L'Ombre du Phoenix

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Summary

Lorsque Marco frôle la mort, Tyron Corseti, un trafiquant d'armes à la réputation sans précédent, est pris d'une féroce volonté de venger son homme. Cependant, Tyron ne s'était pas attendu à tomber sur la sœur de l'un de ses plus gros concurrents. Raissa devait seulement tuer Marco. Tout devait se dérouler simplement. Et pourtant, il n'a suffi que d'une seule balle tirée pour que la jeune femme soit entrainée plus qu'elle ne l'était déjà dans les abysses ténébreux d'un monde impitoyable et cruel ou la criminalité règne en maître.

Status
Ongoing
Chapters
21
Rating
4.5 2 reviews
Age Rating
18+

- Prologue -



Un froid mordant exerce une pression contre mon cou et je me réveille en sursaut.

Mes yeux s’ouvrent brutalement et sont aussitôt emprisonnés par ses prunelles noires. La panique m’étreint. Mon souffle s’affole. Et je comprends qu’une balle pourrait sortir du canon collé à ma gorge au moindre faux mouvement.

Après avoir libéré mes poignets des menottes qui me liaient au lit, ses doigts capturent fermement mon bras pour m’extirper hors des draps. Il sort de la chambre, me tirant à sa suite sans prendre en compte ma démarche brinquebalante. Ma cuisse blessée me fait encore souffrir et chaque pas déclenche une décharge de douleur qui se répand le long de ma jambe. Et bien sûr, il s’en fout.

Sans ménagement, il traverse rapidement le couloir et me traîne vers les escaliers. Dans le creux de son autre main, son Beretta scintille sous les vives lumières éclairant la maison. Les reflets dansent dangereusement devant nos ombres qui s’avancent funestement dans le silence. Devant l’étincellement de cet instrument meurtrier, mon angoisse monte en flèche. De plus en plus nerveuse, j’avale ma salive et tente de ne pas céder aux assauts effrayés de mon cœur.

Après avoir descendu les marches avec peine, je boitille, tentant de suivre le rythme du trafiquant dans le salon sous le regard d’une dizaine d’hommes, tous armés des pieds à la tête. Mes yeux balayent la vaste pièce, s’attardant sur les restes de poudre blanche, les billets roulés et les cartes dispersées sur la table basse.

Je tourne la tête et croise une paire d’yeux bleus. Je les fouille avec incompréhension afin d’y trouver des réponses. Mais le blond secoue la tête, me faisant comprendre qu’il n’a aucune idée d’où m’emmène son capo.

Arrivés devant la porte, le criminel s’arrête et me désigne du menton une paire de chaussures que je m’empresse d’enfiler.

Une seconde plus tard, nous sommes dehors. Le soleil n’est pas encore levé et un voile nocturne couvre encore la propriété. La fraîcheur matinale italienne m’enveloppe alors et un frisson parcourt doucement mes bras nus.

Le trafiquant d’armes ne ralentit pas la cadence, me guidant vers les voitures alignées sur le parking. Il veut me pousser à l’arrière de l’une d’entre elles, mais pour la première fois depuis le début de ma captivité, j’offre une résistance. Complètement figée, je reste immobile devant la portière ouverte.

Le doute se fraie sinueusement un chemin dans mon esprit. Où m’emmène-t-il ? Pourquoi maintenant ? Veut-il déjà me tuer ?

Depuis que j’ai pris ce fichu contrat, je fais tout pour gagner du temps. Je fais tout pour retarder le moment où il pressera la détente. Je fais tout pour me laisser une chance.

Mais quelle importance, après tout ? Quoi que je fasse, du plomb chaud, tout droit sorti du Beretta de Tyron Corseti, me pulvérisera le crâne.

Alors je me tourne. Vers lui.Son expression reste aussi implacable qu’elle l’est habituellement. Ses lèvres ne remuent qu’une seule et unique fois pour murmurer un ordre tranchant :

Entra.