0 - Le Réveil de Wano
Après la chute des deux Empereurs, Wano se libéra enfin de vingt ans d’oppression. Le pays renaissait lentement, comme une terre longtemps privée d’air qui retrouvait la lumière. Dans les rues, rires et larmes se mêlaient, et le peuple célébrait la fin du règne d’Orochi et de Kaido tels qu’on salue un retour à la vie.
Même les villes oubliées et les villages meurtris s’éveillaient à leur tour. Les ruelles délabrées se transformaient en allées vivantes ; les maisons se reconstruisaient pierre après pierre ; des commerces naissaient, timides mais tenaces, témoignant d’une ère nouvelle où l’espoir osait à nouveau s’étendre.
Momonosuke, brusquement propulsé à l’âge adulte par les pouvoirs de Shinobu mais encore enfant dans son cœur, fut nommé shogun. Sous les acclamations d’un pays assoiffé d’espoir, il promit de ramener la paix et de restaurer l’honneur du clan Kozuki. À ses côtés, Hiyori dévoila enfin les crimes de l’ombre, offrant à Wano la vérité qui lui avait tant manqué.
Yamato, malgré son ardent désir de suivre Luffy sur les mers, choisit de rester pour comprendre cette terre qu’Oden avait aimée jusqu’au sacrifice. Et avant de s’éloigner, Luffy confia à Momonosuke un Jolly Roger, symbole silencieux d’une protection éternelle.
Parmi ceux qui demeuraient pour guider le pays vers sa renaissance, une silhouette se distinguait : Kikunojo de Lingrâne, droite malgré les blessures, lumineuse malgré les ténèbres traversées. Blessée, meurtrie, amputée, elle portait pourtant la même douceur qu’autrefois, cette force tranquille qui l’avait soutenue dans les heures les plus sombres. Sa cicatrice, loin d’être une marque de faiblesse, devint pour elle le sceau de la liberté retrouvée.
Aux côtés des Fourreaux Rouges, Kiku accompagnait Momonosuke dans ses premiers pas de shogunage. Elle offrait à la nouvelle ère un sourire paisible et une détermination que rien ne semblait pouvoir briser. Car plus que quiconque, elle avait vu Wano sombrer, et plus que quiconque, elle refusait de le voir replonger dans l’ombre.
Dans le vent qui glissait sur les plaines, on aurait dit que la terre elle-même portait son serment silencieux : plus jamais l’obscurité ne dévorerait sa patrie.








