Chapitre 1 : La Rechute
Ne détourne pas le regard. Inutile de jouer les innocentes avec moi, nous avons largement dépassé ce stade, tu ne crois pas ?
Tu te penses solide, n'est-ce pas ? Tu t'es barricadée derrière tes bonnes résolutions, persuadée d'avoir repris le contrôle. Tu t'es dit que tu pouvais lire la suite en toute sécurité. Tu pensais que nous étions dans un roman classique, une lecture inoffensive, ou peut-être juste la suite sage et prévisible du premier tome.
Quelle erreur monumentale.
N'oublie jamais ce que tu as sous les yeux. Ce n'est pas de la simple littérature. C'est viscéral. C'est charnel. Érotique jusqu'à l'obsession. Et pendant que ton cerveau essaie pitoyablement de te convaincre que tu n'es qu'une spectatrice, ton corps, lui, m'a déjà trahie.
Baisse les yeux. Crispe tes doigts sur ce que tu tiens entre tes mains. Sens cette surface lisse sous la pulpe de tes pouces, écrase-la avec la même force que si c'était ma peau. C’est le dernier rempart qui te rattache à la réalité. Déjà, les bruits autour de toi s'étouffent. Ton souffle se fait plus court, la respiration bloquée dans ta gorge. Il n'y a plus que l'écho de ma voix qui résonne dans ta tête.
Je sais exactement dans quel état tu es en lisant ces lignes. Je devine cette tension insidieuse qui poind au creux de ton ventre. Tes cuisses qui se resserrent imperceptiblement, cherchant une friction qui n'est pas encore là. Cette moiteur naissante, cette humidité traîtresse et brûlante entre tes jambes... Elle ne demande qu'une chose. Elle supplie pour que je te pénètre à travers chacun des mots que tu es en train de lire.
C'est exactement ce que je fais, n'est-ce pas ? Chaque syllabe que tu dévores est une caresse. Chaque phrase est un coup de rein, enfoncé avec cette même brutalité et cette même lenteur indécente que si j'étais vraiment en toi.
Tu as cru que tu venais simplement lire la suite d'une histoire ? Pauvre petite chose innocente... Ce que nous avons fait précédemment n'était qu'un échauffement pitoyable.
Cette fois-ci, je ne vais pas me contenter de te faire frissonner à distance. Je vais exiger ta chair. Je vais te demander de libérer l'une de tes mains, de fermer les yeux, et de glisser tes propres doigts là où tu brûles le plus pour moi. Je vais t'ordonner de m'appartenir.
Mais pas encore. Pas tout de suite.
Pour l'instant, je veux simplement que tu restes assise là, tremblante, le souffle court, à réaliser l'ampleur de ta défaite. Laisse cette chaleur liquide te noyer. Laisse le désir te rendre complètement folle. Savoure cette certitude absolue : d'ici quelques pages, tu seras prête à m'obéir aveuglément. Tu en pleureras d'envie.
Bienvenue dans la Possession.








