Butterfly

All Rights Reserved ©

Summary

Deux âmes brisées par leur passé se rencontrent dans un train de vie banal. Leur relation sera tout l'inverse. Entre interdits, secrets, passé douloureux ; Maxime et Louna vont-ils réussir à passer au-delà de leurs ténèbres, et s'aider à vivre du côté de la lumière ?

Status
Complete
Chapters
47
Rating
5.0 1 review
Age Rating
16+

Prologue

Louna

Je me tourne sur le côté droit, puis le gauche, puis de nouveau le droit. Je répète ce manège une dizaine de fois, avant de terminer allongée sur le dos. Trente minutes plus tard, je n’arrive toujours pas à m’endormir. Je me mets alors sur le ventre.

Je sais que je me serais endormie plus vite si Solenza avait été là. Elle m’avait proposé de rester avec moi, mais j’ai refusé. Je sais me débrouiller seule. Jedoisme débrouiller seule. Je suis une grande fille, j’ai tout de même dix-neuf ans. Je ne veux pas que des personnes soient à mon service.

Quand je vois qu’il est trois heures du matin, j’ai envie de tout exploser. Je décide de mettre un peu de musique sur mon enceinte. Quand je ne parviens pas à dormir, il n’y a que cette méthode qui fonctionne. La musique a un effet magique sur ma personne.

Pour être certaine d’être dans un bonmood, je combine mes deux passions : j’écoute la playlist de danse que ma prof m’avait créée quand j’en faisais encore. J’ai dû malheureusement arrêter en commençant la faculté.

La musique résonne doucement dans ma chambre. Le volume n’est pas trop fort, juste assez pour m’envelopper sans déranger mes voisins. Je me remémore la chorégraphie que j’avais présentée au spectacle de fin d’année en terminale. Certains professeurs étaient venus, prévenus par ma meilleure amie. Je ne voulais pas qu’ils assistent à la représentation, mais elle avait insisté.

Quand je les ai vus, je me suis sentie très intimidée, mais, comme d’habitude, une fois concentrée sur ma danse, j’étais comme seule au monde.

📖📖📖📖

Je me réveille en sursaut, trempée de sueur. Je viens de faire un cauchemar. Une crise d’angoisse monte. J’essaye de me calmer. Je me recroqueville. Je me répète que ça va aller. Je fais le décompte. J’essaye de le suivre pour respirer à ce rythme.

1…2…3… Inspire…

1…2…3… Souffle…

1…2…3… Inspire…

1…2…3… Souffle…

Mais rien n’y fait. Je me sens comme étouffée. Les murs se rapprochent petit à petit de moi.

Je tremble. Je suffoque. J’ai l’impression que je vais mourir.

Je saisis mon téléphone.

Je suis obligée.

—Allô ? résonne une voix remplie d’inquiétude.

Je n’arrive pas à parler. Seuls mes sanglots sont distincts.

—Louna ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

Je ne réponds toujours pas. Un tournis me prend. Mon cœur bat à tout rompre. Les murs se rapprochent toujours plus, ne stoppant pas mes tremblements.

Je sais que c’est ma crise d’angoisse qui cause cela, mais l’effet est tellement réel que j’ai l’impression de me trouver dans une pièce minuscule.

—J’arrive. Ne raccroche pas, je reste en ligne en cas de besoin. Essaye de m’envoyer ton numéro de chambre parsms, il me dit d’une voix calme mais ferme.

Je détache le combiné de mon oreille et tente tant bien que mal de répondre à sa demande.

Mes doigts tremblent, mais j’arrive tout de même à saisir les deux numéros de l’appartement dans lequel je séjourne depuis septembre.

—Je suis dehors, je traverse l’espace entre le campus des profs et celui des étudiants.

J’entends qu’il est essoufflé. Il doit être en train de courir.

Pourquoi je l’ai appelé en urgence déjà ? Qu’est-ce qui a bien pu me passer par l’esprit pour faire ça ? J’aurais très bien pu contacter Solenza.

—Je suis devant l’ascenseur. Si l’appel coupe, c’est normal. Ne t’inquiète pas, si ça arrive,

je te rappelle à la seconde où je suis arrivé au troisième étage, me rassure le jeune sportif.

Je hoche la tête même s’il ne peut pas me voir. L’entendre énumérer ses déplacements me rassure. Cela me permet de savoir qu’il est bientôt là, que je serai bientôt en sécurité, que je n’aurai plus rien à craindre.

—Je suis dans le couloir, il me reste quatre chambres.

Soudain, j’entends du vent à travers mon téléphone, comme s’il s’était remis à courir.

Quelques secondes plus tard, je perçois le bruit de la porte d’entrée qui s’ouvre à la volée et qui se ferme la seconde d’après.

Boule au ventre, Héléna

—Je suis là, il me prévient en jetant son téléphone sur le lit après avoir raccroché.

Il grimpe sur le matelas et prend mes mains dans les siennes. Je me sens déjà mieux. Les murs se remettent peu à peu à leur place. Ma respiration se calme, mais reste erratique.

—Tu acceptes que je me mette derrière toi ? il me questionne, la voix basse et saccadée dû à ses efforts.

Je hoche la tête pour lui donner mon accord. Il se glisse dans mon dos, sa main droite entoure ma poitrine et se pose sur mon cœur, l’autre se place sur mon ventre.

—Inspire… et souffle… Concentre-toi sur ton ventre qui se gonfle et rencontre ma main, puis qui s’aplatit.

Je suis ses indications et je sens qu’au fil des minutes, je me sens de mieux en mieux.

—Voilà, c’est bien. Inspire… et souffle.

Une fois que ma crise est enfin passée, je pousse un long soupir de soulagement tout en posant ma tête sur son épaule droite. Quant à lui, il caresse doucement mes bras, de bas en haut, me provoquant une chair de poule, en me murmurant des paroles rassurantes.

—Tout va bien, je suis là, il continue. Tu ne risques rien, tu es en sécurité.

Je tourne mon visage vers le sien et nos yeux se cramponnent. Je ne vois que lui et ne pense à rien d’autre qu’à sa personne.

Comment avons-nous pu autant nous rapprocher en deux jours seulement ?

—On va dormir maintenant parce qu’il est tard, il me souffle à l’oreille.

Je me décolle de lui et ressens aussitôt un vide se former au fond de mon être. Je vais dans ma salle de bains pour changer de pyjama puisque celui que j’ai mis est trempé de sueur. De retour dans la chambre, je m’allonge du côté gauche. Je me tourne du côté de la baie vitrée, dont les rideaux ne sont pas tirés, afin de voir l’extérieur du haut du troisième étage. Après un moment d’hésitation, il se colle à mon dos et passe sa main autour de ma taille pour la poser sur mon ventre.

—Tout va bien. Je suis là, il me rassure de nouveau.

Je ferme les yeux et me concentre sur les légères caresses de sa main.

Comment je suis capable d’accepter une telle proximité avec un homme que je ne connais seulement depuis un peu moins de trois mois ?

Et pourtant, ses gestes et sa présence m’apaisent. Grâce à lui, je m’endors rapidement et rejoins des rêves paisibles.