Prologue
Une rumeur circulait dans l'empire : celle de la tueuse invisible.
Elle n'avait pas de visage. Ils disaient tous qu'elle était comme le vent : légère et fluide. Elle marchait dans les Alpes du ciel et rugissait dans les ténèbres telle une entité au-dessus de tout.
La tueuse n'avait d'égard pour personne. Ils disaient qu'elle avait été envoyé par la maison Impériale...
Enfin, c'était ce que croyait ceux qui s'entêtait à y croire. Il faut le dire que cette rumeur était un peu bancal, propager par un groupe de personnes criant à la théorie du complots, et considérés par le peuple comme aliénées ou folles ; c'était généralement des ivrognes.
Mais la vérité était que ces gens avaient raison.
J'étais cette tueuse. Je venais d'un petit village éloigné de l'empire où la verdure était si dense et haute qu'on la croirait toucher le ciel. D'un certain point de vue, je nous comparais presque à des exilés.
Ici, nous avions une vie très différente de celle des autres habitants de l'Empire. Quand eux avaient des boulangeries et des magasins divers, nous, nous vivions de la chasse et de la cueillette. Quand ils avaient une peau aussi blanche que la neige, notre peau, à nous, était plus semblable à l'écorce des arbres et au brun de la terre chaude lors d'un été ensoleillé.
Nous n'étions pas nombreux, juste un petit village avec quelques pâtés de maisons où tout le monde se connaissait. On festoyait lors des soirées dansantes et buvait jusqu'à l'ivresse sous la pleine lune. Nous avions ce type de bonheur erratique et naïf que les civilisations autochtones pouvaient connaître.
Un bonheur bien éphémère cependant, car dans cette même province, dans les sous sols, des choses horribles se deroulaient. Il y avait cette salle où de nombreux enfants orphelins étaient entraînés jours et nuits au maniement du couteau et à l'art de la guerre. On avait fait d'eux des coquilles vides, des tueurs hors pair au service de la couronne.
J'en faisais partie, depuis mes huit ans. Je m'étais fait un nom, une légende, une rumeur.
Et me voilà à vingt-et-un ans, hébété et complètement sous le choc, car je faisait partie des deux jeunes filles de mon village sélectionnées pour se rendre à l'académie royale. L'académie du possible. Selon les dire du chef, nous allions suivre la tradition et être parmi les vingt-et-une autres jeunes filles qui seront évaluées et testées afin de prétendre au titre de future Impératrice...
L'épouse du prince héritier.
Vous êtes sûrement curieux de savoir comment j'en suis arrivée là, n'est-ce pas ? Eh bien, cela appartient à la suite de l'histoire.
Je m'appelle Philae Gerold, et ceci est mon histoire.








