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Petit Prince

Summary

Dans le monde vaste et impitoyable de One Piece, Miyu grandit loin de l'océan, enfermée dans une cage dorée sur l'île de Blesea. Héritière d'un nom puissant, elle porte le poids d'un passé trouble et d'une lignée obsédée par l'honneur, les secrets et le contrôle. Entre traditions étouffantes et promesses jamais choisies, son avenir semble déjà écrit et sans issue. Jusqu'au jour où le destin, sous la forme d'un navire pirate et d'un sourire désarmant, vient frapper à sa porte. Quand l'équipage du Chapeau de Paille débarque sur l'île, la vie de Miyu bascule. Et dans le regard de Sanji, le cuisinier au cœur tendre et à l'âme brûlante, elle entrevoit une liberté qu'elle n'a jamais osé espérer. Ensemble, ils devront affronter les chaînes visibles et invisibles qui la retiennent, entre combats, révélations et sentiments naissants. Un roman d'aventure et d'émotion dans l'univers légendaire de One Piece, où l'amour devient un acte de rébellion et la liberté, le plus grand des trésors.

Genre
Romance
Author
MORPHO
Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

1 - Les Chaînes de Blesea

La rue du Corbard baignait dans la lumière du matin, douce et encore un peu pâle. Le vent soulevait par moments des tourbillons de poussière, qui s’envolaient avant de retomber en silence. Cachée derrière un mur de pierre, Miyu observait la petite fille qui jouait un peu plus loin. Elle n’avait jamais vu quelqu’un s’amuser ainsi, seule, comme si le reste du monde n’existait pas.

Miyu hésita. Son cœur battait vite. Elle n’avait pas l’habitude d’aller vers les autres. Mais cette fillette l’intriguait. Inspirant profondément, elle sortit de sa cachette et s’avança d’un pas timide.

— Bon... Bonjour... Est-ce que je peux venir jouer avec toi ?

L’autre sursauta et recula d’un pas, les yeux écarquillés. Miyu se mordit la lèvre.

— Je ne voulais pas t’effrayer ! Je suis désolée de t’avoir dérangée...

Elle fit mine de partir, la tête basse, mais une petite voix la retint.

— Attends... Tu peux venir jouer avec moi si tu veux !

Miyu releva les yeux. La fillette la regardait avec un mélange de timidité et de curiosité.

— Je m’appelle Coraline Plausz. Et toi ?

Un sourire soulagé s’épanouit sur le visage de Miyu.

— Je... Je m’appelle Miyu des Fontaines !

À ces mots, Coraline ouvrit grand les yeux et recula légèrement.

— Oh, tu es une des filles de la Régente de Blesae... Madame des Fontaines...

Miyu fronça les sourcils. Elle s’approcha de Coraline et, dans un geste spontané, lui prit les mains.

— Elle n’aura pas vent de notre amitié, si c’est ce qui t’inquiète !

Coraline haussa les épaules.

— Je ne m’inquiète pas, c’est juste... surprenant. Ça fera plaisir à mes parents de savoir que j’ai une amie de haut rang !

Miyu sentit une pointe d’inquiétude poindre en elle.

— Tu veux être mon amie parce que ma mère est la Régente... ?

Coraline secoua vivement la tête.

— Tu pourrais être la fille du boucher, ça m’importe peu !

Un bruit de pas interrompit leur conversation. Un homme approchait à grands pas. Miyu le reconnut aussitôt : son oncle Dony. Son cœur se serra.

— Miyu, où étais-tu passée ?

Par réflexe, elle se plaça devant Coraline, lui barrant le passage comme pour la protéger. Mais Dony, observateur, aperçut aussitôt la fillette derrière elle.

— Désolé de vous embêter, les filles...

— Ne dis rien à ma mère, s’il te plaît ! s’empressa de murmurer Miyu.

Dony haussa un sourcil amusé.

— Et que devrais-je lui dire ?

— Que je suis sortie sans surveillance... Ce n’est pas la faute de Coraline !

— Voici donc son nom. Enchanté, mademoiselle Coraline. Je me présente : Dony des Fontaines.

Miyu attrapa la manche de son oncle, suppliante.

— Promets-moi de ne rien dire, s’il te plaît !

Dony lui adressa un clin d’œil.

— De quoi est-ce que tu parlais déjà ?

Puis, il se tourna vers Coraline avec un sourire bienveillant.

— Chère Coraline, vous tombez pile au moment du goûter. Souhaitez-vous vous joindre à nous ?

Coraline hésita un instant avant de se détendre légèrement. Elle jeta un coup d’œil à Miyu, qui lui offrit un sourire encourageant.

— Il a promis qu’il ne dirait rien, souffla-t-elle.

Après un moment d’hésitation, Coraline hocha la tête.

— Je... Je veux bien vous suivre...

Miyu, rayonnante, lui prit la main et l’entraîna avec elle vers la maison de son oncle.

La cuisine embaumait l’odeur réconfortante des viennoiseries fraîchement sorties du four. Miyu et Coraline étaient assises autour de la grande table en bois, les jambes battant l’air sous leurs chaises, attendant impatiemment leur goûter.

Coraline jeta un regard curieux autour d’elle avant de fixer Dony.

— Pourquoi vous n’habitez pas avec le reste de votre famille, Monsieur ?

Dony haussa un sourcil amusé.

— Contrairement à mes frères, je laisse les pleins pouvoirs à ma sœur. Je ne veux pas la déranger dans ses affaires.

Miyu hocha la tête.

— C’est là où j’habite aussi.

Coraline fronça les sourcils.

— Loin de ta mère et de tes sœurs ?!

Miyu baissa légèrement les yeux.

— Je n’ai pas eu vraiment le choix à cause de...

Dony posa brusquement un plat de viennoiseries devant elles, interrompant sa nièce avant qu’elle n’aille trop loin. Une montagne de brioches dorées et encore fumantes trônait devant les filles, qui n’en croyaient pas leurs yeux.

— Vous vous êtes bien trouvées ! s’amusa Dony. Vous êtes aussi impatientes l’une que l’autre !

Sans plus attendre, les petites se jetèrent sur les viennoiseries, se brûlant légèrement les doigts au passage.

— C’est trop bon ! s’exclama Coraline entre deux bouchées. Meilleur qu’à la boulangerie !

Miyu acquiesça avec enthousiasme.

— Mon oncle est un super chef ! Il sait faire plein de repas et surtout beaucoup de desserts ! Si tu reviens plus souvent, il faudra te faire goûter à tout !

Dony, flatté, se contenta d’un sourire modeste. Coraline le regarda malicieusement avant de poser une main sur celle de Miyu.

— Je ne reviendrai pas seulement pour manger, ne t’inquiète pas !

Miyu sentit son cœur se réchauffer. Ses yeux brillaient d’une lueur nouvelle. Dony, lui, parut légèrement surpris par la sincérité de Coraline.

Après une gorgée de lait, Coraline posa une nouvelle question.

— Pourquoi je ne t’ai jamais vue avant, Miyu ?

Miyu haussa un sourcil.

— Tu veux dire... jamais vue dehors ?

Coraline acquiesça, songeuse.

— Maintenant que j’y pense, je ne savais pas que la Régente avait quatre filles...

Miyu manqua de s’étouffer.

— Quoi ? Mais pourquoi personne n’est au courant ?

Les deux fillettes se tournèrent vers Dony avec des regards interrogateurs. Ce dernier, après un bref silence, fit glisser une nouvelle assiette de biscuits sous leur nez. Coraline oublia aussitôt la discussion et se laissa distraire par la gourmandise. Miyu, elle, garda un instant son regard fixé sur son oncle, mais choisit de ne pas insister.

— Après avoir fini de manger, vous pourrez aller vous amuser, mais sous ma surveillance cette fois, déclara Dony avec un sourire complice.

Miyu fit la moue.

— Je ne sais pas si j’ai envie d’aller jouer...

— Dis oui, dis oui ! supplia Coraline en la fixant de ses grands yeux ronds. Moi j’ai envie d’aller jouer ! Ne me laisse pas encore toute seule !

Miyu soupira, vaincue par l’enthousiasme de son amie.

— Mh... D’accord, mais pas longtemps ! Après, j’aimerais... me reposer.

Satisfaite, Coraline attrapa la main de Miyu, tandis que les deux filles finissaient rapidement leur goûter avant de filer dehors, sous l’œil attentif d’Oncle Dony.

La nuit était tombée sur la rue du Corbard, enveloppant les pavés d’une lueur bleutée. Le vent s’était levé, soufflant doucement dans les branches dénudées des arbres. Devant la maison, Miyu et son oncle faisaient un signe de la main à Coraline, qui s’éloignait en trottinant vers sa maison, une lanterne oscillant dans sa main.

Dony observa sa nièce un instant avant de sourire.

— Tu as trouvé une très gentille amie, ça fait plaisir !

Miyu suivait du regard la silhouette de Coraline qui disparaissait au coin de la rue.

— En espérant qu’elle décide de revenir... murmura-t-elle.

Son ton était hésitant, teinté d’une pointe d’inquiétude. Dony, devinant son trouble, posa une main réconfortante sur son épaule.

— C’est la première qui me donne l’impression qu’elle reviendra, plus que tu ne l’imagines !

Miyu sentit ses larmes monter mais les essuya du revers de la manche. Elle voulait y croire. Elle avait envie d’y croire.

— Tu en es vraiment sûr ? demanda-t-elle d’une petite voix.

Dony hocha la tête avec assurance.

— Sûr et certain ! Elle avait l’air très honnête dans ses propos.

Miyu resta silencieuse un instant, puis leva vers lui des yeux remplis d’une tristesse qu’elle ne savait pas exprimer autrement.

— Alors pourquoi les autres ne sont pas honnêtes avec moi ?

Dony sentit son cœur se serrer. Il n’avait pas de réponse à lui donner, pas de mots capables d’effacer cette douleur qu’elle portait déjà trop jeune. Alors, sans un mot, il l’attira contre lui et la serra dans ses bras.

Miyu se laissa faire, enfouissant son visage contre le tissu de sa veste. Le silence s’étira, paisible, seulement troublé par le souffle du vent.

Puis Dony desserra son étreinte et posa un baiser sur le haut de son crâne.

— On va rentrer, ça va être l’heure de manger...

Miyu releva la tête, renifla légèrement et esquissa un sourire malicieux.

— J’arrête de pleurer si j’ai le droit à des nouilles...

Dony éclata de rire.

— Tout ce que tu voudras !

Il attrapa la main de sa nièce, la serrant doucement dans la sienne, et ensemble, ils rentrèrent chez eux sous la lumière douce des lanternes accrochées aux façades.

La cuisine de Dony était animée d’une effervescence joyeuse. Miyu s’empressait de l’aider, rassemblant les ingrédients avec application tandis que son oncle s’affairait à découper légumes et viandes d’un geste expert. L’odeur alléchante des épices flottait dans l’air, enveloppant la pièce d’une chaleur réconfortante.

— Attention, chaud devant ! lança Dony en versant les nouilles fumantes dans un grand plat.

Miyu inspira profondément, les yeux brillants d’enthousiasme.

— Ça sent trop bon !

Dony posa le plat au centre de la table et s’essuya les mains sur son tablier.

— Alors, dis-moi, tu veux une petite assiette ? Une moyenne assiette ? Ou une grosse assiette pour ce soir ?

Miyu réfléchit un instant, un doigt sur le menton, avant de répondre avec sérieux :

— Une petite assiette, s’il te plaît.

Dony la fixa, l’air faussement scandalisé.

— Quoi ?! Je pensais que des nouilles te donneraient de l’appétit !

Miyu haussa les épaules avec un sourire malicieux.

— Je pense aux restes pour demain !

Dony éclata de rire, visiblement amusé.

— Que tu es futée, ma chère nièce !

Alors qu’il servait Miyu, un bruit sourd résonna brusquement dans la maison. Quelqu’un frappait à la porte avec insistance, presque sauvagement. Miyu sursauta, laissant tomber sa fourchette. Dony fronça les sourcils, son expression se durcissant légèrement.

Le silence qui s’ensuivit sembla peser lourdement sur la pièce. Miyu échangea un regard inquiet avec son oncle.

— Qui ça peut bien être à cette heure-ci ? murmura-t-elle.

Dony posa sa serviette et se dirigea vers la porte d’un pas mesuré. Il posa une main sur la poignée, hésita une fraction de seconde, puis ouvrit.

La porte s’ouvrit lentement, grinçant légèrement sous la pression de Dony. L’air frais de la nuit s’engouffra aussitôt dans la maison, soulevant un léger frisson sur la peau de Miyu qui observait la scène depuis l’intérieur. Sur le seuil, des soldats de la Marine attendaient, leurs silhouettes imposantes projetant des ombres menaçantes sous la lueur des lanternes de la rue.

Le regard de Dony s’assombrit immédiatement en remarquant leur posture agressive.

— Qu’est-ce qui vous prend ?! gronda-t-il.

Le premier soldat s’avança d’un pas, un sourire méprisant aux lèvres.

— Ordre de la Régente, imbécile !

Sans attendre, il attrapa brutalement l’épaule de Dony et le repoussa violemment à l’intérieur de la maison. Dony ne vacilla pas. D’un mouvement fluide et précis, il balança son pied dans le ventre du soldat qui l’attaquait, le faisant reculer en titubant sous l’impact.

— Quels sont ces ordres ?! tonna Dony, le regard noir de colère.

Le soldat blessé grogna en se redressant, une lueur meurtrière dans les yeux. Ses camarades, visiblement agacés par cette résistance, resserrèrent leur formation.

— La gamine est sortie à la vue de tous, sale bouffon ! cracha un deuxième soldat.

Miyu, derrière la table, sentit son cœur s’emballer. Ils parlaient d’elle. C’était à cause d’elle que ces hommes étaient là.

Dony, lui, éclata d’un rire amer.

— Qu’est-ce que ça peut lui faire ?! Sa gamine n’a même plus le droit de se dégourdir les jambes ?!

Il n’eut pas le temps d’ajouter un mot de plus. Deux soldats se jetèrent sur lui, le maîtrisant avec force. Dony lutta, tentant de se dégager, mais ils le poussèrent brutalement hors de l’entrée avant de lui asséner un violent coup dans le ventre. Un râle de douleur s’échappa de ses lèvres, mais il refusa de plier.

Avec une force impressionnante, il parvint à se libérer de leur emprise, reculant d’un pas avant de lever les poings. Son regard lançait des éclairs.

— Vous allez regretter ça...

Les soldats resserrèrent leur prise sur leurs armes, prêts à riposter.

Un craquement sec résonna dans la maison alors qu’un des soldats de la Marine poussait la porte et entrait sans attendre d’invitation. Ses bottes lourdes martelaient le plancher avec une assurance agressive. Miyu, toujours cachée derrière la table, sentit son souffle se bloquer. Elle aurait dû rester cachée. Elle le savait.

Mais quand elle entendit son oncle crier au dehors, son corps bougea avant même qu’elle ne puisse réfléchir. Elle se leva précipitamment et courut vers l’entrée.

Elle s’arrêta net.

Un soldat se tenait devant elle. Grand, massif, et le regard mauvais.

— Allez viens, gamine, je te ramène auprès de ta mère ! grogna-t-il en s’avançant vers elle.

Miyu recula d’un pas, le cœur battant à tout rompre.

— Vous mentez ! Elle ne veut plus me revoir !

Le soldat haussa les épaules, exaspéré.

— Ne sois pas chiante, viens, c’est tout !

— Je ne viendrai pas !

L’homme poussa un soupir, puis chargea brusquement vers elle, sa main tendue pour l’attraper. Miyu sentit la panique la submerger, mais elle ne se laissa pas figer par la peur. Elle leva un doigt tremblant et traça rapidement des symboles dans l’air.

Une lumière dorée éclata devant elle. Dans un grondement puissant, une créature surgit du néant. Un piglion, hybride étrange entre un cochon trapu et un lion féroce, apparut dans une lueur chatoyante. Son corps robuste et musclé trembla de rage, sa crinière hérissée de lumière dorée.

Le soldat n’eut pas le temps de réagir. Le piglion bondit en avant et le heurta de plein fouet. L’impact fut si violent que l’homme s’écrasa contre le mur avant de s’effondrer, inconscient.

Miyu n’attendit pas une seconde de plus. Elle tourna les talons et se précipita dehors, le cœur battant à tout rompre. Elle devait aider son oncle. Elle devait se battre.

La rue du Corbard était plongée dans la pénombre, seulement troublée par les éclats de lumière des lanternes et les ombres mouvantes des soldats. Miyu leva la main et traça rapidement des symboles dans l’air. Son piglion grogna avant de bondir en avant, percutant violemment deux soldats et les envoyant rouler sur le pavé.

Profitant de la diversion, Dony, malgré ses blessures, serra les poings et assomma le dernier soldat d’un coup bien placé.

— Mon oncle ! Qu’est-ce qu’ils nous veulent ?! s’écria Miyu en accourant vers lui.

Dony reprenait difficilement son souffle. Son visage était marqué de balafres, son ventre meurtri par les coups reçus. Miyu, impuissante, chercha du regard de quoi le soigner, mais elle n’avait rien.

— Mon oncle... Tu es super fort ! Je suis fière de toi ! dit-elle, tentant de ravaler ses larmes.

Un court moment de répit s’installa, mais il fut vite brisé par l’arrivée de nouveaux soldats, alertés par les bruits de la lutte. Miyu se tourna vers eux, ses yeux noircis par la rage.

— Ne fais pas ça... Ils t’enfermeront, prévint Dony d’une voix faible.

— Si telle est la volonté de ma mère.

D’un mouvement fluide, elle recommença à écrire dans l’air. Une lumière dorée éclata autour d’elle, et une dizaine de piglions surgirent, fonçant sur les soldats comme une vague de fureur animale.

— Prenons la fuite, mon oncle !

Elle passa un bras sous celui de Dony et l’aida à marcher. Derrière eux, des cris de douleur résonnèrent, ceux des soldats... mais aussi de ses piglions.

— Je suis tellement désolée, mes petits chéris... murmura-t-elle, les larmes aux yeux.

Ils tentèrent de presser le pas, mais très vite, des renforts leur coupèrent toute échappatoire. Les soldats les encerclèrent, armes levées.

— C’est foutu... On ne peut aller nulle part... souffla Dony.

Miyu serra les poings.

— Alors je nous défendrai jusqu’au bout !

Elle traça un dernier symbole dans l’air. Une lumière intense explosa autour d’eux et une nouvelle créature apparut. Un Sergre, hybride féroce entre un serpent et un tigre, s’éleva dans la rue. D’un coup de sa queue massive, il balaya plusieurs soldats comme des fétus de paille.

— Vous ne nous aurez pas comme ça ! rugit Dony, rassemblant ses dernières forces.

Il se lança dans la mêlée, frappant du poing, envoyant des coups de pied, luttant désespérément contre l’inévitable. Mais alors qu’il abattait un dernier soldat, un coup de feu retentit.

Le temps sembla se figer. Le corps de Dony s’effondra lourdement sur le sol, une tache rouge se répandant sur son épaule.

— Mon oncle ! NON !! hurla Miyu en se précipitant vers lui.

Un soldat s’avança, son pistolet encore fumant. Il leva l’arme et la pointa sur elle.

— Rappelle ta sale bête avant que je tire !! hurla-t-il.

Miyu serra les dents. Elle n’avait pas le choix. Dans un claquement de doigts, le Sergre disparut dans une brume dorée.

— Vous n’êtes qu’un monstre... cracha-t-elle.

Le soldat éclata d’un rire mauvais avant de lui envoyer un violent coup de pied dans le ventre. La douleur explosa en elle, lui coupant le souffle. Elle s’effondra sur les pavés, incapable de se relever.

— Le seul monstre qu’on voit ici, c’est toi, sale gamine ! rugit-il.

D’un geste de la main, il ordonna à ses camarades de les embarquer.

Dony fut traîné vers la prison, inconscient, tandis que Miyu, affaiblie et vaincue, était amenée devant sa mère, la Régente de l’île, pour être jugée.

Miyu sentit son corps heurter violemment le sol froid. Ses bras, épuisés, peinaient à la soutenir tandis qu’elle levait doucement la tête. Des chaussures raffinées, serties de broderies dorées, lui apparurent en premier.

Avant que la Régente ne puisse parler, une porte claqua violemment contre le mur. Morane Nentais venait de faire irruption, son regard flamboyant de colère.

— Comment osez-vous traiter ainsi ma petite sœur ?! s’écria-t-elle en se précipitant vers Miyu.

Pierick, leur beau-père, rattrapa Morane juste à temps, l’empêchant de foncer sans réfléchir. D’un geste ferme, il la maintint par les épaules.

La Régente ne cilla pas. Son regard, aussi tranchant que l’acier, se posa sur Morane.

— Ton oncle n’était pas autorisé à la faire sortir, articula-t-elle lentement, comme si chaque mot pesait une tonne.

Morane se tourna vers Miyu, scrutant son visage tuméfié, ses yeux toujours noyés d’une rage noire. L’injustice la consumait.

— Et qu’en est-il de son amie ? Vous l’avez interrogée comme une criminelle !

La Régente esquissa un sourire presque imperceptible.

— Coraline est libre de ses mouvements. J’ai obtenu les informations que je voulais.

Miyu leva brusquement la tête. Ses lèvres tremblèrent sous l’indignation.

— Si ton amie t’es fidèle, elle pourra te voir régulièrement, ajouta la Régente avec une froideur déroutante.

— C’est tout ?! s’étrangla Morane. Ma sœur n’est pas un animal qu’on peut mettre en cage !

Elle tenta de se libérer de l’étreinte de Pierick, mais ce dernier resserra doucement sa prise, murmurant à son oreille.

— Les mains de votre mère sont liées par la Marine. On ne peut rien y faire, Morane.

Les poings de Morane se crispèrent, mais elle savait que son beau-père disait vrai.

Les gardes s’approchèrent de Miyu. Elle voulut se relever seule, mais ses forces la trahirent. Un soldat l’empoigna sans ménagement et l’entraîna hors de la salle.

Sa nouvelle prison était une chambre modeste, dont les fenêtres étaient barrées de fer. La porte claqua derrière elle, verrouillée. De l’autre côté, des pas lourds trahissaient la présence de gardes veillant à ce qu’elle ne s’échappe pas.

Allongée sur le lit, le regard fixé au plafond, Miyu sentit la réalité s’abattre sur elle comme une vague furieuse. Elle était prisonnière dans la demeure de sa propre mère.

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