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TUEUR DE DRAGONS / 竜の討伐者 (Ryū no Tōbatsusha)

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Summary

Chaque 1er janvier, le ciel devient rouge. Depuis la Grande Catastrophe, les dragons descendent chaque année lors de la Balade Nocturne, ravageant villes et bunkers. L'humanité survit tant bien que mal, comptant ses morts au levier du jour. Rashford n'est qu'un orphelin de plus dans ce chaos — jusqu'au jour où il croise Joe Ng-Kak, le tueur de dragons le plus redouté de l'Empire, capable d'anéantir des créatures titanesques d'un simple geste. Une seule question s'impose alors à lui : pourquoi suis-je encore vivant ? Sa réponse se trouve à l'Académie des Tueurs de Dragons, où l'on n'apprend pas seulement à se battre — on apprend à devenir une arme. Ici, l'énergie mentale façonne corps et âmes, les rivalités sont encouragées plutôt qu'étouffées, et chaque émotion nourrit un pouvoir capable de faire la différence entre la vie et la mort. Entre camaraderie forgée dans l'effort, hiérarchies impitoyables et l'ombre grandissante d'un dieu-dragon jamais vraiment disparu, Rashford devra choisir : rester une victime de ce monde, ou devenir celui qui le change. La chasse ne fait que commencer

Status
16d ago
Chapters
13
Rating
5.0 (1 review)
Age Rating
16+

Chapter 1: La Balade Nocturne

La nuit était d'un rouge écarlate, une teinte de sang séché peinte sur le ciel. Autour de nous, des villes entières n'étaient plus que des brasiers géants. Dans les rues éventrées, parmi les gravats et la cendre, des silhouettes fuyaient en tous sens, cherchant désespérément à atteindre la sécurité toute relative des bunkers.

Ce n'était plus une nuit ordinaire.

C'était une nuit de chasse.

Je m'appelle Rashford. Je ne suis qu'un simple orphelin, une âme perdue de plus dans ce monde en cendres.

Aujourd'hui, nous sommes le 1er janvier. Le jour maudit où les dragons descendent des cieux pour anéantir ce qu'il reste de notre humanité.

Ce cauchemar récurrent, nous lui avons donné un nom : « La Balade Nocturne ».

Depuis l'apparition de ces monstres, quatre-vingt-onze Balades ont déjà frappé la terre. Et jamais, au grand jamais, l'une d'elles ne s'est achevée sans son lot de cadavres.

— Hé, les gars ! Venez, on passe par ce chemin ! hurla le guide pour couvrir le vacarme infernal. C’est sûrement la voie la plus sûre vers la huitième porte du bunker !

— On te suit ! répondit une voix terrorisée derrière moi. De toute façon, c’est toi le guide !

Nous courions. Les flammes dévoraient les charpentes des maisons qui s'effondraient autour de nous. L'air, saturé d'une fumée âcre, empestait la chair brûlée. Partout, le sol était jonché de corps déchiquetés.

Je m'étais pourtant promis de ne plus pleurer. Mais même habitué à l'omniprésence de la mort... mon cœur se serrait douloureusement. Mes mains tremblaient de manière incontrôlable. Ma respiration, courte et saccadée, me trahissait.

C'était la peur. La terreur pure et viscérale de mourir ici, seul, oublié de tous, sans laisser la moindre trace de mon existence.

Soudain, un rugissement cataclysmique déchira les cieux.

Une ombre gigantesque s'abattit lourdement, fracassant la route asphaltée juste devant nous. Un dragon. Ses écailles d'un rouge écarlate scintillaient dans la lueur des flammes, et l'air même autour de lui semblait vibrer, distordu par une aura écrasante.

Un dragon de rang province.

— Qu’est-ce que t’as foutu, le guide ?! hurla un homme, la panique déformant ses traits. Tu veux qu’on crève tous ici ou quoi ?!

— On aurait dû rester cachés !

— Trouve une solution ! JE NE VEUX PAS MOURIR ! TU M’ENTENDS ?!

Personne ne bougeait. La seule pression de l'aura du dragon suffisait à paralyser nos membres. Nous étions incapables de parler, de respirer... d'espérer.

C’est la fin...

C'est la seule pensée qui m'a traversé l'esprit.

J'ai fermé les yeux, résigné.

— Ils sont là !

Quelqu'un venait de crier. Lorsque je rouvris prudemment les yeux, le dragon gigantesque gisait au sol. Son corps titanesque était atrocement écrasé. Et au centre de sa poitrine, son noyau... brisé net.

Mon cerveau n'arrivait pas à assimiler la scène. Mais quand je l'ai vu, lui, tout est devenu d'une clarté limpide.

Un homme s'avançait calmement au milieu du brasier. Son visage était impénétrable, dénué de la moindre parcelle de peur. Ses yeux... ses yeux reflétaient la mort elle-même.

Joe Ng-Kak. Le capitaine de la Première Brigade anti-dragons.

— C’est lui ! s’écria le guide, la voix étranglée par l'admiration. Le Tueur le plus fort de l’humanité ! Le capitaine Joe Ng-Kak !

Je restais pétrifié. Il était jeune. Bien trop jeune pour dégager une telle impression de puissance absolue. Mais son aura... c'était comme s'il avait été conçu uniquement pour exterminer ces monstres.

Chaque pas qu'il faisait résonnait comme un coup de tonnerre. Chaque dragon qui avait le malheur de s'approcher s'effondrait instantanément, terrassé par une force invisible. Jamais de toute ma vie je n'avais assisté à un spectacle aussi... magnifique.

J’aimerais tellement lui ressembler… J’aimerais être comme lui.

— Hé, petit.

Une voix m'interpella par-derrière. Je me retournai avec vivacité. Un homme se tenait là, arborant un sourire détendu. Son lourd manteau noir était frappé de l'emblème argenté de la Brigade.

— Désolé de te décevoir, déclara-t-il d'un ton calme, mais ton souhait est tout bonnement impossible.

Il marqua une pause, me jaugeant du regard.

— Même si tu donnes tout ce que tu as dans les tripes, tu ne seras jamais lui. Si tu veux devenir quelqu'un, commence d'abord par être toi-même.

— Je comprends… balbutiai-je. Mais quand on admire profondément quelqu'un, c’est normal de vouloir lui ressembler, non ?

L’homme haussa les épaules, un éclat amusé dans les yeux.

— Peut-être... mais pas dans le cas de Joe.

Il se détourna légèrement avant d'ajouter :

— Ah, au fait, je m’appelle Caster. Vice-capitaine de la Première Brigade. Continue par ce chemin, il te mènera droit au bunker. Et si jamais t’as encore des questions existentielles, viens faire un tour à l’Académie.

Puis, il disparut dans la fumée, sans ajouter un mot.

Quelques heures plus tard. À bord de l’hélicoptère de la Première Brigade.

— Tu sais quoi, Joe ? lança Caster, la voix couverte par le vrombissement des pales. Aujourd’hui, pendant l'assaut, j’ai rencontré un gamin assez marrant.

— Qu’est-ce que j’en ai à foutre de tes histoires débiles ? rétorqua Joe, le regard rivé sur l'horizon enflammé, sans même daigner tourner la tête.

— Il voulait te ressembler. Il voulait devenir toi.

Joe marqua une très légère hésitation, imperceptible pour quiconque ne le connaissait pas, puis laissa échapper un soupir qui ressemblait presque à un rire jaune.

— Quelle idée stupide.

— Tu penses qu’il y arrivera un jour ? demanda Caster, un petit sourire en coin étirant ses lèvres.

— Non. Aucune chance.

Le grésillement de la radio interrompit l'échange.

— Capitaine, annonça la voix métallique du pilote. On approche de l'objectif. Préparez-vous à atterrir.

Chapitre 2 : Le Fardeau du Capitaine

Dans le bunker.

Grâce à l'intervention inespérée de Joe, nous avions survécu. Trois jours entiers de calme relatif, de rations gratuites et de sécurité factice. Puis, l'inévitable retour à la misère quotidienne.

Mais cette fois-ci, quelque chose avait changé en moi. Une idée s'était imposée, claire et tranchante.

Je veux comprendre pourquoi je vis. Je refuse de mourir comme un lâche. Et la seule façon de trouver une réponse… c’est d’intégrer l’Académie.

Là-bas, j’aurai la certitude d'avoir un toit au-dessus de la tête, de quoi me remplir le ventre, et qui sait… peut-être même une meuf.

Prochaine destination : l’Académie.

Je me tiens debout, immobile face à l'immense baie vitrée du bureau. Mon regard se perd dans les lueurs rouges et malsaines qui baignent la métropole.

Moi, c'est Joe Ng-Kak. Dix-neuf ans. Capitaine de la Première Brigade anti-dragons.

Demain, comme chaque putain d'année, ce sera la Balade Nocturne. Demain, ces créatures dénuées de toute loi naturelle déferleront sur l’Empire de Pocina pour tout réduire en cendres. En tant que capitaine, l'hésitation m'est interdite. Ils n’en valent pas la peine. Ils n’ont pas de nom, ils n’ont pas d’âme. Leur seule destinée est d’être effacés de ce monde.

La porte s'ouvre brusquement, accompagnée du claquement sec de plusieurs dossiers.

— T'es encore en train de mater cette vieille photo ? lance une voix familière et agaçante.

Je ne prends même pas la peine de me retourner. Caster fait irruption dans la pièce, des piles de paperasse coincées sous le bras. Vingt-sept ans. Mon vice-capitaine. Toujours beaucoup trop bruyant, toujours d'une humeur exécrable pour mon métabolisme.

— Mélange pas tes affaires merdiques avec les miennes, grogné-je d'un ton menaçant.

Il dépose lourdement les dossiers sur mon bureau en poussant un long soupir théâtral.

— Ouais, ouais, peu importe. On a tout ça à signer avant ce soir. Tu peux pas t'en occuper toi-même pour une fois ?

Je laisse échapper un râle d'agacement. Sa réplique fuse, mécanique :

— Je te rappelle, ô grand chef, que c’est toi le capitaine. C'est ta signature qui fait loi ici.

— Ça me soule, répondis-je froidement.

Il s’énerve à moitié, me taquine à moitié. Sa routine habituelle.

— Fais gaffe aux dégâts collatéraux lors de tes interventions, Joe. C’est uniquement à cause de toi qu’on se retrouve avec toute cette paperasse administrative. T'es un sauveur pour ces gens, que tu le veuilles ou non.

— Je ne suis pas un sauveur. Je suis un putain de tueur de dragons.

Il se tait un instant et me lance un regard indéchiffrable, un étrange mélange d’admiration sincère et d'inquiétude voilée.

— Demain, on sera le 1er janvier. Tu sais ce que ça implique ?

— Je sais, lâché-je amèrement. Et je dors mal depuis trois putains de nuits.

Une fois la corvée des signatures expédiée, la matinée s'écoule lentement sur le terrain d’entraînement. La vaste salle résonne du fracas sec des lames et des ordres aboyés. Mon escouade d’élite est rassemblée : Berry, Lunin, Nice — et Caster qui observe en retrait. Chaque brigade de l'Empire est scindée en escouades ; la mienne ne compte que cinq éléments. Mais ce sont les plus affûtés, les plus dangereux.

Ensemble, nous déroulons un exercice de simulation grandeur nature : un dragon de niveau continental se dresse devant nous, rugit virtuellement, et nous l’abattons en une série de manœuvres parfaitement coordonnées. C'est propre. C'est chirurgical. Rien d’exceptionnel en somme. Mais rien d’humain non plus.

Plus tard dans la soirée, je regagne la solitude de mon appartement blindé. Quelques heures d'un sommeil agité, puis l’alarme stridente retentit.

Il est cinq heures du matin. Le QG s’éveille d'un coup, tel un immense organisme en état d'alerte maximale. Les sirènes hurlent leur chant de mort, le cliquetis des armes qu'on charge résonne dans les couloirs, les ordres claquent secs. Caster passe la tête dans la salle de préparation et m'aperçoit, déjà en tenue de combat. Je n’attends jamais la dernière minute.

Berry, Lunin et Nice me rejoignent en silence. Nice croise mon regard et esquisse un sourire. Un sourire bref, sec, dénué de la moindre once de chaleur.

— Hélicoptère paré au décollage, annonce la voix crépitante du pilote dans nos oreillettes.

Nous arrachons du sol. Le monde qui défile sous nos pieds n’est déjà plus qu’un immense plateau de jeu dévoré par les flammes.

Soudain, je repère ma cible à l’horizon. Un dragon provincial. Massif. La laideur incarnée. Instantanément, une sensation familière et sourde se réveille au plus profond de mes entrailles ; une pulsion violente que je ne cherche même plus à contrôler. L'envie irrépressible de lui arracher les yeux, de lui trancher la tête, de broyer son putain de noyau entre mes mains. Il est inutile de lutter contre ma nature. Quand l’impulsion meurtrière s'empare de moi, je ne la réprime jamais.

Avant même d’avoir formulé consciemment la pensée, je suis déjà debout. Je me jette dans le vide, hors de l’hélico en plein vol.

Le vent hurlant me broie les tympans. L’air brûlant me fouette le visage comme du verre pilé. La masse écailleuse de la bête fond sous mes pieds lorsque je m'écrase violemment sur son dos. La chaleur intense de ses écailles remonte le long de mes paumes, et l’odeur brutale, écœurante de son noyau vient me frapper les narines comme une promesse morbide.

Je laisse mon énergie mentale affluer librement. Elle répond à mon appel. Toujours. Elle obéit à ma seule volonté.

Cinq minutes.

C’est ma limite absolue. Je sens la délicate membrane de la réalité se plier et se déformer entre mes doigts.

Alors, par la simple force de mon esprit, je commande l’arrêt.

Pour moi, le monde entier se met soudain à ralentir, s’éclaircissant avec une netteté anormale. Le feu ardent devient une simple photographie figée, le vent furieux se fige en un souffle suspendu, les cendres tourbillonnantes se transforment en microscopiques grains de poussière immobiles. Les battements frénétiques des cœurs, les clameurs de terreur, la panique généralisée — tout s’étire à l'extrême, comme un élastique tendu à son point de rupture.

Dans cette zone qui n'appartient qu'à moi, je perçois avec une clarté absolue chaque mouvement brutalement interrompu, chaque fibre musculaire figée dans l'effort. Les secondes s’égrènent avec une lenteur insoutenable, lourdes et cristallines. Mon esprit est clair. Je peux penser. Je peux agir.

Je ne prononce aucun mot, je ne ressens aucune hésitation. Une lame d'énergie mentale pure se matérialise dans ma main, aiguë et implacable comme une déchirure dans la trame du réel. J’approche de l'endroit précis. Je tranche.

Le noyau reptilien cède instantanément sous mon mouvement chirurgical, fendu net comme par un couperet invisible. J’absorbe violemment la chaleur résiduelle, j'écrase de ma poigne la pulsation vitale, et le centre névralgique se brise en un million d'éclats silencieux.

Cinq minutes. C'était amplement suffisant.

Puis, je relâche brusquement la pression mentale.

Le monde reprend son cours chaotique avec une brutalité inouïe, comme si on venait de réinsérer une image manquante dans un film : un instant d'une violence inexpliquée, une bête titanesque qui s’effondre lourdement sur le sol sans qu'absolument personne n'ait pu assister à l'exécution. Les cris de terreur reprennent de plus belle, le vent hurle de nouveau à mes oreilles, et l’horizon s’embrase comme si rien ne s'était passé.

À l’extérieur de ma bulle temporelle, il est impossible de trouver le moindre indice de ce qui vient de s'y dérouler. Il ne reste qu'un cadavre gigantesque, un trou béant, et la stupeur de ceux qui survivent.

Tandis que je retombe gracieusement sur le sol calciné et que je me redresse, j'aperçois, à quelques dizaines de mètres, un petit groupe de civils terrifiés. Parmi eux, un gamin crasseux. Ses yeux immenses brillent d’un cocktail improbable d’effroi absolu et d’admiration sans bornes en me fixant. Je n’éprouve pas l'ombre d'un désir de jouer au héros de pacotille. Je le sais pertinemment incapable de concevoir l'horreur de ce qu'il vient d'entrevoir.

L’hélicoptère finit par atterrir quelques minutes plus tard, soulevant des nuages de cendres. Caster, qui a déjà mis pied à terre, balaye la zone du regard pour me trouver. Au passage, il surprend les chuchotements fiévreux d’un petit groupe de rescapés.

— J’aimerais tellement lui ressembler, murmure naïvement l’un d’eux.

Caster tourne lentement la tête et croise le regard du gamin. Il se penche vers lui, affichant son habituelle politesse, faussement détachée.

— Hé, petit… commence-t-il, je crois que ton souhait est malheureusement impossible à réaliser. Même si tu donnes tout ce que tu as, tu ne seras jamais comme lui. Si tu veux être quelqu'un, commence par être toi-même.

Le gosse — Rashford, si ma mémoire est bonne — lui répond d'une voix tremblotante :

— Je comprends… mais quand on admire quelqu'un, n’est-ce pas normal de vouloir lui ressembler ?

Caster esquisse un sourire dur et expéditif.

— Pas dans le cas de Joe.

Il marque une brève pause, théâtrale, avant de se présenter.

— Au fait, je m’appelle Caster. Vice-capitaine de la Première Brigade. Continue dans ce chemin et tu atteindras le bunker en un seul morceau. Si tu as d’autres questions, viens à l’Académie.

Caster s’éclipse aussitôt après, se fondant dans la nuit pour traquer et éliminer les derniers dragons épars. Nous nous rejoignons un peu plus loin, abattons les ultimes assaillants dans un bain de sang noir, puis nous grimpons en silence dans l’hélicoptère d'extraction.

À l’intérieur de la carlingue, alors que nous reprenons de l'altitude, Caster relance la conversation d'un ton narquois.

— Tu sais quoi, Joe ? Aujourd’hui, j’ai rencontré un gamin assez marrant.

Je reste muré dans mon silence.

— Il voulait te ressembler. Il voulait devenir toi.

Je laisse échapper un long souffle, vide de toute émotion.

— Quelle idée stupide.

— Tu penses qu’il y arrivera ? demande-t-il, un insupportable sourire s'étirant sur ses lèvres.

— Aucune chance, lâché-je catégoriquement.

Le pilote annonce dans l'intercom :

— Approche du QG. Préparez-vous à atterrir.

Je plonge mon regard meurtrier dans le vide absolu, et je laisse la nuit reprendre sa place — toujours affamée, toujours tapie dans l'ombre, toujours prête à frapper. Mon travail de boucher ne s’achèvera jamais.

Et demain, encore une fois, il faudra tuer.

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Strong Dialog

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