Prologue
Disclaimer :
Cette histoire fait directement suite aux évènements relatés dans Ruby Mallow.
Je conseille donc vivement de lire le récit des aventures de Ruby avant de commencer celle-ci pour éviter tout spoil ou incohérence temporelle.
Un fracas réveilla Ethan au beau milieu de la nuit. Il se redressa en sursaut, les yeux écarquillés par la peur. Il dressa l’oreille, s’attendant presque à se rendre compte que ce n’était que le fruit de son imagination. Malheureusement, il n’avait pas rêvé. De nouveau, un bruit métallique s’éleva depuis le rez-de-chaussée. Il eut la désagréable sensation que quelqu’un s’était introduit chez eux.
Se levant, tout tremblant de peur, il tenta de se résonner : Peut-être que papa s’est levé pour grignoter un truc. Ou alors c’est Leslie qui cherche à prendre des bonbons en douce.
D’ordinaire, ce genre de pensée à propos de sa jumelle le faisait sourire. Il savait que sa sœur se levait certaines nuits pour voler de la nourriture sans que leurs parents ne s’en rendent compte. Cependant, la chair de poule avait envahi toute la surface de son corps et il ressentait quelque chose d’étrange. Au fond il savait que sa sœur n’était en rien responsable de ce boucan.
Vacillant sur ses jambes, il tâtonna dans le noir pour trouver la poignée de sa porte et l’abaissa doucement. Alors qu’il ouvrait la porte en faisant en sorte qu’elle ne grince pas, un cri retentit depuis la cuisine. Ethan sentit son sang se glacer, et il se retrouva figé sur place. Il avait vu juste. Quelqu’un était entré par effraction chez eux et s’en prenait à un membre de sa famille. Pire que tout, il avait reconnu par le cri qu’il s’agissait de sa sœur. Il tourna la tête sur la gauche, incapable de faire un autre mouvement. La porte de chambre de ses parents était obstinément fermée, comme s’ils n’avaient rien entendu.
Leslie cria une nouvelle fois. Ethan déglutit. Prenant son courage à deux mains, il commença à descendre l’escalier. Il ne pouvait pas laisser sa sœur comme ça. Entendre ses cris était tout bonnement atroce et il ne le supportait pas. Il n’avait aucune idée de quoi faire une fois en bas, pourtant il continua à descendre, plus sûr de lui qu’il ne l’avait jamais été auparavant.
Une fois en bas, il discerna une raie de lumière s’échapper depuis la cuisine. Il s’avança timidement et poussa la porte, peu sûr de ce qu’il allait découvrir de l’autre côté du battant. Il se figea sur le seuil de la pièce. Deux personnes qui faisaient assurément le double de sa taille tenaient sa sœur. Ils étaient recouverts de tissus, si bien qu’Ethan ne pouvait voir de quoi ils avaient l’air. La seule chose dont il était certain était qu’ils possédaient des yeux bleu électrique qui brillaient dans l’ombre de leur capuche.
— La-lâchez ma sœur ! bégaya-t-il.
— Mmmmh ! tenta de dire Leslie derrière la main de son agresseur.
Ethan aurait voulu intervenir, pourtant il était tétanisé par la peur. Que pouvait-il faire face à ces deux inconnus qui le surpassaient en taille et en nombre ?
— Tu n’étais pas censé te montrer ! gronda l’un d’eux.
Ethan frissonna, sa voix lui évoquait un violent orage d’été. Son accent ne lui disait rien non plus. D’où venaient-ils alors ?
— Je croyais que seule la fille serait réveillée ? demanda le deuxième agresseur en fixant son camarade.
— Il n’était pas censé nous entendre ! Seul le feu devait répondre à notre appel. Que fait-on de lui ?
Ethan fixa les deux inconnus, interloqué. Ils parlaient de lui comme s’il n’existait pas. Et pendant ce temps, sa sœur se débattait en vain, le visage inondé de larmes, le regard suppliant. Il devait intervenir. Il ne pouvait pas la laisser dans cet état. Dans un élan de courage, il se jeta sur l’un des hommes et le rua de coups en criant de lâcher sa sœur. C’était inutile, il le savait bien. Mais il était animé par le désespoir.
Comme il s’y attendait, ses coups firent rire la personne contre laquelle il se défoulait. L’inconnu l’attrapa par le col de son pyjama et le leva face à son visage. A présent à presque un mètre du sol, Ethan leva les yeux vers l’homme. Du moins il pensait qu’il s’agissait d’un homme. Il poussa un hoquet de surprise. La chose face à lui n’était pas humaine. Son visage était gris comme un ciel pluvieux et le long de ses joues, quatre marques bleu électrique lui donnaient un air méchant. Ses yeux étaient noirs, avec pour seule touche de couleur, un cercle bleu en guise d’iris.
La créature esquissa un sourire qui ne disait rien qui vaille au garçon.
— Tamé reviendra par le feu de la vie, non par la glace. Tu as de la chance, nous n’avons aucune raison d’en finir avec toi. Je te souhaite une longue vie.
Sur ces mots, il leva son bras plus haut encore et le lança comme un vulgaire objet. Ethan eut à peine le temps de crier qu’il percuta la table violemment. Sa tête heurta l’un des pieds du meuble et il s’effondra sur le coup, avec pour dernière vision, Leslie, sa sœur jumelle, emportée par les monstres.








