Prologue
─ Es-tu certaine que c’est une bonne idée ? demandai-je à Élysée. Je t’ai dit que ma famille allait probablement me rechercher.
─ C’est l’occasion parfaite pour vérifier, sourit-elle. De toute manière, tu as ton épée ?
─ Toujours.
─ Alors tu pourras te défendre. Tu es déjà une hors-la-loi, ça n’empirera pas ton statut.
Je grognai sans vraiment être convaincue.
─ Par ailleurs, renchérit Médérick, je ne suis même pas recherché, moi. Il n’y a rien qui nous prouve que tu l’es.
─ C’est toi qui m’a dit ça il y a une semaine, lui rappelai-je.
─ Même Harry et Arabella sont sortis et personne ne les a accostés, continua Médérick sans m’écouter. Tu es la seule poule mouillée qui n’a pas osé te montrer le nez.
─ Je tiens à la vie ! me défendis-je. Je dois venger Jeanne !
─ Crois-moi, nous voulons tous la venger, m’appuya Élysée.
─ Mais comme vous savez que je suis là pour le faire de toute façon, ce n’est pas votre but ultime. Vous voulez sauver votre vie avant tout.
─ Je crois que tu te mélanges. Tout ira bien, tu verras, me rassura Brandon.
─ À la condition que tu n’oublies pas ton nom d’emprunt et ta nouvelle identité, me nargua Cooper.
─ Justement, interrompit Élysée. Répétez-les-moi une dernière fois.
─ Lady Anne de Gourme, soupirai-je, à la recherche d’un mari, invitée par lady Jenna de Rancourt, mon amie chère. J’ai une horrible perruque blonde et une robe rose clair qui jure avec mon teint de peau.
─ Lord Joseph de Gourme, frère de Lady Anne, aussi invité par Lady Jenna. Je souhaite protéger ma sœur tout en visitant cette partie de la France, récita Médérick. Je souhaiterais possiblement y habiter, si j’y trouve l’âme sœur.
─ Lord Pierre de Beaupré, continua Cooper. J’accompagne ma charmante femme, lady Marie de Beaupré, pour tenter de trouver un bel endroit où vivre en sa compagnie. Mes cheveux ont suffisamment poussé pour dissimuler le Joseph Cooper que plusieurs personnes risqueraient de reconnaître.
─ Lord Charles de Rhodes, récita Brandon. Je suis un anglais qui ne parle pas français du tout et qui ne connaît personne. Je me serais trompé de ville car c’est ma première fois en France, mais les parents de lady Jenna m’ont gentiment accueilli. Et toi, cap ?
─ Lady Marie de Beaupré, femme de lord Pierre du même nom, et tout le reste comme Joseph. Je deviens en même temps Vicky ; ma sœur a été enlevée et j’ai appris que c’était par le Captain Meyers. Je souhaite tout faire pour le retrouver. Je poserai énormément de questions et je compte devenir hystérique à un certain moment. Ils devront me faire sortir et vous commencerez à poser des questions pour savoir ce qui s’est passé. Nous espérons ainsi en apprendre le plus possible.
─ Ce sera facile, les riches aiment tellement les ragots, dis-je.
─ Le problème est qu’ils risquent d’exagérer, soupira Med. On risque d’avoir besoin de chance.
Je ne répondis pas. Nous arrivions près de la demeure de Jenna, qui, par bonheur, avait retrouvé sa famille rapidement et facilement. Ça n’avait pas été le cas de tout le monde, mais d’autres personnes avaient entendu parler de ce qu’Élysée faisait. Ils avaient pris en charge les jeunes filles restantes, et nous espérions qu’ils feraient bien ce qu’ils avaient à faire.
Dès que j’étais retournée au Nemini Parcetur en racontant à Élysée que j’étais sûrement recherchée par les gendarmes, tout comme Médérick, Harry et Arabella, nous avions décidé de repartir le plus rapidement possible de France. Pour ce faire, nous voulions partir à la recherche du Captain Meyers pour assouvir notre vengeance.
Et, pour faire cela, nous devions nous infiltrer à un bal dont les hôtes étaient les parents de Jenna. Ils avaient gentiment acquiescé à la demande de leur fille, après qu’elle leur ait tout expliqué.
Avant de monter les marches qui menaient à la salle de bal, je pris une grande inspiration. Médérick glissa ses doigts entre les miens et me serra la main. J’échangeai un regard avec lui. «Ça va bien aller.» J’étais sûre que c’était à quoi il pensait à ce moment-là. J’avais l’impression de lire dans ses yeux sa confiance en nous.
Je pris une deuxième grande inspiration, puis commençai à monter les marches. C’était parti.








