Le Pacte Inattendu corrigé et rallonger.

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Résumé

Dans ce récit , Lena, cherchant à échapper à un mariage arrangé, se marie avec Luc, qu'elle pense être l'ami de son frère. Cependant, les intentions cachées de Luc, visant à prendre le contrôle d'une entreprise pétrolière, compliquent les relations. Alors que Lena est prise entre la loyauté envers Luc et la pression de son frère, elle choisit de fuir plutôt que de le trahir, découvrant ensuite qu'elle est enceinte.

Genre :
Romance
Auteur :
CAROLE73
Statut :
Terminé
Chapitres :
28
Rating
4.7 32 avis
Classification par âge :
18+

01.Le pacte inattendu

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01 : LE PACTE INATTENDU

Lorsque Léna sortit du bureau de son oncle, son esprit était en ébullition, un tourbillon de pensées qui s’entrechoquaient comme des vagues contre une falaise.

Sa vie, jusque-là plutôt stable malgré la perte tragique de ses parents – un vide qu’elle portait comme une ombre depuis des années –, semblait sur le point de s’effondrer, les fondations craquant sous ses pieds.

Elle n’avait que 18 ans, et cet homme qui avait pris soin d’elle et de son frère après la mort de leurs parents, cet oncle qui lui avait servi de père avec ses manières rudes et ses silences pesants, venait de lui annoncer quelque chose d’inimaginable. Le bois sombre de la porte claqua derrière elle, un écho sec dans le couloir étroit, et elle resta figée un instant, le souffle court, ses doigts tremblants serrés contre sa poitrine.

Il avait décidé de la marier.

À l’un de ses amis.

Un homme qu’elle n’avait vu que de loin lors de quelques dîners mondains, une silhouette massive dans un costume trop serré, un partenaire d’affaires de son oncle, bien plus vieux qu’elle – des rides creusant son visage, une voix rauque qui résonnait encore dans sa tête. Et tout cela, prétendument, pour préserver l’héritage qu’elle avait touché lors de ses 18 ans, une somme qu’elle n’avait jamais vraiment vue, enfermée dans des comptes qu’elle ne contrôlait pas. Ses mots tournaient en boucle dans son esprit, comme un mauvais rêve dont elle ne pouvait se réveiller, chaque syllabe s’enfonçant plus profondément dans sa chair

– C’est pour ton bien, Léna , Il faut sécuriser ton avenir .

Elle avait voulu argumenter, refuser, ouvrir la bouche pour hurler son désaccord, mais la fermeté dans le regard de son oncle, ce gris glacial qui la transperçait, et le ton tranchant de sa voix, l’avaient figée sur place, ses mots mourant dans sa gorge comme des oiseaux abattus en plein vol. Il lui avait laissé peu de choix, ses grandes mains posées sur le bureau comme des juges inflexibles. Il s’était montré implacable, expliquant que ce mariage était la seule solution pour sécuriser son avenir, et celui de son frère, sa voix grondant dans la pièce comme un orage qu’on ne pouvait défier.

— Une jeune fille devait se marier jeune à ses yeux, peu importait la différence d’âge, avait-il asséné, ses lèvres pincées en une ligne dure.

Il lui proposait un homme deux fois plus âgé, mais elle connaissait ses intentions, un savoir amer qui lui tordait les entrailles. Cet homme était le meilleur ami de son oncle, un duo inséparable lors des réunions enfumées qu’elle avait aperçues par la porte entrouverte, et tous deux convoitaient les parts de l’entreprise que son père lui avait léguées – un héritage de papier et de chiffres qu’elle comprenait à peine. En l’épousant, son ami vendrait ses parts à son oncle, et plus personne ne pourrait s’opposer à ses décisions, un plan qu’elle voyait se dessiner comme une toile d’araignée autour d’elle.

Elle avait osé lui dire qu’elle ne se marierait que si un contrat était établi, un filet de courage jaillissant malgré sa peur. En réponse, elle avait reçu une gifle, un claquement sec qui avait fait vibrer sa joue, la chaleur cuisante irradiant sur sa peau.

Il l’avait élevée et prétendait savoir ce qu’il y avait de mieux pour elle, la traitant d’ingrate pour avoir osé parler ainsi, sa voix montant dans les aigus comme un fouet qui claque.

— Après tout ce que j’ai fait pour toi, tu oses me défier ? avait-il rugi, son souffle lourd emplissant l’espace.

L’oncle de Léna, homme traditionnel jusqu’à l’excès, croyait fermement qu’une jeune fille devait se marier tôt, avant que la société ne commence à poser des questions ou à la juger, ses idées ancrées dans un passé qu’elle ne comprenait pas.

Peu importait la différence d’âge, selon lui, tant que le mariage assurait la sécurité financière et l’honneur familial, des mots qu’il répétait comme une prière usée.

L’homme qu’il lui proposait était deux fois plus âgé qu’elle, un magnat des affaires connu pour sa fortune colossale, mais aussi pour ses affaires louches – des rumeurs qu’elle avait entendues en chuchotements, des regards fuyants lors des réceptions.

Léna avait croisé son regard lors de quelques événements, et elle avait senti un malaise profond à chaque fois, une nausée qui remontait dans sa gorge. Ses yeux la déshabillaient avec une avidité à peine dissimulée, un éclat vicieux qui la faisait frissonner malgré la chaleur des salles bondées.

Elle savait que cet arrangement n’était pas seulement pour « protéger » son héritage, comme l’affirmait son oncle avec ce sourire hypocrite qu’elle détestait.

Elle connaissait les véritables intentions qui se cachaient derrière ce mariage : un moyen pour cet homme de s’enrichir encore davantage, en accédant à la fortune de ses parents à travers elle, une clé qu’il comptait arracher de ses mains tremblantes.

Et pour son oncle, c’était une alliance stratégique, une manière d’étendre son influence et ses affaires, sans se soucier des sentiments de Léna, un pion qu’il déplaçait sur son échiquier sans un regard en arrière.

La jeune fille sentit une colère sourde monter en elle, un feu qui grondait dans ses veines, alimenté par des années de silences et de soumission.

Elle n’avait jamais eu son mot à dire, et aujourd’hui encore, on tentait de décider de son avenir sans même lui demander son avis, comme si elle n’était qu’une poupée de porcelaine à poser sur une étagère.

Pourtant, cette fois, il était hors de question qu’elle se plie à cette volonté, une résolution qui durcissait son cœur comme de l’acier trempé. Son oncle, tout puissant qu’il était avec ses costumes impeccables et sa voix de stentor, n’avait aucune idée de la force intérieure qui grandissait en elle, une tempête qu’il avait lui-même attisée sans le savoir.

La première personne qu’elle appela pour demander de l’aide fut son frère Marc, sa voix tremblante cherchant un refuge dans le combiné. Celui-ci, âgé de 23 ans, avait quitté le domicile de l’oncle tyrannique le jour même de ses 18 ans, un départ qu’elle avait envié en silence, ses valises claquant dans l’escalier comme une promesse de liberté. Cependant, en tant qu’homme, l’oncle n’avait rien osé faire contre lui, son autorité s’arrêtant là où les conventions le permettaient. De plus, à l’époque, l’oncle, qui était encore le représentant légal de Léna, pouvait faire ce qu’il voulait au niveau de l’entreprise, détenant la majorité entre ses parts à lui et celles de Léna, un pouvoir qu’il brandissait comme une arme invisible.

— J’ai une idée, lui dit Marc, sa voix ferme perçant la panique qui l’envahissait. Tu vas te marier en secret avant, sans rien dire, et il ne pourra plus rien faire contre toi !

— Me marier, Marc, mais je n’ai même pas de copain, et l’oncle a organisé un mariage pour le 15 mai, juste deux mois pour trouver un prétendant, ça me semble court ! protesta-t-elle, ses mots s’échappant dans un souffle précipité.

— Je m’en occupe ! assura-t-il, un éclat de détermination dans le ton.

— Laisse tomber, je vais partir loin et… commença-t-elle, l’idée de la fuite prenant forme dans son esprit comme une lueur au bout d’un tunnel.

— Non, je vais te trouver un bon mari, mais tu ne fuiras pas et quand viendra le moment, tu divorceras ! coupa-t-il, sa voix montant pour couvrir ses doutes.

— Mais la finalité est la même, un mariage, hors je ne veux pas me marier, répliqua-t-elle, un sanglot étouffé dans la gorge.

— Ce n’est pas la même chose. Je m’occupe de te trouver un beau jeune homme qui s’occupera de toi avec respect, ce qui ne sera pas le cas avec l’ami de notre oncle. Regarde comment il traitait sa femme. Alors imagine comment il va te traiter, toi, encore une enfant ! insista-t-il, ses mots frappant comme des coups de marteau.

— Je ne suis plus une enfant, protesta-t-elle, un filet de défi dans la voix malgré les larmes qui menaçaient.

— Pour lui, si, et en plus tu sais qu’il peut être violent ! ajouta-t-il, un souvenir sombre flottant entre eux.

Léna sentit des larmes l’envahir, chaudes et brûlantes contre ses paupières, un flot qu’elle ne pouvait retenir. Elle avait effectivement assisté à une séance de violence de la part de cet homme qu’on lui imposait – vieux, laid et violent, un soir où il avait levé la main sur sa femme lors d’un dîner, son rire gras couvrant ses cris. La mort lui aurait été plus douce que cette vie qu’on lui promettait.

— Fais-moi confiance, Léna, et commence à te chercher une belle robe. Je te trouve l’homme idéal ! conclut Marc, sa voix adoucie par une promesse qu’elle voulait croire.

Marc raccrocha, le bip du téléphone résonnant dans le silence de sa chambre, et Léna s’approcha de la fenêtre, ses pas lourds sur le parquet usé. Dehors, il pleuvait, des gouttes striant la vitre comme des larmes grises, un miroir de ce qui se passait à l’intérieur de son cœur. Il pleuvait aussi dans son âme, et l’idée de son frère lui paraissait complètement absurde, une farce cruelle dans ce cauchemar qu’était devenue sa vie. La fuite serait la meilleure chose, une pensée qui tournait en boucle dans son esprit. L’argent, l’héritage, tout cela lui importait peu, des chiffres abstraits sur des papiers qu’elle n’avait jamais tenus, alors que sa liberté n’avait pas de prix, une flamme qu’elle refusait de laisser s’éteindre.

On frappa à la porte de sa chambre, un bruit sec qui la fit sursauter, et elle se retourna quand la porte s’ouvrit sur son oncle, qui affichait un sourire hypocrite, ses lèvres étirées en une grimace qui ne montait pas jusqu’à ses yeux.

— Allez, ma Léna, bonne nouvelle, Marcello va venir ce soir pour te courtiser un peu. Il est ravi de ce mariage, et moi aussi, annonça-t-il, sa voix mielleuse dégoulinant de fausseté.

— Je ne veux pas le voir, répondit-elle, les mots jaillissant malgré la peur qui lui nouait le ventre.

— Oh, tu ne vas pas commencer. C’est bien pour toi, un homme qui va prendre soin de toi et… commença-t-il, son ton se durcissant comme une lame qui se dévoile.

— Je vais faire comme Marc, je vais partir, coupa-t-elle, un éclat de défi dans les yeux, ses mains tremblantes serrées en poings.

Soudain, son oncle s’énerva, son visage rougissant sous la colère, ses narines frémissant comme celles d’un taureau prêt à charger.

— Sûrement pas. Ce soir, tu seras gentille avec ton futur mari. Tu devrais le remercier de t’épouser, Léna, avec ton physique ! rugit-il, sa voix claquant dans l’air comme un fouet.

Léna se tut, les mots mourant sur ses lèvres, un silence qu’elle connaissait trop bien face à lui. C’était vrai qu’elle était loin d’être une reine de beauté comme sa mère, la sœur de son oncle – cette femme aux traits fins et aux cheveux dorés dont on lui parlait sans cesse. Elle avait un peu de poids en trop, comme son père dont elle tenait, un homme rond et jovial dans ses souvenirs, mais lui n’avait pas à lui dire de telles choses, pas à la rabaisser ainsi. Elle avait des yeux pour voir, un miroir qui lui renvoyait chaque jour son visage ordinaire, ses joues pleines, ses imperfections.

— Estime-toi heureuse de te marier ! D’avoir trouvé quelqu’un à qui tu ne déplais pas trop, quoi que j’aie eu un peu de mal à le convaincre. Enfin, je me sens rassuré pour ton avenir maintenant ! ajouta-t-il, un rictus cruel aux lèvres.

Léna ne parla plus, comme à chaque fois que son oncle prenait le dessus sur elle, un mur invisible s’élevant entre eux. Il allait partir, mais il la regarda, ses yeux glissant sur elle avec un mélange de mépris et de calcul.

— Essaie de te faire un peu belle quand même. J’aimerais pas qu’il te laisse en plan ! lança-t-il avant de claquer la porte, le bruit résonnant dans la pièce comme un coup de marteau sur son cœur.

Léna n’arriva pas à retenir ses larmes, un flot silencieux coulant sur ses joues, et elle s’assit par terre sous la fenêtre, le bois froid contre ses jambes. Elle n’avait aucune envie de voir Marcello, cet homme dont le seul nom lui donnait des frissons.

Lorsqu’on vint la chercher pour aller au salon, elle ne s’était même pas changée, portant encore sa salopette en jean bleu sur un maillot de corps rose, les bretelles pendant mollement sur ses épaules. Elle ne s’était pas coiffée, laissant ses cheveux châtain clair presque blond tomber en désordre autour de son visage, des mèches collant à ses joues humides. Et elle ne s’était pas maquillée, laissant ses yeux bleu-gris au naturel, rougis par les larmes, sans fard pour cacher les quelques boutons que l’adolescence lui avait laissés, des traces rouges sur sa peau pâle. Elle était même pieds nus, ses orteils frôlant le parquet usé, un acte de rébellion muet.

Son oncle fronça les sourcils en la voyant, une ride profonde creusant son front, mais Marcello lui sourit, laissant entrevoir sa dent dorée qui l’avait toujours effrayée, un éclat métallique dans la lumière tamisée du salon. Sa tante l’ignorait, comme elle le faisait depuis qu’elle s’était installée chez son oncle, ses yeux fixés sur un magazine qu’elle feuilletait sans le lire. Marcello s’avançait vers elle, grand, chauve, avec des yeux gris qui la scrutaient, une moustache broussailleuse et un regard vicieux qui la faisait reculer intérieurement. Léna ne l’avait jamais aimé et n’avait aucune envie de vivre avec lui, son ombre massive emplissant déjà trop d’espace dans la pièce.

— Ah, te voilà, ma chère Léna. Comment vas-tu ? dit-il, sa voix grave roulant sur les mots comme un grondement sourd.

Le pire, c’était qu’il se penchait et déposait un baiser sur ses lèvres, un contact humide et froid qui la fit frissonner. Elle recula avec dégoût, un mouvement instinctif, et il lui jeta un regard noir, ses yeux se plissant sous la colère, mais il se força à lui sourire, un rictus qui ne montait pas jusqu’à son regard.

— Va te changer, ce soir je t’emmène dîner ! ordonna-t-il, son ton laissant peu de place à la discussion.

— J’ai mal au ventre ! Je ne mangerai pas et… protesta-t-elle, sa main pressée contre son estomac, un nœud douloureux qui ne mentait pas.

— Ah, ma fille, tu ne vas pas commencer à me faire des enfantillages. Je te dis qu’on sort, on sort, et tu obéis, grogna-t-il, sa voix montant comme une vague menaçante.

— Je suis malade ! insista-t-elle, un filet de panique dans la voix.

— Ça suffit ! Je vais me fâcher ! cria-t-il, son visage rougissant sous l’effort, avant de regarder son ami avec un sourire crispé.

— Ta nièce est effrontée, tu ne me l’avais pas dit.

— Je ne suis pas effrontée. J’ai mal au ventre, répéta-t-elle, sa voix tremblant sous la colère et la peur.

Il se retourna et la gifla, un claquement sec qui fit basculer sa tête sur le côté, la brûlure irradiant sur sa joue.

— Tu n’élèves pas le ton sur moi, jamais ! rugit-il, son souffle chaud frôlant son visage.

Elle regarda son oncle, cherchant un secours, mais il lui sourit, un éclat satisfait dans les yeux.

— Faut être gentille, Léna. Marcello a raison, va te changer.

— Non ! lança-t-elle, un défi désespéré dans la voix, ses poings serrés le long de son corps.

Sa tante soupira, posant enfin son magazine avec un bruit sec.

— Léna, tu vas aller te changer. Tu as mal au ventre, c’est le stress du mariage ça. Tu prends du Spasfon et tu ne nous embête plus ? dit-elle, sa voix lasse mais autoritaire.

— Mais… tenta-t-elle, les mots mourant sur ses lèvres.

— Dépêche-toi ! cria son oncle, sa voix claquant comme un ordre militaire.

Elle baissa la tête et monta se changer, chaque marche grinçant sous ses pieds nus, un poids écrasant ses épaules. Elle voulait leur tenir tête, mais elle sentait qu’elle allait surtout perdre sa tête, cette douleur au ventre – un nœud serré et brûlant – ayant suivi l’annonce comme une sentence physique.

Elle se changea pour une tenue plus habillée, un tailleur noir et un chemisier blanc qu’elle enfila comme une armure, le tissu raide contre sa peau. Dedans, elle se sentait encore plus moche que d’habitude, le miroir lui renvoyant une silhouette qu’elle ne reconnaissait pas – trop large, trop maladroite. Elle se coiffa en queue de cheval, tirant ses cheveux en arrière avec des gestes brusques, et redescendit, ses pas lourds sur l’escalier.

— Voilà qui est bien, Léna, dit Marcello, sa voix mielleuse glissant sur elle comme une caresse qu’elle voulait fuir.

Il lui caressa les cheveux, ses doigts rugueux frôlant son cuir chevelu, et elle recula, un frisson de dégoût remontant le long de sa colonne. Il la menaça du regard, ses yeux gris se plissant sous la colère contenue, puis prit un air doux et se tourna vers son oncle avec un sourire forcé.

— Je ramène Léna vers minuit, j’ai envie de l’emmener se promener après !

— Bien sûr, prenez votre temps, et toi Léna, sois gentille ! répondit son oncle, un éclat de satisfaction dans la voix.

Elle ne répondit pas et le suivit dans sa Mercedes, chaque pas vers la voiture pesant comme une condamnation. Elle s’installa à côté de lui, son odeur l’écœurant – un mélange de tabac fort et d’after-shave bon marché qui emplissait l’habitacle, une prison olfactive. Arrivée au restaurant, face à face avec cet homme, elle avait peur, ses doigts triturant nerveusement la serviette sur ses genoux. Il parlait, mais seulement de leur vie de couple, ses mots tombant comme des ordres déguisés en conseils. À croire que ce rendez-vous était un rendez-vous spécial avertissement, un avant-goût de ce qui l’attendait.

— Tu devras être gentille, Léna. M’obéir en tout et pour tout. Je connais la vie et je t’aiderai à éviter de faire des erreurs, sinon je te punirai. Ensuite, il faudra te mettre au sport, parce que tu ne me donnes pas trop envie et que même pour être en parfaite santé, il faut être un peu plus maigre, déclara-t-il, sa voix basse et froide, un sourire cruel étirant ses lèvres.

Léna resta silencieuse, ses yeux fixés sur l’assiette intacte devant elle, le nœud dans son ventre se resserrant à chaque mot, une prison qui se refermait déjà autour d’elle.

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