1 : L’immense porte
Je me réveille en sursaut, le souffle coupé. Une brise froide me caresse la nuque, humide de sueur, me donnant un frisson dans tout le corps. Une mauvaise sensation me traverse à la suite pendant une minute, incapable de respirer correctement. Je n’ai plus fait de rêve aussi intense depuis longtemps.
Je me lève doucement, reprenant mon souffle, puis pars dans la salle de bain, qui se trouve dans la chambre, pour prendre une douche froide.
Après avoir terminé, j’enfile mon peignoir en soie noir et me rends dans mon dressing situé à la porte de la salle de bain, ouverte sur la chambre.
-BOUH, crient-ils à l’unisson, cachés derrière la porte du dressing, leurs deux mains à deux centimètres de mon visage.
--AHH, vous êtes malade, j’ai failli faire une crise cardiaque, hurlais-je en sursautant, me tenant la poitrine.
Ils échangèrent un regard complice, puis éclatent de rire.
--Ha-ha-ha, très drôle, vachement amusant, dis-je sarcastiquement tout en croisant les bras.
Je m’avance vers eux et leur prends un bras chacun violemment, puis les emmène avec moi vers la sortie d’un pas déterminé à les faire éjecté de ma chambre.
--Allez, sortez maintenant, ordonnais-je en les poussant de l’autre côté de la porte.
--Marie, ne sois pas énervée, on rigolait c’est tout.
--Mais oui, c’est maman qui nous à demandés de te prévenir que le petit déjeuner est prêt.
Je leur claque la porte au nez sans même donner de réponse à leur excuses.
- J’en ai marre de leur bêtises, ils sont toujours là à me faire des farces, soufflais-je en marchant. -
Un jour, c’est mon dentifrice qu’il remplace par de la mayonnaise. Une fois, ils ont complètement recouvert ma chambre de papier toilette. Ils ont beau avoir 22 ans, mais leur cervelle est celle d’un enfant de 10 ans.
Ils sont tous les deux à la fac et ne viennent que pendant leurs vacances scolaires d’été, pourtant j’ai l’impression qu’ils ne sont pas partit de la maison assez longtemps pour supporter leurs mauvaises blagues. Je ne suis même pas étonné qu’ils n’aient pas de copines, compte tenu de leurs comportement enfantin.
J’ouvre le dressing et m’assois en face sur un petit tabouret en daim rouge, clouté au centre de couleur doré rappelant celles des pieds métalliques.
Que choisir ? Il fait assez chaud aujourd’hui. Je devrais m’être quelque chose de simple et léger...ah voilà !
Je me lève et décroche d’un cintre une chemise blanche légère et prends une jupe plissé de couleur marron qui descend jusqu’au genoux.
Il manque quelque chose...une ceinture serait jolie.
J’ouvre un tiroir en dessous de la penderie et prends une petite ceinture en cuir de la même couleur que la jupe, toute simple, avec une petite boucle arrondie. J’enfile la tenue et vais me placer devant le grand miroir de l’autre côté du mur près de mon lit pour admiré la tenu et évaluer si elle me va bien.
Oh là là, quelle mine affreuse !
Je suis immédiatement surprise par les cernes bleutés sous mes yeux et mon teint plus pâle que d’habitude. J’applique donc une crème solaire légère ainsi qu’un anticerne pour cacher ces marques qui tire presque au violet, puis passe un coup de brosse à mes longs cheveux ondulés.
Superbe comme sa, je devrais plus souvent mettre cette jupe, elle est jolie.
Je descends rapidement les escaliers en bois, qui, à chacun de mes pas, font un grincement assez bruyant. Arriver à la dernière marche, je la rate et tombe en avant, atterrissant à quatre pattes.
--Ah, ça fait mal, dis-je en me retournant sur mes fesses.
--HAHAHA, rigolent-ils en me regardant au sol me frotter les genoux avec les paumes de mes mains.
--Elle s’est fracassée, regarde Enry, se moque-t-il autour d’une table ronde dans la cuisine ouverte et face au marche d’escalier, tout en me pointant du doigt pour montrer à son frère, assis près de lui.
En suivant la direction du doigt, il m’aperçois alors au sol et se lève pour faire quelques pas vers moi.
--Aller lève-toi, sourie-t-il en me tendant sa main.
--Merci, grand frère.
Je m’accroche à sa main qu’il tire d’un coup me faisant faire un petit saut en me relevant.
--Arrêtez de vous moquer de moi, ce n’est pas amusant.
--Si ch-er amu-chan et tu ch-er pourquoi ? Par-che que...t’es tellement maladroite que cette marche tu la rate tout le temps, dit-il au loin la bouche pleine.
--Les jumeaux, laissez votre petite sœur tranquille, s’écrit-elle en descendant les marches d’escalier.
Maman viens vers nous, raccrochant son téléphone qu’elle range dans son petit sac à main noir, posé sur le petit meuble mural à l’entrée de la maison.
--Marie, tu as rendez-vous avec le docteur Thomas ce matin, dépêche-toi de prendre ton petit déjeuner.
--Qui est le docteur Thomas, maman ?
--C’est un médecin, il remplacera ton ancien qui est parti à la retraite. Il m’a été recommandé par une jolie dame qui, grâce à lui, ne fait plus d’insomnie.
--Oh, d’accord.
Je m’assoie près de Jonn qui est encore en train de ce goinfrer, et me prépare une tartine à la pâte à tartiner. Une fois que je l’ai entièrement terminé, je prend la bouteille de jus d’orange et la secoue. En m’apercevant qu’elle est vide, je soufflai d’un coup de frustration.
Ce moqueur et goinfre de Jonn, a pris toute la dernière contenance de la bouteille.
En le regardant du coin de l’œil, je m’aperçois que son verre est toujours plein. D’un geste rapide, je prend son verre et le finis en quelques gorgés avant même qu’il ne puisse dire un mot.
--Oh non Marie, t’est chiante, c’était le dernier verre de jus, se plaint-il comme un enfant.
--Oups, dis-je en lui tirant la langue. Bien fait pour toi, tu n’avait qu’à pas te moquer de moi tout l’heure, haha.
Je part mettre mes chaussures et crie la tête vers le haut pour prévenir maman que je suis prête.
Assise côté passager, je regarde les paysages défiler par la fenêtre, tout en étant complètement perdu dans mes pensées. Me posant plusieurs questions sur ce réveil brutal dont je ne garde aucun souvenir. Mais de quoi ai-je rêvé ?
Je ne l’ai pas dit à maman, n’aimant pas la voir inquiète. Elle commençait tout juste à être soulagée que ces dernières années, je dorme bien. Mes neurones surchauffent tellement à trop penser, que je me suis mise à soufflais.
Pff
--Qu’est-ce qu’il y a, mon petit ange ?
--Rien maman, juste un peu...fatigué.
— Tu en es sûr ?
— Oui, maman... En y réfléchissant, tu ne m’as jamais expliqué pourquoi tu me donnes ce surnom et pas au jumeaux.
— C’est ton père qui t’appelait ainsi. Il disais tout le temps, Marie, mon petit ange miraculeux.
— Miraculeux ?
— Oui, à vrai dire, quand jetait enceinte de toi, on m’a dit que tu n’arriverais pas à terme et qu’il y aurai d’énormes complications. Le médecin, à l’époque nous avais conseiller d’avorter, mais ton père et moi te voulions tellement qu’on avais prit le risque. On a beaucoup prier et nos prière ont finalement été entendues.
— Heureusement que vous ne l’avez pas écouté, je suis là et en pleine forme !, dis-je en dessinant une très grand sourire.
— Dès que tu es née, ton père t’a appelé alors, mon petit ange, son petit miracle. Et tu sais, c’est aussi lui qui a choisie ton prénom, Marie.
— Il me manque, dis-je rétrécissant mon sourire en baissant la tête.
— À moi aussi ma chéri, à moi aussi, répète-t-elle mélancoliquement.
Arrivés à destination, on descend de la voiture et s’avance prudemment dans une ruelle, éclairée seulement par quelques rayons du soleil qui ont réussi à s’infiltrer. Au fond de cette obscurité, on aperçoit un bâtiment isolé qui sert de cabinet médical.
Après plusieurs mètres parcourus, je commençais à ressentir des frissons et un sentiment d’être suivie. Je tourne la tête, regardant à l’arrière tout en continuant de marcher près de ma maman pour vérifier, mais ne vois personne.
Une fois à l’intérieur, mes yeux s’ouvrent en grand. Tout est somptueux, les murs ornés d’une belle couleur d’or avec, au plafond, d’anciens lustres qui ont conservé leur éclat. Au bout du couloir ce trouve une grande salle d’attente, des fauteuils individuelle en daim rouge au style ancien et dans le fond de la salle, un beau piano noir qui trône.
--Bonjour mesdames.
J’étais fasciné par la beauté de cet endroit que je n’ai pas remarqué une dame derrière son petit comptoir, dans le coin à gauche.
--Bonjour, répondit ma mère.
--Bonjour, dis-je en souriant.
Un bruit de porte coulissante se fait entendre et en sort un homme en blouse blanche. Il s’approche de nous et tend sa main à ma mère.
--Enchanté, vous êtes madame Gaby, c’est ça ?
--Oui, bonjour docteur et voici Marie.
Je le salue avec un sourire en inclinant à peine ma tête.
--Docteur, voici le dossier de la patiente, rapporte-elle en lui donnant un dossier plein à craquer.
--Très bien, allons-y Marie. Madame Gaby, je vous laisse patienter ici s’il vous plaît.
--Oui, aucun souci, acquiesça-t-elle.
Je le suis dans la salle d’où il en était sortit un peu plus tôt, qu’il referme aussitôt derrière moi en faisant glisser la porte.
La salle à l’air de ne pas faire partie de l’immeuble. Les murs ainsi que le plafond et le sol sont de la même couleur. Une couleur de gris assez terne, donnant à la pièce une atmosphère froide et presque vide, constituer de deux fauteuils en cuir noir. A côté de l’une d’elle se tient un petit meuble en bois de la même couleur, de la taille d’un chevet. Ce qui m’intrigue le plus est cet objet en forme de goutte, posé par dessus, aussi grande qu’une main. Reflétant la lumière de l’ampoule au-dessus de nous, faisant penser que l’objet doit être en verre. Le plus étrange dans cette décoration, était les petits motifs rouges divers qui attiraient le plus ma curiosité.
Il s’asseyait en premier, choisissant le fauteuil près du petit meuble et consulte le dossier.
--Commençons.
--Oui, lui répondis-je en m’asseyant à mon tour, fixant cette babiole.
--Comment te sens-tu, pour notre premier entretient ensemble.
--Un peu stressé, mais ça va.
Il remarque que je suis captivé par ce truc près de lui, mais ne fait pas de remarque et continue à poser des questions.
--Dit-moi, quel âge as-tu ?
--J’ai bientôt vingt ans.
--Ta maman m’a expliqué que ta venue est suite à tes nuits agitées. Parle-moi un peu de cela.
Je lui raconte en résumé mon enfance et comment c’est apparu pour la première fois, le jour de mes quatre ans.
- Je me réveille toujours en sursaut, plus au moins de la même façon, trempé de sueur et avec une partie de mon corps, toujours différente, qui picote. Je n’en garde aucun souvenir au réveil, seul mon corps continue de rêver pendant encore une minute après. Ceci étant dit, à mes seize ans, je n’en faisait plus.
--Oui, continue.
--J’ai...j’ai fait à nouveau un rêve cette nuit. Je me suis réveillée de la même façon, mais cette fois-ci, j’ai senti que c’était plus intense, incapable de respirer correctement, comme...asphyxiée.
--Avais-tu d’autres symptômes ?
--Non pas que...mon dos...je me souviens maintenant que mon dos me faisais mal. Une mauvaise sensation de centaines de petites piqûres au niveau de mes omoplates, qui me brulaient.
--Qui te brûler dis-tu.
A ces derniers mots, son ton avait changé et un silence se crée. Je sens alors un regard persistant sur moi. En relevant la tête dans sa direction, nos regards se croisent pour la première fois depuis notre rencontre.
Dès alors, je suis frappé par son regard vide et par l’absence totale d’âme dans ces yeux qui me donne tout d’un coup un frisson glaçant me parcourant toute entière, débutant d’abord par la nuque et qui redescend jusqu’à mes pied.
Quand soudain, une douleur immense se fait sentir tapant dans mon crâne, comme un clou qu’on enfoncer à l’infinie à grand coup de marteau.
Prise de panique, je porte mes mains à ma tête les serrants très fort, puis détourne le regard le dirigeant vers le sol, cherchant une échappatoire à ce calvaire.
Dès que mon regard fixe le gris terne sous mes chaussures, la douleur commence à s’estomper sans explication, me laissant soufflait de soulagement.
--Peux-tu me raconter ton rêve en détail ?, demande-t-il sans se soucier de ce qu’il venait de ce passé.
--Je...je ne m’en souviens pas, dis-je encore étourdie par cette douleur soudaine, toujours fixant le sol, n’osant plus bouger par peur que cette douleur resurgit.
--Tu peux me le dire, aller raconte-moi.
Je ne réponds plus, essayant de reprendre mes esprits. Pourquoi insiste-t-il autant ?
--Très bien, on va essayer autrement.
Il se met face au petit meuble près de lui et s’accroupit à son niveau, décrochant un pendentif doré de son coup et attrape la clef qui pendait au bout de la même couleur, puis l’insère dans la serrure.
Il y sort une bougie noire et une allumette aussi longue qu’une brochette en bois, semblant avoir été trempée dans une encre rouge qui a teint le bois de l’allumette.
Il se lève ensuite et me les tend tous les deux sans un mot.
Levant les bras de façon hésitante, je les prends finalement tout en lui portant un regard questionneur qui le lance par la suite dans ces explications.
--Il y a plusieurs techniques pour révéler les rêves oubliés...et chaque médecin a la sienne. En ce qui me concerne, je préfère celle-ci.
--Mon ancien médecin ne m’en a jamais parlé, lui dis-je étonner.
--Ne t’en fais pas, c’est inoffensif. Mets-toi à l’aise, tiens-la entre tes deux mains et allume la, puis ferme les yeux.
Je suis les instructions qu’il viens de me donner et lui jette un dernier regard, le voyant se rasseoir, avant de clore les paupières.