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Noble

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Résumé

Noble — Les signes de l’orage Extrait — histoire en cours d’écriture, à paraître prochainement. Je n’ai encore qu’un seul chapitre pour le moment, mais j’avais envie de partager le début de cette histoire. À ce stade, ce n’est même pas encore une histoire : j’ai juste écrit une scène que j’avais en tête. Je vais faire tout mon possible pour la transformer en histoire complète. Bonne lecture.

Genre :
Fantasy
Auteur :
M_36A
Statut :
Extrait
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
13+

Les signes de l'orage


La lumière qui régnait en ce lieu jouait mal son rôle. Il avait beau plisser les yeux, c’était toujours aussi sombre ; même le rouge et le blanc étaient difficiles à distinguer pour lui. La lumière timide se collait aux objets alentour, dessinant péniblement leurs formes dans la pièce.

Allongé sur un lit, son corps était enfoui sous une fourrure lui servant de couverture ; il essaya de bouger sa main. Elle était lourde, lui donnant l’impression qu’une enclume y était posée.

« Argh… saleté ! »

Malgré cette sensation qui lui faisait grincer des dents et parcourait sa chair jusqu’à ses os, il réussit à lever la main et à la sortir de la fourrure. Sur celle-ci étaient dessinés des caractères particuliers. On aurait dit qu’ils faisaient partie de sa peau. Il y en avait sûrement d’autres sur son corps, cachés par les bandages qui serraient son torse.

Son petit moment de tranquillité fut interrompu par des voix venant de l’extérieur. Elles étaient de plus en plus fortes.

« Tu vas à l’encontre des règles. »

« Donc je devais le laisser mourir ? »

« Ce n’est pas ce que je veux dire. »

« Alors tiens-toi là et couvre-moi. »

Une main écarta le rabat blanc, laissant entrer la lumière de l’aube. Une femme se glissa à l’intérieur de la tente. Elle était vêtue d’une robe ample, droite et longue jusqu’aux pieds. Celle-ci cachait les formes de son corps.

Son regard parcourut la pièce, après deux tours. Ses yeux bleus fixèrent la surface du lit où une fourrure formait une bosse maladroite.

D’un pas léger, elle s’approcha du lit et, une fois près de celui-ci, ses doigts se posèrent sur la couverture en fourrure.

La bosse s’aplatit soudainement.

Elle eut un mauvais pressentiment, alors elle tira la couverture pour se rassurer, mais il n’y avait plus rien en dessous.

Sa tête tourna d’un geste vif vers le rabat.

« LUCAS ! CET HOMME N’EST PL… »

Une main se posa sur sa bouche, tandis que l’autre saisissait son poignet gauche. Elle était maintenant à la merci de l’homme qui était allongé dans cette tente. Du moins, c’est ce qu’il pensait.

« J’ai des questions et tu vas y répondre. »

La femme mordit la paume de l’homme en réponse et lui asséna un coup de poing au ventre avec sa main libre.

« Argh… »

L’homme fut obligé de la lâcher, ramenant ses mains à son ventre couvert de bandages. La femme profita du moment pour tenter de s’échapper, mais à peine un pas en avant, elle remarqua trop tard que son corps se rapprochait dangereusement du sol ; elle se retrouva à nouveau sous l’emprise de l’homme, mais cette fois elle ne pouvait plus bouger ses membres.

L’homme avait saisi ses deux poignets d’une main, l’autre couvrait prudemment sa bouche, ses genoux posés sur les cuisses de la femme.

« Tu es agaçante ! »

Le sourcil de l’homme était plissé, sa poigne ferme.

« On va recommencer… tu vas répondre à mes questions. »

« Tu hoches la tête de haut en bas pour oui et de droite à gauche pour non. »

Sur ses bandages, des taches rouges commençaient à se former ; sa voix était un peu plus saccadée.

« …compris ? »

La femme serra ses poings, son regard soutenant celui de l’homme. Un instant plus tard, la force avec laquelle elle serrait ses poings faiblit sous le regard de l’homme et elle finit par hocher la tête de haut en bas.

L’homme continua d’une voix un peu plus claire :

« Ça fait plus de 2 jours que je suis là ? »

Elle bougea sa tête de droite à gauche, ses mouvements rigides.

« Est-on près de Vish ? »

Elle refit le mouvement précédent qui voulait dire non. Inconsciemment, l’homme allégea sa prise, ses articulations crispées se détendant. Était-il soulagé par cette réponse ?

Puis son regard devint plus intense sur la femme.

« Est-ce que je dois te tuer pour ton acte stupide ? »

Des murmures hachés traversèrent sa main qui bloquait la bouche de la femme.

« Échê… por… vare »

L’homme lâcha un soupir ; un sourire presque imperceptible se dessina sur ses lèvres.

« ɄƩ ɪ ƩƔ ȜÐ̸ⱿɄ ȾɪⱿɪȾɄÆⱿÆ »

Le rabat de la tente fut à nouveau écarté ; c’était Lucas, le compagnon de la femme qui attendait à l’entrée. Il entra dans la tente, agacé par l’attente.

« Solène, tu as dit que tu ne durerais pas. »

Le regard de Lucas glissa vers la femme ; elle était allongée à même le sol, ses vêtements froissés et salis.

« Qu’est-ce que tu fais à terre ? »

« Tu t’es encore enroulée au sol à cause d’un insecte ?! »

La femme se releva ; sa respiration était bruyante.

Elle regarda Lucas un moment, puis…

Ses yeux bleus fixèrent la pièce dans son entièreté ; elle regarda même sous le lit et une nouvelle fois sous la couverture en fourrure.

« L’homme… »

Solène était perdue ; elle n’avait pourtant pas quitté des yeux l’homme, pourtant il s’était effacé, vraiment effacé, comme si son corps avait été gommé.

Avait-elle rêvé ? Mais elle ressentait encore cette gêne à ses poignets et ce goût salé dans la bouche.

« Solène, tu cherches quoi ? »

Lucas s’approcha du lit vide. Son attention se porta sur lui.

« Lui ? Il s’est sûrement tiré pendant la nuit ! »

« C’est pour le mieux. »

Solène se mit à toucher son poignet gauche et fronça les sourcils.

« Cette brute… je le sauve et c’est ça, ces remerciements ?! »

« Sauvage. »

Lucas lâcha un soupir presque théâtral.

(Elle m’ignore encore !)

Un léger vent secoua les tissus rouges qui composaient la tente.

Loin de là, la brise essayait de plier les arbres, faisant danser leur feuillage. Sous ses assauts, une feuille se décrocha et valsa dans sa chute. Elle atterrit près d’une chaussure noire appartenant à un homme.

Ses vêtements noirs, légers, étaient parfaits pour se déplacer dans la nuit. Il tenait une boussole entre ses mains, mais celle-ci ne lui servait pas à se repérer.

Une voix interpella l’homme.

« On s’éloigne de plus en plus de Vish, il n’aurait pas pu aller aussi loin dans son état… du moins seul. »

« Capitaine, cet outil est-il vraiment fiable ? »

Il se tourna légèrement, le regard toujours fixé sur l’aiguille immobile.

« Qui sait ? Ça marchait bien pendant un moment. »

Le capitaine posa une main sur la selle de sa monture.

« L’aiguille ne bouge plus… il y a sans doute une grande distance qui nous sépare. »

« Pour le moment, cet appareil pisteur est inutile. »

La boussole finit dans sa poche, mais sa prise sur elle ne lâcha pas ; au contraire, elle se renforça.

« Nous devons retrouver cet Edel. »

Sa main lâcha la boussole en sortant de sa poche ; sur son bras, quatre traits noirs étaient visibles, deux traits plus clairs que les autres, comme effacés. Il regarda son bras un instant.

« On n’a plus assez de temps… faisons ça au plus vite. »

« Passe devant, Lycaon. Guide-nous. »

Le dénommé Lycaon s’avança, un sourire aux lèvres.

« Dire que ce misérable bout de métal a failli nous remplacer. Nous, Lycaon. Ridicule. »

Le capitaine sauta sur sa monture ; derrière lui, il y avait six autres chevaux dont cinq dotés d’un cavalier.

« Tais-toi, fais ce pour quoi tu es utile. »

Lycaon retira la capuche qui couvrait sa tête, révélant une cicatrice sur les sourcils, donnant l’effet qu’ils étaient tranchés.

« Pas la peine d’être aussi sec, capitaine, nous nous mettons au travail. »

Ses yeux étaient de couleurs différentes, rouge et marron. Son regard glissa sur les arbres avant de se poser à un endroit fixe. Le monde était complètement différent, vu de son œil droit, dont l’iris était rouge.

Le monde paraissait incolore ; parmi les arbres sans couleur, une trace dorée paraissait encore zigzaguer à travers la végétation.

« Trouvé ! »

*# Glossaire de noble #*

• ɄƩ ɪ ƩƔ ȜÐ̸ⱿɄ ȾɪⱿɪȾɄÆⱿÆ : expression signifiant « Tu as un fort caractère ».

• Rabat : Pan de toile mobile qui ferme l’entrée d’une tente. On l’écarte pour passer.

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