𝐍𝐀𝐓𝐇𝐀𝐍𝐀𝐄̈𝐋 (𝙳𝚊𝚛𝚔 𝚁𝚘𝚖𝚊𝚗𝚌𝚎)

Summary

Avoir été créé contre son gré, et tout de même condamné à vivre dans l'ombre, a été mon terrible sort. Une tragique histoire, où mon seul souhait a été la liberté. Cette chose si simple, mais à laquelle je n'avais pas droit. Et tout ça, pourquoi ? Pour ce que j'étais, pour ce que je représentais. L'impossible. Et pourtant, dans cet impossible, j'ai pu trouver la lumière. Cette chaleur cannelle, ce jade si clair et si sombre à la fois, a été ma rédemption. Une paix de courte durée, coupée par ce manque de liberté. Alors je vole, car c'est mon seul repère pour être enfin qui je suis. Alors je ment, car c'est la seule manière de me protéger de mon père, cet homme qui a causé ma création. Et juste après, j'irai vers ce jade. Car ainsi est ma tragique destinée : N'exister que par son ombre.

Status
3mo ago
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
18+

♠

Noir.

Noire est ce corps chaud dans lequel je me sens emmitouflé.

C'est bizarre, mais je sens cette sensation étrange couler le long de ma colonne vertébrale.

C'est noir et profond. Mais c'est aussi rouge.

Rouge comme ce liquide visqueux qui parsème mon corps. Qu'il est chaud et poisseux.

Combien, malgré cette autre sensation lancinante, j'étais conscient de l'état étrangement anormal dans lequel reposaient mes membres.

Je ne peux me l'expliquer, mais je suis sûr que ces membres ne sont pas censés être dans cette position.

Et cela ne devrait pas être douloureux comme les lancinations que je ressentais au niveau de ces mêmes membres.

Douleur.

C'était le mot le plus approprié pour décrire ce que je ressentais globalement.

C'est curieux.

S'il y a bien une question qui me trotte bien plus dans la tête que toutes les autres , c'est bien: pourquoi? Pourquoi ces paupières sont-elles toujours ouvertes?

Pourquoi ne se ferment-elles pas?

Chaque va-et-vient que font mes poumons à l'intérieur de ma cage thoracique était douloureux, atrocement douloureux.

Douleur.

Pourquoi ?

Je suis toujours là ? Mais pourquoi ?

Ce corps tout douloureux était sans vêtements. Comme le plus primaire des animaux. J'étais là, allongé sur ce sol dur et froid.

Des gouttes que je reconnais être celles de la pluie se déversent sur moi depuis qu'ses paupières se sont ouvertes.

C'est donc elles qui m'ont réveillé.

Je suis en vie?

Un rire complètement incontrôlable s'échappe d'entre mes lèvres gercées. Un rire qui fit tellement mal à tout mon corps que j'avais l'impression que si je continuais, je mourrais.

Et juste avec cette certitude.

Les souvenirs.

Ceux que je refoule depuis que j'ai repris conscience se dressent devant moi.

Des images que je souhaite oublier mais que, malgré tout, ils persistaient à me montrer.

Et c'était évident, comme l'était la couleur de ce plafond percé. Ce vert si clair mais pourtant si sombre que les deux étaient contradictoires.

J'avais enfin réussi.

J'étais là. Enfin.

Et une seule parole vint à franchir mes lèvres :

⏤ Vengeance.