Prologue
La nuit n’était jamais complètement vide.
À minuit, la brise se levait, porteuse d’un passé encore vivant.
Elle glissait lentement, frôlant les murs, s’attardant là où les souvenirs avaient pris racine. Chaque souffle semblait chargé de mots tus, de gestes interrompus, d’instants figés dans le temps. Rien n’était oublié. Rien ne l’avait jamais été.
Elle murmurait que tout ce qui s’était brisé n’était pas perdu.
Que certaines histoires n’avaient pas trouvé leur fin, seulement une pause.
Dans le calme de l’obscurité, l’attente devenait presque tangible. Le silence pesait, non pas comme une absence, mais comme une retenue. Comme si la nuit elle-même savait que quelque chose devait revenir.
Un pas, un regard, une présence familière il suffisait parfois de si peu pour raviver ce qui avait été mis à l’épreuve par le temps. La brise passait encore, insistante, rappelant que certains liens refusent de s’éteindre.
Et à l’instant précis où l’horloge frôlait minuit, la nuit semblait retenir son souffle.
Car ce qui avait été séparé n’était peut-être jamais vraiment parti.