Passion masquée Dispo en AE

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Summary

Une romance new adult pas comme les autres! Mia est une étudiante qui commence sa première année de fac avec des rêves plein les yeux. Les fêtes, les amis et, pourquoi pas, l'amour. Le problème ? Son frère et sa bande se sont donné pour mission de préserver la jeune fille. Le jour où elle rencontre un inconnu masqué lors d'un jeu sensuel, elle chavire. Tout en lui la fait vibrer, pourtant, il refuse de se dévoiler. Peu importe qu'il se cache, elle le trouvera. Qui est-il réellement? Parviendra-t-elle à briser ses barrières? Une fille, un inconnu masqué, quatre suspects. Saurez-vous qui se cache sous le masque?

Status
Excerpt
Chapters
16
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

Chapitre 1 : Piège

Je regarde le monstre de pierre qui se dresse au milieu des bâtiments de la ville. Les voitures circulent derrière moi, inconscientes de ma présence. La citadelle me domine depuis le sommet d’une côte raide. Elle se dissimule au-delà d’un mur épais, percé par une porte de métal massif. L’université Vauban.

Je respire profondément. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, à la fois de peur et d’excitation. Je pénètre enfin dans la cour des grands. Plus d’obligations, plus de devoirs dénués d’intérêt, plus de règlement scolaire pour me dire comment m’habiller ou me comporter et plus de parents sur le dos. La liberté. Paradoxal quand on y pense, car le fort servait de prison dans le temps.

Je replace mon sac d’étudiante en bandoulière avant de gravir le chemin pavé qui m’emmène vers mon avenir.

— Salut Minimoy !

Je me pétrifie. Le temps suspend son vol. Assis sur le muret qui borde la montée, un garçon me fixe. Son regard d’un marron aussi profond que le mien me transperce de part en part, malgré la bienveillance qui suinte de ses prunelles. Le soleil illumine sa peau cuivrée. Le vent ébouriffe ses cheveux noirs coiffés en épis. Ses lèvres épaisses s’étirent en un sourire charmant qui me fait froid dans le dos. Je me tends, sur la défensive. Sa façon de me couver des yeux m’enferme dans une cage. Son expression emplie de fierté me tient en laisse. Nos traits similaires lui donnent le droit de s’immiscer dans mon quotidien jusqu’ici, à l’entrée de ma vie d’adulte.

Mon estomac se rebelle lorsque Kurt se lève pour m’enlacer.

— Qu’est-ce que tu fais là ?

Cette phrase manque de rester bloquée entre mes dents serrées. Je tente de dissimuler mes émotions derrière un rictus.

— C’est évident, non ? Je viens encourager ma petite sœur pour son premier jour à la fac !

À ces mots, il ébouriffe ma chevelure d’ébène, que j’ai été assez bête pour laisser détachée. Je proteste avec fermeté, mais il s’en moque, comme toujours. Il se contente de rire à gorge déployée devant ma rebuffade. Ma colère monte d’un cran.

Je sursaute lorsqu’une personne bondit tel un ressort devant moi. Obnubilée par la présence de Kurt, je n’ai pas remarqué les deux autres garçons qui l’accompagnent. Yanis, le premier, se penche pour me faire la bise. Il est plus petit que mon frère, mais il me domine tout de même de dix bons centimètres.

— Je suis content de te voir Mia ! lance-t-il joyeusement. Tu dois être inquiète, mais ne t’en fais pas ! On te soutient ! Tu sais, notre maison est encore mieux que quand tu l’as visitée. On a enfin décoré la chambre d’ami. On va organiser des fêtes de malades ! Il faudra que tu viennes maintenant que tu es à l’université ! J’ai déjà réfléchi à des décos du tonnerre ! Pour Hal...

Le moulin à parole en action. Je lève les yeux au ciel, je n’ai même pas le temps de placer une phrase. Malgré ça, je l’aime beaucoup. Son entrain contagieux me mettrait de bonne humeur, s’il n’accompagnait pas Kurt. Ce dernier n’apprécie pas beaucoup le discours de son ami et le coupe sans ménagement :

— Arrête de dire des conneries, tu veux bien ? Je refuse que Mia vienne à la maison pendant une fête.

— Mais... tente Yanis, ses prunelles grises emplies de déception.

— Hors de question. Mia, ne participe pas à des fêtes étudiantes, compris ?

— Oh ! tu peux bien la laisser s’amuser un peu, contre un grand blond au charme ravageur avant que je n’aie pu protester.

Hyacinthe me lance un clin d’œil en guise de salut. Ce mec est un canon avec son corps svelte, mais musculeux, ses lèvres fines parfaitement dessinées et son regard bleu océan.

— Sérieux, Hyas, ronchonne mon frère, tu es bien placé pour savoir comment se finissent ces soirées ! Ce n’est qu’alcool et sexe.

Et si c’était ce que je recherchais ? ai-je envie de lui répondre. Mais, comme trop souvent face à Kurt, je reste muette. Je soupire. Adieu, ma chère liberté à peine effleurée. Mon enthousiasme douché, j’avance vers eux d’un pas traînant.

— C’est gentil d’être venu les gars, mais j’ai plein de choses à faire.

— On sait ! s’exclame Yanis. À la fac, il faut tout gérer seul. Tu risques de te sentir un peu perdue. Ne t’inquiète surtout pas, si tu as besoin de conseils, tu peux m’appeler. On n’est pas dans la même filière, mais l’administration c’est toujours pareil. Tu verras, c’est trop bien d’étudier ce qu’on aime. Ça change du lycée, là tu vas...

— La ferme, Yanis, lance Hyas avec un sourire en coin. Lâche-la.

D’un geste vif, Yanis fait semblant de fermer sa bouche à double tour avant de jeter la clé.

— Ne te fais pas de soucis, Zek et Liam ont déjà fait leur prérentrée, m’informe mon frère en essayant à nouveau d’ébouriffer mes cheveux comme si j’étais une gamine.

Cette fois, je parviens à l’éviter. Entre le vent et sa première tentative, je dois suffisamment ressembler à un épouvantail, merci.

— C’est plus simple à la CCI ! lance Hyas. Tous les BTS sont rentrés ensemble. La fac, c’est vraiment le bordel. Les première année tel jour, les troisième année, tel autre. Je suis tellement content d’en être parti !

Le sourire qu’il m’adresse indique qu’il a quelque chose derrière la tête, mais j’ignore quoi.

— Par contre, poursuit Hyas avec un regard vers sa montre, je ne peux pas rester plus longtemps. Désolé Minimoy, ça m’a fait plaisir de venir. Je trouve qu’on ne se voit plus assez.

Il m’enlace, suivi de Yanis, puis de Kurt.

— On doit partir aussi, annonce-t-il. Si Yanis et moi loupons le bus pour le CHU, on est morts ! Bonne chance, Minimoy ! Zek et Liam sont dans le coin depuis ce matin si tu as besoin d’aide. N’hésite pas à les appeler, ils veilleront sur toi.

Oh non...Liam et Zek ne vont quand même pas me surveiller ? Je les imagine déjà me suivre partout pour rapporter mes faits et gestes à mon grand frère. Une boule se bloque dans ma gorge. Ma poitrine se comprime.

Les trois amis s’éloignent en chahutant, inconscients de l’épée de Damoclès qu’ils viennent de placer au-dessus de ma tête.

En moi, la colère tente de chasser la crainte. L’oppression... Encore ! Les larmes aux yeux, je dévore les quelques mètres qui me séparent de la nouvelle vie que je désire me créer.