QUAND ILS SE RENCONTRENT
*BLANCHE*
J’arpentais les rues de Londres en direction de mon appartement. J’étais épuisée par le travail. Être la secrétaire d’un PDG capricieux, arrogant et sauvagement beau était tout sauf facile. Mais je n’avais pas vraiment le choix : si je voulais offrir une vie paisible à ma famille composée de deux personnes, je devais travailler. C’était pour cela que je rentrais presque tous les jours à 20 h 30. Parfois à 20 h, si la chance était de mon côté, et à 22 h, si ce n’était pas le cas.
Je sortis de mes pensées lorsque je la vis. Comme par instinct, je me figeai immédiatement. Après quelques minutes à la fixer, sous le choc, je décidai de faire demi-tour, mais, bien évidemment, elle me vit et m’arrêta.
⁃ Oh, sœurette. Ça fait tellement longtemps ! Tu m’as énormément manqué, dit-elle avec une fausse voix de sœur aimante.
Elle n’avait toujours pas changé. Elle était toujours la même peste. Et bien qu’il y ait effectivement longtemps que je n’avais pas vu sa tronche, elle ne m’avait pas du tout manquée.
⁃ Comment vont les choses pour toi ? me sortit-elle, l’air intéressé.
⁃ Comme tu peux le voir, tout va pour le mieux, dis-je avec un sourire forcé.
Comme elle m’énervait !
⁃ Tout va pour le mieux et tu rentres à pied ? À Londres ! me dit-elle en ricanant. Viens, nous allons te déposer.
Encore en train de se donner des airs devant moi.
⁃ Non, merci. Je n’ai pas besoin de votre aide.
Elle me fit un faux sourire avant de se mordre légèrement la lèvre inférieure.
⁃ Oh ! J’oubliais. Regarde ce que mon copain m’a offert, dit-elle avant de me montrer ses doigts fraîchement manucurés.
Je ne comprenais pas ce qui se passait jusqu’à ce que je la remarque. Une bague… Une bague de fiançailles. Comment osait-elle après m’avoir pris MON copain ? C’était moi qui devrais avoir cette bague ! Je la regardai avec colère et elle éclata de rire. Mais avant qu’elle ne puisse m’énerver davantage, je la devançai...
⁃ Belle manucure.
Elle roula les yeux et je croisai les bras.
⁃ Ne fais pas semblant de ne pas avoir vu la bague.
Je ricanai et elle continua…
⁃ Qu’est-ce que ton copain t’a offert toi ? Oh comme je suis bête, dit-elle en se tapant le front. Tu n’as pas de copain.
La colère commençait à pulser dans mes veines et je fis la chose la plus déraisonnable qui soit. Je me couchai sur la Lamborghini blanc-noir qui se trouvait garée juste là.
⁃ Mon copain à moi m’a offert ça, dis-je en caressant la voiture avec un air arrogant. Même si c’est lui qui la conduit lorsqu’on sort tous les deux avec elle.
Pourvu que le propriétaire de cette merveille ne vienne pas m’humilier devant elle.
Fleur éclata de rire avant de parler sur un ton digne de la salope qu’elle était.
⁃ Ne te couche pas sur la voiture de n’importe qui, Blanche. Tu risques d’avoir de gros problèmes.
Soudain, une voix, emplie d'un accent italien, résonna juste derrière moi et j’écarquillai les yeux.
⁃ Lève-toi de la voiture, bébé. On rentre.
Je me retournai et mon regard tomba sur le plus beau visage que j'avais jamais vu de toute ma pauvre existence ! Je me redressai pour mieux lui faire face.
J’étais obligée de lever la tête, car je ne faisais qu’un mètre soixante-cinq, alors que lui, il devait environ faire un mètre quatre-vingt-dix. Il avait les yeux gris ou vert ? Je ne le savais pas. Il avait des cheveux bruns avec quelques nuances de blond. Il avait de magnifiques muscles qui se voyaient à travers sa chemise.
Je m'attendais à voir un Italien, mais il était loin de ressembler à l'un d'entre eux.
Il me fit un sourire en coin et je clignai des yeux plusieurs fois pour vérifier que je voyais correctement. Il était trop beau ! Nous nous regardions sans bouger. Moi, car je n'arrivais pas à croire qu'il me soutenait, et lui, sûrement parce qu'il se retenait d'éclater de rire. Fleur nous interrompit et pour une fois, je lui étais reconnaissante.
⁃ Tu sors réellement avec elle ? lui demanda-t-elle avec un air plus que surpris.
⁃ Pourquoi cette question ? lui demanda-t-il en fronçant les sourcils.
⁃ Tu es trop bien pour elle.
Il ricana en secouant la tête.
⁃ Ce n’est pas à vous de me dire avec qui sortir. Et pour info, je ne vous connais pas. Évitez de me tutoyer à l’avenir.
Elle écarquilla les yeux alors que j’élaborais un large sourire sur mon visage. Il se tourna vers moi et voyant que je souriais, il me sourit aussi. J’étais contente qu’il l’ait remise à sa place.
Pile à ce moment-là, James revint retrouver Fleur. James, mon ex qui m’avait trompée avec ma propre sœur, sachant très bien que nous étions de fausses jumelles. Il me vit et écarquilla les yeux avant de poser son regard sur l’homme imposant juste derrière moi. Un homme que je ne connaissais même pas. Fleur lui attrapa le bras avec possessivité, sûrement pour me rendre jalouse.
⁃ Blan…
Mais avant qu’il ne puisse prononcer entièrement mon nom, le propriétaire de la voiture passa sa main autour de ma taille, ce qui me fit sursauter. Mais je me repris rapidement. Je détestais être touchée par les hommes, mais il m’aidait juste. Je me sentais hyper mal à l’aise avec sa main enroulée autour de ma taille, mais ce n’était pas le moment de penser à ça.
⁃ Monte dans la voiture, mon amour. On y va.
Je hochai la tête et il me guida vers la voiture avant de m’ouvrir la portière du siège passager.
Je me glissai à l’intérieur et il vint s’asseoir sur le siège conducteur. C’était sous les regards surpris de ma sœur et de son futur mari que nous nous en allâmes.
Il restait silencieux alors que j’avais la tête baissée. J’avais trop honte pour le regarder. Après quelques minutes, je pris enfin mon courage à deux mains et parlai en gardant mes yeux baissés sur mes doigts.
⁃ Je suis vraiment désolée. Je ne savais pas quoi faire.
⁃ Ne vous inquiétez pas.
⁃ Je suis tellement gênée, dis-je en me couvrant le visage.
⁃ Il n’y a pas à l’être.
⁃ Pourquoi m’avez-vous aidée ? Vous aurez pu me dévoiler.
⁃ J’ai un peu suivi ce qui se passait. Cette fille semblait vouloir vous rendre jalouse de quelque chose et vous avez voulu vous défendre. Ça aurait été cruel de ma part de vous dévoiler devant elle.
⁃ Je vous suis redevable maintenant.
Il secoua la tête et je soupirai.
⁃ Merci de m’avoir aidée et de ne pas m’avoir dévoilée devant elle.
⁃ Je vous en prie.
⁃ Ils ne me voient plus d’ici, dis-je en regardant dans le rétroviseur. Je peux descendre ici. Merci à vous.
Il hocha la tête et gara la voiture. Je descendis et pris rapidement un taxi pour rentrer dans mon petit appartement.
Si j’étais du genre à vite tomber sous le charme, je serais sûrement en train de fantasmer sur lui. Je pouvais jurer que ma sœur le faisait déjà.
Je descendis du taxi et expirai de soulagement lorsque je vis que la voiture de Camille était toujours garée dans mon allée, car cela signifiait qu’Alice ne l’avait pas encore fait fuir. Je déverrouillai la porte et entrai...
⁃ Je suis rentrée, princesse, dis-je en verrouillant la porte derrière moi.
Portant son pyjama de couleur panthère, elle courut vers moi avant de sauter dans mes bras. Ma fille de 5 ans embellissait ma vie. Elle n’avait peut-être pas été désirée, mais elle était ma plus grande joie.
Camille sortit de derrière elle, un pot de glace en main, et me sourit.
⁃ Merci de l’avoir gardée, Camille. Elle ne t’a pas fatiguée plus que d’habitude, j’espère.
⁃ Non, non, fit-elle en haussant les épaules. Elle était comme d’habitude.
Je hochai la tête et regardai ma fille.
⁃ Vous avez dîné ?
⁃ Oui, man. Tata Cami a commandé à manger.
Ça ne m’étonnait pas venant d’elle. Je connaissais assez ma meilleure amie pour savoir qu’elle ne mettrait jamais la main à la pâte. Même chauffer de l’eau était trop difficile pour elle.
⁃ Je t’en ai gardé dans la cuisine, dit-elle en lapant sa glace au chocolat.
Attendez !
⁃ Où est-ce que tu as pris cette glace, Camille ? lui demandai-je en pointant la glace du doigt.
Elle haussa les épaules avant de s’enfuir dans le salon. Elle a osé se servir dans mon frigo !
⁃ Je ne te poursuivrai pas. Mais, je l’ai gardée pour demain soir, cette glace ! Tu ne peux pas me faire ça ! dis-je en me dirigeant vers ma chambre dans le but d’aller prendre un bain.
⁃ La vie, c'est le partage, Blanche.
⁃ Sauf que ça, c’est du vol.
Elle gloussa et j’entrai dans ma chambre.
J’entrai dans ma salle de bain et pris un long bain parfumé.
C’était ma routine du vendredi soir.
Je n’étais pas riche, mais je savais me faire plaisir et me mettre à l’aise quelques fois.
Je n’avais peut-être pas les moyens de m’offrir une vie de luxe ainsi qu’un appartement hors prix, mais je ne manquais de rien et réussissais à m’occuper de ma fille et de moi.
Après une heure à profiter de mon bain chaud, j’enfilai un pyjama et séchai mes cheveux noirs de jais avant d’en faire deux grosses nattes. Après ça, je sortis de la chambre et allai dans la cuisine.
Je pris la nourriture qu’elle m’avait gardée et allai m’affaisser sur le canapé devant la télévision avec Camille à mes côtés. Je m’assis en position de yoga et Camille se mit à chercher un film sur Netflix.
⁃ Tu restes dormir ? lui demandai-je en prenant une bouchée.
⁃ À condition que tu ne me réveilles pas tôt demain. C’est samedi !
⁃ Ok, ok. Je ne le ferai pas.
⁃ Mama…, me fit Lice en se grattant les yeux.
⁃ Oui ?
⁃ J’ai sommeil.
⁃ Viens là ! lui dis-je, en tapotant mes cuisses.
Elle s’allongea dans le canapé, posa sa tête sur mes jambes et ferma les yeux.
Après quelques minutes à regarder Crash Landing on You, je regardai Alice pour voir si elle dormait vraiment, si elle faisait semblant de dormir ou si elle était en train de sombrer dans un sommeil profond.
Je ne voulais pas qu’elle entende notre conversation et pose des questions plus tard. Voyant qu’elle dormait vraiment, car elle ne savait pas du tout faire semblant de dormir, je me mis à parler…
⁃ Devine qui j’ai vu aujourd’hui.
⁃ Le fantôme de Michael Jackson ?
⁃ Mais non ! T’es bête ou quoi ?
⁃ Ok, je réessaye. Beyoncé ?
Camille n’était pas une personne qu’on pouvait surprendre. Elle devinait chaque fois pire que ce qu’on avait réellement l’intention de lui dire.
⁃ Arrête d’essayer. J’ai vu ma sœur avec James.
⁃ Oh, seulement eux ?
⁃ Ils sont fiancés.
⁃ Oh put…, mais elle regarda Lice et se rappela qu’on ne devrait pas utiliser de gros mots devant elle.
⁃ Elle dort..., dis-je en souriant.
⁃ Je préfère ne pas prendre de risque, elle expira longuement et parla. Oh mon Dieu ! Fiancés ?
⁃ Elle a voulu se moquer de moi avec sa bague, mais je lui ai dit que mon copain, imaginaire bien sûr, m’a offert une Lamborghini. Je me suis couchée sur la voiture et…, je m’interrompis en secouant la tête.
⁃ Le propriétaire est venu.
⁃ Tu as tout deviné.
⁃ Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
⁃ Il m’a aidée ! Il s’est fait passer pour mon copain.
⁃ La chance !
⁃ Je ne te le fais pas dire.
⁃ Il était comment ? me demanda-t-elle en souriant.
⁃ Cami…, murmurai-je. Je ne te le dirais pas, juste pour éviter que tu te mettes à fantasmer sur lui. Ce que je peux te dire en revanche, c'est qu’il n’est plutôt pas mal.
⁃ Plutôt pas mal pour toi signifie qu’il a le corps d’un dieu grec pour moi !
Je secouai la tête et continuai.
⁃ J'étais juste choquée. Il m'a fait monter dans la voiture et lorsqu'on n'était plus à portée de vue, je suis descendue.
⁃ Pourquoi tu n'es pas restée dans la voiture ?! Il aurait pu te déposer ! Vous auriez pu devenir un magnifique couple, dit-elle en faisant semblant de rêver.
⁃ T'ai-je dit que je voulais être en couple ? Je préfère rester comme ça. Ma petite vie avec ma fille me plait.
⁃ Oh non ! Tu as besoin d'un homme.
⁃ Je n'en ai pas besoin ! Je n'arrive même pas à supporter qu'un homme me touche. En plus, tu n'en as pas non plus.
⁃ J'en ai plusieurs. C'est juste que je ne veux pas me poser. Je satisfais juste ma libido. Ça fait combien d'années que tu n'as pas baisé Blanche ?
⁃ Un bon bout de temps.
⁃ Essaye de passer à autre chose.
Je baissai la tête et fis mon possible pour ne pas pleurer.
⁃ C'est plus facile à dire qu'à faire.
Elle me regarda avec compassion et je souris.
⁃ Changeons de sujet ou concentrons-nous sur la série.
Elle acquiesça et après deux épisodes, j'allongeai ma fille dans sa chambre avant d’entrer dans la mienne où Camille m’attendait déjà dans le lit. Je me couchai et elle posa sa main sur moi.
⁃ Dors bien, mon amour, me dit-elle en riant avant de poser un baiser sur ma joue.
⁃ Bonne nuit, Camille, lui murmurai-je alors que je commençais à m'endormir.
Nous étions amies depuis nos cinq ans. Je l’aimais tellement. Elle était comme une sœur pour moi. Elle avait toujours été là et m'avait énormément soutenue lorsque c'était arrivé...