Les petites histoires du peuple des renards

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Summary

Ce livre regroupe différentes histoires du peuple des renards au travers du temps, elles peuvent être lu sans réellement connaître l’histoire principale et dans n’importe quel ordre.

Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
13+

Le mausolée hanté

Ils se dirigent au nord du village, là où se trouve, depuis la nuit des temps, le mausolée.

Reiko observe autour d’elle, tout en tenant le bras de son frère. Depuis que ses souvenirs sont revenus, elle peut prendre l’ampleur des changements dans son village, que cela soit au niveau défensif ou que cela soit au niveau du bien-être.

Ils s’approchent du mausolée, les gardes ouvrent les portes. La scène est comme irréaliste pour Reiko, elle a beau avoir marché à côté de nombreuses fois, mais ce n’est que maintenant qu’elle observe ledit bâtiment.

« Je ne me souviens pas de la dernière fois que j’y suis allée. »

« C’est peut-être bien ta première fois. »

Mais… ce n’était peut-être pas leur première fois…


Quelques années plus tôt, dans le village dYonamine, où réside le peuple des renards, bien avant la tragédie où ils ont perdu leurs parents, Seika comme Reiko se préparent pour la commémoration des morts.

Seika, portant un kimono rouge pour l’occasion, reste avec leur père, attendant sa sœur avant de rejoindre la fête.

« Alors, comme dit, voici des tickets pour vous deux, je te fais confiance. Prends un masque pour ta sœur et laisse-la choisir. Ne la presse surtout pas. Tu sais comment votre mère peut être terrifiante. »

« Oui, je sais, Père. Je suis un grand maintenant ! », s’exclame Seika.

Leur père sourit et place gentiment sa main sur la tête de Seika, qui a les oreilles qui remuent.


Pendant ce temps, leur mère est en train d’habiller Reiko dans la chambre, à l’abri des regards.

« N’ouvre pas les yeux. »

« Mais ! J’ai trop envie de voir ! »

« J’ai presque fini. »

« Vite ! Vite ! Mère ! »

Reiko arrive à ne pas trop bouger, puis leur mère la déplace doucement en mettant ses mains sur ses épaules pour la mettre devant le miroir.

« Tu peux ouvrir les yeux. »

Reiko ouvre les yeux, elle se voit dans un miroir, elle est en train de porter un kimono fleuri d’un blanc étincelant. Sa longue chevelure dorée cascade dans son dos. Elle tourne sur elle-même, elle voit des petits rubans bleus accrochés à ses cheveux. Ses oreilles se lèvent et un grand sourire se fige sur son visage. Elle se tourne et sautille en regardant leur mère.

« Elle est trop jolie ! »

« Tu es aussi jolie ! »

Leur mère s’agenouille et enlace Reiko. Sa queue remue doucement, elle adore avoir des câlins de leur mère.


De retour dans la pièce principale de leur maison, leur père et Seika tournent leur tête en les voyant arriver.

Seika ouvre les yeux en grand en voyant à quel point sa sœur est magnifique dans son kimono. Leur père sourit.

« Tu es magnifique, Reiko. », dit leur père.

« Merci ! Père ! », s’exclame-t-elle en rougissant.

Leur père pose sa main sur l’épaule de Seika afin d’avoir son attention, il voit bien qu’il est perdu dans la beauté de sa sœur.

« Seika, je te fais confiance. Amusez-vous bien, d’accord ? »

Seika et Reiko acquiescent de la tête. Avant que Seika prenne la main de sa sœur et l’emmène au festival.


Dehors, la nuit est tombée, des lanternes ont été placées par-ci par-là pour éclairer le village. La première chose que fait Seika est d’emmener Reiko vers le marchand de masques afin qu’ils choisissent ensemble un masque.

« Bonsoir, les enfants. Je crois que je ne vous ai encore jamais vus, je suis Takumi, enchanté de vous connaître. »

« Enchanté ! Je suis Reiko ! », s’exclame Reiko.

« Enchanté. », dit Seika.

« Alors, êtes-vous là pour avoir un masque ? »

« Oui ! », s’exclame Reiko.

Seika montre deux tickets au marchand. Le marchand sourit d’un air malicieux et les prend.

« Parfait ! Choisissez bien ! »

Il les regarde pour voir sur quoi leurs yeux vont.

Après un moment, Seika choisit un masque de démon rouge allant avec son kimono rouge. Tandis que Reiko hésite toujours. Il s’impatiente, mais il se souvient des mots de leur père. Il tourne le regard vers le marchand, il voit qu’il a deux queues. Seika se demande quand il aura sa deuxième queue.

Quelques instants plus tard, Reiko se tourne vers son frère en tendant un masque de renard blanc. Le même que la déesse des renards porte.

« Que penses-tu de celui-là, grand frère ? », s’exclame Reiko.

Seika est surpris par le masque et voyant le grand sourire de sa sœur, il ne peut pas s’empêcher de sourire.

« Il est très beau. »

Le marchand tape dans les mains et continue de sourire d’un air malicieux, Seika n’est pas rassuré par son sourire.

« Et bien, amusez-vous bien les enfants ! Et ne courez pas si vous portez votre masque sur le visage ! Cela serait fort dommage que vous tombiez et que vous cassiez ces magnifiques masques… Qui sait… ? Des esprits hantent les masques. »

« Oui ! », s’exclame de nouveau Reiko, tout souriante.

Ils s’éloignent en portant leur masque sur le visage, Reiko tenant la main de son grand frère. Seika regarde derrière lui. Il voit le marchand donner des masques aux autres enfants et adultes, avec la même expression inquiétante, mais aussi avec une sorte d’aura violette autour de lui.


Marchant dans le festival, Reiko sautille tout en tenant la main de son grand frère. Quelques instants plus tard, les oreilles de Seika se lèvent, il voit un petit groupe d’enfants et surtout Satomi, une amie de Reiko.

Ils avancent avant que Reiko et Satomi se remarquent mutuellement. Reiko met son masque sur le côté de son visage et court vers Satomi pour attraper ses mains, elles sautillent ensemble.

« Reiko ! »

« Satomi ! »

« Que tu es jolie ! Ton kimono blanc est magnifique ! »

« Toi aussi ! J’adore ton kimono rose ! »

Les deux enfants, Aoi et Daichi, qui étaient à côté de Satomi, vont vers Seika avec admiration.

« Ton kimono te va très bien ! », s’exclame Aoi.

« Avec ton masque, je croirais voir un vrai démon rouge ! », s’exclame à son tour Daichi.

« Vos tenues sont très bien aussi ! »

Ils se regardent, Daichi porte un kimono noir avec un masque de corbeau tandis qu’Aoi porte un kimono marron avec un masque de loup.

Pendant ce temps, d’autres enfants s’approchent du groupe, Oda et Ishida s’arrêtent près de Seika. « Salut Seika ! », s’exclame Oda. Seika se retourne. « Oh ! Oda ! Ishida ! », s’exclame-t-il à son tour. « Es-tu prêt pour le festival ? », demande Ishida. « Bien sûr ! » « Alors, allons-y ! », s’exclame Oda. Seika et ses amis partent, laissant le groupe de sa sœur seul.


Le groupe, composé de Reiko, Satomi, Aoi et Daichi, commence leur tour du festival prenant des crêpes, des friandises et autres délices du festival.

Ils s’amusent sur les stands avant que leur aventure les amène non loin du mausolée.

Aoi regarde autour de lui avant de voir les portes du mausolée ouvertes. Il marche devant les autres avant de s’arrêter en les regardant.

« Cela vous dit un test de courage. », demande-t-il.

« Un test de courage ? », répond Reiko.

« Entrer dans le mausolée, aller le plus loin possible et revenir. »

« Nous ne pouvons pas ! », s’exclame Daichi.

« As-tu peur ? »

« Non, mais nos parents vont nous gronder à coup sûr… »

Ils regardent Daichi et lui sourient. Ils savent qu’il a peur d’entrer dans le mausolée.

« Alors, c’est parti ! »

Les quatre s’avancent vers l’entrée, Aoi ouvrant la marche, Reiko juste derrière, suivis de Daichi qui tremble et enfin Satomi qui l’observe.

L’intérieur est lugubre, les lumières des lanternes éclaircissent à peine l’entrée, avec le vent, les lanternes bougent, ce qui donne un jeu d’ombres sur les parois. Ils regardent autour d’eux, ils ne sont pas rassurés par l’ambiance lugubre, pas un seul bruit.

Aoi regarde derrière lui, il peut voir que personne n’est rassuré.

« N’est-il pas mieux de ressortir dès maintenant ? », demande Daichi.

Aoi tend sa main.

« Ô éesse, illumine-nous ! », dit-il.

Une boule de lumière apparaît dans sa main éclairant les alentours. Reiko a les oreilles qui se lèvent et elle regarde la boule de lumière.

« Que c’est joli ! », dit-elle.

« Depuis quand sais-tu utiliser la magie ? », demande Daichi.

« C’est le seul sort que je sais utiliser… »

Aoi a énormément de mal à maintenir cette simple lumière.

Ils continuent de descendre et arrivent au premier croisement. Un passage se trouve à gauche comme à droite. En face, l’escalier continue dans sa descente.

« Est-ce un labyrinthe ? », demande Satomi.

« Non, c’est un mausolée. », répond Daichi.

Aoi regarde autour de lui.

« En tout cas, cela y ressemble. », dit-il.

Leur aventure les mène vers le deuxième croisement, Reiko tremble bien que la lumière d’Aoi la rassure. Puis, soudainement, Daichi crie, Reiko, apeurée, se serre contre Aoi. Aoi rougit et se retourne pour voir ce qui se passe. Satomi a l’air d’être aussi apeurée.

« Qui m’a marché sur la queue ? », s’exclame Daichi.

« Désolée… », répond Satomi.

Cependant, le cri n’a pas l’air de s’arrêter, comme si quelqu’un continuait le cri de Daichi, ils commencent tous à regarder autour d’eux avec leurs oreilles qui remuent au son.

« Qu’est-ce que c’est ce son ? », demande Reiko d’une voix tremblante.

« Ne vous inquiétez pas, je suis là. »

Ils continuent de regarder autour d’eux, Aoi, qui commence à avoir peur, a de plus en plus de mal à maintenir la boule de lumière.

Puis Reiko sursaute, elle crie. Les autres regardent dans la même direction que Reiko. Ils voient tous quelque chose qui ressemble à un spectre. Daichi crie à son tour et s’enfuit dans la direction opposée.

« Attends ! », s’exclame Aoi.

Mais en bougeant pour arrêter Daichi, sa boule de lumière s’éteint. Reiko lâche le bras d’Aoi, elle regarde le spectre de nouveau et s’enfuit en descendant l’escalier.

« Reiko ! Non ! », s’exclame de nouveau Aoi.

Il décide de poursuivre Reiko.

Satomi se retrouve seule dans l’obscurité. Les cris résonnent autour d’elle comme si elle était entourée de spectres. Elle est au bord des larmes.

Puis, soudainement, plus rien.

« Aoi ? Reiko ? Daichi ? Où êtes-vous ? »

Elle regarde à droite, elle ne voit plus le spectre, elle regarde à gauche là où est parti Daichi, puis en face, l’escalier qui descend où Aoi et Reiko sont allés. Elle met ses bras autour d’elle. Les larmes commencent à couler sur ses joues. Elle se retourne et aperçoit une lumière provenant d’en haut des escaliers. Elle décide de remonter à la surface en tremblant de peur, espérant ne pas rencontrer de nouveau ce spectre.


Aoi arrive à un autre croisement, il regarde autour de lui avant que son pied ne se prenne dans quelque chose. Il utilise la magie de nouveau pour créer une boule de lumière. Il voit que c’est une sandale, il croit se rappeler que Reiko porte les mêmes, il commence à paniquer de plus en plus. Il croit entendre un bruit venant d’en bas. Il descend puis voit un ruban bleu accroché aux parois de l’escalier. Cette fois-ci, il est sûr, il appartient à Reiko. Il panique et craint le pire pour elle.


Satomi parvient à quitter le mausolée. Elle est prise de sanglots, regarde autour d’elle et aperçoit deux gardes. Elle court vers eux et se blottit contre l’un d’entre eux. Le garde Kudo, voyant ses larmes, s’agenouille devant elle.

« Que se passe-t-il, Satomi ? », demande-t-il.

« M-Mes amis… »

Les gardes attendent.

« J’ai perdu mes amis… »

Elle renifle, essayant de ne pas exploser en larmes.

« Où étaient tes amis la dernière fois que tu les as vus ? »

« Dans le mausolée… »

Et elle pleure de nouveau. Les gardes perdent leur sourire et se regardent mutuellement, avant de regarder vers la direction du mausolée, ils voient que les portes sont grandes ouvertes.

« Je vais aller chercher des lanternes. », dit le garde Dan.

« D’accord, je t’attends ici. »

L’autre garde prend Satomi dans les bras pour la rassurer.

« Ne t’inquiète pas, nous allons les retrouver. »

Et Satomi pleure dans ses bras, tremblant de peur.


Quelques minutes plus tard, les deux gardes descendent dans le mausolée, l’un d’entre eux tient la main de Satomi. Elle se sent maintenant apaisée, mais se soucie de ses amis. Elle est cependant soulagée d’être entourée de gardes.

Puis ils entendent un bruit venant d’en haut. Ils se retournent, Satomi prend peur.

« Qu’est-ce que c’était ? », demande-t-elle.

« Quelqu’un vient de fermer les portes du mausolée, rien d’inquiétant. »

Les gardes se regardent et tournent leur tête vers le bas des escaliers. Ils n’ont pas vu les autres gardes aux portes du mausolée. Le garde Dan n’aime guère la situation.

Ils continuent leur marche et arrivent au premier croisement. Le garde Dan examine d’abord l’aile gauche du niveau, puis l’aile droite, avant de les rejoindre.

« Rien. », dit-il.

« Alors, peux-tu nous dire où tu t’es séparée de tes amis ? »

« Au prochain croisement… », répond Satomi timidement.

Les gardes regardent autour d’eux une nouvelle fois avant que le groupe ne reprenne leur marche.

Ils arrivent au croisement suivant, Satomi tremble, se blottit contre le garde Dan et cache son visage contre lui. Le garde la regarde et lui caresse gentiment la tête.

« C’est mon tour, n’est-ce pas ? »

« Il faut croire, je suis un peu occupé. »

Il pousse un soupir et s’engage dans l’aile gauche de ce niveau.

Il continue et voit un corps sur le sol, il est petit. Il commence à avoir peur. Il s’approche et pose la lanterne au sol.

« Est-ce que tu vas bien ? », demande-t-il.

Pas de réponse, il approche doucement ses mains vers le corps, il ressemble à la description de Daichi. Il le tourne et voit des filaments blancs partout sur le visage et une araignée. Il prend peur et tombe sur les fesses, mais arrive à ne pas crier.

Il prend une profonde inspiration et met l’araignée de côté avant d’enlever les toiles d’araignée. Il pose sa main sur la bouche de Daichi, il respire. Le garde est soulagé et l’examine. Il en conclut qu’il s’est évanoui en voyant une araignée. Il le prend dans les bras et le soulève avant de reprendre la lanterne en main, il termine d’inspecter l’aile gauche.


Le garde Dan, impatient de le revoir, se demande si quelque chose ne lui est pas arrivé. Ce qui ne rassure pas Satomi.

« C’est ici que le spectre est apparu… », dit Satomi.

Le garde l’observe nerveusement.

« Vraiment ? Ne t’inquiète pas, nous sommes là. »

« Peut-être que le spectre les a attaqués ? »

Le garde se fige avant de sourire à Satomi.

« Ne t’inquiète pas, il n’y a pas de spectre. »

Le garde commence à être nerveux avant de voir l’autre garde arriver. Voyant Daichi dans ses bras, Satomi accourt. « Ce n’est pas trop tôt ! »

« Daichi ! Est-ce qu’il va bien ? », s’inquiète Satomi.

« Il est juste évanoui. », répond l’autre garde.

Ils s’observent mutuellement avant que le garde Dan détourne le regard. Cela ne rassure pas le garde Kudo.

« Peux-tu vérifier l’aile droite ? »

« Ah ! », s’exclame Satomi.

« Que t’arrive-t-il, Satomi ? »

« C’est dans l’aile droite que le spectre est apparu… »

Les gardes regardent vers l’aile droite.

« Je vois, le spectre ne ressemblerait-il pas à cela ? »

Satomi regarde aussi, ses oreilles se lèvent, elle penche la tête et voit de nouveau le spectre, elle se jette contre le garde. Les deux sourient.

« C’est une illusion optique, un jeu de lumière. Regarde mieux. Tu verras une torche éteinte, un masque serti de joyaux bleus et une grande toile d’araignée. », dit-il.

Avec ces informations, Satomi regarde de nouveau. Peu à peu, le spectre se transforme et finit par disparaître, laissant place aux objets énoncés. Puis elle les regarde.

« Le spectre n’existe pas. », demande-t-elle, intriguée.

« Non, il n’y a pas de spectre ici. Même si quelqu’un pense le contraire. », dit le garde Kudo.

« Très drôle, ce sont les histoires du vieux Yonamine, elles font peur. », rétorque le garde Dan.

Satomi sourit et remue doucement sa queue. Puis, elle regarde Daichi et espère qu’il va bien.

« Par contre, que fait ce masque ici… ? », se demande le garde Kudo. « Sûrement que les gardes du mausolée l’ont oublié ici. » « Tu as sûrement raison. Mais cette étrange lueur violette ne me plaît guère. » « Arrête d’essayer de me faire peur ! » Satomi commence à rire doucement. Cependant, pour le garde Kudo, il est sûr d’avoir vu cette étrange lueur violette.

***

Reiko a trouvé refuge dans un coin quelque part, elle a mal au pied depuis qu’elle a perdu sa sandale, elle a peur et, avec l’obscurité, elle craint de plus revoir ses parents.

Elle entend un bruit, elle crie, ses oreilles se lèvent avant de pleurer de nouveau.

« Mère… Mère… J’ai peur… Il fait tout noir… », murmure-t-elle.

Elle se souvient des mots de sa mère, qui lui disait que le masque repousse les mauvais esprits. Elle met le masque sur son visage. Elle se recroqueville sur elle-même, sa queue autour d’elle et ses oreilles baissées contre sa tête.

Quelques instants plus tard, elle entend des bruits qui se rapprochent d’elle. Elle a peur. Elle essaye de ne pas faire du bruit, mais elle n’arrive pas à arrêter de pleurer. Son cœur bat la chamade, elle le sent, quelque chose approche d’elle. Puis une ombre apparaît juste en face d’elle, de la lumière éclaire son visage, elle voit un loup. Elle crie de nouveau et le loup lui hurle dessus.


Quelques minutes plus tôt, Aoi arrive de nouveau à un croisement, il regarde à gauche, puis à droite.

« Reiko… Reiko… »

En tournant sur lui-même, il fait tomber une soucoupe en métal, cela résonne dans le mausolée. Puis il entend un cri, il sursaute, mais il pense reconnaître la voix de Reiko.

« Reiko ! », s’exclame-t-il.

Il n’est pas rassuré, il met son masque de loup sur le visage. Il s’avance, la main faisant la boule de lumière devant lui, l’autre main tenant la sandale et le ruban. Il déglutit en essayant de trouver le courage d’avancer, son cœur bat la chamade. Il s’approche du bruit, il voit enfin Reiko qui tremble dans un coin. Il se met à genoux, pose la sandale et le ruban par terre et pose sa main sur l’épaule, cette dernière crie et perd connaissance.

« Reiko ! Reiko ! »

Il ne sait pas quoi faire, il regarde autour de lui. Elle ne bouge plus, et il ne comprend pas. Il a l’impression que le spectre est ici, ce qui le fait paniquer. Il se retourne vers elle.

« Reiko ! M’entends-tu ? Parle-moi ! »

Il n’a pas remarqué qu’elle a perdu connaissance. Il la secoue et panique de plus en plus, il commence à penser que le spectre l’a vraiment attaquée. Il regarde autour de lui encore une fois.

Puis ses oreilles se lèvent, il entend des bruits de pas, il se retourne vers l’origine de ce bruit. Une main avec la boule de lumière, l’autre essayant de protéger Reiko. Son cœur bat rapidement, il a peur et commence à penser qu’ils ne reverront jamais les autres.


De retour avec les gardes, Satomi s’est calmée. Cependant, elle reste blottie contre le garde Kudo qui tient Daichi dans ses bras, avant que le garde Dan ne revienne après avoir vérifié l’aile droite.

« Rien. »

« Tu vois Satomi, pas de spectre. »

Satomi acquiesce de la tête avant qu’un bruit ne se fasse entendre, provenant des profondeurs du mausolée.

« Qu’est-ce que c’était ce bruit ? » demande-t-elle, apeurée.

« Un de tes amis a pris peur, pardonne-moi, mais nous allons avancer un peu plus vite. »

Le garde Dan prend Satomi dans ses bras. Les gardes ayant les enfants dans leurs bras descendent rapidement les escaliers vers l’origine du bruit. D’autres cris se font entendre, ils se rapprochent de la source, ils commencent à voir de la lumière, mais ce n’est pas une lumière naturelle.

« Quelqu’un est en train d’utiliser de la magie, soit sur tes gardes. », chuchote le garde Dan.

Il dépose Satomi sur ses pieds et la met derrière elle, la lanterne en face de lui, tenant la main de Satomi, il s’approche doucement de la lumière, l’autre garde les suit doucement en regardant autour de lui.

Quelques instants plus tard, les oreilles du garde se lèvent en voyant deux enfants accroupis. Il n’est pas certain que cela soit eux, l’un d’entre eux semble menaçant.

« Aoi, Reiko, c’est vous, n’est-ce pas ? », demande le garde.

Satomi regarde timidement le premier enfant avant de reconnaître le kimono marron et le masque de loup d’Aoi.

« Aoi ! », s’exclame Satomi.

Aoi a les oreilles qui se lèvent en entendant la voix de Satomi, il comprend qu’elle est partie demander de l’aide.

« Satomi ! Comment va Daichi ? »

« Ne t’inquiétez pas, tout ira bien. », rassure un gardien.

« Et Reiko ? », demande Satomi.

« Je ne sais pas, elle ne répond pas. »

Le garde laisse Satomi avec l’autre garde et s’approche de Reiko. Il remarque qu’elle respire et comprend qu’elle s’est évanouie.

« L’avais-tu trouvée inconsciente lorsque tu es entré ? »

« Non, mais à mon arrivée, elle a pris peur ! Je suis sûr que le spectre était là ! », s’exclame Aoi.

Le garde le frappe sur la tête du tranchant de la main avant de soupirer.

« Aïe ! Mais pourquoi ? »

« Elle a pris peur, car elle a cru voir un loup avec ton masque. Il n’y a pas de spectre. »

« Et pour le cri que nous avons tous entendu ? »

« Quelqu’un avait-il crié juste avant ? »

« Oui. Daichi. »

« Alors, ce n’est que son écho qui a résonné partout dans le mausolée. »

« Alors, il n’y a pas de spectre. Mais nous avons tous vu un spectre ! »

« C’était une illusion créée par des objets, j’ai pu le vérifier moi-même. », dit Satomi.

Et le silence fût, Aoi regardant droit dans les yeux Satomi la bouche ouverte en dessous de son masque.

Après un moment, Aoi baisse la tête et a les oreilles qui tombent sur sa tête, il se sent bête. Maintenant qu’il s’est calmé et sait que Reiko va bien, il commence à avoir les larmes aux yeux.

« Il n’y a pas d’autres enfants que vous ici, n’est-ce pas ? », demande un garde.

« Non. », répond Satomi.

Aoi secoue de la tête. Les gardes se regardent et sourient.

« Alors, allons-y, je vais prendre Reiko sur mon dos. »

Aoi regarde par terre, puis remarque qu’il a laissé la sandale et le ruban par terre.

« Ah ! », s’exclame-t-il.

Son petit cri fait sursauter le groupe.

« Quelque chose qui ne va pas, Aoi ? », demande le garde.

« La sandale et le ruban de Reiko. », dit-il.

Le garde sourit.

« Je vais les lui remettre. »

Après avoir rhabillé Reiko, le garde la met doucement sur son dos et prend la lanterne en main.

Il regarde autour de lui, puis l’autre garde.

« C’est bon pour moi. »

« De même. »

« Alors, allons-y. »

Le garde ayant Reiko sur son dos ouvre la marche, suivi d’Aoi et de Satomi, qui lui tient le bras avec ses deux bras. Enfin, le garde portant Daichi ferme la marche.


Le groupe arrive aux portes du mausolée, elles sont fermées. Le garde à l’avant frappe à la porte. Quelques instants plus tard, les portes s’ouvrent, le bruit retentit et un sifflement se fait entendre derrière eux. Satomi regarde derrière elle, apeurée, suivie d’Aoi, qui n’est pas rassuré.

Le garde qui est derrière eux voit leurs expressions et leur sourit.

« C’est juste le vent dû à l’ouverture des portes. », dit-il.

Satomi le regarde de nouveau et acquiesce de la tête, les oreilles d’Aoi se lèvent entendant la raison et il ne dit rien.

Un garde de l’autre côté les regarde surpris.

« Que faites-vous ici ? », s’exclame-t-il.

« Il semblerait que les enfants ont vu les portes ouvertes et en ont profité pour y faire une excursion. »

« Oh ! J’avais oublié de verrouiller les portes, ces derniers temps, elles s’ouvrent toutes seules… Comme si des esprits s’amusaient avec elles, je vais demander leur réparation. »

Le groupe sort, Aoi est triste sur la façon dont s’est déroulé le test de courage. Pour Satomi, elle est rassurée d’être enfin sortie avec tout le monde.


Plusieurs minutes sont passées depuis qu’ils sont sortis du mausolée. Daichi reste allongé au poste de soin, il va bien, mais il s’est fait mal en tombant. Satomi et Reiko s’enlacent, les deux sont tristes de finir la fête comme cela. Pour Aoi, il se remémore encore et encore ce qui s’est passé, il pense vraiment que le spectre existe.

Quelques minutes plus tard, les parents de chacun arrivent un par un. Reiko a les oreilles qui se lèvent en entendant la voix de sa mère. Elle tourne la tête et l’aperçoit. Elle court vers elle et se blottit contre elle en pleurant.

« Mère ! Mère ! J’ai eu si peur… je suis désolée, j’ai sali le beau kimono… »

Sa mère caresse la tête de Reiko.

« Ce n’est pas grave, ma chérie. »

Son père regarde autour de lui, mais il ne le voit pas.

« Où est Seika ? », demande son père.

« Je ne sais pas où est grand frère. »

Son père soupire et commence à marcher autour du poste de soin.


Autour, des personnes regardent ce qu’il se passe, Seika et ses amis s’approchent du poste de soin.

« Qu’est-ce qu’il se passe ? », demande Oda.

« Je ne sais pas. », répond Seika.

« Seika ! », hurle une voix.

Seika sursaute et se retourne. Il voit son père énervé arriver vers eux.

« Où étais-tu ? », s’exclame son père.

« Avec mes amis ? »

« As-tu pensé à ta petite sœur ? »

Seika sursaute de nouveau. Il craint que quelque chose ne lui soit arrivé.

« Est-il arrivé quelque chose à Reiko ? »

« Oui ! Maintenant, tu vas me suivre ! »

Seika panique et suit son père.


Pendant ce temps, Satomi est en train d’attendre ses parents, assise sur un banc, elle regarde autour d’elle. Elle voit Aoi se faire sermonner par son père, il a les larmes aux yeux. La mère d’Aoi s’excuse auprès des parents de Daichi.

Elle tourne la tête et voit ses parents arriver. Elle comprend tout de suite que cela va être son tour.


Arrivant sur le poste de soin, Seika regarde autour de lui, il voit sa sœur en train de se faire réconforter par leur mère. Puis, son regard se pose sur Aoi, ses oreilles se lèvent et il comprend qu’il est le responsable voyant la mère d’Aoi s’excuser auprès de sa mère. Il court vers Daichi pour avoir des explications.


Les parents de Seika et de Reiko rassurent la mère d’Aoi. Leur père regarde autour de lui et voit que Seika n’est pas à ses côtés. Il le voit en train de discuter avec Aoi, il craint le pire et court vers lui, juste à temps pour éviter une bagarre entre eux.

« Je te dis que j’ai vu un spectre ! », s’exclame Aoi.

« Et tu as eu peur en laissant ma sœur toute seule ! », s’exclame Seika à son tour.

Le père de Seika le prend dans les bras avant que le premier coup de poing ne parte.

« Seika ! Tu arrêtes maintenant ! Cela suffit ! », hurle-t-il.

Un silence se fait.

« Maintenant, nous rentrons, nous en discuterons tous à la maison ! »

Le père de Seika tient fermement sa main en allant les rejoindre.

Ils discutent avec les gardes, Seika regarde sa sœur, il peut voir qu’elle est triste. Il regarde autour de lui, il voit Aoi, il est en train de pleurer. Puis, en tournant sa tête vers leur père, il voit le marchand de masques les regarder, il a toujours cette aura violette autour de lui, mais, en plus, il porte un masque difforme et étrange, chaque œil regardant dans une direction différente. Il regarde rapidement Reiko voir si elle regarde la même chose, mais elle est occupée à se blottir contre leur mère. Il regarde de nouveau dans la direction où il a aperçu le marchand et rien, il ne le voit plus.

Après quelques instants, les parents de Seika et de Reiko remercient les gardes avant de rentrer chez eux.


En rentrant à la maison, Reiko s’est calmée et tient la main de leur mère avec un grand sourire. Derrière, leur père sourit en voyant le sourire de Reiko, Seika continue de se sentir coupable et continue d’avoir la tête baissée.

En entrant dans celle-ci, leur mère va vers la cuisine pour préparer une tisane pour tout le monde, elle se dit que les enfants auront du mal à s’endormir.

« Reiko, comment a été le festival pour toi ? », demande leur père.

« Incroyable ! J’ai adoré ! »

Il met un genou à terre pour se mettre à la hauteur de Reiko.

« Vraiment ? Tu t’es bien amusé, alors ? »

« Oui ! C’est grâce à grand frère ! »

Elle retire son masque et sourit à leur père.

« Et il m’a offert ce magnifique masque ! Je l’adore ! »

Leur père regarde Seika, qui a l’air d’être étonné avant de tourner son regard vers Reiko.

« Cela n’a pas été dur de choisir le masque. »

« Si ! Ils étaient tous beaux ! Mais en fin de compte, j’ai choisi celui-ci ! »

Leur père acquiesce avant de poser sa main sur la tête de Reiko et lui caresser la tête.

« Alors, c’est parfait. », dit-il.

Seika voit Reiko sourire et sa queue remuer doucement. Il finit par sourire.

Il regarde leur mère et s’avance vers elle. Il met ses mains sur le rebord de la table et la regarde dans les yeux. Elle lui sourit et lui tend les tasses. Il les apporte sur la table et les pose dessus. Il lève les yeux et se fige.

Dehors, à travers la fenêtre, il voit quelque chose dans l’ombre, sous la lumière de la lune. Il n’est pas sûr, le vent se lève. Et il a l’impression de voir de nouveau le marchand de masques.

« Seika ? », demande leur mère.

Il se retourne vers leur mère et pointe du doigt la fenêtre. « Mère… » Il regarde de nouveau vers la fenêtre, il voit une sorte de grand masque difforme avec différentes têtes. Il se fige et regarde de nouveau leur mère. « Mère ! Mère ! Mère ! » Un coup de vent fait légèrement claquer la fenêtre. Seika court vers leur mère et se blottit contre elle. Il commence à pleurer contre elle. Reiko le regarde et penche la tête sans comprendre. Leur mère regarde la fenêtre et ne voit rien.