The dark night [Terminée]

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Summary

Elina n’a jamais eu la chance de découvrir le monde extérieur, prisonnière de son père. Lorsque ce dernier lui ordonne d’effectuer une mission à l’extérieur du manoir pour espionner le gang rivale, elle profite de sa liberté. A la première occasion elle déballe tout et se retrouve kidnappée par Wayn, le second du gang rival. Leur rencontre est un peu mouvementée mais très vite leur attirance va changer la donne.

Genre
Romance
Author
Célia
Status
Complete
Chapters
38
Rating
5.0 16 reviews
Age Rating
18+

1

ELINA

Confortablement allongée dans mon lit, un roman dans les mains. Je suis brusquement interrompu, par le bras droit de mon géniteur. Sa voix désagréable me provoque un frisson de dégoût et de haine.

— Elina, ton père t’attend dans son bureau, m’informe-t-il depuis l’entrée de ma chambre où l’absence de porte se fait ressentir.

Je regarde l’homme qui se tient à l’encadrement de ma porte, avec le regard le plus sombre que je puisse lui faire. Je ferme mon livre en oubliant pas d’insérer mon marque page à l’intérieur. Je me lève lentement de mon lit pour le rejoindre, plus j’avance et plus les battements de mon cœur s’accélèrent. Son regard ne se détache pas de moi tout le temps où je me rapproche de lui. Une fois arrivé à sa hauteur, il me tourne le dos et se dirige vers le bureau qui est à l’étage inférieur. Le trajet s’effectue dans un silence malaisant, car aucun de nous deux ne veut parler à l’autre pour échanger des banalités. J’ai l’impression que le trajet dure une éternité mais qu’en même temps il est trop rapide. Lorsque l’on arrive au niveau de la porte du bureau, il toque et la voix de mon géniteur m’invite à entrer. J’ouvre la porte et entre dans la pièce. Mon corps tremble mais je fais tout pour ne rien laisser paraître. Pour me détendre, mes yeux parcourent la pièce. Je retiens une grimace de dégoût en constatant la décoration de mauvais goût. Malgré le potentiel de la pièce spacieuse, mon géniteur n’a aucun goût pour aménager son bureau. La moquette bleu canard qui recouvre le sol est le premier signe. Assis en face de moi derrière son bureau en chêne massif, l’homme qui me sert de père me fixe avec dégoût et haine.

Au moins on est deux!

Il me regarde sans ouvrir la bouche, comme s’ il réfléchissait. Plus les secondes passent et plus ma patience s’effrite.

— Tu m’as demandé et je suis là. Alors maintenant, dis-moi ce que tu me veux!

Son regard se fait plus sombre et je peux même voir la petite veine qui palpite sur son front. Je commence à en avoir l’habitude.

— Parle-moi sur un autre ton, si tu ne veux pas être encore punie, m’annonce-t-il avec un léger sourire sadique.

Mon corps se crispe à ses mots et je me fais plus petite. Je ne veux plus subir ses punitions mais en même temps je ne veux pas me laisser faire sans rien dire.

— Approche-toi.

J’obéis et avance de quelques pas mais je garde quand même une certaine distance avec son bureau. Les battements de mon cœur palpitent dans mes oreilles, j’inspire pour les atténuer.

— Tu vas enfin me servir à quelque chose. J’ai besoin de récolter plus d’informations sur le gang ennemi, qui se nomme les Blackbirds et pour cela tu vas devoir les infiltrer. C’est très simple, je veux que tu travailles en tant que serveuse dans leur bar, m’explique-t-il en se levant de sa chaise pour s’approcher de moi.

Mon corps se tend, il est hors de question que je fasse quelque chose pour lui! je ne dis rien et le laisse continuer pour en savoir plus.

— Le fait d’être serveuse va te permettre de récolter des informations et si tu couches avec eux ce sera encore plus simple!

Ces mots me rendent folle de rage! Comment peut-il me demander une chose pareille, je ne suis pas sa pute!

— Tu peux aller chercher tes infos toi-même! Ne compte pas sur moi! craqué-je en reculant d’un pas.

Je n’ai pas le temps de faire un pas supplémentaire qu’il me gifle. Elle est tellement forte que j’en tombe par terre et il en profite pour me tirer par les cheveux pour m’emmener vers la pièce d’à-côté.

Pas cette pièce…

— NON! Lâche-moi! hurlé-je en essayant de le faire lâcher prise.

Les larmes coulent sur mes joues et tente de me libérer en vain.

Je ne veux pas y retourner…

— On va voir si tu ne vas pas faire la pute pour moi!

Il resserre sa poigne et me tire dans la pièce. Mon crâne est douloureux ainsi que ma joue qui doit être rouge après la baffe que j’ai reçue. Une fois à l’intérieur de la pièce, une odeur de sang et de pisse se fait sentir. Je grimace de dégoût mais une montée de courage ou de bêtise monte en moi. Je lève la tête et crache au visage de mon bourreau. Mon crachat atteint sa cible et je souris.

— Crève sale merde.

Bim.

Un coup dans le ventre qui me coupe le souffle.

— Tu es aussi inutile que ta mère! Tu lui ressembles tellement que tu me répugnes!

Bim.

Cette fois, dans le visage. Le goût du fer se répand dans ma bouche et je crache l’excès sur le sol. Je veux tellement qu’il meurt comme la pourriture qu’il est. J’ai tellement de rage envers lui que je pourrais le tuer de mes mains. Je le regarde et souris.

— Je suis contente de ne pas ressembler à un porc comme toi! lancé-je avec dédain.

Bim.

Un autre coup, malgré la douleur je ne flanche pas. J’ai l’habitude de ses coups. Depuis la mort de ma mère, il y a dix ans, je m’en prends plein la tête. Tout ça, parce que j’ai pris les cheveux blonds et les yeux verts de ma mère. En pensant à elle, mon coeur se serre, elle me manque tellement. Je reviens à mes esprits lorsqu’il me tire pour m’accrocher au mur au fond de la pièce avec les chaînes prévues à cet effet. Une fois attachée, il recule toujours avec ce sourire toujours aussi mauvais. Je tire sur mes mains mais avec les chaînes c’est peine perdu.

— Tu sortiras d’ici seulement quand tu accepteras de faire les putes chez les Blackbirds, me menace-t-il en sortant de la pièce.

Il est hors de question que j’accepte, plutôt crever! Je mets dans une position dans laquelle je suis confortable car je ne risque pas de sortir dans l’immédiat.

Le métal froid glisse sur mes poignets et m’empêche de bouger à plus d’un mètre du mur. Je n’ai pas mangé et mon ventre gargouille déjà alors que cela fait à peine quelques heures que je suis enfermée dans cette pièce sans le moindre faisceau de lumière. Je ne sais pas combien de temps je vais rester ici, mais ce qui est sûr c’est que je ne suis pas prête d’accepter.



J’ai vraiment faim… Et maintenant j’ai soif…

Je sais que je ne peux pas rester plus de trois jours sans boire sans en mourir ou au moins avoir de graves problèmes de santé. Je vais essayer de trouver un moyen de sortir. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis enfermée mais je suis à bout de force.

Est-ce que je vais mourir ici? Comme un vulgaire rat?

Je ne veux pas perdre face à lui, je veux vivre et voir ce qui se passe en dehors de ce manoir.

Une idée me vint en repensant à ce que mon père me demande de faire. Je pourrais faire semblant d’accepter sa mission pour sortir d’ici. Sur ces réflexions mes yeux commencent à se fermer, mais je lutte pour les garder ouverts. Si je m’endors, je ne suis pas sûre de me réveiller un jour. La meilleure idée est de faire semblant. je rassemble alors mes dernières forces pour me faire entendre.

— J’ACCEPTE!!

Lorsque la porte s’ouvre, mes larmes coulent sur mes joues mais ce sont des larmes de soulagement.

Je vais enfin sortir d’ici.