Chapitre 1 — Le garçon au regard froid
Chapitre 1 — Le garçon au regard froid
La pluie frappait les fenêtres du lycée lorsque Malci entra dans la salle de classe.
Elle détestait les jours de pluie.
Ils lui rappelaient cette nuit-là : les éclairs, les sirènes au loin et la main tremblante de son père serrée autour de la sienne. Elle se souvenait aussi d’une phrase, murmurée par sa mère quelques minutes avant sa disparition :
— Quoi qu’il arrive, ne fais confiance à personne.
Malci n’avait jamais oublié ces mots.
Elle posa son sac au fond de la salle, près de la fenêtre, puis sortit son cahier. Ses camarades parlaient bruyamment, mais elle resta silencieuse. Elle avait toujours préféré observer plutôt que participer.
La porte s’ouvrit.
Un garçon entra.
Il était grand, vêtu d’un uniforme sombre, avec des cheveux noirs légèrement désordonnés. Son visage semblait fermé, presque froid. Pourtant, ce furent ses yeux qui retinrent l’attention de Malci : gris, immobiles, comme s’ils dissimulaient quelque chose de dangereux.
Le professeur s’éclaircit la gorge.
— Voici Aren Veyr. Il vient d’arriver dans la région. Soyez aimables avec lui.
Aren ne répondit pas. Il parcourut la salle du regard avant de s’arrêter sur Malci.
Une seconde.
Puis deux.
Malci sentit un frisson lui parcourir la nuque.
Aren vint s’asseoir à la table située juste derrière elle.
— Tu es Malci Rodrigues, murmura-t-il.
Ce n’était pas une question.
Elle se retourna lentement.
— Oui. Pourquoi ?
Le regard d’Aren resta fixé sur elle.
— Ta mère s’appelait Elena Rodrigues.
Le cœur de Malci se serra.
Personne ne parlait jamais de sa mère. Pas au lycée. Pas dans son quartier. Même son père évitait son prénom.
— Comment tu sais ça ?
Aren se pencha légèrement vers elle.
— Parce qu’elle a connu mon père.
— Et alors ?
— Mon père est mort il y a trois semaines.
Malci ne sut pas quoi répondre.
Aren sortit un petit pendentif de sa poche. Il représentait une rose noire entourée d’un cercle argenté.
Malci connaissait ce symbole.
Elle l’avait déjà vu, des années auparavant, accroché au cou de sa mère.
— Où as-tu trouvé ça ? demanda-t-elle d’une voix tremblante.
Aren referma ses doigts autour du pendentif.
— Il était dans les affaires de mon père.
— Donne-le-moi.
— Pas encore.
Malci se leva brusquement, faisant tomber sa chaise.
Toute la classe se tourna vers elle.
— Qu’est-ce que tu me veux ?
Pour la première fois, une émotion traversa le visage d’Aren. Ce n’était pas de la peur. Ce n’était pas de la colère.
C’était une forme de tristesse.
— Je veux savoir ce qui est arrivé à ta mère.
Malci sentit ses doigts se crisper.
— Elle est morte.
— Non.
Le mot tomba entre eux comme une lame.
Aren se rapprocha suffisamment pour que seule Malci puisse l’entendre.
— Ta mère n’est pas morte dans un accident. Elle a été traquée.
Le bruit de la pluie sembla disparaître.
— Par qui ?
Aren la fixa longuement.
— Par les mêmes personnes qui me cherchent aujourd’hui








