Chapitre I : « Tu dois m'écouter. »
Parfois, une simple mélodie aussi douce qu’elle soit parvient à calmer les esprits les plus meurtries. C’était la phrase préférée d’Evy jusque là, sans que je ne comprenne le sens que ces jolies mots possédaient.
Cette même femme qui m’a accueillit dans une ville d’Amérique, quand j’avais enfin atteint la majorité.
Malgré tout, j’étais condamné à une année supplémentaire au lycée, afin de passer les diplômes nécessaires pour m’inscrire dans une université qui me réussirait. On m’avait fait redoubler.
Ça faisait bien quelques jours que j’avais emménagé ici, et ce soir, on était enfin libres.
Le concert du groupeWhen she leftétait donné, à une vingtaine de minutes.
Quelques petits cartons jonchaient la moquette crème sous mes pieds, quand j’essayais de me libérer d’une emprise, Evy. Mes romans remplis d’amour et de surnaturel attendrait encore un peu, au moins le temps que je fasse la fête, ce soir, avant de les ranger où ils devraient être.
Je n’ai jamais eu ce groupe d’amis qui figuraient dans mes bouquins à l’eau de rose, celui qui te donne une raison de sortir un samedi soir. Non, le seul réel ami que j’ai eu jusqu’à présent, était Gabriel. Mon frère jumeau.
-Oui, j’ai très bien compris, tata Evy.
Je savais très bien que ce surnom ne plairait pas à la trentenaire, mais c’était ça, aimer ses proches.
Les taquiner sur ce qui leur faisaient tord.
La blonde avait été si stressé, qu’elle me repassait son speech en boucle, depuis une bonne dizaine de minutes.
-Nessa, ne suis pas ton imbécile de frère dans l’eau, c’est tout ce que je te demande.
Ses doigts froids glissaient longuement de mes épaules découvertes, à mes bras frissonnants.
Jamais le chauffage n’était allumé, dans cette satané baraque en bois.
-L’imbécile attends sa petite sœur adorée.
Quand ma tante levait les yeux aux ciels, je compris.
Mon frère, dans l’encadrement de la porte, n’avait qu’une envie en tête.
Ce soir, je rencontrais sa copine, avec qui ils se fréquentait depuis un bon moment déjà.
Gabriel vivait ici, avant mon arrivée.
Que je valide sa copine, sa protégée d’Amérique, sa brune préférée. C’était sa, sa seule envie.
Du moins, après moi, sa petite sœur.
La seule et unique Janessa, douce d’apparence, mais piquante.
Aussi empoisonnée de l’intérieur qu’uneBelladone.
J’ai une petite obsession, vraiment très légère, sur cenom. Sur lequel je fais souvent des recherches, sans comprendre le but qui m’anime.
C’était comme si une partie de mes pensées les plus enfouis cherchaient à trouver un sens à leur questions, sans même que je ne les entendes.
Et, si on en vient à parler ça, je ne devrais pas oublier la mythologie.
J’ai fais tellement de recherches sur Aphrodite que j’en avais même écris des histoires, et bien sur, Gabriel en tant que frère, s’en est moqué comme il le devait.
-Celle qui passera toujours avant n’importe quelle grognasse, hum.
Je lui lançais un signe de tête, n’attendant finalement pas son approbation à mon affirmation.
Aucune femme ne prendra ma place, dans la vie de mon frère.
Pas après avoir vu par où il en était passé, pour être debout, devant nous aujourd’hui.
Je ne laisserais aucune de ses garce le remettre à terre, tant que je serais là pour faire le tri.
-Allez Ness, on y va.
Les derniers doigts que ma tante avait d’entremêlés aux miens, retombaient contre son chandail.
C’était toujours à contrecœur, qu’elle me laissait suivre les pas de mon frère.
-Elle t’aime énormément, murmurait le plus vieux aux dernières marches.
Le vent frais, s’engouffrant entre les feuilles d’arbres s’entrechoquant, me prit au visage.
Ça faisait toujours un bien fou, et m’empêchait de trop penser.
Gabriel était un peu du même genre, et les balades aux fenêtres ouvertes étaient ses préférées.
-Peut-être un peu trop, murmurais-je.
Gabriel soupirait, je l’avais entendu. Mais il ne m’adressait pas la moindre attention.
La maison voisine à la nôtre l’accaparait partiellement.
Elle était caché par des arbres, mais j’ai pu remarqué que ma fenêtre donnait sur l’une des leurs, lors de mes soirs d’ennuis.
-Eh, Gab’.
Mais non, le garçon ne réagissait pas.
Je laissais tomber. Résignée, et rentrais dans la voiture.
J’avais misé sur mes yeux ce soir, par rapport à mes habitudes en maquillage.
Et la portière claquant de mon frère, m’indiquait que j’aurais tous le temps de le retoucher sur la route.
•
-Elle est là.
C’est clair que par rapport à la ville où l’on prenait nos marques, celle là était pleine de vie.
Je n’avais jamais autant vu de personnes de notre âge depuis notre arrivée, que ceux laissant la musique les faire vivre le temps d’une soirée, impatient de voir le concert donné dans cette grande boîte de nuit.
Et je ne doutais pas que, grâce à ça, les mineurs puissent y entrer.
Avec une tape dans le dos, Gabriel m’indiquait qu’il allait rejoindre sa petite protégée.
Je la détestais déjà.
-Bella !
Bella ? J’avais tilté sur ce nom.
Un sentiment désagréable s’était emparé de ma cage thoracique, quand mes sourcils se fronçaient dans sa direction.
Grande, avec une silhouette élancée. Un ventre tellement plat ... Ma main s’était posé sur le mien, par réflexe. Ça avait toujours été mon plus gros complexe.
Et pourtant, le sourire que mon frère arborait n’avait jamais été aussi lumineux.
Devrais-je en déduire que, cette fois, c’était la bonne ?
Je l’espérais, malgré tout.
Et puis, ils étaient mignon, à s’étreindre de cette façon ...
Arrêtes tes conneries, Janessa.
Leur étreinte m’avait paru longue, avant qu’elle ne me remarque.
Ses grands yeux bleus se plissèrent légèrement, pour accompagner un sourire montrant de belles dents blanches.
Bella, c’était le mot.
-Hey, tu dois être la fameuse Janessa.Me saluait elle.
Je hochais de la tête, mais ne m’avançait pas pour autant.
J’allais te mettre à l’épreuve, ma grande.
Ne penses pas t’en tirer si facilement.
-Je suis Bella, ravie de te connaître.
Sa main devant moi, quand ses pas l’avaient guidé jusqu’aux miens, je la dévisageait légèrement.
Avant de la saisir.
-Bella !S’exclamait mon frère.
Et qu’elle ne se laisse tomber.
Au contact de nos peaux, cette Bella avait tourné de l’œil. Puis, son corps avait cruellement manqué de force en un temps record.
Par réflexe, j’avais tiré sa main, avant que mon frère ne la rattrape.
Quelques têtes curieuses miraient la scène, perdus. Comme nous.
-Ça va ?Demandait le blond.
La brune semblait reprendre ses esprits, laissant ses yeux papillonner aléatoirement, avant de les reposer sur moi.
Son corps était partiellement maintenu debout par les bras du blond, à nos côtés.
Et son regard me fit froid dans le dos, autant que la peur qui l’emplissait.
-Rentres chez toi.Murmurait elle.
L’incompréhension passait comme un éclair, dans mes pupilles.
Je me reculais, pas sûr de comprendre.
Je l’avais effrayé, c’est ça ?
-Elle est bizarre, ta copine.Murmurais je à mon frère.
Mais la blonde secouait la tête, quand mon frère l’aidait à se relever.
-Vous devez m’écouter. C’est bizarre, mais ...Elle peinait à trouver ses mots, vous me remercierez.
Perplexe, les yeux bleus de mon frère s’attardait sur les miens. Dans l’attente d’un signe, qui l’aiderait à ne pas prendre sa protégée pour une folle.
Mais on n’avait pas fait toute cette route, pour rien.
-Hun hun,lui dis-je en Français, c’est mort. Restes avec ta parano, mais moi, j’y vais.
-Ness.
Gabriel me fit les gros yeux, signe que je devais rester, ne pas partir comme ça.
-On ne peut pas partir maintenant, tu vas monter sur scène dans peu de temps.Poursuivit il.
-Non,elle hochait négativement de la tête, vous devez m’écouter. Tu dois m’écouter.
S’appuyant sur son avant-bras, elle lui fit signe que c’était bon, qu’elle pouvait tenir.
Ses longs cheveux caressait des formes généreuses, mais surtout très athlétiques.
Le plus vieux avait bon goût.
-S’il te plaît, ramène la.
Non, hors de question.
Elle commençait à me faire peur.
Une chose bizarre s’émanait d’elle, et je n’aimais pas ça.
-Gab’, moi j’y vais.
Je lui indiquais le bar d’un signe de tête.
Je n’avais pas besoin de son approbation, j’étais majeur dans notre pays, et en droit de vote ici aussi.
Et vaccinée, qui plus est. Avec une fausse carte d’identité.
-Deux shots.
Le monde ici était impressionnant. Ça changeait totalement du décor dans lequel on prenait nos marques depuis quelques jours.
Ici, les filles savaient s’habiller en se moquant du regard extérieur.
Et je me sentais à ma place, avec ce short bien trop court.
-Merci,dis-je à la barmaid.
Avec un sourire dans sa direction, j’ajustais de nouveau la couture de mon débardeur, dévoilant le plus de peau possible.
J’avais un fort penchant pour le noir, que j’accessoirisais bien souvent avec mes ongles rouges sangs.
Ça me mettait en confiance.
Et la conversation que j’entendais, en m’approchant à nouveau d’eux, m’intriguait malgré tout.
SaBellaallait nous gâcher la soirée, mais allait y mettre de l’animation.
Gabriel n’a jamais eu la chance de tomber sur une fille saine d’esprit.
Et celle là en est un énième exemple.
-Je t’en pris écoute moi, je suis très sérieuse.
Ses yeux le suppliaient du regard.
Mais mon frère ne semblait pas croire à ses paroles.
Ou du moins, il semblait convaincu d’une autre chose.
Décalé des énormes basses, j’arrivais à les entendre, en arrivant vers eux.
-Ca suffit, on en a déjà ...
Mais Gabriel se coupait, en me voyant du coin de l’œil.
Sa main se posait sur le bras de sa blonde, délicatement, pour lui signaler ma présence.
-Tiens.
Je tendis le deuxième petit gobelet à la jeune femme, légèrement tournée vers moi, avec ma venue.
-Ca te détendra.
-Oh ...Elle cherchait ses mots, Je ne peux pas boire d’alcool. Enfin,elle secouait sa tête, comme prise en pleine gaffe, je ne veux pas boire d’alcool.
Ayant insisté sur le troisieme mot, je la regardais, avant de hausser les épaules.
-Toi, tu conduis,je pointais Gabriel du doigt, même pas en rêve.
Et bu les deux d’une traite, avant de les poser sur le rebord du mur à notre gauche, n’étant pas loin du bar.
En tournant mon visage dans leur direction, Bella s’éloignait déjà de nous. Seul sa tête tournant de gauche à droite montrait un desaccord inconnu, qui la suivait jusqu’à l’arrière de la scène, la où des instruments étaient placés.
Derrière un micro.
-Qu’est-ce qu’elle a ?Demandais je.
-Rien,hochait il négativement, rien qui nepresse.
Je jettais un coup d’œil dans sa direction, avant qu’un bruit sourd retentissent.
Le DJ, qui remerciait la salle de s’être déplacé. Et à vrai dire, un monde fou était là, heureusement que nous étions à l’écart.
-Et maintenant, ce que vous attendez tous ...Un semblant de suspens,When she leftpour vous ce soir !
Les lumières s’assombrissaient un peu plus, avant de totalement s’estomper parmis la noirceur.
Des cris commençaient à s’élever dans la foule, l’excitation grimpait en flèche.
Mon premier concert.
Un coup sur une batterie, puis un deuxième.
Avant que seul les cris ne nous parviennent à nouveau.
Et puis, une lumière s’allumait, sur le chanteur du groupe.
Une autre, éblouissante, sur le batteur.
Et pour finir, une, sur Bella.
La bassiste du groupe.
Mon frère, de deux têtes de plus que moi, m’adressait une légère tape sur l’épaule, avant de la designer du regard. Comme un copain fière.
C’était mignon, malheureusement.
J’ai du mal à la voir autrement qu’une menace, la même qu’Amalia. Celle qui aurait payé le prix chère pour en faire sa possession, et l’éloigner de moi.
Mon frère était tout ce qu’il me restait, à présent. Avec tante Evy, qui m’a aidé après mon accident.
La voix du dénomé Benjamin, selon le brun, se faisait douce, avant de prendre en puissance.
Leur présence sur scène se faisait sentir, ils vivaient le moment comme ils auraient dû.
C’était incroyable.
Je m’étais laissé prendre au jeux, acquiesçant de la tête sans but précis, suivant le rythme.
Avant que les instruments ne s’arrêtent, et que seul sa voix ne résonne jusqu’à nos oreilles.
Et soudain, une lumière s’additionnait au lot, quand un homme avançait vers nous.
Guitare à la main, c’était son moment.
Il en jouait divinement bien.
Et la voix de ce Benjamin s’accordait si bien à cet instrument jouer par un grand brun, plus concentré sur son groupe, et ses gestes que par la foule.
Comme si il jouait d’abord pour le plaisir, qu’il le montrait.
Et j’étais de ce genre de filles qui souhaitait se faire remarquer, parmis une foule remplie d’autres dans ce cas.
Je voulais que ce guitariste me remarque, je ne sais même pas pourquoi.
J’avais sûrement regardé trop de film.
Et une question me trottait en tête. Bella rentrerait elle avec nous, ou bien rejoindrait elle son groupe ?
-Gab’ !J’attrapais son avant bras, tu sais si..
Je n’eu pas le temps de poser cette question à mon frère. Mon regard avait croisé celui du guitariste.
En voyant ces yeux sombres, j’eu l’impression que mon coeur se serrait anormalement fort, si soudainement que ma respiration se coupa net. Comme si deux puissantes mains étaient venu assener un coup à mon estomac.
Plus j’expirais, plus mes yeux se réchauffaient, comme si ils s’apprêtaient à pleurer.
Le garçon à quelques mètres de moi, semblait totalement confus, sourcils plus que froncés sur son visage parfaitement dessiné.
Ça n’avait duré que quelques secondes, mais mon corps me criait d’imprégner son visage dans ma mémoire.
Un bruit sourd retentit, qui stoppait le groupe, et la première chose que j’aperçus fut Bella, qui venait de nous regarder tour à tour.
Le regard bleuté de la jeune femme se bloquait dans celui de Gabriel. Avant qu’elle ne hoche négativement de la tête.
Un autre bruit, et un éclat de verre.
Un projecteur venait de tomber.
Puis, des cris.
Des cris qui m’avaient glacés le sang, je ne comprenais rien à ce qui animait la foule à ce point.
-Oh bordel, suis moi !
La main de mon frère s’enroulait autour de mon poignet, mais j’étais comme tétanisée.
Derrière le bar, le mur prenait feu.
De grandes flammes noirs enrobait l’espace, avant qu’une poutre ne tombe de l’étage.
Et mon corps ne répondait plus, quand la chaleur étouffante nous parvenait.
Plus cette sensation nous gagnait, plus mes pensées n’étaient dirigés que vers une chose. Une seule.
Ses yeux. Je les connaissais.
Ils m’avaient manqués.
Sans que je sache à qui ils appartiennent, je reconnaîtrais ce regard entre mille.
Guidé tous deux par la foule, à une vitesse manquant de me faire tomber à la renverse, très vite cette chaleur familière nous délaissait, laissant place à une pluie battante, quand nous gagnions l’extérieur.
Un éclair illuminait le ciel, quand nous levions le nez vers ce dernier, laissant les gouttes de pluie nous frapper le visage de plein fouet, avant que certains lampadaires ne lâchent, dans cette grande rue bondés de gens courant pour leur vie.
J’agrippais un peu plus le bras nu de mon frère, prête à planter mes ongles dans sa chair, tant j’étais effrayée.
Le froid me frappait à nouveau au visage, et cette fois, la sensation était tant désagréable que je plaçais ma main devant mon nez. L’air était glacé.
-Bordel de merde, je suis débile.
Le regard terrorisé de mon frère me fit comme un coup d’adrénaline. Jamais je ne l’avais vu dans cet état, quand ses yeux étaient rivés sur le club, duquel on s’était enfuis, bien plus loin.
Notre course nous avait mené jusqu’à sa voiture, d’où nous pouvions voir une fenêtre explosé, celle devant laquelle un des vigiles se tenait, un peu plus tôt. Celle de ce club, d’où d’énorme fumées noir sortaient.
Dans très peu de temps, il en serait consumés.
-Gab’,je peinais à murmurer, tu saignes.
Mon regard se portait à son flanc gauche, son t-shirt blanc commençait à s’imprégner du sang frais. Ma première pensée, fut les bouts de verres nous ayant atterris dessus.
C’était comme dans un film, sauf que je n’avais aucun reflex.
Je ne comprenais rien.
-Ça va, ça va,sa respiration était un peu plus lourde, j’ai juste besoin de rentrer.
Le défaut de ce garçon, était de ne jamais assumer ses peines, et ses douleurs. Quand on lui demandait comme ça allait, on pouvait être sûr d’avoir une réponse bref, mais positif.
C’était ce qui nous rapprochait. J’avais toujours besoin de m’assurer qu’il aille bien, et là, en le voyant s’effondrer contre la voiture, j’eu ma réponse.
Son bras droit se posait lourdement sur le haut de sa voiture noire, et sa main gauche se posait sur le liquide qui m’écœurait.
Sa brune arrivait à la rescousse, accourant jusqu’à nous.
Sa première action fut de l’aider à tenir debout, avant de me questionner du regard.
-Qu’est-ce qu’il a ?Ses sourcils étaient froncés comme pas possible.
-J’en sais rien, mais on devrait l’emmener à l’hôpital le plus proche !
Je m’agitais, avant qu’il ne hoche négativement de la tête.
-Montez, je vais conduire.
-Quoi ?Je m’exclamais, mais Gab, tu..
-Montes !
Pressée par le temps, je m’exécutais, laissant la Bella s’asseoir côté passager.
Elle aura sûrement de meilleur reflex que moi. Je refuse d’être égoïste au point de laisser Gab’ surmonter ça seul.
Portière claquée, nous ne prenions pas la peine de nous attacher.
Gabriel avait déjà démarré, et moi, j’étais sur le siège du milieu, posant ma main sur son épaule.
Un coup sur l’accélérateur, et nous voilà quitter cet endroit.
Jetant un coup d’œil au lieu s’éloignant de nous à grande vitesse, je remarquais une foule en panique, et ce sentiment grandissait en moi, quand les lampadaires sur notre chemin lâchaient.
Les uns après les autres.
L’électricité avait du couper, vu l’incendie se développant à grande vitesse.
Un grognement de douleur me tirait de ma rêverie, quand la voiture ralentissait.
Et bientôt, la route n’était plus qu’éclairée par les peins fards.
Le noir complet, vêtu d’un décor sombre. Une forêt a en perdre la tête.
Les grands arbres se dressants de chaque côtés de la voiture du plus loin qu’il nous était donné de voir.
La respiration lourde du brun ne signalait rien de bon, quand il rejetait sa tête en arrière.
Me penchant vers l’avant, je pu voir son visage crispé de douleur, quand il peinait à garder les yeux ouverts.
Ses lèvres pincées, quand sa main appuyait fortement sur son flanc gauche.
-J’ai besoin de faire une pause,soufflait il un peu plus bas,juste une pause.
Mon regard passait de son t-shirt imprégné de cette couleur immonde, à celui de sa petite protégée.
Elle semblait en pleine réflexion, comme si une possibilité s’offrait à nous.
Mais qu’elle se retenait. Je connaissais cet air.
Gabriel et Evy l’avaient souvent prit à mon égard. Comme si quelque chose se cachait, derrière leurs gaffes.
-Fais moi voir ta blessure.
-Tu détestes le sang,me ramenait-il à la raison,y a pas besoin d’un deuxième malaise ce soir.
Bella soupirait alors, comme exaspéré par l’attente qu’on lui faisait vivre à rester planter la, sur le bord de la route.
-Il a dût se prendre des éclats de verre.
Alors, elle posait sa main comme elle pouvait sur sa blessure, dans laquelle elle tenait un tissu, sortit de son sac à ses pieds.
Mais une peur soudaine se reflétait dans ses iris, alors que des fards s’approchaient.
-Démarre ! S’écriait Bella.
Surprise par son entrain, je suivais ses dernières.
Rivées sur la vitre, derrière laquelle deux hommes se trouvaient, au volant d’une moto.
-Il a mal, je te signale,grognais-je.
La situation me stressait au plus haut point, et d’être impuissante me mettait mal.
Ses yeux s’ouvraient grands, quand elle cherchait ses mots.
-Je t’assures que c’est le mieux à faire, me dit elle d’un ton plus fort.
-On est loin du club, ça va le faire.
Son attention se reportait sur les deux a moto, à notre gauche. Bella leur fit de grands signes de partir, continuer leur route et nous laisser tranquille.
Mais moi, j’en avais marre.
-Passes moi le volant.
Le visage crispé de mon frère tournait de droite a gauche, aussi bien qu’il le pouvait.
Un seul mot sortait d’entre ses lèvres, avant qu’un gémissement ne le stop.
La douleur devait être insupportable.
-Gabriel, passes moi ce putain de volant.
Il devait se rendre a l’évidence, nous devions partir d’ici. L’odeur de cramé captivait encore mes narines.
Et je ne supportais pas ce stress.
Un blanc s’en suivit, sous l’humeur massacrante de sa copine.
Puis, le brun poussait sur ses jambes, avant de se tourner dans ma direction.
Il ne prenait même pas la peine de descendre. Il ne réfléchissait même pas au plus simple.
Approchant ma main de la poignée, a ma gauche, la sienne l’agrippait.
D’un signe de tête, se laissant tomber a mes côtés, il m’indiquait le volant d’un signe de tête.
-Ne sors pas,murmurait il.
Fronçant les sourcils, j’avançais a nouveau ma main vers cette foutue poignée.
Mais Gabriel grognait, à nouveau.
Très bien.
Je tentais du mieux que je pouvais de parvenir jusqu’au siège conducteur.
Un pied après l’autre, et laissait glisser mon corps jusqu’à ce que mes fesses retombent dessus.
-Démarre,murmurait Bella, yeux rivés sur la route, maintenant.
Pied sur l’accélérateur, j’entendais du bruit à ma gauche.
La fenêtre s’abaissait, et je bougeais automatiquement mon coude. Pensant avoir actionné le bouton sans m’en rendre compte.
-Vous comptez me dire où l’on va ?Demandait une voix inconnue.
-Remonte la fenêtre,poursuivait la blonde.
Mes sourcils se fronçaient.
C’était un de leur amis, encore ?
-C’est qui, eux ?Je demandais à Bella.
-Démarre !Hurlait elle.
Sa main s’avançait vers les boutons à la gauche, pour monter ma fenêtre.
Je la repoussais, le faisant à sa place, alors qu’elle était penché dans ma direction.
La main du conducteur, sur la moto, enroulait ses doigts autour de mon poignet.
Et un sentiment bien trop indéfinissable me parcourait entièrement.
Mon bras s’était figé, quand mon visage se tournait dans la direction de celui qui m’avait agrippé.
J’avais ressentit une vive douleur.
Il venait de baisser sa visière, de sa main libre.
Le garçon derrière lui ne montrait que ses yeux verts, si perçants.
Mais mon attention était reporté sur celui qui me tenait par le poignet, quand la copine de mon frère commençait à le menacer verbalement, repoussant sa main fortement. Ils avaient l’air de se connaître.
L’adrénaline reprit possession de mes membres, quand je vis les flammes se propager vers la forêt, derrière le club où l’on se trouvait quelques minutes plus tôt.
Et mon pied écrasait l’accélérateur, prenant rapidement en vitesse.
Une vitesse trop excessive, qui nous fit rapidement quitter cet endroit maudit.
Le moteur vibrait, avec une voiture plein fard sur la route nous ramenant à l’hôpital le plus proche.
Je ne lâcherais pas mon idée, peut importe ce qu’en disent ceux dans la voiture.
J’y étais déjà allé, il n’était qu’à cinq minutes d’ici.
Le compteur affichait rapidement une centaine de kilomètres par heure, avant que le dernier nombre ne soit dans la soixantaine.
Seuls les gémissements que laissait sortir Gabriel involontairement, et les regards furtifs de sa belle nous étaient palpables.
Mes mains agrippaient le volants, la vie de mon frère était entre elles.
Sa blessure était impressionnante, au dernier coup d’œil qu’il m’avait été possible de jeter.
Dans un virage, je croisais rapidement ces dernières, manquant presque de nous rentrer dans le premier arbre venu sur notre droite.
Du coin de l’œil, je pouvais voir le garçon à la moto, restant à notre gauche.
Quand les lumières de l’hôpital apparaissaient devant moi, je sentais un soulagement.
Incertain, mais présent.
Alors, manuellement, je m’étais garé. Coupé le moteur, mais restait la.
-Ben, prends son bras droit.
La jeune femme était sortit avant moi, ouvrant sa porte à la volée, pour venir ouvrir celle de mon frère.
Et moi, je restais plantée là, mettant mon visage entre mes mains.
Je reprenais le souffle que je n’avais pas su gérer, durant ma montée de stress.
Mes cheveux venait glisser sur mes cuisses, me fermant encore plus dans ma bulle.
Inspirer, expirer, quand la voiture se vidait.
Et que l’agitation extérieur commençait à me peser.
C’était Gab’ qui gérait mes situations de crise, de base.
Là, je devais m’y prendre seule. Comme avant.
Je glissais mes doigts froids entre mes cheveux, les mouvant le long de mon crâne.
Inspire, expire, Janessa. Comme il te l’a montré.
-Tu devrais les suivre.
La voix me semblait lointaine, comme celle d’un souvenir enfouie, qui ne cherche qu’à se cacher.
-Ouais, ouais, je ...Je tentais d’articuler, j’y vais.
Il avait raison, mais je ne le regardais pas, c’était celui à moto, qui enlevait son casque.
Et si je ne me trompe pas, le guitariste du groupe.
Leur chanteur est partit suivre mon frère.
Et je prenais le même chemin qu’eux.
Des murs blancs, un accueil assez grand, des gens en blouses blanches.
Ça me semblait familier, mais je n’ai pas le moindre souvenir d’être venu à un hôpital.
Malgré ma perte de mémoire, il y a quatre ans.
Je n’eu pas de mal à rapidement les trouver dans une salle d’attente, vers laquelle j’ai été redirigé, où un couple de cinquantenaire se tenait la main, dormant tête contre tête.
-Nessa.
La blonde semblait soulagé de me voir arriver, alors que je lui adressais un signe de tête, attachant mes cheveux rapidement.
A son niveau, elle qui semblait faire les cent pas, je préférais rester debout à mon tour.
Elle semblait vraiment inquiète, et ça me surprenait.
On est pas aussi inquiet, pour une simple amourette de lycée.
Mes yeux se plissaient de peu, quand j’essayais de déchiffrer son expression.
-Ils ont prit ton frère en charge, on en saura sûrement plus les prochaines heures.
Je ne répondais pas, ça semblait irréel ce qui se passait.
Mon frère ne pouvait pas être blessé, gravement. J’avais du rêver tout ce qui s’était passé.
Voyant sûrement mon état, alors qu’un de leur amis se joignait à nous, celui qui avait porté mon frère, elle posait sa paume droite sur le haut de mon bras.
Ses sourcils se fronçaient automatiquement.
-T’es gelée, j’ai jamais vu ça,murmurait elle.
Lui adressant un regard, je touchais mon bras, également. Non, il était comme d’habitude.
-Non, c’est ma température normal.
-Sérieux ?
Elle insistait, en plus. Et je pouvais sentir la présence de son ami, juste derrière moi.
-Vous allez débattre longtemps sur sa température ?
La blonde roulait ses grands yeux bleus, dévisageant la voix de l’autre type, derrière moi. Celui qui conduisait cette moto.
Et celui à qui appartenait ces yeux si sombres, que je reconnaissais quand je suivais son regard.
Ils semblaient magnétiques, je devais me rappeler d’où je les avais vu, pour la dernière fois.
Ils ne lâcheraient pas mes pensées. Ils semblaient si dur, triste. Négatif.
Si familier.
Un mot était apparu dans ma gorge, avant même que je ne pense faire la moindre action, dire quoi que ce soit.
-D.
Mon murmure avait paru comme une question, un doute.
Mais non, il n’y en avait pas.
D, je m’en rappelle, sans m’en rappeler.
-D ?Répétait Ben.
Les sourcils du garçon, face à moi, se déformaient.
Perdue, mais comme guidée par des souvenirs qui me criaient de les découvrir, je passais mes doigts sur mon pull, que j’ai mis dans la voiture.
Je touchais ma chaîne en or, avec au bout, un pendentif.
Une sorte de petite pierre, et regardait le sien.
C’était les mêmes.
Ils semblaient tous les deux pouvoir se coller, comme si cette pierre avait été brisé en deux.
Comme mes souvenirs.
Autre chose se lisait dans son regard, maintenant. Ce n’était plus seulement du négatif, il semblait y avoir de la confusion.
Comme si ce qui se passait semblait irréel.
Semblant comprendre ce qui me passait par la tête, il venait alors toucher du bout des doigts sa chaîne.
-Fais voir,me dit-il.
Perdue, je tirais sur cette chaîne, la glissant hors de mon col, afin qu’il puisse la voir.
Suivant mes gestes d’un regard concentré, il approchait sa main, avant de saisir la pierre entre ses doigts.
L’examinant.
J’avais l’impression d’avoir ressentit le souffle silencieux d’une explosion, et je du fermer mes yeux avant que les étoiles noirs ne me rattrapent, si je les ouvrais. Mes jambes commençaient à me lâcher.
La seule chose dont mon corps s’est rappelé, lui aussi, était que je pouvais lui faire confiance. Je ne me suis pas sentie mal, non, j’avais réclamé ce contact.