Léonise Alfensio
En plein orage, les cris d'une femme entrain d'accoucher résonnaient à l'intérieur d'une maison close.
À l'extérieur, des gardes royaux étaient postés et un roi était dans son carrosse.
Même la naissance de son propre enfant ne l'ébranlait pas. Pourquoi ? Car cet enfant va connaître le jour dû à une relation honteuse entre le roi et une femme des quartiers de plaisir.
Sacrilège pour la couronne !
Honte pour le roi et la reine !
Impur pour la couronne !
À côté de lui, sa femme, la reine, elle regardait le roi avec une lueur de froideur dans les yeux et dit
- Tu ne comptes pas rejoindre ta maîtresse ?
- Elle est en pleine accouchement, répondit-il
La reine se mit à rire légèrement sans joie. Juste du mépris et du dégoût
- C'est très probable que cet enfant ne soit pas le tien. Elle est vulgaire, bruyante... elle a sûrement dû coucher avec la moitié des hommes de ce royaume et toi aussi.
Le regard du roi se durcit, mais ce n'était pas le problème de sa femme qui continuait ses accusations infondées mais qui peut être... vrai
- Peut-être qu'elle ne connaît pas le père de son bâtard et a décidé....
La voix du roi tonna dans la carrosse, coupant la parole à la reine qui affichait maintenant un air de mépris.
- Assez de tes jérémiades ! Les yeux de ce " bâtard" comme tu sais si bien le dire prouveront s'il est réellement mon fils.''
Pendant ce temps à l'intérieur, deux vies étaient entre la vie et la mort.
Elle poussait de toutes ses forces, encouragée par la vielle patronne de cette maison close. À la dernière poussée, un cri et ensuite des pleurs retentissaient à l'intérieur.
La vielle patronne tena le bébé dans ses bras et regarda la nouvelle mère en souriant et dit
- C'est un garçon
La jeune maman s'empressa de prendre son fils, son enfant, son tout malgré les douleurs résiduelles de l'accouchement. Elle pleurait de joie contre le front du nouveau-né qui avait les yeux de couleure bleu, rappelant les profondeurs de la mer des caraïbes — celle de son père, le roi.
Quelques minutes après, le roi et la reine rentrèrent dans la pièce. La reine ne cacha pas sa colère suit à la découverte du visage du bébé.
Il ressemblait à son mari, le roi. Non seulement des yeux mais aussi cette couleur de cheveux blonds platines, une peau blanche, presque pâle à la lumière du soleil et un nez fin et droit d'une élégance remarquable malgré qu'il soit un nouveau-né.
La jeune mère tenait le bébé dans ses bras. Le roi s'approcha du lit. Le bébé regardait le roi avec le regard d'un petit être qui vient de découvrir le monde. Il tendit sa petite main vers lui comme s'il le reconnaissait comme son père.
Le roi regardait le bébé avec un air distant mais prit la main du nouveau né avec son auriculaire. La reine derrière, dissimula son dégoût. Jamais en dix ans de mariage, cet homme n'a jamais touché leurs deux premiers enfants à la naissance.
- Comment s'appelle t-il ?
- Léonise, réponda la jeune maman en regardant Léonise avec amour.
- Léonise Alfensio. Ça sera désormais son identité.
La reine cria derrière avec colère et jugement.
- Tu vas vraiment accepter cette chose dans la famille royale.
- Oui, puisque que cette "chose" est mon fils que tu le veuilles ou non.
La reine attrapa avec force la manche du manteau noire de son époux, les larmes presqu'aux yeux devant un homme qui ne la regardait même pas.
Seulement le bébé qui dormait paisiblement contre la poitrine de sa mère comme si cette tension actuellement n'était pas son problème.
La reine parta de cet endroit. Une pensée de vengeance se forgea dans sa tête.
Quelques mois après, Léonise fut reconnu comme le fils du roi et vivait désormais dans le palais royal.
Les domestiques ne "s'occupaient" pas vraiment de lui. Souvent, elles lui donnaient des repas qui ne convenaient pas à un bébé de trois mois et demi.
Triste réalité, ce pauvre bébé était seul — un père occupait par les campagnes politiques et un militaire et une mère décédée peu de temps après sa naissance dû à un "accident" .
Léonise pleurait tout le temps, tombé fréquemment malade, son corps ressemblait presque à celui d'un squelette. Tout ça un coup de la reine.
Mais, une nourrice avait commencé à ressentir de la culpabilité. Chaque fois, une question revenait dans sa tête " Si c'était mon enfant... accepterais-je qu'il subisse cela ?".
Sous le poids du regret, elle avait tout révélé au roi, tout les mauvais traitements de Léonise était dû à la haine amère de la reine.
Tout le royaume raconta ce jour-là que ce parfait couple royal avait presque frôlé le divorce. Certains trouvaient que la reine exagéré, d'autres trouvaient cela horrible et éprouvaient de la compassion pour ce pauvre bébé qui n'a pas demandé à naître illégitime. Et certaines femmes de la haute noblesse n'hésitaient pas à se moquer du dos de la reine.
Pour empirer le tour, une rumeur circulait dans la cour royale que le roi et la reine ne partageaient plus la même chambre.
Le lendemain après ce scandale, Léonise était allongé sur le lit du roi. Sa peau avait repris un peu de couleur.
Le roi était assis à côté du petit corps qui luttait pour sa vie. Il caressait la joue du bébé avec son index. Sa voix s'adoucissant légèrement
- Voilà un vrai p'tit guerrier.
Léonise poussa des faibles gazouillis en signe d'accord et regarda le roi en tapant des mains.
La nourrice qui avait dénoncé tout cela, rentra dans la pièce avec hésitation et dit en baissant le regard
- Bonjour votre majesté... je viens nourrir le troisième prince.
Le roi la laissa prendre l'enfant. Elle était une simple roturière comme la majorité des domestiques dans ce palais.
Elle avait des cheveux bruns attachés en chignon. Sa peau était claire, des tâches de rousseurs dominaient sur son visage. Ses yeux étaient de couleur brun noisettes. Elle devrait faire l'âge de seize ans.
Il la regardait avec confusion. Si elle comptait vraiment nourrir Léonise... pourquoi n'a telle pas apporté un biberon avec elle ?
Il trouvait cela bizarre et dit avec une voix autoritaire
- Je veux des explications claires et nettes !
La pauvre jeune fille sursauta et dit la voix tremblante à cause de la panique
- J'étais nourrice avant de travailler ici comme domestique privée de la reine.
Un silence gênant s'installa dans la pièce seulement coupé par les bruits du bébé toujours dans les mains de la domestique.
- À un si jeune âge ? dit le roi, la voix autoritaire légèrement tendu par la gêne.
Elle hocha vigoureusement la tête en signe de " oui". Le roi était connu pour sa méfiance. Il la fixa longuement et dit
- Nourris-le devant moi !
Le visage de la domestique passa instantanément à un rouge écarlate. Elle ne pouvait pas refuser la demande du roi face à son regard sévère et autorité. Le roi pensait qu'elle avait sûrement dû être corrompue par la reine comme les autres boniches de ce palais.
Elle dit la voix tremblante.
- D'accord votre majesté.
Elle commença à déboutonner le haut de sa tenue. Les yeux du roi s'écarquillaient légèrement d'incrédulité, de léger gêne et de surprise lorsqu'elle commença à faire apparaître la chair d'un de ses seins. Il détourna rapidement le regard et murmura à lui-même
- Donc tu ne mentais pas.
Léonise commença à téter vigoureusement le sein de celle-ci. Le roi demanda
- Tu as eu ton premier enfant à quelle âge ?
- À 14 ans... c'était dû à une agression collective, dit-elle, les yeux presque remplis de larmes
- Et ton enfant ?
- Il est mort né, dit-elle.
Un silence triste descendit dans la chambre comme le vol d'un corbeau de mauvaise augure.
Le roi ne dit plus rien ensuite. Il remarqua un léger mouvement derrière la porte entrouverte. Il ferma les yeux et dit
- Tu es une femme capable contrairement à certaines dans ce royaume.
La domestique le regarda avec confusion. Derrière la porte entrouverte... la reine. Son visage se crispa de colère avant de partir dans ses appartements royal.
C'était le dernier jour que le roi et la reine se parlent encore.
Les années passaient comme une fleur en plein éclosion, Léonise grandissait, ressemblant de plus en plus à son père mais avec les traits doux de sa mère qui rappelait ceux des européens du nord.
Sous les soins de cette même domestique, l'appelant souvent " Maman". Souvent, il suivait son père dans ses campagnes militaires. À travers cela, il avait trouvé cet "être" qui fait résonner son cœur et son âme tout entier. C'était la lame d'une épée.
Le champ de bataille était son seul endroit où il pouvait fuir l'enfer du palais royal avec une reine et ses enfants qui n'arrêtaient pas de lui mener la vie dure.








