La Fin des Hommes et l’Âge du Chaos
Chapitre 1 — La Fin des Hommes et l’Âge du Chaos
La famille Wilson vivait autrefois une existence paisible. Haïwang, le père, était un homme respecté pour sa force morale et son sens du devoir. Christine, sa femme, incarnait la douceur et la bienveillance. Leur fille Sarah, jeune fille studieuse et curieuse, rêvait d’un avenir où elle pourrait rendre le monde meilleur. Rien, absolument rien, ne laissait présager que leur vie, comme celle de toute l’humanité, allait basculer dans l’horreur.
Un matin, un mal étrange apparut : la maladie du Rhum. Une infection inconnue attaquant uniquement les mâles de toutes les espèces. Les hommes furent touchés les premiers. Puis les animaux mâles, puis les organismes les plus simples. Chaque jour, le monde devenait plus silencieux. Les femmes assistaient impuissantes à la disparition de leurs pères, maris, frères et fils.
Haïwang lui-même succomba devant sa famille. Sarah ne put jamais oublier son dernier regard, mélange d’amour et de regret. La Terre entra en deuil.
Toutes les sociétés s’effondrèrent. Les gouvernements perdirent leurs dirigeants masculins. Les terres se vidèrent de leur force physique. L’humanité fut réduite à un monde uniquement féminin.
Sauf pour un seul homme.
Un être mystérieux nommé Lucifer survécut à la maladie. Sans explication, sans logique. Les nations paniquées l’élevèrent en roi, symbole d’un espoir fragile, mais très vite, la peur reprit le dessus. Comment l’unique rescapé pouvait-il être innocent ? N’était-ce pas lui la cause de ce fléau ?
Les murmures devinrent accusations, et les accusations se transformèrent en haine. Lucifer se présenta devant la foule. Il déclara son innocence, affirma qu’il n’était ni l’auteur de la maladie ni un ennemi. En ultime preuve de bonne foi, il renonça à sa propre nature, abandonna le titre qui lui avait été donné… puis disparut dans un silence énigmatique. Personne ne sut où il se rendit.
Les années passèrent. Le monde féminin tenta de se reconstruire. Les sciences avancèrent, les technologies évoluèrent, mais l’absence d’hommes créa un déséquilibre biologique et spirituel. Sarah, désormais adulte, se passionna pour les textes anciens. Elle découvrit des prophéties oubliées, parlant d’un cycle cosmique où l’humanité devait être « purifiée » avant de renaître.
Ces écrits évoquaient un être : l’homme primordial, celui qui viendrait restaurer l’équilibre. Un nom revenait souvent… Adam.
Un jour, alors que les femmes du monde entier se réunissaient pour commémorer les disparus, un éclair s’abattit sur la terre. Une sphère lumineuse apparut au centre de la grande ville. Et de cette lumière naquit un homme.
Nu, calme, sans peur. Il prononça seulement :
« Je suis Adam. »
La panique fut immédiate. Pourtant, beaucoup ressentirent aussi un espoir oublié. Adam était différent : son ADN défiait toutes les lois de la biologie. Il semblait humain, mais aussi plus que cela — comme un être conçu, un point zéro de l’existence masculine.
Sarah fut fascinée. Elle se porta volontaire pour l’étudier. Et à travers leurs échanges, Adam apprit la douleur du passé, le vide laissé par la disparition des hommes, et la beauté fragile de l’humanité.
C’est alors que Lucifer réapparut. Amaigri, presque humain, il révéla la vérité : il n’avait jamais été la cause du Rhum. Le fléau venait d’un cycle universel visant à réinitialiser l’équilibre. Adam était la clé de la renaissance. Lucifer n’était que le gardien, chargé de veiller jusqu’à l’arrivée du premier homme du renouveau.
La première moitié de l’histoire s’achevait ainsi : un monde brisé, deux êtres mystérieux — Adam et Lucifer — et une humanité au bord d’un nouveau destin.