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𝐅𝐀𝐍𝐆𝐒 𝐈𝐍 𝐓𝐇𝐄 𝐃𝐀𝐑𝐊𝐍𝐄𝐒𝐒

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Résumé

𝙑𝙊𝙐𝙎 𝘿𝙀𝙑𝙍𝙄𝙀𝙕 𝙑𝙊𝙐𝙎 𝙈𝙀𝙁𝙄𝙀𝙍 𝘿𝙀 𝘾𝙀 𝙌𝙐𝙄 𝙍𝙊̂𝘿𝙀 𝘿𝘼𝙉𝙎 𝙇𝙀 𝙉𝙊𝙄𝙍. La vie de Shiloh n'a jamais été banale. Élevée entre les murs de l'appartement dans lequel elle a grandi, ses brefs instants de liberté ne sont que volés. Mais ce quotidien, malgré tout tranquille, vole en éclat lorsqu'elle est attaquée par une créature étrange au milieu de la nuit. Sauvée par une milice appeler l'Aegis Contract Force, elle se voit contrainte de travailler pour eux après la découverte d'une anomalie dans sa génétique. La jeune femme se retrouve alors embarquée dans un monde dominé par des soldats mutants qui ne la voit que comme un défouloir. Mais elle n'est pourtant pas déterminée à se laisser faire. Elle se liera pourtant avec deux soldats que tout semble opposer et qui, pourtant, deviendront ses meilleurs alliés. Et plus encore. Ewan Graham, un jeune homme plein de vie qui n'a pas sa langue dans sa poche, tout comme ses poings. Et l'énigmatique lieutenant Reaper, aussi taciturne que calculateur, dont le visage est en permanence recouvert par un masque. Mais et si le plus grand danger, n'était pas celui que l'on attendait ? (Je modifierai sans doute ce résumé)

Statut :
il y a 3 jours
Chapitres :
27
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

𝐏𝐑𝐎𝐋𝐎𝐆𝐔𝐄

Le froid mordant de la nuit me brûlait les joues, me poussant à enfouir mon visage dans l’épaisse écharpe enroulée autour de mon cou. Mais ça n’avait rien de surprenant, les températures hivernales de l’Alaska étaient piquantes. Je ne m’y habituais pas malgré que je sois née ici. Bien que je ne puisse m’en prendre qu’à moi-même d’avoir mis le nez dehors en pleine nuit.

Je plongeai mes mains dans les poches de mon manteau alors que mes pas s’enfonçaient dans une abondante couche de neige qui craquait sous mes semelles. Les rues désertes me donnaient l’impression d’être seule au monde. Un peu comme dans ce film d’horreur de vampires, 30 jours de nuit. Et si ma mémoire était bonne, l’intrigue se déroulait également en Alaska. Même s’il y avait peu de chance que je vois des suceurs de sang surgir de l’obscurité pour me vider de me mordre à la carotide. Surtout pas dans une ville comme Anchorage, bien trop peuplé. Non ce genre de tuerie de masse fonctionnait bien mieux dans des endroits isolés où la communication pouvait facilement être coupée.

Cette idée me tira un petit sourire amusé. Des prédateurs avec une intelligence humaine, voire supérieure, penseraient sans doute comme moi. Pourquoi prendre le risque de se faire remarquer quand on pouvait tout faire dans le noir sans éveiller les soupçons de personne ?

Un bruit dans mon dos m’arracha à mes réflexions sur les plans de massacre dans un univers parallèle rempli de créatures monstrueuses. Mon cœur s’emballa dans ma poitrine alors qu’une faible peur naquit dans mes entrailles. Si les bêtes fantastiques pourvues de crocs et de griffes n’existaient pas, un tout autre type se baladait dans nos rues.

Des humains.

Même l’Alaska n’était pas connu pour avoir une énorme quantité de tueurs en série, ce n’était pas impossible. Et je représentai la victime parfaite à cet instant. Une jeune femme, seule, dans la nuit glacée et sans rien pour se défendre. L’idée de me faire kidnapper et balancer dans le coffre d’une voiture me donna des sueurs froides.

Le bruit se rapprocha.

Je faillis me mettre à courir, mais une petite voix dans ma tête me chuchota que c’était irrationnel. Je jetai quand même un coup d’œil par-dessus mon épaule et tressaillis en réalisant qu’il y avait quelqu’un tout près de moi. Je jurai en posant une main sur ma poitrine où mon palpitant martelait comme s’il cherchait à s’échapper. Ce n’était pas un kidnappeur, seulement une fille au visage tâché par son mascara. Aucun doute qu’elle avait pleuré.

— Mon Dieu, faut pas faire des trucs comme ça…, marmonnai-je en me retournant complètement vers l’inconnue.

— Désolée, mais mon mec m’a laissée dans la rue après une dispute, et… et…

Elle éclata à nouveau en sanglots, ce qui me mit un tantinet mal à l’aise. Consoler les gens n’avait jamais été mon fort. Bien que son compagnon – que j’espérai voir devenir son ex – était un beau salaud de l’avoir abandonné de cette manière au milieu de la nuit dehors.

— Hum, désolée, mais calme-toi, lui dis-je en essayant d’être avenante. On peut… faire un bout de chemin ensemble si tu veux. Comment tu t’appelles ?

Un peu de solidarité féminine ne pouvait pas lui faire de mal.

— Mary…

— Moi, c’est Shiloh, viens ne restons pas là. Il fait froid et il est tard.

Je ne savais pas où elle allait, mais puisqu’elle marchait derrière moi, c’était sans doute sur mon itinéraire. Elle hocha la tête, agitant les mèches brunes qui entouraient son visage souillé de larmes. Elle essuya son nez dans la manche de son manteau, ce qui m’arracha une grimace discrète. Mais je tins ma langue vu son état. Je me remis à avancer et elle me suivit de près. Je ne savais pas quoi lui dire parce que je craignais d’aggraver son moral en la questionnant sur son incapable de copain.

Sérieusement, qui laissait une fille seule dans la rue au milieu de la nuit ? Une dispute ne représentait pas une excuse valable pour faire ce genre de chose. Nous tournâmes à l’angle d’un bâtiment et mon attention se fixa sur un camion. Mais ce qui me paraissait étrange avec ce véhicule, c’était qu’il avait une dégaine de transport militaire, mais plus… solide. Ce n’était pas là quand j’étais partie plus tôt dans la nuit.

La main de mon accompagnante se referma sur mon bras avec force. Je détournai mes yeux du convoi pour les poser sur Mary. Son visage s’était vidé de toute couleur, faisant d’autant plus ressortir les traces foncées de mascara sur ses joues. Son expression transpirait l’effroi alors qu’elle observait quelque chose dans la neige. À mon tour, je scrutai ce qui semblait tant la terrifier. Des taches rouges souillaient le blanc immaculé du sol.

Trop sombres.

Trop épaisses.

Elles n’avaient rien d’accidentel.

Mon souffle se bloqua dans ma poitrine. Une peur sourde, irrationnelle, me serra les entrailles, comme si mon corps avait compris avant mon esprit.

— Faut pas qu’on reste là…

Ma voix n’était plus qu’un murmure étranglé.

Je la poussai brusquement sur le côté, l’obligeant à changer de trottoir. Peu importait ce que ces traces signifiaient. Un blessé ou un mort, je ne voulais pas le savoir. Il y avait des choses qu’il valait mieux ne jamais regarder de trop près. Sauf qu’en arrivant de l’autre côté, dans une ruelle étroite, quelque chose de tiède me tomba sur le visage. Je portai ma main à ma joue. Un liquide épais, poisseux, s’étirait entre mes doigts, formant des filaments.

— Qu’est-ce que… ?

Un grognement guttural résonna au-dessus de nos têtes, vibrant dans le silence glacial. Un son bas, profond, chargé d’une faim animale.

En levant les yeux, je croisai deux pupilles brillantes et féroces. Trop proches. Je me jetai sur le côté au moment précis où la chose fondit sur nous. Le hurlement de Mary déchira l’air aussitôt étouffé par des grondements furieux et des bruits humides qui je refusai de reconnaître. Je me relevai, titubante, sur mes pieds en observant le dos massif et poilu qui recouvrait le corps minuscule de sa victime et obstruai l’entrée du passage. Mon instinct de survie s’embrassa. Une décharge d’adrénaline brûla mes veines. Je pris mes jambes à mon cou, fuyant à travers les rues glacées d’Anchorage, laissant derrière moi les cris, les grognements… et avec la certitude atroce que j’étais devenue la proie d’une abomination.

Je pouvais entendre les claquements de dents et les pas lourds de la chose qui me poursuivait. Je n’avais jamais été très sportive, mais à cet instant, je me sentais portée par la peur. J’ignorai la brûlure dans mes poumons et dans mes muscles. Cependant, le monstre parvint à me rattraper bien trop vite. Il me heurta avec une telle force que mon corps se trouva projeter dans une ruelle adjacente. Je gémis de douleur, ma chute à peine amortie par la couche de poudreuse.

Je cherchai malgré tout à ramper pour me sortir de ce cauchemar. Vaine tentative stoppée par un important poids qui s’écrasa sur moi. Le souffle difficile, je geins avant qu’un cri ne m’échappe alors qu’une douleur innommable me traverse l’épaule. Des dents acérées s’enfoncèrent dans ma chair pendant qu’à droite, je sens des griffes trancher mes vêtements et ma viande comme s’il s’agissait de beurre. Je ne pus que hurler ma souffrance en priant que quelqu’un me vienne en aide.

Au moment où tout espoir quittait mon corps en même temps que mon sang, des détonations explosaient dans la nuit. Les crocs s’extirpèrent de mon épaule et des couinements s’élevèrent alors que la masse pesante s’envole. Je demeurai pourtant à terre, le froid s’infiltrant à travers mes vêtements. Je luttai pour ne pas perdre connaissance, mais c’était peine perdue. Ma vue se troublait et mon audition faiblissait, comme si on avait enfoncé des bouchons dans mes oreilles.

La dernière chose que je vis, plusieurs silhouettes floues se tentant au-dessus de moi.

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