Les Requins De Palavas by Pessac at Inkitt
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Les requins de Palavas

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Summary

Des requins dans les eaux de Palavas, c'est rare ! Sauf une dangereuse espèce dont les narines sont blanches de poudre ! Une enquête à rebondissement.

Genre
Thriller
Author
Pessac
Status
Complete
Chapters
11
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1

Le corps flottait entre deux eaux, retenu au fond par une chaîne attachée à son pied droit jusqu’à une ancre. Sous l’effet de la houle, son corps oscillait de droite à gauche comme si le bonhomme dansait une valse lente en agitant mollement sa jambe gauche et ses bras levés. Alertée par ses clients qui la précédaient de peu, Mélia avait été horrifiée par cette vision. Après un instant de stupeur, elle avait rameuté sa troupe d’apprentis plongeurs : par chance, ils ne nageaient pas encore très profondément, il n’y aurait qu’un seul palier de décompression à respecter.

Camélia avait entraîné le groupe à quelques brasses du corps, avait multiplié les gestes d’apaisement avant de les inviter à remonter doucement vers la surface. Le palier avait été respecté. Revenus sur la berge, les plongeurs l’avaient assailli de questions auxquelles la jeune femme avait évidemment été incapable de répondre.

Tous étaient choqués, elle bien plus que les autres : le danseur sous-marin, elle le connaissait. Il était l’un de ses employés. Jérémie.


En débarquant à Palavas, Marceau avait pris une chambre dans un hôtel aux tarifs raisonnables. Situé boulevard du Maréchal Joffre, à deux pas de la rivière Lez, les Azalées offraient un hébergement très confortable. Surtout, il se situait tout près des boutiques de location de matériel de plongée.

Marceau n’avait pas l’intention de séjourner longtemps à l’hôtel. Le jour même, il se mettrait à la recherche d’un gîte chez l’habitant. En ce tout début de saison, il espérait bien trouver ce qu’il cherchait. Il quitta l’hôtel, baguenauda quelques temps dans les rues avant de se trouver devant le magasin de location de matériel nautique qui l’intéressait. Il allait faire d’une pierre deux coups : s’informer sur les prix des locations d’équipements de plongée et se renseigner sur d’éventuels gîtes dans le coin. Avec une petite idée en tête.

La jeune femme qui l’accueillit était particulièrement avenante. Et fichtrement jolie aussi ! Une grande blonde athlétique, magnifiquement proportionnée. Son visage était plutôt anguleux et énergique : des pommettes bien découpées, un nez fin et droit, un menton légèrement pointu. Paradoxalement, cela ne faisait que renforcer le charme qui émanait d’elle. On dirait dit une fée ou un elfe, songea-t-il. Peut-être à cause de ses immenses yeux bruns taillés en amande ou encore de sa bouche aux lèvres pleines qui lui conférait un mélange de sensualité et de vulnérabilité.

Après avoir obtenu les tarifs qu’il souhaitait, il en vint à la seconde partie de sa quête :

— Vous qui êtes du coin, peut-être connaîtriez-vous un gîte abordable pour un mois pour un pauvre chercheur désargenté ?

La jeune femme plissa son regard pour l’examiner de la tête aux pieds.

— Chercheur ? Et que cherchez-vous donc ?

— Essentiellement des algues et des coraux.

— Oh ben, vous trouverez votre bonheur dans nos fonds marins !

Elle continuait à le détailler d’un œil méfiant. Son regard finit cependant par s’éclairer.

— Si un hébergement rustique vous convient, je peux vous proposer une chambre chez moi. Celle de ma fille qui ne rentrera de Nancy que dans un mois et demi. 50 euros la semaine, gîte et petit-déjeuner compris. C’est dans vos prix ?

— Mais absolument ! Ce sera parfait !

— Oh, attendez d’avoir vu la chambre !

— Quand ?

— Euh... ben, ce soir. Je ferme la boutique à dix-huit heures. Soyez ici, je vous y emmènerai.

Marceau quitta la boutique totalement ravi, résistant à l’envie de se frotter les mains.

Il n’aurait jamais espéré pouvoir approcher aussi facilement Camélia Labory. Être hébergé chez elle, c’était le top du top !


À la terrasse d’un café, Marguerite sirotait un cocktail dont elle avait oublié le nom. Marguerite était en chasse. La jeune fille était ce que Balzac aurait appelé une demi-mondaine. Pas une prostituée, juste une fille très libre à la recherche d’un coup qui lui rapporterait un cadeau genre quelques billets de cinquante. Car elle était raide comme un passe-lacet.

Elle venait de passer une quinzaine à Agde. Dormant sous tente dans un coin tranquille, elle avait rejoint chaque fin d’après-midi l’un ou l’autre des clubs libertins où elle s’était grisée dans des rapports sexuels effrénés.

Elle s’en était donnée à cœur joie la gamine et serait bien incapable de faire le compte des tcholles sucées, des minous léchés et des écartés qu’elle avait subi avec délices. Elle avait bien réussi à amadouer quelques couples qui l’avaient invitée à dîner à leur table ou offert champagne et cocktails mais les naturistes, par définition et qui plus est dans ces clubs all-inclusiv’, n’ont pas de poche. Donc quasi aucune chance pour elle de se faire quelques billets. Et comme on ne vit pas juste d’amour et de ... champagne, là, il était temps pour elle de se refaire. Le plaisir soit, mais tant qu’à écarter ses cuisses, autant que ça lui rapporte maintenant !

Marguerite avait quitté le Cap d’Agde pour rallier Palavas-les-Flots. Un environnement plus propice lui semblait-il pour se remettre à ... flot précisément. Sur la terrasse d’un bistrot face au Lez, elle a repéré un type. Moche voire inquiétant avec sa gueule de truand, mais visiblement bourré de fric. Le type était entouré d’une petite cour, essentiellement des hommes pour certains accompagnés de greluches qui se laissaient honteusement palucher en riant sottement. Une troupe que le gars régale à grands renforts de magnums de champagne. Si elle arrivait à lui mettre le grappin dessus...

Elle patienta un moment mais n’eut pas à faire beaucoup d’efforts. Comme elle avait négligemment troussé sa robe fleurie au ras de son jardin d’Éden, croisant et décroisant ses guiboles, le type n’avait pas été long à la repérer. Il était venu s’asseoir à sa table, lui proposant de lui payer un verre. Ils avaient discuté deux minutes avant que le bonhomme ne lui demande de trousser sa robe car, avait-il dit, elle avait des cuisses ravissantes. Comme s’il n’en voyait pas déjà assez ! Elle avait accédé à la demande en souriant vicieusement, troussant l’ourlet presqu’au nombril.

— Oh-oh, jolie petite moule, s’était exclamé le type en zieutant sa chatte nue totalement glabre et visiblement juteuse.

— Deux cents, lui avait répondu Marguerite tout de go.

— Ça roule ! Viens avec moi !

Abandonnant sa cour de partenaires éméchés, le type la mena en voiture jusqu’à une maison plutôt ordinaire, cachée derrières de hautes haies au fond d’un jardin immense. Lorsqu’elle entra dans cette maison d’aspect banal extérieurement, changement de décor : c’était le palais des mille et une nuit ! Tableaux, sculptures, marbres, tentures... Bien sûr, les grands mastards moustachus en costards noirs-cravates plantés immobiles tous les dix mètres n’étaient pas forcément très rassurants mais bon, service de protection rapprochée d’une personnalité ?

Dans la chambre, lit king size, meubles précieux, tableaux.

La jeunette avait d’entrée fait voler sa robe et s’était allongée, cuisses ouvertes sur le lit. Pendant qu’il se déshabillait tranquillement, le moche l’avait détaillée, des seins jusqu’à son petit paradis et avait paru satisfait du spectacle.

Il est vrai que la mignonne est particulièrement choupette : des nibards qui sans être énormissimes n’en sont pas moins fichtrement effrontés et tentateurs car ronds et visiblement fermes. Un ventre plat, une colline pubienne très rebondie et une fente épanouie développant une petite salade de mouillettes roses affriolantes.

— Caresse-toi, branle tes jolis nichons.

Lorsqu’il avait quitté son slip, Pamela (c’était sous ce prénom qu’elle s’était présentée à lui), Pamela donc, avait ouvert de grands yeux : bien qu’encore relativement au repos, la pièce du gars n’était pas loin de l’effrayer. Du genre maousse costaud la pine ! Elle en avait vu de toutes sortes à Agde, des conventionnelles frétillantes, des fines escaladeuses, des longues un peu mollassonnes et des grosses perforantes et se les étaient toutes enfilées sans sourciller, dans sa conque ou dans son joufflu. Avec enthousiasme. Mais des comacs comme celle-là, jamais vu : elle battait tous les records cette bite. Le type s’était approché et la lui avait placée sous le nez.

— Suce bien connasse, et si tu veux un conseil d’ami, trempe aussi tes doigts dans ta chicorée, fais-la mouiller sinon tu vas avoir du mal à te l’enfiler ma bite. Note que moi, je m’en fous, j’aime bien défoncer les petits cons à sec...

Marguerite-Pamela avait compris que le gaillard n’était pas du genre à jouer les amoureux transis, ni à faire dans le détail...


Une gentille brise marine s’était levée, rafraîchissant l’atmosphère alors que le soir tombait. Il avait fait très chaud pour une mi-avril et ce souffle léger était appréciable.

La maison de Camélia se situait à quelques encablures de la Cathédrale St-Pierre et St-Paul de Maguelone, haut lieu touristique, véritable forteresse des sables émergeant d’un taillis touffu. Sans doute Marceau se fendrait-il d’une visite de l’édifice un de ces jours...

La petite maison était claire. Après une toute petite entrée, plongée directe dans un salon plutôt vaste. La décoration était sobre quoiqu’un peu kitsch : des masques vénitiens aux murs (souvenirs d’escapades romantiques dans la cité des Doges ?), des tapis aux motifs provençaux aux tons chauds, des gros vases peints en bleu qui contenaient d’éclatantes fleurs jaunes qui commençaient à perdre leurs pétales. Les murs, uniformément chaulés d’un enduit ocre clair donnaient une impression de confort douillet. La grande table que l’on apercevait dans la salle à manger attenante était couverte d’une fine couche de poussière qui prouvait que la jeune femme ne s’embarrassait guère à faire le ménage.

Camélia conduisit Marceau vers une chambre. De toute évidence, la chambre d’une enfant jeune : pas de posters de rockeurs ou de chanteuses post-adolescentes mais des gravures marines, délicats pastels. Il remarqua les poupées alignées sur l’une des étagères, des jouets, dînette, maison de poupées, voiture Barbie. Un lit de 80, une armoire et un petit bureau.

— Votre fille est jeune me semble-t-il.

— Il vous semble bien : elle a huit ans.

— Mais elle n’habite pas avec vous...

La phrase avait été lâchée sur le ton d’un constat plutôt que d’une question. Il ne voulait pas se montrer trop intrusif.

Un voile de tristesse assombrit le regard de la jeune femme.

— Elle est née ici mais vit chez mes parents à Nancy. Meilleure école, cours de piano et de gymnastique. Bref, offre éducative plus large que par ici. Lilas reviens ici pour les vacances. Je suis tellement occupée de toute façons...

Marceau n’insista pas, sentant bien que le sujet chagrinait sa logeuse.

— Vous tenez votre boutique depuis longtemps ?

— Six ans environ. Mais ça fait huit ans que je suis descendue à Palavas.

Comme Marceau l’interrogeait du regard, elle s’expliqua, étonnée d’ailleurs de se livrer aussi facilement à un inconnu. Mais cet inconnu la troublait assez profondément.

— J’ai bossé pendant deux ans comme femme de chambre aux Alizées qui est l’hôtel où j’ai passé toutes mes vacances, gamine, avec mes parents. Deux ans pour me constituer un petit pécule pour ouvrir ma boutique.

— D’après ce que j’ai vu, votre affaire tourne bien. Vous avez un bateau.

— Trois ! Trois bateaux, un pour les promenades en mer, un pour les stages de plongée, un pour les mordus de pêche. Et quatre employés à plein temps. Plus des saisonniers le moment venu !

— Chapeau ! En seulement six ans ! Vous vous êtes bien débrouillée !

— Le travail mon cher, le travail !

M’ouais, pensa le jeune homme, un peu trop beau pour être vrai. Une belle boutique bien achalandée, trois bateaux et une demi-douzaines de jet-skis... N’aurait-elle pas des sources de revenus cachés ? Mais bon, il avait déjà fouillé les comptes de la boîte sans rien déceler d’anormal.

— Bien, dit-il pour en revenir au gîte, affaire conclue, moi, cette chambre me convient tout à fait. Tenez, voici les deux cents euros pour le mois.

Un peu surprise de le voir payer l’intégralité d’avance, Mélia empocha la somme sans sourciller.

— Et si on buvait un coup pour sceller l’arrangement ?

— Volontiers !

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