le jeu des apparences
La Réception des Santoro
GRANDE SALLE DE RÉCEPTION LUXUEUSE - NUIT
La salle est somptueuse.
Marbre poli, lustres imposants, rires feutrés.
Des hommes en costumes impeccables, des femmes en robes élégantes.
Le champagne coule, la musique jazz flotte doucement dans l'air.
Mais sous l'élégance... la menace.
Au centre, DON VITO SANTORO (55ans), massif, regard durci par les années et le sang, règne sans hausser la voix. À son bras, MARIA SANTORO (50 ans), froide, calculatrice, élégante jusque dans sa dureté.
Un peu en retrait, leurs filles.
ALICE SANTORO (20 ans) observe la foule.Son regard est curieux, presque lumineux.Elle n'appartient pas à ce monde... mais elle y est née.
À ses côtés, LUCIE SANTORO (22 ans), plus vive, plus lucide, un sourire ironique au coin des lèvres.
LUCIE (lassée):Encore une soirée à applaudir des hommes qui se détestent en silence.Dis-moi... tu t'ennuies autant que moi ?
ALICE (doucement):Non. J'aime regarder les gens.Chacun a une histoire... même ici.
Lucie la regarde, mi-amusée, mi-inquiète.
LUCIE:Tu es trop pure pour cet endroit, Alice.Ici, les histoires se terminent rarement bien.C'est le monde de Papa... un jardin plein de serpents.
ALICE(un léger sourire):Tu exagères.On est une famille... et toutes les familles ont leurs défauts.
Lucie ne répond pas.
Elle sait.
..
Un peu plus loin, presque invisible, PAUL LECLERC (27ans) observe.Costume sombre. Posture maîtrisée.Regard précis.Il est nouveau. Présenté comme expert en sécurité.
En réalité... il est là pour tout détruire.
Son regard balaie la salle, mémorise chaque détail.
Puis il la voit.
Alice.
Il connait son nom.Il a vu son dossier.Mais rien ne l'avait préparé à ça.
Elle ne ressemble pas à une fille de mafieux.
Elle ressemble à quelqu'un qui croit encore au monde.
Paul détourne les yeux.Trop longtemps serait dangereux.
MARCO (40 ans), bras droit de Don Vito, s'approche.
MARCO(sec) :PaulLe Patron veut zéro incident ce soir.Beaucoup de monde. Beaucoup d'alliés... et d'ennemis.
PAUL (calme, assuré):Je veille. Rien ne passera.
Marco le jauge, puis s'éloigne.
Paul relève les yeux.
Alice le regarde.
Juste une seconde.
Pas de peur.
Pas de méfiance.
Elle esquisse un léger sourire.
Paul hésite... puis incline imperceptiblement la tête.
Un échange bref.
Silencieux.
Mais irréversible.
Quelque chose vient de commencer.









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