Le voyage au lac et la première fissure
Le soleil chauffait encore fort ce vendredi après-midi lorsque Amel, Lina, Fanny, German, Ayoub, Laly et Lidvina chargèrent les sacs dans la vieille voiture de German. Le Lac Noir les attendait, un endroit isolé qu’ils avaient choisi pour se couper du monde, loin du lycée, des réseaux sociaux, des responsabilités. Ils avaient besoin d’un week-end pour souffler, pour oublier les petites tensions qui commençaient à poindre depuis quelques semaines.
German, le plus discret du groupe, était au volant. Grand, les cheveux noirs légèrement en bataille, il gardait ses pensées pour lui, mais son regard semblait plus lourd que d’habitude. Amel, assise à côté de lui, sentait que quelque chose clochait. Elle échangea un regard avec Lina, qui haussa simplement les épaules, feignant la légèreté.
Laly et Lidvina s’étaient déjà lancées dans une discussion animée sur les chansons qu’elles allaient mettre en boucle près du feu de camp, tandis qu’Ayoub et Fanny étaient plongés dans leur téléphone, murmurant parfois sans se retourner. Le trajet, qui aurait dû être joyeux, était tendu.
Arrivés au lac, l’ambiance se détendit un peu. Ils montèrent la tente ensemble, partagèrent un premier repas simple, et s’installèrent autour du feu. La nuit tombait doucement, apportant avec elle une fraîcheur apaisante.
Mais quand German proposa d’aller se baigner dans le lac, il y eut un silence. Amel remarqua que personne ne semblait vraiment enthousiaste, sauf lui. Il était toujours celui qui aimait braver le danger, chercher le frisson.
Au bord de l’eau, Lina s’approcha de German en aparté, le visage fermé. Amel, cachée derrière un arbre, entendit des bribes de conversation : des mots durs, des accusations. « Tu ne peux pas continuer comme ça… Tu nous mets tous en danger. »
German répliqua froidement : « C’est toi qui ne comprends rien. Si je n’avais pas fait ce que j’ai fait, on serait tous en train de pleurer depuis longtemps. »
Amel fronça les sourcils. Qu’est-ce qu’ils se cachaient ?
Cette nuit-là, alors que les autres s’endormaient, Amel resta éveillée, songeant à German. Quelque chose clochait.








