1
Il y a des règles dans ma vie.
Des règles non écrites, mais gravées profondément dans mon quotidien.
Ne pas sortir trop tard.
Ne pas parler aux garçons.
Ne pas donner mon numéro.
Ne pas sourire trop longtemps.
Et surtout…
Ne jamais attirer l’attention de quelqu’un que Nick pourrait considérer comme une menace.
Je m’appelle Sofia Richard, j’ai dix-huit ans, et je vis dans une cage dorée.
Notre maison est immense. Trop grande pour une famille de quatre personnes. Les murs sont blancs, impeccables, silencieux. Ici, tout respire le confort, la réussite, la sécurité. Mes parents m’aiment, je le sais. Ils m’aiment même trop. Au point de ne jamais voir la prison qu’ils ont construite autour de moi.
Et puis il y a Nick.
Mon frère aîné.
Mon gardien.
Mon cauchemar.
— Sofia, tu sors habillée comme ça ?
Sa voix traverse le salon avant même que j’aie atteint la porte. Je soupire intérieurement, mes doigts se crispent sur la poignée.
— Oui, réponds-je calmement. On va juste manger une glace avec Emma.
Nick me dévisage de haut en bas, les bras croisés, le regard dur. Comme s’il cherchait une faille. Comme s’il attendait une excuse pour dire non.
— Change de veste. Et rentre avant 21h.
Il ne demande pas. Il ordonne.
Je hoche la tête, parce que discuter ne sert à rien. Ça n’a jamais servi à rien. Nick a toujours été comme ça. Autoritaire. Possessif. Étouffant. Là où moi je suis douce, discrète, il est brutal et dominant. Là où je rêve de liberté, il ne voit que danger.
Je referme la porte derrière moi avec un soupir de soulagement.
Respirer.
Enfin.
Je ne sais pas encore que ce soir-là, quelque chose va changer.
Que pour la première fois, une règle va être brisée.
Je rentre plus tôt que prévu. Emma a dû partir, et la glace a fondu trop vite sous la chaleur de l’été. La maison est étrangement silencieuse lorsque je pousse la porte. Les lumières du salon sont allumées, mais mes parents ne sont pas là.
Et puis j’entends une voix.
Grave. Rauque. Masculine.
— Nick, t’exagères toujours…
Je m’arrête net.
Cette voix…
Je ne la connais pas.
Je fais quelques pas hésitants vers le salon, mon cœur battant un peu trop vite. Nick est adossé au canapé, une bouteille d’eau à la main. En face de lui, assis négligemment, se trouve un garçon.
Non.
Pas un garçon.
Un homme.
Grand. Large d’épaules. Une veste en cuir sombre posée sur le dossier de la chaise. Ses cheveux sont légèrement en bataille, comme s’il venait de passer sa main dedans trop souvent. Il a un air fatigué, un peu sauvage. Dangereux.
Et beau. Terriblement beau.
— Sofia, lâche Nick d’un ton sec. Qu’est-ce que tu fais là ?
— J’habite ici, je réponds doucement.
Le regard de l’inconnu se pose sur moi.
Et tout ralentit.
Ses yeux me détaillent sans insistance, mais avec une intensité qui me trouble. Un regard sombre, profond, chargé de quelque chose que je ne comprends pas encore. Je sens une chaleur étrange me parcourir la poitrine, comme si mon cœur venait de rater un battement.
— C’est qui ? je demande, la voix un peu trop basse.
Nick roule des yeux.
— Luca. Mon meilleur ami.
Luca.
Le prénom résonne en moi d’une façon inexplicable.
— Enchantée, dit-il enfin, sa voix plus douce que je ne l’imaginais.
Il se lève, et je réalise qu’il est encore plus grand que je ne le pensais. Il me sourit à peine. Pas un sourire charmeur. Pas un sourire séducteur. Un sourire bref. Contrôlé.
— Sofia, répète-t-il.
Comme s’il goûtait mon prénom.
Nick se place immédiatement entre nous.
— Bon, c’est bon. Sofia, monte dans ta chambre.
Je le déteste à cet instant précis.
Parce qu’il m’arrache à ce regard.
Parce qu’il m’empêche de comprendre pourquoi mon cœur bat aussi fort.
Je monte les escaliers lentement, mais je sens encore les yeux de Luca sur moi. Comme une présence invisible qui refuse de disparaître.
Dans ma chambre, je m’assois sur mon lit, le souffle court.
Je ne sais rien de lui.
Je sais juste une chose.
Luca n’est pas quelqu’un que je devrais approcher.
Et pourtant… quelque chose en moi vient de s’éveiller.
Et j’ai la sensation étrange que, pour la première fois de ma vie,
je viens de rencontrer le problème que Nick ne pourra pas contrôler.
Il y a des règles dans ma vie.
Des règles non écrites, mais gravées profondément dans mon quotidien.
Ne pas sortir trop tard.
Ne pas parler aux garçons.
Ne pas donner mon numéro.
Ne pas sourire trop longtemps.
Et surtout…
Ne jamais attirer l’attention de quelqu’un que Nick pourrait considérer comme une menace.
Je m’appelle Sofia Richard, j’ai dix-huit ans, et je vis dans une cage dorée.
Notre maison est immense. Trop grande pour une famille de quatre personnes. Les murs sont blancs, impeccables, silencieux. Ici, tout respire le confort, la réussite, la sécurité. Mes parents m’aiment, je le sais. Ils m’aiment même trop. Au point de ne jamais voir la prison qu’ils ont construite autour de moi.
Et puis il y a Nick.
Mon frère aîné.
Mon gardien.
Mon cauchemar.
— Sofia, tu sors habillée comme ça ?
Sa voix traverse le salon avant même que j’aie atteint la porte. Je soupire intérieurement, mes doigts se crispent sur la poignée.
— Oui, réponds-je calmement. On va juste manger une glace avec Emma.
Nick me dévisage de haut en bas, les bras croisés, le regard dur. Comme s’il cherchait une faille. Comme s’il attendait une excuse pour dire non.
— Change de veste. Et rentre avant 21h.
Il ne demande pas. Il ordonne.
Je hoche la tête, parce que discuter ne sert à rien. Ça n’a jamais servi à rien. Nick a toujours été comme ça. Autoritaire. Possessif. Étouffant. Là où moi je suis douce, discrète, il est brutal et dominant. Là où je rêve de liberté, il ne voit que danger.
Je referme la porte derrière moi avec un soupir de soulagement.
Respirer.
Enfin.
Je ne sais pas encore que ce soir-là, quelque chose va changer.
Que pour la première fois, une règle va être brisée.
Je rentre plus tôt que prévu. Emma a dû partir, et la glace a fondu trop vite sous la chaleur de l’été. La maison est étrangement silencieuse lorsque je pousse la porte. Les lumières du salon sont allumées, mais mes parents ne sont pas là.
Et puis j’entends une voix.
Grave. Rauque. Masculine.
— Nick, t’exagères toujours…
Je m’arrête net.
Cette voix…
Je ne la connais pas.
Je fais quelques pas hésitants vers le salon, mon cœur battant un peu trop vite. Nick est adossé au canapé, une bouteille d’eau à la main. En face de lui, assis négligemment, se trouve un garçon.
Non.
Pas un garçon.
Un homme.
Grand. Large d’épaules. Une veste en cuir sombre posée sur le dossier de la chaise. Ses cheveux sont légèrement en bataille, comme s’il venait de passer sa main dedans trop souvent. Il a un air fatigué, un peu sauvage. Dangereux.
Et beau. Terriblement beau.
— Sofia, lâche Nick d’un ton sec. Qu’est-ce que tu fais là ?
— J’habite ici, je réponds doucement.
Le regard de l’inconnu se pose sur moi.
Et tout ralentit.
Ses yeux me détaillent sans insistance, mais avec une intensité qui me trouble. Un regard sombre, profond, chargé de quelque chose que je ne comprends pas encore. Je sens une chaleur étrange me parcourir la poitrine, comme si mon cœur venait de rater un battement.
— C’est qui ? je demande, la voix un peu trop basse.
Nick roule des yeux.
— Luca. Mon meilleur ami.
Luca.
Le prénom résonne en moi d’une façon inexplicable.
— Enchantée, dit-il enfin, sa voix plus douce que je ne l’imaginais.
Il se lève, et je réalise qu’il est encore plus grand que je ne le pensais. Il me sourit à peine. Pas un sourire charmeur. Pas un sourire séducteur. Un sourire bref. Contrôlé.
— Sofia, répète-t-il.
Comme s’il goûtait mon prénom.
Nick se place immédiatement entre nous.
— Bon, c’est bon. Sofia, monte dans ta chambre.
Je le déteste à cet instant précis.
Parce qu’il m’arrache à ce regard.
Parce qu’il m’empêche de comprendre pourquoi mon cœur bat aussi fort.
Je monte les escaliers lentement, mais je sens encore les yeux de Luca sur moi. Comme une présence invisible qui refuse de disparaître.
Dans ma chambre, je m’assois sur mon lit, le souffle court.
Je ne sais rien de lui.
Je sais juste une chose.
Luca n’est pas quelqu’un que je devrais approcher.
Je reste assise longtemps sur mon lit, sans bouger.
La maison est silencieuse, mais mon esprit, lui, ne l’est pas.
L’image de Luca refuse de me quitter. Son regard sombre. Sa posture nonchalante. Cette façon qu’il a eue de prononcer mon prénom, comme s’il avait laissé traîner une seconde de trop entre chaque lettre.
C’est ridicule, je me dis.
Il est le meilleur ami de Nick.
Il est interdit.
Il est dangereux.
Et pourtant, mon cœur bat encore trop vite.
Je me lève enfin et m’approche de la fenêtre. De là, je peux voir l’allée devant la maison. Une moto noire est garée près du portail. Massive. Brillante. Elle n’a rien à faire ici, dans cet endroit trop calme, trop propre.
Je devine sans mal à qui elle appartient.
Un frisson me parcourt.
La moto ressemble exactement à son propriétaire.
Indomptable.
Je m’éloigne brusquement de la fenêtre, comme si Nick pouvait me surprendre à regarder. Comme s’il pouvait lire dans mes pensées. Nick a ce don étrange de toujours sentir quand quelque chose lui échappe.
Je m’allonge sur mon lit, les bras en croix, les yeux fixés au plafond.
Ne pas y penser.
Ne pas y penser.
Mais comment oublier quelqu’un que je viens à peine de rencontrer… et qui a déjà tout bouleversé ?
Des voix montent du rez-de-chaussée.
Nick parle fort. Trop fort.
Je reconnais ce ton. Celui qu’il utilise quand il est en colère.
— Tu fais n’importe quoi, Luca.
— Calme-toi, répond l’autre d’une voix posée.
Sa voix.
Je ferme les yeux malgré moi, tendant l’oreille. Ce n’est pas volontaire. C’est plus fort que moi.
— Les courses illégales, les problèmes… Tu crois que ça ne finira pas par te retomber dessus ?
Un silence suit. Puis :
— J’ai jamais demandé à être ton exemple, réplique Luca.
Je retiens mon souffle.
Il y a quelque chose de tendu dans l’air. Quelque chose de non-dit. Nick n’est pas seulement inquiet. Il est furieux. Et Luca… Luca n’a pas l’air du genre à se laisser contrôler par qui que ce soit.
— Et ma sœur, ajoute Nick soudainement. Fais attention à ma sœur.
Mon cœur se serre.
— T’inquiète pas, répond Luca, plus froidement cette fois. Je sais où sont les limites.
Ces mots me frappent de plein fouet.
Les limites.
Je ne sais pas pourquoi, mais une part de moi doute qu’il y croie vraiment.
La porte d’entrée claque.
Je sursaute.
Je me relève et retourne près de la fenêtre. La moto démarre dans un rugissement sourd qui brise le silence du quartier. Je regarde Luca enfiler son casque, monter sur la moto avec une aisance presque insolente.
Avant de partir, il s’arrête.
Il lève la tête.
Et pendant une fraction de seconde…
nos regards se croisent à travers la vitre.
Mon souffle se coupe.
Il ne sourit pas.
Il ne détourne pas les yeux.
Il me regarde simplement. Intensément. Comme s’il me voyait vraiment. Comme si, derrière mon apparence de fille sage, il devinait déjà quelque chose que moi-même je n’ose pas encore reconnaître.
Puis il démarre.
La moto disparaît au bout de la rue, me laissant seule avec un vide étrange dans la poitrine.
Je reste là longtemps après son départ.
Je viens de comprendre une chose essentielle.
Luca n’est pas juste le meilleur ami de mon frère.
Il est une tentation.
Une tentation dangereuse.
Et, pour la première fois de ma vie…
J’ai envie de franchir une limite.