L'arbre à l'appétit d'oiseaux

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Summary

Conte de Hellan Starlight

Status
Complete
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
13+

L'arbre à l'appétit d'oiseaux

Il était courant qu’en une fin d’après midi enneigé, un oiseau alla se réfugier dans la cavité du chêne au large tronc. Son épaisse écorce aux nombreuses proéminences se démarquait de ses autres confrères pour sa teinte rougeâtre. Cet arbre, d’une robustesse frappante, détenait une cicatrice qui s’étendait jusqu’à son duramen. Il était parfait aux petits cœurs aux petites pattes pour s’y réfugier.

Cette cavité fut plus qu’appréciée lorsqu’un geai bleu le découvrit. Le menu volatile atterrit in extremis à l’intérieur avant qu’une tempête fulgurante ne commença.

Dès son arrivée, l’oiseau fut plombé par l’obscurité. L’abri exhalait une odeur de bois frais et de noix. Cependant, le passériforme détectait une faible exhalaison putride qui se libérait des entrailles du feuillu tordu.

Soudain, une voix rauque et grave se fit entendre comme un chuchotement. «Vous eûtes beaucoup de chance monsieur le geai; Un moment plus tard et vous m’auriez manqué.» L’arbre avait parlé. «Veuillez accepter mon pardon maître chêne, votre chaleureux compartiment n’était que mon seul choix pour m’en sortir», répondit le geai bleu. Le large feuillus renchérit, «Il est bon d’avoir un ami lors de ces rudes tempêtes. Mes autres confrères sommeillent, mais moi, je ne dors pas».

L’oiseau bleu, intrigué par l'anecdote de son hôte, lui demanda, «Pardonnez-moi de cette inconscience, mais comment pouvez-vous rester éveillé dans un froid pareil?» «C’est un de mes petits secrets» annonça l’arbre, «Vous voyez, contrairement aux autres, je mange un élément spécial qui me garde éveillé même en hiver. Je ne mange pas beaucoup par contre, ce n’est qu’un appétit d'oiseaux comme vous.»

Le geai bleu, étonné par cette révélation surnaturelle, ne pouvait s’empêcher de, par sa curiosité démesurée, demander à l’arbre rougeâtre la nature de ce nutriment secret. «Et dites-moi maître amphitryon, que mangez-vous?»

«Vous.»

D’un coup de vent, la bouche béante du géant boisé se ferma, emprisonnant monsieur le geai dans son refuge putride.

La journée passa et la tempête cessa, laissant dans le paysage un arbre rougeâtre dont une cavité se laissait paraître, vide, comportant en elle une seule plume bleuté. Le lendemain, la tempête décida de remontrer ses dents, comme elle adorait tant faire depuis le début de l’hiver. Et c'est ainsi que recommença, en une fin d'après-midi enneigées, les activités de l'arbre à l'appétit d'oiseaux.