassurante, mais dans le cœur des jumeaux Amberson, une étincelle venait de s’allumer. Une étincelle qui, ils le savaient, allait embraser leur année à l’université de Crestwood.


Autour de la table, sous la lumière chaude de la lampe, les projets furent discutés, analysés, encouragés. Leurs parents, bien que légèrement inquiets, ne firent jamais preuve de doute. Ils savaient que Lisa et Estéban avaient hérité de leur têtu, mais aussi de leur courage. Quand la soirée toucha à sa fin, Lisa monta dans sa chambre, la balle toujours serrée contre elle. Devant son miroir, elle se regarda longuement. Elle voyait la détermination dans ses propres yeux, mais aussi une pointe d’appréhension. Et si je n’y arrive pas ? Mais cette pensée fut balayée presque aussitôt. Elle n’avait pas le choix. Elle devait essayer.

Dehors, la nuit était maintenant tombée, et les étoiles scintillaient comme des promesses. Demain, ils partiraient pour Crestwood. Demain, tout commencerait.

Lisa sourit à son reflet. Elle était prête.


Le lendemain matin, une enveloppe blanche, estampillée du logo de l’université de Crestwood, atterrit dans la boîte aux lettres des Amberson. Elle reposait sur un tas de courrier sans importance, mais quelque chose en elle semblait rayonner d’une promesse. Lisa, qui descendait l’escalier en pyjama, les cheveux encore emmêlés par le sommeil, fut la première à la remarquer. Elle la ramassa avec une curiosité teintée d’excitation, sentant sous ses doigts le poids léger mais symbolique de ce bout de papier.

La famille était attablée pour le petit-déjeuner, l’odeur du café fraîchement moulu se mêlant à celle des pancakes dorés que leur mère avait préparés. Estéban, déjà habillé et coiffé avec soin, sirotait son jus d’orange en feuilletant distraitement un magazine de danse. Leur père, assis à la tête de la table, parcourait le journal local, tandis que leur mère observait Lisa avec un sourire en coin, comme si elle devinait déjà ce que contenait l’enveloppe.

Lisa s’assit lentement, posant l’enveloppe devant elle comme un trésor. Elle effleura le logo de l’université, un mélange de fierté et d’appréhension lui nouant l’estomac. Puis, sous les regards attentifs de sa famille, elle l’ouvrit avec précaution. Une lettre officielle glissa entre ses doigts, accompagnée de deux clés brillantes, accrochées à un porte-clés aux couleurs de Crestwood. Mais ce qui attira immédiatement l’attention de tous, ce furent les photos glissées dans l’enveloppe.

Les clichés représentaient un dortoir. Non, pas un dortoir ordinaire : un véritable petit appartement, bien plus spacieux et moderne que ce à quoi ils s’étaient préparés. Deux chambres séparées, une salle de bain commune, des toilettes indépendantes, une cuisinette équipée, un salon cosy avec un canapé et une table basse, une buanderie exiguë mais fonctionnelle, et même un petit balcon donnant sur ce qui semblait être un parc arboré. Lisa et Estéban échangèrent un regard incrédule. L’université avait jugé, de manière exceptionnelle, que leur statut de jumeaux justifiait qu’ils partagent le même espace. Une note manuscrite, ajoutée en bas de la lettre, précisait que cette décision avait été prise en raison de leur “lien familial unique” et de leur “projet académique et sportif commun”.

Un silence stupéfait s’installa autour de la table. Puis, comme un signal, leur mère poussa un petit cri de joie, les mains pressées contre sa poitrine.

“Oh, mes chéris, c’est merveilleux ! Un vrai petit chez-vous !”

Leur père, habituellement si posé, se leva pour examiner les photos de plus près, un large sourire aux lèvres.

“Regardez-moi ça… Deux chambres, une cuisine, même un balcon ! On dirait un appartement étudiant de luxe !”

Estéban, les yeux brillants, prit les clés des mains de Lisa et les fit tourner autour de son doigt, un sourire triomphant aux lèvres.

“On va avoir notre propre espace. Pas de colocataire inconnu, pas de règles strictes de dortoir… Juste nous deux.”

Lisa sentit une vague de gratitude et d’excitation l’envahir. Elle avait craint, secrètement, que leur demande soit rejetée, que l’université les sépare sous prétexte de règles administratives. Mais non. Ils auraient leur propre espace, un lieu où se retrouver après les entraînements, les cours, les défis qui les attendaient. Un lieu à eux.

Elle parcourut à nouveau la lettre, lisant les détails pratiques : l’adresse du bâtiment, les règles de l’internat, les dates d’emménagement. Tout semblait si réel, si concret. Crestwood n’était plus une abstraction lointaine, mais une réalité tangible, à portée de main.


Le reste de la journée passa dans une sorte de rêve éveillé. Lisa et Estéban, incapables de rester en place, arpentèrent la maison en discutant déjà de la manière dont ils décoreraient leur nouveau logement. Leur mère, émue, commença à dresser des listes de courses pour les équipements indispensables : draps, serviettes, ustensiles de cuisine, produits de base pour la buanderie. Leur père, plus pragmatique, vérifia les dimensions des lits sur les photos pour s’assurer que les matelas qu’ils possédaient conviendraient.

Lisa, assise sur le canapé du salon, la lettre toujours à la main, se perdait dans ses pensées. Elle imaginait déjà les murs de sa chambre, qu’elle décorerait de posters de ses joueurs de football américain préférés, peut-être une photo de famille au-dessus de son bureau. Elle s’imaginait aussi, le soir, après une longue journée d’entraînement, partageant un repas avec Estéban dans leur petite cuisinette, discutant de leurs journées respectives, se soutenant mutuellement.

Mais au-delà de ces images réconfortantes, une autre pensée la hantait : celle du terrain de football américain. Elle revoyait les joueurs, imposants dans leurs tenues d’entraînement, les coachs au regard sévère, les gradins remplis d’étudiants hurlant leur soutien. Elle se revoyait, elle, au milieu d’eux, la seule fille, sous les projecteurs et les regards sceptiques. Une boule d’angoisse se forma dans sa gorge, mais elle la chassa aussitôt. Tu peux le faire, se répéta-t-elle. Tu dois le faire.


Le soir même, alors que le soleil commençait à descendre, teintant le ciel de nuances violettes et oranges, la famille Amberson se rassembla autour de l’ordinateur portable de leur père. La page d’accueil de l’université de Crestwood s’affichait à l’écran, et sous les yeux de tous, Lisa et Estéban cliquèrent sur le bouton “Accepter l’offre d’admission”.

Un message de confirmation apparut, accompagné d’un email de bienvenue. C’était officiel. Ils étaient désormais étudiants à Crestwood.

Leur mère, les yeux brillants de larmes, les serra dans ses bras, tandis que leur père leur tendit une main ferme, un sourire fier aux lèvres.

“Félicitations, les enfants. Vous allez faire de grandes choses là-bas.”

Estéban, toujours aussi expressif, sauta presque de joie, promettant déjà d’organiser une petite fête pour célébrer leur départ. Lisa, elle, sourit intérieurement. Elle sentait une énergie nouvelle l’animer, un mélange de détermination et d’impatience. Demain, ils partiraient. Demain, tout commencerait pour de bon.


Cette nuit-là, alors que la maison était plongée dans le calme, Lisa resta un long moment sur le balcon de sa chambre, contemplant les étoiles. Elle pensait à Crestwood, à ce dortoir qui serait bientôt leur chez-eux, à l’équipe de football américain, aux défis qui l’attendaient. Elle savait que ce ne serait pas facile. Elle savait qu’elle devrait se battre, prouver sa valeur, affronter les regards et les commentaires. Mais elle était prête.

Elle serra les clés dans sa main, sentant leur poids léger mais si lourd de sens. Demain, elle partirait. Demain, elle deviendrait la première fille de l’équipe de football américain de Crestwood.

Et rien, absolument rien, ne l’arrêterait.