Poème 1
On m’a dit : « Tu as changé. » Pourtant, j’avais juste envie de me ranger, sans doute parce qu’on m’y avait obligé, comme si le temps m’y avait forcé.
Ça n’a pas toujours été dans mes projets de changer de personnalité, mais on me l’avait conseillé comme une fatalité, comme si tout ça n’était qu’une facilité. Alors j’ai accepté. Mais je tuerais pour retrouver ce qui me différenciait, ce qui me maintenait debout avec une telle facilité.
Aujourd’hui, je me dois d’endurer cette vie qui n’est que dureté et méchanceté. Mais je sais que tu le ressentais : quand je te prenais dans mes bras, ce sont mes émotions que je retenais.
T’ai-je vraiment aimé, ou n’étais-tu que le reflet de l’amour que tu éprouvais, comme un miroir cassé, gelé pour l’éternité ? Telle était ta destinée : m’aimer quand c’était justement ce que, moi, je fuyais.
Tu ne m’as jamais oublié, tandis que moi, j’ai essayé de progresser. Mais mes sentiments n’ont pas évolué, incapables de se métamorphoser.
Tu affrontais les choses quand moi, je m’échappais avec un plan parfaitement échafaudé. J’avais la réputation de briser les cœurs, et toi, tu m’as demandé de le réparer, comme s’il était incapable de marcher.
Mais ne voyais-tu pas que le mien n’avait jamais existé, comme un mythe inventé, perdu dans de vieux cahiers ?
Tu griffonnais mon nom sur du papier pendant que je priais de ne pas tomber dans l’amour que tu défendais.
Peut-être pensais-tu pouvoir me changer, alors que j’étais déterminé à rester celui que j’étais, quand je me foutais de ce que les autres pouvaient penser.
Et c’était peut-être ça, ma destinée : m’empêcher de pouvoir aimer quand c’est précisément ce que tout le monde recherchait, perdu et incompris pour l’éternité.



![The dark night [Terminée]](https://cdn-gcs.inkitt.com/vertical_storycovers/ipad_d3b58b36c3031823ebbe8130363011f7.jpg)




