Le retour de Skylar
J’étais assise dans mon bureau, en train de revoir tout ce qui s’était passé. Cela faisait déjà un an et demi que je m’étais débarrassée des parasites que représentaient Madison et son groupe. J’avoue que les choses ne s’étaient pas déroulées comme je l’avais prévu. En y repensant, j’avais été bien trop gentille avec eux.
— « Bon sang… qu’est-ce qui m’a pris de jouer à la directrice ? J’aurais dû les buter et le tour était joué. » murmurai-je en me levant brusquement de ma chaise, pour aller me poster devant la fenêtre.
De là, j’admirai la vue offerte sur mon jardin, comme pour calmer la tempête qui grondait en moi.
La bonne nouvelle, c’est que Silverwood Academy avait repris son service, comme une école ordinaire. Même si les rumeurs des événements passés continuaient de courir, je m’assurais toujours de les étouffer.
J’étais encore plongée dans mes pensées quand un coup discret à la porte me ramena à la réalité. Je mis quelques secondes avant de répondre, la voix sèche :
— « Oui… entrez. »
La porte s’ouvrit. Et là, je vis mon bras droit : Colton McAllister.
Colton McAllister… vingt-huit ans, athlétique, élancé. Sa silhouette se découpait avec assurance dans l’encadrement de la porte. Ses épaules larges et son allure droite imposaient le respect. Ses cheveux châtains clairs, légèrement ondulés, étaient rejetés en arrière avec une désinvolture calculée.
Ses yeux bleu acier, froids et perçants, semblaient sonder l’âme de quiconque osait les croiser. Sa mâchoire marquée, ornée d’une barbe de trois jours, renforçait son charisme naturel. Mais plus que son apparence, c’était son aura qui frappait : stable, glaciale, tranchante, comme une lame invisible prête à s’abattre.
Colton et moi avions presque grandi ensemble. Depuis mes cinq ans, il était mon bras droit. Nous avions traversé tant de choses… et pourtant, jamais nous n’avions eu une relation amicale. Il s’était toujours contenté de faire son travail. Même lorsque j’avais osé lui dire que j’aimerais être son amie, il m’avait simplement ignorée, me rappelant qu’il avait prêté serment : me protéger, et rien d’autre.
Il s’avança vers moi, s’inclina respectueusement, et me tendit une enveloppe. Je ne la pris pas tout de suite. Je retournai m’asseoir à mon bureau, ajustai mes lunettes, pensant qu’il s’agissait de quelque chose d’important.
Colton me tendit l’enveloppe avec calme, et dit d’une voix grave :
— « C’est une invitation… de la part de votre père. »
Je restai figée, comme une pierre. Mon regard s’assombrit, mes yeux s’embrasèrent d’une lueur glaciale. Mes doigts hésitèrent à saisir l’enveloppe. Je repris mes esprits, mais laissai finalement le pli dans les mains de Colton.
— « Qu’est-ce que ça veut dire ? » lâchai-je d’un ton dur, en essayant de contrôler l’animosité qui se dégageait de moi.
Colton baissa légèrement les yeux, imperturbable. Son aura ne faiblissait pas, solide, tranchante, comme une présence qui défiait la mienne.
— « Cette enveloppe est arrivée ce matin, mademoiselle. »
Je fronçai les sourcils, la voix tranchante
— « Alors… peux-tu me dire ce qui est écrit dedans, Colton ? »








