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A l'aube de l'histoire

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Résumé

À l'aube de l'histoire — Tome 1 : Lirën Parfois, le destin choisit ceux que personne n'attend. Anserah n'a que seize printemps lorsque son clan est anéanti sous ses yeux. Fuyant dans la forêt, elle échappe de justesse à ses assaillants en se jetant dans les eaux glacées d'une rivière. Lorsqu'elle se réveille, seule et blessée, un étrange médaillon retrouvé dans la boue va la conduire jusqu'à un lieu qu'elle n'aurait jamais imaginé découvrir. Un arbre millénaire. Une présence ancienne. Un choix impossible. Et si le destin d'une jeune fille pouvait bouleverser bien plus que sa propre vie ? Car certaines histoires ne sont pas seulement faites pour être vécues... Elles sont faites pour être écrites.

Genre :
Fantasy,Young Adult
Auteur :
Sorenza
Statut :
il y a 2 jours
Chapitres :
13
Rating
n/a
Classification par âge :
13+

Chapitre 1- La chute

Il y a des millions d’années, bien avant l’avènement des civilisations que nous connaissons aujourd’hui, le monde était encore jeune, façonné par les esprits de la terre, du ciel et de la mer. L’homme vivait en harmonie avec la nature, luttant pour survivre dans un monde sauvage où les grands animaux régnaient et où les saisons dictaient le rythme de la vie. Les hommes et les femmes de ce temps, à la peau marquée par le vent et le soleil, ne savaient pas encore que l’histoire, telle que nous la connaissons, allait un jour être écrite.

Les clans se formaient autour du feu, des rituels sacrés et de l’amour de la terre. Leurs guerres étaient violentes, mais leurs espoirs simples : la survie, l’amour et la protection des leurs. Parmi eux, dans les forêts profondes et les montagnes immenses, un clan caché sous l’ombre des arbres et le murmure des rivières attendait silencieusement l’aube d’un destin qui lui serait bientôt révélé.

Les étoiles s’éteignaient lentement dans le ciel, laissant place à une lueur pâle annonçant l’aube. La brise matinale caressait les cimes des arbres et, dans l’air frais, flottait une odeur d’humidité et de terre. Le clan des Oskild se préparait à accueillir un jour comme tant d’autres… mais tout allait changer.

Les membres du clan se rassemblaient autour du feu. Les flammes dansantes illuminaient leurs visages marqués par le temps et les épreuves. Des murmures se mêlaient au crépitement du bois, tandis que l’odeur de la fumée emplissait l’air chargé d’humidité.

Un peu en retrait, une jeune fille au visage marqué par une profonde réflexion se tenait adossée au tronc rugueux d’un jeune pin : Anserah. Ses cheveux longs, bruns, tressés avec soin, retombaient sur ses épaules. Ses yeux sombres, attentifs, captaient chaque détail de la scène. Malgré ses seize printemps, elle semblait déjà porter un poids invisible, une incompréhension du monde que d’autres n’avaient pas.

Son regard s’arrêta sur son père, Orvar, assis près du feu. Il tenait sa lance entre ses mains, ses doigts calleux fermement enroulés autour du bois, comme s’il redoutait de la lâcher. Sa silhouette imposante, pourtant légèrement affaissée, trahissait une fatigue que seules les années, les combats et les chasses incessantes pouvaient infliger. Orvar fixait les flammes, le regard perdu dans un vide inquiétant, comme s’il voyait au-delà du feu des souvenirs trop lourds pour être partagés.

À ses côtés, Astrid, sa femme et la mère d’Anserah, s’affairait calmement autour des pierres chaudes où cuisait un mélange de viandes et d’herbes sauvages. Ses gestes étaient précis et fluides, empreints d’une sérénité rassurante. Malgré la rudesse de leur existence, son visage éclairé par la lumière vacillante du feu rayonnait d’une douceur inébranlable. Chaque mouvement qu’elle faisait semblait chargé de soin et de dévouement, preuve silencieuse de son amour pour les siens.

Un peu plus loin, Eirik, le frère aîné d’Anserah, âgé de vingt-trois printemps, perfectionnait la pointe de sa flèche avec une concentration farouche. Ses mâchoires serrées et son regard fixe témoignaient d’une volonté constante de mieux protéger son clan, tout en cherchant à dépasser les attentes de leur père.

Le matin avançait doucement lorsque Orvar, Anserah et Eirik se mirent en route pour la chasse. Le soleil, encore bas dans le ciel, baignait la forêt d’une lumière dorée qui filtrait à travers les branches. L’air était vif, chargé de l’odeur des pins et de l’humus humide. Anserah, portant une lance légèrement trop grande pour elle, suivait silencieusement son père et son frère, leurs silhouettes robustes se découpant contre la lumière diffuse.

Ils progressèrent lentement dans les bois, attentifs au moindre bruissement. Les oiseaux chantaient encore, et la forêt semblait paisible, presque accueillante. Un frisson parcourut Anserah : elle aimait ces moments en famille, mais l’attente pesait sur elle comme une ombre invisible, le regard de son père toujours là, même lorsqu’il ne disait rien.

Quand le soleil atteignit son zénith, la lumière devint plus éclatante, mais la forêt sembla soudain s’assombrir. Un silence lourd s’installa. Le chant des oiseaux s’interrompit brusquement, remplacé par un souffle de vent qui s’engouffrait entre les troncs, glissant sur les feuilles comme un avertissement muet.

Orvar s’immobilisa, levant une main pour signaler à ses enfants de s’arrêter. Anserah, sur le qui-vive, sentit son souffle se bloquer. La tension dans l’air était presque tangible, et un pressentiment glacial lui fit frissonner, comme si la forêt elle-même retenait son souffle.

- Quelque chose ne va pas… murmura Orvar, scrutant l’horizon avec une intensité presque animale.

Un grondement lointain leur parvint, indistinct d’abord, puis plus net. Ce n’était pas le rugissement d’une bête, mais un son qu’Anserah avait appris à redouter : des cris humains, mêlés au fracas du bois et au choc des armes.

- Le village… souffla Eirik, le visage blême.

Orvar se retourna vers ses enfants, le regard chargé d’une urgence presque douloureuse.

- On nous attaque ! Nous devons rentrer immédiatement !

Ils se mirent à courir, le souffle court, traversant la forêt à toute allure. Les branches griffaient les bras d’Anserah, mais elle n’y prêtait aucune attention ; son cœur battait si fort qu’elle en avait presque mal. Sa première pensée fut pour sa mère.

Lorsqu’ils atteignirent la lisière du village, le spectacle qui s’offrit à eux figea Anserah sur place. Elle resta immobile, le corps brusquement tendu, les doigts crispés autour de sa lance.

Les huttes étaient en feu et des colonnes de fumée noire s’élevaient vers le ciel. Les hurlements de leur clan, mêlés à ceux des assaillants, résonnaient en une cacophonie d’horreur. Des hommes et des femmes couraient en tous sens, certains tentant de défendre leurs proches, d’autres cherchant à fuir.

- Anserah, va chercher ta mère, tout de suite ! Mettez-vous en sécurité ! Eirik, avec moi !

Avant qu’elle ne puisse protester, son père et son frère s’étaient déjà précipités vers les combats, disparaissant dans la mêlée.

Anserah, le cœur serré, agrippa sa lance et se fraya un chemin à travers le chaos.

- Mère ! cria-t-elle plusieurs fois, la voix brisée par la peur.

Elle courait entre les huttes, évitant de justesse une poutre enflammée qui s’écroula devant elle. La chaleur était suffocante, la fumée lui brûlait les yeux et la gorge. Chaque respiration était une lutte.

Elle continua d’appeler, mais aucune réponse ne lui parvint.

Soudain, un tronc d’arbre abattu s’effondra juste devant elle, lui coupant toute issue. Elle recula instinctivement, cherchant un autre passage, mais la panique commençait à l’engloutir.

Alors qu’elle tentait de contourner l’obstacle, un groupe d’hommes du clan rival apparut à quelques mètres. Leurs regards se posèrent sur elle, et un sourire cruel s’étira sur leurs visages.

- Là ! Une fille ! cria l’un d’eux.

Une vague glacée la traversa. Sans réfléchir, elle fit marche arrière, puis tourna brusquement les talons et s’élança vers la forêt, le souffle court, le cœur battant à tout rompre.

Les branches lui fouettaient le visage et les bras tandis qu’elle courait, mais elle ne ralentissait pas. Le sol se dérobait parfois sous ses pieds racines traîtresses, pierres dissimulées sous les feuilles mortes et elle trébucha à plusieurs reprises, manquant de tomber.

Elle jetait des regards paniqués derrière elle, entendant les pas lourds et les voix des hommes qui la poursuivaient. À chaque coup d’œil, ils semblaient plus proches. La peur la poussait à continuer, mais ses forces la quittaient peu à peu. Ses jambes brûlaient, ses poumons réclamaient de l’air, et sa vision se troublait par instants.

Elle finit par trébucher violemment, s’effondrant sur le sol couvert d’aiguilles de pin. Une douleur aiguë lui transperça le genou : un bout de bois s’y était enfoncé, et un cri de douleur s’échappa d’entre ses lèvres, brisé par l’effort de se relever. Haletante, les mains écorchées et déjà maculées de sang, elle se redressa tant bien que mal et reprit sa course.

Derrière elle, les voix se faisaient plus proches encore. Elle distinguait leurs rires macabres, leurs menaces, presque couverts par le martèlement frénétique de son propre cœur. Leurs pas frappaient la terre avec une régularité implacable. Anserah savait qu’elle ne pourrait pas les semer indéfiniment. Sa vision se brouillait sous l’effort et les larmes, mais elle continuait d’avancer, portée par un instinct de survie.

Elle tourna brusquement à gauche, espérant gagner un peu de distance en changeant de direction et déboucha sur un ravin escarpé.

Elle s’arrêta net, le souffle haché. Devant elle, une pente abrupte dévalait vers un lit de rivière rocailleux, enveloppé d’une brume épaisse. Derrière, les poursuivants se rapprochaient ; leurs silhouettes se dessinaient entre les arbres.

- Elle est coincée ! lança l’un des hommes en riant.

Anserah jeta un regard désespéré derrière elle, puis vers la rivière en contrebas. Son cœur hésita. Pas son corps.

Elle inspira profondément et ferma les yeux avant de sauter.

Le monde devint un tourbillon d’air et de lumière. Le vide l’engloutit puis l’impact brutal de l’eau glacée la frappa de plein fouet.

Le courant la saisit aussitôt, l’entraînant comme une poupée de chiffon entre les rochers. Anserah lutta pour respirer, mais l’eau s’engouffrait dans sa bouche, lui brûlant la gorge et coupant son souffle.

Après un moment de lutte dans les eaux tourmentées, elle heurta violemment un rocher. La douleur explosa à l’arrière de son crâne et l’impact la plongea dans une semi-conscience.

Portée par le courant, elle ne sentit plus rien, son corps ballotté par les eaux tumultueuses.

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