1 | Le pacte
Béatrice
De retour dans mon bureau, je tourne la clé dans la serrure d’un geste sec, puis je clos les lourds rideaux de velours sombre qui étouffent la lumière du jour. Enfin seuls dans cette atmosphère feutrée.
Je pose mon regard sur cet idiot d’Alban. Nous venons tout juste de quitter le cabinet de mon confrère, où nous avons signé cette médiation. Voir son ex-compagne, une femme aussi brillante que sublime, assister à la déchéance de cet homme m’a réjouie. Dire qu’il a osé la rabaisser, la piétiner et la tromper. Lamentable. Justice est quasiment rendue, à moi de lui infliger le reste de sa punition dans le secret de cet empire de cuir et de bois verni qu’est le mien.
— Comme convenu, j’ai payé ta dette lors de cette médiation pour t’éviter un procès de grande envergure. Désormais, je reprends officiellement la main sur ta société, à toi de payer ton dû. Assieds-toi maintenant.
Il s’exécute sans un mot, docile depuis que nous avons quitté le cabinet de mon confrère. Il s’enfonce dans l’un des larges fauteuils de cuir noir qui font face à mon espace de travail. Sa mine déconfite et sa tête basse me procurent une satisfaction presque divine ; j’aime quand un salaud finit sous ma coupe, brisé par le poids de ses propres erreurs au milieu de ce décor qui respire mon autorité.
Sans le quitter des yeux, je contourne la structure massive de ma table de travail. Je remonte ma jupe, glisse mes doigts sous la dentelle de ma culotte et la retire d’un geste fluide. Je m’installe sur le rebord de mon grand bureau en acajou précieux, les jambes écartées, défiant son regard.
— Maintenant, bouffe ma chatte et fais-moi jouir. Montre-moi tes talents, tu as moins de huit minutes avant mon prochain rendez-vous.
Je perçois son hésitation, cette infime résistance qui trahit sa fierté blessée tandis qu’il jette un œil aux étagères de livres juridiques qui nous entourent. Cette situation le rebute, et je m’en contrefiche royalement. Il a voulu jouer, il a perdu.
— J’ai payé très cher et tu m’appartiens. L’as-tu oublié ? Alors, obéis.
Il lève enfin les yeux vers moi, fixant intensément mon entrejambe parfaitement vierge de tout poil, mis en valeur par la pénombre de la pièce.
— Dois-je te fournir un mode d’emploi ?
Il grimace de toute sa suffisance, il se lève ses fesses du fauteuil s’avance vers moi puis il s’agenouille enfin sur le tapis épais qui recouvre le sol. À mesure qu’il s’approche, je vois son regard se transformer petit à petit. Cet homme aime le sexe, je le sais de source sûre, et notre contrat repose sur un marché et un consentement. Je le paie, il répond à mes demandes.
Il attrape mes jambes pour les poser sur ses épaules, m’exposant complètement à son regard. Un dernier coup d’œil vers moi et j’y découvre une étincelle de désir. Oh oui, tu vas aimer être à ma merci.
Il s’aventure enfin entre mes cuisses. Je sens d’abord le souffle chaud de sa respiration contre ma peau nue, un contraste brûlant avec l’air frais et climatisé du bureau. Puis, sa langue se pose. Ses premiers coups sont hésitants, presque timides, comme s’il cherchait à tâtons la limite de sa soumission. Mais très vite, sa véritable nature reprend le dessus. Il m’assène des coups de langue réveillant une chaleur intense entre mes jambes.
Les mains solidement ancrées derrière moi sur le bois verni et glacial du bureau, la tête légèrement rejetée en arrière vers le plafond haut, je ferme les yeux pour savourer le changement de rythme. Il s’applique. Mieux que ce que j’aurais imaginé. Sa langue se fait plus présente, plus ferme, massant mes lèvres avant de venir cueillir avec une précision diabolique le point névralgique de mon plaisir. Un frisson violent me parcourt l’échine.
Le tic-tac de l’horloge murale en métal résonne dans le silence de la pièce, mais le bruit de sa succion et de ses baisers humides prend le dessus. Le temps presse, et cette urgence ne fait qu’accentuer l’intensité de chaque sensation dans ce cadre si professionnel. Il commence à accélérer le mouvement, alternant des pressions lentes et des mouvements circulaires d’une régularité parfaite. Je sens mes parois internes au bord du précipice. C’est une douce torture. Je mords ma lèvre inférieure pour étouffer le moindre gémissement ; hors de question de lui donner la satisfaction de m’entendre faiblir.
Alban semble le deviner. Ses mains quittent mes cuisses pour venir pétrir mes hanches, ancrant son visage plus profondément encore contre mon entrejambe, me pressant contre le rebord de bois. Sa langue s’enfonce en moi, imitant le va-et-vient d’un coït, tandis que son pouce vient frotter mon clitoris avec une insistance presque cruelle. La vague de chaleur monte, indomptable. Les sensations deviennent trop aiguës, trop vastes. Mon bassin bouge d’un millimètre, trahissant mon impatience.
Le plaisir m’assaille, violent, électrique. Je me cambre, les doigts crispés sur les angles sculptés du bureau, alors que les premières contractions de l’orgasme me traversent. Je jouis intensément, le corps secoué par des spasmes que je m’efforce de garder silencieux, savourant sa dévotion forcée jusqu’à la dernière seconde.
Lorsqu’il se recule enfin, le souffle court, les lèvres trempées de mon nectars, je suis satisfaite. Je jette un coup d’œil à ma montre à quartz posée près de mes dossiers. Sept minutes quarante.
Je réajuste ma jupe d’un geste sec, me relevant de l’acajou. Mon visage reprend instantanément son masque de marbre alors que le signal strident de l’interphone retentit sur la table pour annoncer mon prochain rendez-vous.
— Tu peux y aller, j’exige. Rendez-vous chez moi à dix-neuf heures, comme convenu. Je t’envoie l’adresse par message.
Alban passe sa main sur ses lèvres encore humides, son regard noir me fusille au milieu de cette pièce qui a scellé sa chute. C’est hors de lui qu’Alban sort de mon bureau, poussant la lourde porte. Je viens de l’humilier dans mon propre sanctuaire de travail et ça me ravit. Cet homme a trompé son ex tellement de fois qu’il mérite bien d’être remis à sa place. Je me dis, en lissant ma jupe devant mes fenêtres closes, que j’ai bien fait de m’offrir les services de cet homme.









Huhu !
Ca promet !🥰
Je sens qu’on va finir par apprĂ©cier Alban Ă la longue đź¤
❤️