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Tu peux te retenir ? [MxM] ⚣

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Résumé

Une entorse à la cheville. Un cabinet de kiné. Et le retour imprévu dans ma vie d’un ancien camarade de handball devenu médecin du sport… Dr Omaè Césure. Quand nos trajectoires se croisent à nouveau, c’est tout un passé à demi effacé qui remonte à la surface. Mes souvenirs enfouis. Ses non-dits. Et cette foutue sensation qu’on aurait pu s’aimer depuis l’université. Entre séances de soins, entraînements de handball et rencontres épicées, on va réapprendre à se faire confiance et découvrir si cette histoire qu’on a toujours retenue… peut enfin exister.

Statut :
il y a 2 jours
Chapitres :
91
Rating
4.8 (4 avis)
Classification par âge :
18+

01 Lovi - Ça va passer

Ça fait un moment que je suis célibataire. Mais avoir une histoire d’amour ? Oui, c’est possible, pour les autres. Moi, je regarde ça de loin, c’est plus prudent. L’amour a souvent l’air de faire… mal. De toute façon, je suis probablement un peu trop bizarre pour que ça m’arrive. C’est vrai, je pense trop.

Par exemple, je me demande sans arrêt comment les gens perçoivent les choses. On marche dans la rue, les yeux sur notre téléphone. On suit les panneaux de signalisation, les feux, les passages piétons. En même temps on navigue du bout du doigt, entre boutons, champs de saisie et notifications. Tout est facile, logique, sûr.

En réalité, pour obtenir des parcours si bien coordonnés, il existe des créateurs comme moi qui poursuivent une logique implacable. C’est exactement comme ces affiches publicitaires sur les arrêts de bus. Mots, typographies, couleurs vibrantes : tout a été pensé pour déclencher un impact immédiat.

Soudain, mon cœur se contracte. Je m’écarte pour ne pas percuter un piéton, mais mon pied s’égare sur le bord du trottoir. Ma cheville se tord. Je perds l’équilibre et m’effondre sur la route. Une voiture me klaxonne. Une autre passe à cinq centimètres de mon visage.

Je me relève sous l’adrénaline, m’accroche à un poteau de signalisation et m’empêche de crier. Mon cœur cogne à cent à l’heure. Je grimace et retiens ma respiration par à-coups, au rythme imposé par la douleur qui pulse dans mon articulation.

Je reste arrimé à mon poteau froid dix bonnes minutes avant de réussir à bouger. Je repars, crispé comme jamais. Une jambe raide, l’autre trop prudente. Heureusement, le building Emôta se profile au bout de la rue.

J’arrive tant bien que mal à mon travail et parviens à me glisser dans l’ascenseur, bondé d’employés. Évidemment, tout le monde semble s’être mis d’accord pour descendre à chaque étage, avant le mien. C’est interminable et j’ai de plus en plus mal. Il faut que je m’assoie. Vite.

J’avance dans une démarche ridiculement douloureuse vers la réception de mon entreprise et m’écroule sur la première chaise venue. Je suis en train de retrousser mon pantalon pour me masser la cheville quand ma patronne, Claude Prézil, une petite rousse énergique de cinquante ans, me découvre. Elle s’inquiète aussitôt de mon état.

— Ça va pas, mon chéri ?

— C’est rien. Les clients de Doripôle ne sont pas encore arrivés ?

— Mais tu as l’air de souffrir le martyre ! T’as vu ta tête ?! Il faut que tu ailles voir un médecin. Tu peux pas faire ta réunion comme ça.

— Si, si… ça va passer.

— Je crois pas, non. Suly ! Sulyyy !

Mon collègue, SULYVANE, arrive tranquillement un dossier sous le bras. Peau mate, regard clinique. Toujours impeccable dans son pantalon de costume et son gilet ajusté sur sa chemise blanche. Il m’étudie rapidement, en restant parfaitement stoïque, puis il prévient Claude.

— Il y a un cabinet de kinésithérapie en bas de l’immeuble.

— Je vais les appeler ! Je vais leur dire que c’est urgent. Tu peux trouver un fauteuil qui roule, pour qu’on puisse l’emmener ?

Je proteste aussitôt.

— Non, mais c’est bon… je peux tenir.

Repliée sur moi-même, je souffre de plus en plus. Je n’ose même plus toucher ma cheville. Sulyvane s’approche d’un pas pour capter mon attention. Son regard est fixe. Inconfortablement précis. Froid.

— On ne négocie pas avec la douleur.

Il disparaît aussitôt de mon champ de vision. C’était bizarre, mais je m’en fous. Là, j’ai juste trop mal pour penser à autre chose : il y a une boule chaude qui enfle dans ma cheville.

Claude s’éloigne, puis revient quelques instants plus tard avec un torchon humide. Elle s’agenouille devant moi, son téléphone coincé contre l’oreille.

— Madame Prézil, de l’entreprise Elodi à l’appareil. Mon employé vient juste de faire une très mauvaise chute. Il ne va pas bien du tout. On est de l’immeuble Emôta. Oui, j’attends.

Elle plie soigneusement le torchon et le pose sur ma cheville. Le froid me saisit d’un coup, mais me soulage aussitôt. Elle conclut rapidement sa conversation téléphonique avant de glisser son téléphone dans sa poche.

— C’est bon. Ils nous attendent.

Sulyvane revient au même instant avec le diable rouge que l’on utilise pour déplacer les cartons. Il le met près de moi et fait une blague. Enfin, je crois.

— J’ai pris les tendeurs pour sécuriser le colis.

— Super. Je l’emmène. Tu restes pour accueillir tes clients ?

Sulyvane hoche sobrement la tête, me prend ma sacoche d’ordinateur, puis m’aide à m’installer sur le diable. Nous voilà partis. Ma cheffe, du bout de ses bras pourtant frêles, assure ma livraison jusqu’au rez-de-chaussée.

— Vous savez, Claude… j’aime pas trop les docteurs.

— Moi non plus, chéri. Mais ça fait toujours plaisir d’avoir quelqu’un pour nous dire qu’on ne va pas mourir tout de suite !

Je lui souris, à deux doigts de pleurer, tandis que les portes du cabinet s’ouvrent. Claude annonce notre entrée.

— Livraison express du dixième !

Les deux patients présents lèvent les yeux, amusés par notre entrée rocambolesque. Je leur adresse un bref sourire et salue la secrétaire d’un signe de tête un peu raide. Claude m’aide à m’installer dans la salle d’attente, puis s’apprête à retourner au bureau.

— Appelle-moi quand t’as fini.

J’acquiesce et replie les bras contre moi. J’attends cinq minutes. Je retourne mon torchon humide, mais il est déjà tiède. Je l’enlève. Ma peau est rouge et brûlante.

Encore cinq autres minutes passent. J’ai les yeux dans le vague, j’ai envie de pleurer. Parce que j’ai mal. Parce que je m’en veux d’être tombé. Parce que j’aime pas les cabinets médicaux, les hôpitaux, tout ça. Mais il y a du monde autour de moi, alors j’essaye de me contenir.

Je suis concentré sur le visage ridé de l’assistante, qui ne doit plus être très loin de la retraite, quand soudain, le médecin sort de son bureau pour raccompagner un patient. C’est un grand brun à lunettes. Il porte une blouse blanche de… arg... de docteur. Lorsqu’il se retourne, je sens son regard glisser sur moi. Je détourne aussitôt les yeux.

— Monsieur Mercier ? C’est à nous, venez. Entrez.

L’homme lui donne un grand sourire, un bonjour un peu trop aigu, puis se jette littéralement dans son bureau. Le deuxième patient est appelé dans l’espèce de salle de sport, à côté de la réception. La porte se referme.

Je suis tout seul. La secrétaire est au téléphone, alors je m’autorise à craquer. Je me replie sur moi-même et lâche deux belles grosses larmes qui m’aveuglent aussitôt. Je me sens nul. Et je suis sûr que je serai encore plus mal en sortant d’ici. J’ai juste besoin… d’un câlin.

Soudain, le médecin ressort de son bureau pour aller parler à la secrétaire. J’ai pas fini de pleurer, alors je garde la tête basse. Je l’entends retourner dans son bureau pendant que je sèche mes larmes.

Une minute plus tard, la secrétaire vient me donner une serviette dans laquelle se trouve un pack de froid.

— Appliquez ça sur votre cheville. Le docteur m’a dit qu’il vous recevra dans un petit quart d’heure environ.

Le froid me soulage rapidement. Je me décrispe un peu et lève la tête vers le plafond. Mon corps se calme, mais pas ma tête.

J’ai envie de partir. Je déteste les lieux médicaux. Je déteste les chaises en plastique, les plantes en pot déprimées, l’odeur de désinfectant. Mais ce que je déteste encore plus, c’est l’idée que quelqu’un que je ne connais pas pose ses mains sur moi.

…

J’ai rien à faire ici. J’ai mal, mais… ça va passer.


📖 Prochain chapitre : point de vue d’Omaè ! 🔥

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🌶️ Certains jours : chapitres spicy et érotiques ! 🔞

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