Avertissements.
Ici, les mots marchent pieds nus sur des tessons.Ils saignent, ils glissent, ils retombent, et pourtant ils avancent.Chaque poème est une respiration coupée, une trace laissée trop fort, quelque chose qu’on n’aurait peut-être pas dû confier à la lumière.
Ces pages ne guérissent pas. Elles montrent.Elles éclairent ce qu’on voulait taire, ce qu’on a perdu,Ce qui tremble encore sous la peau quand personne ne regarde.
Si tu lis, avance doucement.Certaines lignes savent mordre, d’autres savent pleurer.Et quelques-unes ne savent rien faire d’autre que survivre,Même quand tout en elles demande à disparaître.
Que ce soit clair avant de tourner la page :je suis parfaitement capable de traverser un tribunal comme on traverse un champ en feu, si c’est pour reprendre ce qui m’appartient.Rien, ici, n’a été imaginé pour plaire, rien n’a été enjolivé pour faire joli.
Ce livre n’est ni fiction ni fantasme. C’est un héritage, unearchive personnelle,un témoignage familial. Et parfois,une tombe que je n’ai jamais su fleurir.
Si quelqu’un tente de voler ces mots, qu’il sache que je comprends le malheur d’un destin parallèle, mais pas l’ingratitude. Le vécu peut se ressembler, mais les phrases, non. Les métaphores, non.Les cicatrices traduites en images, encore moins.C’est moi qui ai trouvé la langue pour dire ce qui aurait dû me détruire.Et si on me copie, je deviendrai exactement ce que ce livre redoute :l’être le plus intraitable, le plus dur, le plus impossible à ignorer.
Aucun plagiat. Aucune reprise. Aucune imitation.Ce qui est écrit ici est la seule chose que je laisse derrière moi lorsque je disparaîtrai.
Alors ne soyez pas ces humains vides qui pillent les autres parce qu’ils ont tué leur propre voix. Rallumez la vôtre. Inventez la vôtre. C’est ainsi que naissent les auteurs que vous admirez.